9 mars 1998

Elle ne sort pas de la classe pour vomir.
Elle se lève, prend sa feuille et va au tableau. L’équation… l’équation… Trouver la réponse… Petite conne! Son rire, ses yeux. Trous béants. La craie devient un vers qui s’enroule le long de son doigt et retourne ronger les lèvres de Didier. C’est ta faute. Regarde, ce sont tes yeux, ces trous noirs. Vides. Morts. « Eh bien, toujours aussi attentive au cours! Retourne t’asseoir. » Elle se rassied sur sa chaise en bois, peut-être de la même couleur que son cercueil. Une après-midi banale, ensoleillée, un cours de maths, les fenêtres de la classe ouvertes, le chant des oiseaux, une mouche ou une guêpe qui rentre de temps en temps dans la pièce. Ce sentiment étrange que l’on a lorsqu’on est à l’intérieur alors qu’il fait beau. Cette horrible amertume liée au printemps, quelque chose de perdu, on ne sait pas très bien quoi, et qui ne reviendra jamais.

Le gras qui relie l’arcade de la mâchoire au cou, tu l’arraches d’un coup sec. Petit morceau de chair tremblotant entre les doigts, visqueux, graisseux, gluant. Le sang qui coule de la plaie. La cicactrice ne s’effacera pas.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :