Parfois la maladie a un visage réconfortant

Parfois, la maladie me tend les bras avec un visage réconfortant. Quand ça devient dur d’être toujours debout, d’assurer le quotidien, de supporter la fatigue. Je me souviens du goût réconfortant des larmes et j’imagine des paroles dites doucement comme un baume sur une blessure.

images (16)Je n’avais personne quand j’étais malade mais aujourd’hui je sais que j’aurais quelqu’un pour me soigner. Quand on va bien, on n’a rien à demander, quand on est guéri ou plus ou moins on mène sa vie comme les autres. Et certains soirs ça semble un effort trop grand, mais pas assez pour mériter de l’aide ou de la compassion. Tandis que la maladie, oui, c’est grave, tout le monde est d’accord. Comme la fois où j’ai été très mal à cause des images de ma phobie placardées partout dans la librairie, ma psychiatre me parlerait avec une gentillesse bouleversante, et moi les paroles gentilles ça me tord les boyaux, et ça me fait du bien pour longtemps, et je ne l’oublie jamais.

Alors, oui, être malade et soignée, parfois ça fait envie. Pour lâcher un peu les armes, ou rêver à ce que je n’ai pas eu dans ces années terribles de souffrance et de solitude.

Mais je verse quelques larmes et je repars debout dans cette vie, parce qu’il le faut, et que de toute façon, c’est la folie qui nous choisit et non l’inverse.

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7 commentaires »

  1. Alain Said:

    Tu as beaucoup de courage. C’est vrai que la folie nous choisit, mais je pense qu’on a quand même un rôle à jouer, par exemple prendre le traitement, avoir une activité, voir des gens dans la mesure du possible. Bien entendu il faut une grande dose de courage dont peu de gens se rendent compte.

  2. Lana Said:

    Bien sûr, on a un rôle pour guérir. Mais je voulais surtout dire qu’on ne tombe pas dans la folie seulement en le voulant.

  3. Alain Said:

    C’est certain, c’est hors de notre volonté. C’est pourquoi il est tellement insupportable d’entendre les gens donner des conseils du genre, « reprends-toi, ne te laisse pas aller ». Sans réel soutien de professionnels, il est impossible de s’en sortir. Mais j’ai l’impression d’enfoncer des portes ouvertes !

  4. Antoine Said:

    Oui, parfois c’est l’enfer, bravo à ceux qui tiennent le coup, la violence peut être insupportable, une violence que l’on ne devrait pas subir.
    Il faut de la volonté pour ne pas craquer.
    Il faut du self control et être prêt à tout encaisser.
    Les sensations fortes de la folie sont dures, elles laissent des traces comme autant de cicatrices des combats passés, des cicatrices qui font peur.
    Rester debout oui, comme des victimes persécutés sans fin qui ont que leur courage pour résister.
    Les violences de la folie et du réel ne sont pas si différentes.
    Encore bravo et merci

  5. Antoine Said:

    Désolé d’aborder un sujet délicat : la cigarette.
    Chez moi l’absorption de nicotine a des effets secondaires graves : peu de temps après la cigarette je fais une espèce de crise de nerfs, perte de contrôle, stress bref c’est très désagréable. Cela pourrait s’expliquer par un creux de dopamine (entre autres) dans le cerveau (la dopamine contrôlant les mouvements). En fumant beaucoup moins le problème disparaît presque.
    L’aspirine et le paracétamol provoque des creux d’endorphine (entre autres) qui provoquent des détresses psychiques, angoisses…
    Le creux serait du à l’incapacité du cerveau de produire suffisamment de neurotransmetteur après le pic de production du à la nicotine ou à un autre produit psycho actif.
    J’ai un cerveau sensible aux psychotropes et qui produit peu de neurotransmetteurs.

  6. Lana Said:

    Je ne trouve pas que ce soit un sujet délicat à aborder, en tout cas ce n’est pas du tout un problème pour moi qu’on en parle ici. Au moins, tu es « vacciné » contre la clope avec ces effets secondaires. Moi je ne peux pas m’en passer. Ce n’est pas tellement la dépendance à la nicotine, mais l’habitude, le plaisir et le réconfort de la cigarette qui me manquent quand j’arrête. Je n’ai arrêté qu’une fois d’ailleurs, trois jours sans aucune difficullté , avec un paquet chez moi, et j’ai recommencé parce que ça m’a trop manqué de ne plus avoir ce plaisir, ce geste qui rythme la journée. Et puis je l’utilise aussi beaucoup contre l’angoisse, l’énervement, etc… même si je sais que le tabac n’agit pas forcément là-dessus, et même peut-être empire les choses, mais c’est quand même une sorte de médicament pour moi de m’offrir ce réconfort.

  7. Antoine Said:

    La nicotine me procure encore beaucoup de plaisir mais après cela devient l’enfer.
    Entre l’absorption de nicotine et les effets secondaires il y a un décalage temporel plus ou moins important c’est pour cela que mentalement on ne fait pas immédiatement le rapprochement entre les deux.
    Il faut lier dans son esprit la cigarette et ses mauvais effets secondaires cela aide à s’arrêter.
    Ils le disent dans les bouquins: les schizo ont beaucoup de mal à s’arrêter de fumer, les schizo sont neurologiquement fait pour être accroc à la nicotine.
    La cigarette diminue les effets secondaires des médicaments.
    Sans la cigarette c’est le bien être comme pendant la cigarette.


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