Sur scène, les Turbulents balayent le handicap

Chapiteaux . La compagnie parisienne réunit 35 jeunes autistes qui montent entièrement leurs spectacles.

Par CLAIRE GILLOT Reporters d’espoirs

Porte de Champerret, à Paris, deux chapiteaux colorés se détachent du décor. Comme tous les jours, la compagnie des Turbulents s’apprête à reprendre le travail. Une troupe un peu particulière, puisqu’elle réunit 35 jeunes artistes atteints d’autisme. Tous évoluent depuis 2007 dans ce lieu de création et de spectacle dont la particularité est d’être un établissement et service d’aide par le travail (Esat), ainsi qu’une section d’adaptation spécialisée (SAS).

L’ambiance est bruyante et joyeuse. «C’est la vie de troupe qui veut ça !» explique Odile Dreiss, chef de service de l’Esat. Animés par une vingtaine de moniteurs et de professionnels du chant, du théâtre et des arts plastiques, les ateliers et les répétitions s’enchaînent et permettent aux artistes autistes d’acquérir de vrais savoir-faire. Bien plus qu’une passion, c’est un véritable travail, puisque tous sont rémunérés et ont un statut de «travailleur» auprès de l’Esat.


«Authenticité».
Auteurs, acteurs, musiciens, décorateurs ou metteurs en scène, les Turbulents font tout. A commencer par imaginer entièrement leurs spectacles. Ils font preuve «d’une créativité déroutante», affirme Alexandra Lefebvre, éducatrice spécialisée. A l’image d’Alain, 27 ans, qui a intégré la troupe il y a trois ans : «Je suis designer et écrivain, passionné par le fantastique.» Ses nombreux textes, qui vont du poème à la bande dessinée, alimentent le Turbuland, un ouvrage artistique édité et vendu aux Chapiteaux. Anselme, quant à lui, est un slameur qui n’a rien à envier aux plus grands. «Les artistes avec qui il a travaillé sont très impressionnés par sa plume et son authenticité», raconte Alexandra.

Chacun met donc ses talents et ses envies au service des projets de la compagnie : spectacles, tournées, animations culturelles, mais aussi collaborations avec d’autres troupes. Les Turbulents n’hésitent pas non plus à se produire sur d’autres scènes parisiennes (théâtre du Lucernaire, Studio Bleu, etc).


Autonomie.
La tâche n’est pas toujours facile. L’autisme, c’est aussi des coups d’éclat, des crises d’angoisse. C’est là qu’éducateurs, psychologue et psychiatre interviennent pour rassurer. «La manière de travailler ici contraste clairement avec la logique enfermante de la plupart des autres établissements d’accueil. Si nous structurons les journées pour donner des points de repère à chacun, nous veillons surtout à conserver des espaces de liberté. Cela fait du bien à tout le monde», confie Alexandra.

En coulisse ou sur scène, les membres de la troupe ont trouvé leur place. Aucun ne s’imaginerait travailler ailleurs. Pour eux, c’est un premier pas vers l’épanouissement social et professionnel, mais aussi vers un peu d’autonomie financière. «Si l’autisme est un handicap lourd, pour lequel il n’existe pas de guérison à proprement parler, il est primordial que les autistes aient accès, comme tout un chacun, à différents types de professions, qu’elles soient manuelles ou intellectuelles», explique Mireille Lemahieu, présidente de l’association Autisme France.

Pour connaître les dates des représentations des Turbulents : http://www.turbulences.eu

www.liberation.fr

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