Que faire d’un psychotique?

C’est une question posée sur google et qui a mené vers mon blog.

Pas que faire pour un psychotique mais bien que faire de lui?

C’est vrai, c’est un poids gênant, un psychotique. En plus, il ne veut jamais faire ce qu’on a décidé de faire de lui. Ce qu’on a pensé pour lui, comment s’en débarasser, le soigner, l’éloigner, le caser quelque part, le cacher pourquoi pas. Non, il se rebelle, il ne veut pas. Il veut décider pour lui-même, il n’est pas d’accord, c’est fatiguant à la fin. Que faire de lui? Il ne veut pas rester à l’hôpital, il est pénible avec ses proches qui ont des tas de bonnes idées pour faire quelque chose de lui. Evidemment, ils ne lui ont pas demandé son avis, il ne faut pas exagérer, ils savent bien mieux que lui.

Que faire pour qu’il se taise alors qu’il raconte n’importe quoi? Que faire pour arrêter de supporter sa souffrance et ses sautes d’humeur, ses bizarreries et son manque de motivation à devenir un être normal qui ne fait pas de vagues?

On ne peut pas le tuer. On ne peut plus l’enfermer bien longtemps, c’est ennuyeux. On peut le caser dans un hôpital de jour, mais que faire de lui le soir et les week-end?

Ben, j’en sais rien. Moi je sais ce qu’on peut faire avec une personne souffrant de psychose, par exemple lui parler avec le même respect qu’on accorde aux autres, le laisser mener sa vie selon ses aspirations et ses choix, le soigner en respectant ses droits. Je sais aussi ce qu’on peut faire pour lui, comme être son ami, sa famille, être là pour lui, bref ce qu’on fait d’habitude avec les gens qu’on aime. Mais ce qu’on peut faire de lui, où le poser, non, ça je ne sais pas. Avec aucun autre être humain d’ailleurs. Je sais juste que si on est traité comme un psychotique dont il faut faire quelque chose, eh bien oui, ça complique un peu les relations.

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6 commentaires »

  1. Alain Said:

    Considérer que c’est une personne, un être humain, pas un cas ni un sujet.

    Ne pas s’imaginer qu’on comprend mieux les choses que lui, au contraire, il en connait plus mais ne peut souvent pas les exprimer ou se fait rejeter, c’est si facile d’exclure un psychotique, il n’a pas de raison, il n’a pas raison.

    Merci en tout cas pour vos textes toujours empreints de sensibilité.

  2. Lana Said:

    Et merci pour vos commentaires.

  3. Docteur MaBoule Said:

    Il est vrai que cette question se pose souvent dans les lieux de soin. De nombreux patients sont effectivement poussés vers l’hôpital de jour, un lieu qu’ils jugent abominablement chiant et où rien ne se passe la plupart du temps. Ces fameux temps mort mettent extrêmement mal à l’aise, notamment en raison du sentiment de persécution et des difficultés de communication fréquemment manifestés en cas de schizophrénie.
    Dans la plupart des cas, il suffit effectivement d’instaurer une relation de confiance avec un patient pour qu’il ose livrer ses aspirations profondes, ce qu’il souhaiterait faire de sa vie. Hélas, nous n’y arrivons pas toujours. Certains symptômes de la schizophrénie poussant à fuir la société, à se replier dans l’inactivité, nous avons dans l’idée qu’un hôpital de jour, c’est mieux que rien, ce qui n’est pas forcement faux. Ça peut constituer un tremplin vers autre chose de plus personnalisé, de plus authentique, mais parfois, ça ne passe pas…

  4. Lana Said:

    Le problème est qu’on pense aussi parfois que l’hôpital de jour est mieux tout court. Un des mes amis étaient obligé d’aller à l’hôpital de jour alors qu’il aurait pu venir en vacances chez moi et puis prendre des cours de théâtre. De mauvaises idées apparemment étant donné que ce n’étaient pas son psy qui les avaient eues et qu’on avait décidé que sa place était à l’HDJ à faire des trucs d’enfants de maternelle. Je n’ai rien contre les HD, juste que comme souvent on pense pour nous. Il faut faire des activités, rencontrer des gens, avoir un horaire, etc… On se demande bien pourquoi si la personne n’en a pas envie, si ce n’est pour avoir un air normal qui rassure tout le monde même si ça nous gave.

  5. Behemothe Said:

    « Je sais juste que si on est traité comme un psychotique dont il faut faire quelque chose, eh bien oui, ça complique un peu les relations. »
    que voilà un doux euphémisme!

  6. Lana Said:

    Oui, j’aime bien les euphémismes accompagnés d’une belle image!


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