Santé mentale: les détenus n’ont pas accès rapidement aux médicaments

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) La protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, trouve «étonnant et désolant» qu’en 2011, les personnes incarcérées et ayant des problèmes de santé mentale ne puissent avoir accès rapidement à leurs médicaments.

«Il y a un problème majeur de gestion de la médication dans les centres de détention. Or, très souvent, dans les 48 heures [après l’admission], on constate une interruption de la médication, ce qui déstabilise ces personnes-là, les place en situation de crise», a-t-elle déploré, mercredi, au cours d’un point de presse, à la suite de la publication d’un rapport sur les services aux détenus et aux prévenus souffrant de problèmes de santé mentale dans les 19 prisons provinciales du Québec.

«Très souvent, les seuls recours qu’ont les agents correctionnels, c’est l’isolement et la contention. Ce n’est pas adapté pour bien gérer ces situations», a-t-elle poursuivi. À son avis, l’isolement est «la pire des choses à faire» dans ces circonstances.

Dans le rapport, on évoque même la possibilité de graves conséquences attribuables à un manque de médicaments. «Il peut être dangereux, voire mortel, d’arrêter brusquement la consommation de certains psychotropes consommés régulièrement ou de façon soutenue», peut-on lire dans le document.

Formation pour le dépistage systématique

Après avoir étudié pendant deux ans les services aux personnes incarcérées et souffrant de maladies mentales, la protectrice du citoyen estime que la solution passe par un dépistage systématique des problèmes de santé mentale à l’arrivée d’un détenu ou d’un prévenu. Elle propose que les agents correctionnels soient formés pour effectuer ce dépistage. Pour l’heure, le personnel n’évalue que le risque de suicide.

«Ça peut être pris en charge. Il y a beaucoup de technologies aujourd’hui. Il y a un accès à des pharmaciens en tout temps. Dans certains cas, il y a des personnes détenues qui avaient des prescriptions qui dataient d’un certain temps, et on n’a pas la capacité de rejoindre immédiatement du personnel médical et pharmaceutique. L’organisation des services entre le réseau correctionnel et le réseau de la santé n’est pas bien fonctionnelle, mais il y a des solutions à ça», a-t-elle soutenu.

En outre, Mme Saint-Germain recommande d’améliorer la formation des policiers afin qu’ils soient plus en mesure de composer avec des personnes en crise et ayant des problèmes de santé mentale. Il est également proposé d’ouvrir des centres de crise pour soutenir les policiers.

À Québec, les policiers peuvent faire appel au Programme d’encadrement clinique et d’hébergement. Dans la demi-heure qui suit, un intervenant se rendra sur place. Toutefois, dans les régions autres que celles de Québec et de Montréal, les services manquent.

«Coûts majeurs en récidive»

À leur sortie de la prison, la protectrice du citoyen propose que les détenus soient suivis pour leurs problèmes de santé mentale. Mme Saint-Germain estime qu’il faudrait embaucher 16 personnes de plus pour assurer une continuité des services. Elle croit que le suivi des détenus ayant des problèmes de santé mentale générerait d’importantes économies dans les services publics.

«Il faut mesurer les coûts sociaux, les coûts humains et les coûts financiers qu’entraîne le fait que ce que je déplore dans ce rapport ne soit pas géré. Il y a des coûts majeurs en récidive. Il faut s’assurer que les personnes incarcérées qui ont un problème de santé mentale ont toutes les chances de réintégrer la société. Et présentement, au contraire, on les place dans une situation d’abandon et une situation où elles se retrouvent face à elles-mêmes sans solution.»

La protectrice du citoyen a cité en exemple l’Alberta pour ses services aux détenus. «Nous sommes comparables aux autres provinces bien que, dans certaines provinces, notamment l’Alberta, il y ait quand même un certain nombre de facilités qui sont plus adéquates et qui pourraient être enviées», a-t-elle dit.

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/sante/201105/11/01-4398451-sante-mentale-les-detenus-nont-pas-acces-rapidement-aux-medicaments.php

Au moins, on peut lire que l’isolement est la pire des choses à faire. Et je me demande toujours pourquoi ce qui est la pire des choses est prison est du soins intensifs à l’HP.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :