Huit traitements psychiatriques à peine croyables

Maxisciences.com

C’est une réalité : personne n’est vraiment maître de son cerveau. Depuis des décennies, des spécialistes travaillent afin de comprendre et résoudre certains de ses dysfonctionnements.

Qui n’a jamais voulu avoir le contrôle absolu de son cerveau, maîtriser son esprit ou ses émotions ? Ce dossier se penche sur plusieurs « thérapies », surprenantes voire complètement folles. Le remède serait-il de soigner la folie par la folie ?

1. Thérapie par le coma

Il s’est avéré que plonger un patient dans le coma permettait, dans certains cas, de le guérir de dépendances dues à un traitement antérieur.

C’est en 1972 que cette idée a germé, après que le docteur Manfred Sakel a donné par erreur une surdose d’insuline à l’un de ses patients diabétique. La réaction a été brutale : celui-ci est tombé dans le coma. Plus tard, cette personne a déclaré n’avoir plus aucune dépendance à la morphine, utilisée dans le traitement de son diabète. L’accident l’avait ainsi guéri de sa dépendance. Le docteur Manfred Sakel s’est alors tourné vers des spécialistes qui ont réussi à traiter par cette méthode des cas de schizophrénie. Aucune explication scientifique n’a jamais validé cette méthode, finalement interdite en raison de sa dangerosité : 2% des patients ne sortaient en effet jamais du coma.

2. Thérapie par la trépanation

La trépanation consiste en une perforation de la boîte crânienne.

Exercée sur des êtres vivants ou morts, cette pratique consiste à trouer le crâne afin de guérir de diverses pathologies. Au Néolitique, de 5.000 à 2.200 ans avant J.-C., cette thérapie de l’extrême reposait a priori sur la croyance que la folie était causée par des démons présents dans le crâne. Aménager une « porte de sortie » permettait ainsi de les libérer… Cette méthode a encore cours, notamment chez certaines tribus péruviennes ou colombiennes, mais la médecine moderne la condamne et l’utilise aujourd’hui principalement pour l’ablation de tumeurs ou l’évacuation d’hématomes cérébraux.

3. Thérapie de rotation

Erasmus Darwin (le grand père du célèbre Charles du même nom, ndlr) a mis au point, en 1750 environ, une thérapie consistant à allonger le patient et à le faire tourner.

Erasmus Darwin, médecin, philosophe et scientifique, pensait avoir trouvé un moyen de soigner ses patients en les faisant tourner. Un médecin américain, Benjamin Rush, s’est servi de cette méthode en psychiatrie : il pensait qu’elle permettrait de diminuer la congestion cérébrale, et donc, de soigner certaines maladies mentales. Cette théorie était erronée, et a été laissée à l’abandon.

4. Hydrothérapie

Cette thérapie consistait, au début du XXe siècle, à guérir les patients souffrant d’un trouble psychiatrique grâce à différentes techniques faisant appel à l’eau.

On plongeait ainsi les patients hyperactifs dans l’eau, tandis que les léthargiques recevaient des jets stimulants. Cette méthode thérapeutique était censée soigner par l’eau ou prévenir la maladie. Jets d’eau, bains, douches, vapeurs et compresses étaient ainsi utilisés. Aujourd’hui encore, dans les termes ou les saunas, l’hydrothérapie aide à curer certaines maladies de peau ou états de stress. Ses bienfaits psychiatriques sont en revanche inexistants.

5. Thérapie par l’hypnose

Frédéric-Antoine Mesmer, médecin allemand exerçant à la fin des années  1700, croyait qu’une force invisible nous entourait et influait sur nos états.

Selon lui, les ruptures de la continuité de cette force entraînaient douleurs et souffrances chez les humains, et la gravité de la Lune était la cause de bien d’autres maux. Pour tenter de rétablir un bon flux sanguin chez ses patients, Mesmer utilisait des aimants. Les patients étaient satisfaits des résultats obtenus, mais la médecine le discrédita. Si sa technique n’a pas eu d’impact sur la médecine moderne, ses idées sur l’hypnose, qui en résultent, ont séduit plus d’un scientifique. Anecdote intéressante, en anglais, hypnotiser se dit « to mesmerize« .

6. Thérapie par la malaria

Au début du siècle dernier, Von Jauregg a trouvé comment guérir la syphilis : en contaminant ses patients avec la malaria.

A l’époque où l’on ne connaissait pas encore la pénicilline, soit avant 1928, les médecins avaient trouvé comment soigner la syphilis. Ils faisaient en sorte que leur patient attrape la malaria, celle-ci déclenchant ensuite une forte fièvre. En effet, une température corporelle élevée était la cure idéale contre la syphilis. Le problème est évident : malgré ses bons résultats, cette méthode comportait de nombreux risques. Son inventeur, Von Jauregg, a tout de même obtenu un prix Nobel pour cette découverte et la réussite de cette thérapie.

7. Thérapie par la phrénologie

Si l’on dit que certains ont la « bosse des maths », c’est pour faire écho à cette science méconnue et désuète.

La phrénologie consistait à tenter de décrire la personnalité et les maladies associées à un individu en observant la forme de son crâne. Cette science théorique, exposée en 1920 par le docteur allemand Franz Joseph Gall, ne pouvait toutefois que tenter un diagnostic et non pas soigner quelqu’un. En observant un patient, et les bosses situées au niveau de sa voûte crânienne, le docteur pensait pouvoir décrire sa personnalité, et la source de ses maux. Bien que dépassée, non prouvée, et même raillée scientifiquement, cette pratique a toujours quelques adeptes.

8. Thérapie par la lobotomie

C’est à Egas Moniz, un neurologue portugais, que l’on doit, en 1935, l’idée que les maladies mentales sont causées par des problèmes d’infections et de connexions des neurones présents dans le lobe frontal.

Cette partie du cerveau, située derrière le front, est constituée de substance blanche, un ensemble de fibres nerveuses. Infectés et déconnectés, les circuits neuronaux provoquent des maladies mentales telles que la schizophrénie, l’épilepsie, les migraines chroniques… Egas Moniz et d’autres médecins ont cru que l’on pouvait intervenir sur cette région du cerveau sans altérer le fonctionnement normal du patient, par le biais de la lobotomie et de la leucotomie. Ces pratiques consistent à sectionner et retirer la partie de cette substance blanche qui cause un dysfonctionnement à l’intérieur du cerveau. Moniz obtint un prix Nobel en 1949 pour ses travaux. La pratique est depuis interdite car elle n’est pas du tout sans conséquences.

http://www.maxisciences.com/cerveau/huit-traitements-psychiatriques-a-peine-croyables_art6547.html

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2 commentaires »

  1. Behemothe Said:

    Longue énumération de méthodes qui ont depuis, et dieu merci, prouvé leur inefficacité. Bon je préfère les énumération à la Prévert au moins c’est poétique et c’est rigolo.
    Mais je ne pense pas que la folie a le monopole de ce genre de traitement, on pourra se reporter au livre de Mde Bovary et la méthode pour soigner les pieds bots.
    En fait derrière ces méthodes se cache le désire de reconnaissance de son auteur au mépris de l’esprit scientifique et de toute humanité.

  2. Lana Said:

    Non, la psychiatrie n’a pas le monopole des traitements étranges, mais elle en a connu et en connaît toujours de très violents, portant à conséquences et bien sûr administrés sans consentement, ce qui en fait quand même une discipline à part.


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