20 mars 2000

Je ne dors plus, mon corps se disloque, je pleure, je me griffe, je ne veux plus voir personne, je suis triste, oppressée, j’ai envie de me couper ou d’avoir ma tête de Jésus pour me la jeter sur le visage. C’est ce qui arrive quand j’arrête mes médicaments. Est-ce que je guérirai un jour? En fait, je suis toujours malade mais les médicaments le cachent.
Je pense à quand j’étais à l’hôpital. A A. A tous dans les moindre détails. Au briquet accroché, aux couverts en plastique, à la fouille de mes affaires, à mes larmes, à la couverture qu’il me manquait, à la porte des toilettes bloquée parce que je m’y étais enfermée, aux cigarettes qu’on fumait avec N., à la robe de nuit, au 3mg de Risperdal, à A. qui me prenait la main, à la nourriture dégueulasse, au déjeuner sucré, à celui qui me parlait, F., sans que je comprenne rien, à la télé que je regardais, à l’infirmière qui m’a tapoté les pieds en disant « Eres nueva », au « Comte de Monte-Cristo » que je lisais. Ca m’obsède. Je suis sûre que je retournerai un jour à l’hôpital. J’ai une bombe à retardement en moi, une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Et surtout, je pense à L.

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