La solitude

La famille est une pieuvre qui déroule ses tentacules aussi loin qu’elle le peut.

Des yeux qui scrutent, surveillent. A quelle heure? Avec qui? Tu n’a pas froid? chaud? Tu es malade? Tu as dormi? Tu fais quoi?

Des oreilles, qui entendent les bruits des actes, les bruits des paroles derrière les portes, les bruits du corps.

Ils veulent tout savoir. Pas de secrets entre nous. Pas d’intimité. Dis-nous. Explique-toi. Justifie-toi. Raconte.

Et si tu ne le fais pas, tu as un problème. Tu ne nous es pas reconnaissante. Tu nous fais souffrir. Tu ne penses qu’a toi.

Il faut faire des choses ensemble, s’ennuyer ensemble, parler pour ne rien dire.

Voilà pourquoi j’aime la solitude. Personne pour voir, écouter, scruter. Pas besoin de se cacher. Personne pour faire effraction dans votre espace vital. Personne pour vous toucher, vous coller. Pas besoin de se reculer, de se protéger, de se recroqueviller. Faire ce qu’on veut sans justifications. Etre malade sans devoir donner d’explications et de bulletins de santé. Pleurer sans provoquer une affaire d’état. Pas de cris, pas de disputes. Avoir un espace vraiment à soi.  Ne pas faire semblant. Ne pas se forcer à sourire pour tomber plus fort après.

La solitude, c’est reposant. Ca empêche d’être transparent. Ca protège. C’est vital.

C’est peut-être bien mon armure contre le monde. Fragile, et que je dois laisser pour entrer dans le monde, mais dont l’ombre est toujours là. Vacillante, mais là. Et je n’ai que celle-là.

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2 commentaires »

  1. Marsiho Said:

    La solitude ? Est-ce vraiment de la solitude lorsque l’on sait que les autres ne sont pas loin ? N’est-ce pas plutôt le sentiment de liberté face à autrui ? Celui qui consiste à baisser les stores de temps à autre pour faire le point, s’écouter in petto, La véritable solitude, celle où aucune sollicitude n’est possible, celle qui vous laisse seul comme au coeur des vagues sans rivage à l’horizon, elle, elle est terrible, destructrice, angoissante. C’est pour cela que l’humanité est capable de s’ennuyer épaules contre épaules, par peur du vide. Mais parmi nous, ceux qui peuvent faire le choix de l’intériorisation sont souvent plus chanceux que ceux qui fuient par le bruit et la fureur. Car en se trouvant soi, on finit par rallier le reste du monde.

  2. Lana Said:

    Oui, peut-être que je me suis mal exprimée. D’ailleurs il y a un article qui s’appelle « Une expérience radicale de la solitude » où je parle de la solitude réelle. Cela dit, beaucoup de gens ne voudraient pas de mon mode de vie, car pour eux c’est ça la solitude, et ils ne comprennent pas qu’on puisse ne pas vouloir de conjoint ou d’enfants.
    Et il ne s’agit pas de se retrouver soi pour rallier le reste du monde, mais d’un refuge pour supporter le monde le reste du temps, ce qui est très pénible quand on est psychotique. Le reste du temps, on fait semblant d’être dans le monde, on ne le rallie pas vraiment, et il faut des moments où on arrête de faire semblant. Ce n’est pas juste un choix, c’est une incapacité à vivre avec quelqu’un, à avoir des enfants, à rester trop longtemps avec des gens, sous peine d’aller très mal.


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