Psychiatrie : non aux soins sans consentement

20 Septembre 2010 Par <a title="

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Maryvonne Leray
Retraitée Education Nationale
Sainte Luce sur Loire (44980)
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La Nuit sécuritaire

Un projet de loi deréforme de la loi du 27 Juin 1990 va être débattuau Parlement à l’automne, « Projet de loi relatifaux droits et à la protection des personnes faisant l’objetde soins psychiatriques et à leurs modalités de priseen charge ».

Trois mots résumece projet qui s’inscrit dans le droit fil du discourssécuritaire du Président de la République àAntony le 2 décembre 2008.

Imposture,Illusion, et Régression.

Imposture, Car cetexte détourne, pervertit le mot « soin ». Sous leprétexte « d’améliorer l’accèsaux soins et de garantir la continuité des soins », ilmet en place une logique de contrôle et de surveillance auxantipodes d’une approche qui permette de tisser une relationthérapeutique. Il est articulé essentiellementuniquement (pas un article ne concerne les soins sans contrainte !)autour de la dangerosité.

Avec la notion desoins sans consentement, qui remplace celle d’hospitalisation,il instaure une « garde à vue psychiatrique » de72 h. qui pourra passer à 6 jours avec le délai dontdisposerait le Préfet pour rendre son avis. Avecl’instauration des soins sans consentement, il s’agitd’un saut, d’une rupture avec la conception des soinspsychiques et des libertés analogue à celle de la loide février 2008 sur la rétention de sûreté! À aucun moment, il n’est question des hospitalisationslibres ou des soins librement consentis, alors que ceux-cireprésentent 80 % des situations cliniques. Imposture enfin,car il s’appuie sur un pseudo – consensus des syndicats et desassociations professionnelles, qui pour la plupart ont dénoncécette loi comme une loi sécuritaire et non sanitaire.

Illusion, Car ellelaisse croire aux familles que cette loi « répondraenfin » à leurs inquiétudes, leurs désarrois,leurs impasses dans les situations complexes. Car elle veut fairecroire à l’opinion publique qu’avec cette loi, lerisque zéro drame sera possible ! Car elle veut faire croireque le traitement médicamenteux est le seul garant et le seulà même de soigner les maladies mentales.

Régression, Caril s’agit d’un renforcement de l’hospitalocentrisme,avec la mise en place systématique d’une hospitalisationà plein temps inaugurale pendant au minimum trois jours. Car,de ce fait, elle conduirait à la fermeture systématiquedes services d’hospitalisation. Car elle instaure desassouplissements pour les entrées et un durcissement desprocédures de sortie. Car « les soins sans consentementen ambulatoire » assortis d’une obligation àaccepter visites et consultations seraient sous – tendus parune menace de réhospitalisation par la force publique ! Car ilinstaure sans le dire un fichier psychiatrique (équivalent ducasier judiciaire) : le médecin, demandant que le patientbénéficie du droit commun, devra systématiquementrappeler tous les antécédents d’hospitalisationsous contrainte.

Le Collectif des 39appelle à un grand débat national de sociétésur l’hospitalité pour la folie, qui définisseune nouvelle politique de soins en psychiatrie :

Quelle conception dela folie ?

Quelle formation pourles professionnels ?

Quels moyens eneffectifs et quel budget pour la psychiatrie ?

Quels droits etlibertés ?

Quelles places pourles patients et les familles dans le dispositif soignant ?

http://www.mediapart.fr

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