16 décembre 1996

Accroche-toi à quelque chose.
L’écriture. Si on ne l’avait pas… ça serait fini depuis longtemps. Fini. Fini. Fini!!!
Il me reste, je le sais, une partie pour sauver l’autre. Une part de moi est saine et critique sa soeur folle. Oh, sauve-moi, toi, ma petite partie raisonnable. Chasse la folie purulente. Elle me frappe, j’ai mal.
Je ne comprends rien. Mes pensées s’embrouillent. Un rire fou résonne dans ma tête. Et même mon regard me trahit. Trois fois, j’ai vérifié, c’était un billet de 100 francs. Qu’avais-je fait des 100 francs restants? Et ce matin, c’était un billet de 200. Et ce point sur le -i de traîtresse qui me semble bizarre et pourtant c’est bien un point. Lorsque mon regard retombe dessus, c’est un accent circonflexe.
Mon regard est menteur, mes pensées délirent. A quoi puis-je encore me fier?

Mais il faut continuer à faire semblant. Toujours faire semblant. C’est tellement plus pratique. Il ne faut jamais oublier de mentir. Aux autres et à soi.

Sans cesse, j’ai chaud, si chaud. Puis je grelotte.

Je tremble sans cesse. Je fais tout tomber. Je n’ai pas le courage de ramasser.
Un vrillement continu agite mon cerveau.
Peut-être est-ce dû au stress des examens? Si seulement ça pouvait être ça. Si seulement.
Fuir, la tête dans les bras, les yeux fermés. Fuir.
Qu’est-ce que c’est? Qu’est-ce que c’est ?!?!
Arrête de modre tes doigts. Qu’est-ce qui peut arrêter ça?

Toujours réfléchir à ce que je dois faire, aux actes que je viens de commencer. J’oublie. Je ne réagis plus normalement. Le monde me paraît étranger. Je ne sais plus quels sens ont mes actes. Il faut que je me concentre pour leur donner une suite. Ils sont interrompus par ces pensées inqualifiables.
Arrête. Je dois arrêter. Tout me prend un temps fou à cause de ça. Je dois arrêter.

Ca va aller. Ca va aller. Il suffit de se parler sans cesse, de tout le temps se dire ce qu’il faut faire pour couper la parole à la folie. Ne pas arrêter de réfléchir aux choses les plus banales. Tu ranges tes essuies, tu prépares ton sac, tu prends ton Patrimoine, tu le lis,…
La folie finira par en avoir marre de se taire et elle s’en ira pour de bon.

Je me relève de ma crise et… (oui, crise, je ne peux pas trouver d’autre mot) et il faut que j’aille acheter des livres sur la folie.
Pour savoir. Comprendre.
Par hasard, je tombe sur un témoignage alors que je m’attendais à des manuels théoriques .
Cette jeune fille de 18 ans internée en 1967. Dans le fond, elle me ressemble tant. Ou plutôt, je lui ressemble tant.
Ce qui m’est arrivé hier soir et ce matin me fait peur. J’ai peur qeu ça recommence.
Et je lui ressemble tant, à celle qui fut internée…

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