Santé mentale: Un sous-investissement au niveau mondial

L’Organisation mondiale de la santé note un sous-investissement dans la santé mentale au niveau mondial – Une personne sur quatre aura besoin de soins de santé mentale à un moment ou à un autre de sa vie, mais la plupart des pays ne consacrent que 2 pour cent des ressources du secteur de la santé aux services de santé mentale, a déploré vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son Atlas 2011 sur la santé mentale publié à la veille de la Journée mondiale de la santé mentale célébrée à travers le monde le 10 octobre.

L’Atlas, reçu par la PANA à Lagos, indique que ‘les dépenses moyennes consacrées dans le monde à la santé mentale sont toujours inférieures à 03 dollars par personne et par an’ et ajoute que ‘dans les pays à faibles revenus, ces dépenses peuvent être de 25 cents par personne et par an.

Le rapport souligne également que le gros de ces ressources est souvent consacré à des services qui concernent relativement peu de personnes.

‘Les gouvernements ont tendance à dépenser l’essentiel de leurs maigres ressources pour la santé mentale dans les soins à long terme dans les hôpitaux psychiatriques’, a déclaré le Dr Ala Alwan, sous-directeur général chargé des maladies non transmissibles et de la santé mentale à l’OMS.

‘À l’heure actuelle, près de 70 pc des dépenses de santé mentale va aux institutions psychiatriques. Si les pays dépensaient davantage au niveau des soins primaires, ils pourraient atteindre davantage de gens et commencer à s’attaquer suffisamment tôt aux problèmes pour réduire les besoins en soins hospitaliers plus coûteux’, a-t-il estimé.

L’Atlas souligne d’autres déséquilibres, en indiquant que des services de santé mentale de qualité consistent également à traiter les patients en associant des médicaments et une prise en charge psychosociale .

Dans les pays à faibles revenus cependant, le manque de ressources et de compétences fait souvent que les patients ne sont traités qu’avec des médicaments. L’absence de prise en charge psychosociale réduit l’efficacité du traitement.

D’après l’Atlas, nombreux sont ceux qui n’ont pas du tout accès aux services de santé mentale.

Il révèle que dans le groupe des pays à faibles revenus et à revenus moyens, plus de trois quarts des personnes qui ont besoin de soins de santé mentale ne bénéficient d’aucune prise en charge de base.

‘Près de la moitié de la population mondiale vit dans des pays qui ne comptent en moyenne qu’un psychiatre ou moins pour 200.000 habitants’, indique le Dr. Shekhar Saxena, directeur du département Santé mentale et abus de substances psychoactives à l’OMS.

Selon lui, ‘de nombreux pays à revenus faibles ou moyens comptent moins d’un spécialiste de santé mentale pour un million d’habitants’.

En 2008, l’OMS a lancé son Programme d’action Combler les lacunes en santé mentale (mhGAP) pour aider les pays à renforcer les services pour les troubles mentaux, neurologiques et liés à l’utilisation de substances psychoactives.

Ce programme dote les prestataires des soins de santé primaires comme les médecins, les infirmières et les agents de santé de connaissances et compétences pour identifier et gérer ces troubles.

Depuis lors, certains pays ont fait des progrès significatifs dans l’amélioration de leurs services avec l’assistance de l’OMS.

Le rapport souligne que l’Ethiopie et le Nigeria, par exemple, ont commencé à former leur personnel de santé à l’identification et au traitement en priorité des troubles mentaux.

Les ministères de la Santé des deux pays se sont engagés à poursuivre ce programme pour qu’il ait un impact durable.

La Chine a également ses services dans le domaine de l’épilepsie dans 19 provinces, en se basant sur son expérience dans un petit nombre de provinces pilotes.

Plus de 40 millions de patients sont désormais couverts par ce programme.

L’Atlas indique que la Jordanie a fait des progrès avec un programme pour les troubles mentaux prioritaires, tandis que le Panama a commencé à former systématiquement son personnel de soins de santé primaires.

De grands pays en développement comme le Brésil, l’Inde et la Thaïlande sont sur le point de faire des progrès rapides en intensifiant leurs programmes nationaux de santé.

Pana 09/10/2012

http://www.afriquejet.com/sante-mentale-investissement-2011100924481.html

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4 commentaires »

  1. behemothe Said:

    Pas gaie tout ça et si ça s’améliore dans les pays émergeant ça se détèriore nettement chez nous

  2. Igor Thiriez Said:

    Ce qui est surprenant avec la santé mentale, c’est qu’on ne sait pas vraiment où mettre les moyens quand il y en a à disposition. Si l’on vise une action en amont de l’hôpital psychiatrique, on finit forcément par aborder le délicat problème du dépistage (notion très décriée en psychiatrie). Si l’on vise plutôt l’aval et les soins post-hospitalisation, on prend le risque d’une mise à l’écart des patients du circuit ordinaire. Voilà pourquoi les pouvoirs publics, qui n’aiment pas prendre trop de risques, consacrent le peu de moyen qu’ils ont à disposition à l’éternel Hôpital Psychiatrique, alors même que ce lieu ne convient finalement qu’à bien peu de situations sur un plan proportionnel.

  3. Lana Said:

    Je ne suis pas d’accord en ce qui concerne les soins post hospitalisations, il n’y a pas que les HDJ ou les CAT. Comme ça a été dit hier au mini-congrès, les choses commencent vraiment après l’hospitalisation, dans le fait d’accompagner la personne dans sa vie. J’ai pu travailler parce que je voyais ma psychiatre une heure chaque semaine, ça devrait être le cas de tout le monde, voire plus souvent, et aussi qu’il y ait des CAC, des gens à qui on peut faire appel quand ça va mal, justement pour arriver à rester dans la société. Et avant l’hôpital, il n’y a pas que la prévention, on va mal avant d’aller à l’hôpital, on peut recevoir des soins de qualités et rapides avant d’en arriver là, et ça empêcherait pas mal d’hospitalisation, mais ça veut dire plus de psys et pas de listes d’attente de 2 mois, parce que là, oui on a le temps de vraiment péter les plombs et de se retrouver à l’HP.

  4. Igor Thiriez Said:

    Je ne suis pas sur que nous soyons vraiment en désaccord sur l’offre de soins post-hospitalisation qui dépasse effectivement les HDJ et CATTP. Hélas, le problème, c’est justement lorsqu’on cherche plus loin que l’HDJ et le CATTP, on trouve des choses mais peu. Du fait de ce peu d’offre par rapport à la demande, intégrer l’une de ces structures relève du défi. Lorsqu’il ne s’agit que d’une lettre de motivation, ça va encore mais ça tourne hélas parfois au véritable entretien d’embauche à la recherche du patient parfait (pas de drogue, un domicile, une occupation, une famille parfaite et compréhensive, un psychiatre, un médecin traitant, une assistante sociale, un état parfaitement stabilisé et j’en passe…).
    Sinon il faudrait effectivement développer les CAC qui évitent souvent d’avoir à passer par les services d’urgence des hôpitaux (parfois inadaptés).
    Je ne suis en revanche pas persuadé qu’il suffise d’augmenter le nombre de psychiatres pour augmenter le temps de consultation, hélas. Il faudrait plutôt des psychiatres mieux formés aux psychothérapies…


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