19 décembre 1996

Ca vrille comme un violon fou.
Comme un schtroumpf noir menaçant et bondissant dans tous les coins de ma tête.
Une horrible sonnerie qui annonce la fin d’un monde.
« Ah, ah, ah! Ne rêve plus. Il est mort! Mort! A jamais le fond de toi tremblera; agité par la confusion. Par le mot qui fait peur. Celui dont les braves gens s’éloignent, crainte de la contagion sans doute. Ecoute, jeune fille brûlée, viens, approche. Approche encore. »
Un chuchotement: « C’est le règne de… » Un hurlement qui résonne jusqu’au fond de l’être: « la FOLIE!! ».
Il éclate de rire, il roule des yeux, il s’agite en tous sens, il ne peut s’arrêter de hurler: « C’est le règne de la Folie!!! Ta maîtresse la Folie toute puissante! Tu t’inclineras devant elle! Elle te prendra tout, les moindres parcelles de ton cerveau et chaque seconde de ta vie! »
Il s’échoue sur le côté puis se relève lentement. Il est calmé. « Mais qu’est-ce que tu crois? Elle, la si belle, la si cruelle, la fatale, est présente depuis longtemps déjà. Réfléchis. Rappelle-toi. Dis-moi, mon enfant blessée, à ton avis, qui guidait ta main lorsque tu te mutilais le poignet sinon notre mère à qui tu essayeras toujours d’échapper en vain? Tu vois, elle était en toi bien avant que tu ne t’en rendes compte. Personne ne peut lutter contre la lumière ténébreuse. »
Il lui caresse la joue. « Non, ne pleure pas. Les larmes sont inutiles, je viens de te l’expliquer. » Il parle doucement, presque tendrement à présent. « C’est le règne de la Folie… »

La musique incessante. un bourdonnement continu. Tu ne mourras jamais. Cauchemar ou rêve? Et pourtant, eux sont décédés:
le Sourire
les yeux
Alors que reste-t-il de vrai?
Que reste-t-il de vie sinon des organes vides et inutiles?
Le Souffle reviendra. Il l’a promis. Le jour de mes dix-sept ans, le jour où il m’a quittée. Dites-moi, est-il menteur? Il m’a manqué. Mais j’ai désappris la confiance. Ca m’évitera une trop grande déception s’il ne revient jamais. Qui est-il parti habiter? Ou flotte-t-il dans les airs? De quel coeur s’est-il emparé?
Est-il utile au moins?
Et moi, j’ai tant besoin de lui. Ca fait moins mal à présent. On apprend à vivre ainsi. L’habitude. Toujours elle. Elle n’est pas que négative même si monotone.
Et si j’avale le feu, reviendra-t-il?
Si je me brûle le coeur en sacrifice?

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