L’affaire opposant Geneviève Lhermitte à son psychiatre en délibéré

Geneviève Lhermitte, condamnée en décembre 2007 à la réclusion à perpétuité pour avoir tué ses 5 enfants, estime que son psychiatre a commis une faute. Celui-ci n’aurait pas pris en compte sa dernière lettre de détresse qui datait de la veille du massacre. Elle lui réclame 3 millions d’euros de dommages et intérêts et un euro à titre provisionnel. Le tribunal de première instance de Bruxelles a mis mardi l’affaire en délibéré.

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Xavier Magnée
Xavier Magnée© photo news

Le drame avait eu lieu le 28 février 2007 à Nivelles. Geneviève Lhermitte avait poignardé ses 5 enfants et avait tenté de se suicider. En décembre de la même année, elle avait été jugée aux assises de Nivelles et condamnée à la peine maximale pour ces infanticides.

Son psychiatre, le docteur Diderik Veldekens, qui la suivait depuis 2004, avait témoigné devant la cour d’assises de Nivelles qu’il n’avait pas contacté Geneviève Lhermitte après avoir vu sa lettre le 27 février 2007 parce qu’il avait un agenda chargé.

Dans cette lettre, Geneviève Lhermitte raconte qu’elle a des idées noires, des idées suicidaires qui vont entraîner ses enfants avec elle.
Les conseils du psychiatre ont rappelé, mardi, que leur client avait déjà reçu en urgence la condamnée le 13 février 2007 après une première lettre alarmante dans laquelle elle faisait état de ses peurs de l’avenir et dans laquelle elle parlait de couteaux. Ils ont également rappelé que la plaigante était en dépression depuis 1993.

Le conseil de Geneviève Lhermitte, Me Xavier Magnée, a soutenu que le médecin avait laissé sa cliente « dans le pétrin », en proie à une « souffrance mentale horrible ». La défense du psychiatre, Me Marc Snoeck et Me Doris de Thibault, a plaidé qu’il fallait prouver que leur client avait bien commis une faute et qu’elle présentait une relation causale avec le massacre qui avait suivi.

Par ailleurs, les deux avocats s’en sont référé aux arrêts de la cour d’assises et de la cour de cassation. L’arrêt de la cour d’assises de Nivelles mentionnait que ni les circonstances familiales, ni la volonté de suicide et ni une aide adéquate ne pouvaient excuser l’acte posé par Geneviève Lhermitte.

La cour de cassation avait aussi rejeté le pourvoi de la demanderesse stipulant que celle-ci rejetait sans cesse sa responsabilité sur son entourage. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et rendra sa décision dans le mois. (belga)

03/05/11 20h22
C’est dans l’air du temps, il faut toujours trouver des coupables à tout. Mais la multiplication des procès contre les psychiatres pour les actes commis par leurs patients me fait craindre non seulement une baisse des vocations, car quel psychiatre n’a jamais eu, si pas un patient qui tue, un patient qui se suicide, et surtout un durcissement du système, tendant toujours plus vers le risque zéro. On justifie déjà beaucoup de choses par la peur du risque (contention, isolement, hospitalisation), si en plus la justice s’y met, les premières victimes seront comme d’habitude les patients, de plus en plus soumis à la contrainte.
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2 commentaires »

  1. Je suis tout à fait d’accord avec votre conclusion. Quelle coïncidence, mon dernier article traite justement du risque zéro, mais au sujet d’une autre affaire…

  2. Lana Said:

    Je viens de lire votre article. J’avais lu un article au sujet de cette affaire, puis l’article sur cette affaire-ci. Je n’ai pas mis le premier article sur le blog, car il était très court et je ne connaissais pas l’affaire. Mais le vôtre m’éclaire, et ça va dans le sens de ce que je dénonce ici. Si ce n’est que dans l’affaire Lhermitte, c’est la coupable elle-même qui demande répération. J’ai du mal à supporter cette société où on ne veut plus jamais assumer ses responsabilités. Ni supporter le moindre risque, comme si la vie était sans risques. Dans cette affaire en plus, qui a fait beaucoup de bruit en Belgique, je pense que beaucoup de gens ont fini par comprendre ou accepter le désespoir de cette mère, la folie qui l’a poussée à tuer ses enfants. Elle a dit elle-même qu’elle ne voulait pas sortir de prison et expier ses crimes. Je ne vois pas ce qu’elle a à gagner à poursuivre son psy, ni au point de vue financier puisqu’elle est en prison, ni au yeux du monde, peut-être avec sa propre conscience, je ne sais pas.


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