« Stigmate », Erving Goffman, Minuit

Quatrième de couverture

Il y a le stigmate d’infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l’épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l’accident. Il y a les stigmates de l’alcoolisme et ceux qu’inflige l’emploi
des drogues . Il y a la peau du Noir, l’étoile du juif, les façons de l’homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l’on sait de quelqu’un qui a fait ou été quelque chose, et  » ces gens©là, vous savez…  » Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent  » normaux  » et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les
anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes ) : une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le Noir, virils devant l’homosexuel, etc., et donne aux autres l’assurance, fragile, qu’à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l’espoir tranquillisant que, peut©être, un jour, ils passeront de l’autre côté de la barrière.
Stigmate
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