Aux racines de la schizophrénie

Isabelle Burgun, le 1 août 2011, 14h46

(Agence Science-Presse) Elle frappe surtout les jeunes, âgés de 15 à 30 ans. Et malgré sa composante en partie génétique, la schizophrénie s’explique encore mal et constitue toujours un casse-tête pour la communauté médicale.

Mais les nouveaux outils utilisés en génomique redonnent espoir. « La bio-informatique révolutionne notre pratique. Maintenant, on ne fait plus que cibler certaines régions du cerveau, on regarde tout », explique Simon L. Girard, doctorant en biologie moléculaire à l’Université de Montréal.

De fait, les algorithmes de comparaison de données traitent maintenant de très grands fichiers. En ayant recours à la bio-informatique, l’équipe de Guy A. Rouleau – à laquelle appartient le jeune chercheur — a pu ainsi passer au crible le génome complet de 14 patients atteints de schizophrénie et leurs parents. L’analyse de 38 millions de marqueurs a mis à jour 15 mutations génétiques en lien avec la maladie dont 4 s’avéreraient plus rares.

Bien qu’il soit fréquent de retrouver des mutations uniques ou privées d’un individu à l’autre, les chercheurs sont très optimistes quant à leur découverte. En effet, les 14 patients portent les mêmes modifications sur leur ADN.

Et les premières comparaisons avec d’autres patients répertoriés dans la banque de données du Centre hospitalier universitaire de Sainte-Justine semblent leur donner raison. « Chez les 400 patients souffrant d’autres maux, dont 150 constituent le groupe de contrôle, ces mutations sont absentes », confirme le chercheur.

Encore taboue!

La schizophrénie se manifeste par des épisodes de psychose où la personne perçoit son entourage comme hostile. Prisonnière de ses hallucinations, elle devient agressive ou se replie sur elle-même.

Cette maladie entraîne aussi de nombreux déficits cognitifs — problèmes d’attention, de mémoire et d’apprentissage –, mais aussi souvent un rejet de son entourage.

La schizophrénie fait aussi peur. Elle ostracise ceux qui en souffrent. De nombreux préjugés entourent cette maladie – véhiculés sans doute par le cinéma, de « Psychose » à « Donnie Darko ». Mais dans la vraie vie, les actes de violence seraient pourtant plutôt rares : un schizophrène sur dix millions serait agressif, selon certaines études.

Cette maladie mentale frappe 1 % de la population. Près de 75 000 Québécois souffrent de cette maladie mentale. L’Organisation mondiale pour la santé répertorie près de 24 millions de personnes atteintes de schizophrénie dans le monde.

http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2011/08/01/aux-racines-schizophrenie

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