A propos des médicaments obligatoires

Je me souviens que quand j’ai commencé à prendre des médicaments, mon obsession était de les arrêter. Et pourtant je les prenais volontairement. Mais on ne peut pas se sentir malade à vie, sous traitement à vie quand on a 20 ans. Je me disais dans un an j’arrête, après tel évènement j’arrête, etc… J’ai souvent essayé, je les ai repris. J’ai arrêté pendant neuf mois, avec l’impression de vivre enfin comme les autres, mais me sentant en danger aussi. J’ai changé de psychiatre à cette époque. Elle pensait que je devais avoir un traitement, je ne voulais pas, même si c’est vrai j’allais mal, sans que ce soit aussi terrible que les premières années. Elle me proposait une ordonnance chaque semaine, à la fin de la consultation, je disais non. Au lieu de nier le problème des effets secondaires comme mon précédent psychiatre, on en parlait ouvertement. J’ai fini par me ranger à son avis, je lui ai fait confiance et ça a payé. Elle me fait confiance aussi, j’ai essayé quand j’allais beaucoup mieux d’arrêter de nouveau, j’ai seulement baissé la dose car je voyais bien que ce n’était pas possible d’arrêter. Voilà comment aujourd’hui je prends mon traitement sans problème, sans y penser, sans rancoeur, sans obsession des effets secondaires.
Je ne vois pas comment j’aurais pu arriver à cela s’il avait été obligatoire, si on m’avait menacé d’une réhospitalisation si j’arrêtais (alors que j’ai toujours refusé de retourner à l’hôpital même de mon plein gré, parce que j’y avais trop souffert). J’aurais détesté encore plus ces médicaments que l’on m’imposait, et celui qui me l’imposait aussi bien sûr, j’aurais menti, fais semblant pour pouvoir les arrêter, je n’aurais jamais été en paix avec mon traitement ni avec des soignants dans des conditions pareilles. Je le prends parce que je sais que j’en ai besoin, je le sais parce que j’en ai essayé plusieurs, que j’en ai arrêté, changé les doses, etc… Je peux demander conseil à ma psychiatre sans crainte parce qu’elle ne m’a jamais obligée à rien ni menti.
J’ai toujours un mauvais souvenir du Risperdal, parce qu’il a été mon premier neuroleptique, lié à une période difficile, à l’hôpital, qu’il m’a fait grossir et que mon psychiatre disait que c’était faux, que je ne pensais qu’à vivre sans, etc… Mon neuroleptique actuel m’a fait grossir encore plus, mais je n’ai pas ces sentiments envers lui, parce qu’il est lié à une relation de confiance et de respect.

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