Lutter contre la stigmatisation

Plan directeur des psychiatres pour combattre la stigmatisation et la discrimination au sein de la profession médicale : Nouvel énoncé de principes rendu public lors du Congrès annuel de l’APC, à Vancouver

VANCOUVER, le 13 oct. 2011 /CNW/ – Aujourd’hui, l’Association des psychiatres du Canada (APC) a rendu public un plan directeur permettant aux psychiatres de combattre la stigmatisation et la discrimination au sein de la profession médicale.

« La stigmatisation et la discrimination constituent l’une des principales raisons pour lesquelles un Canadien sur cinq qui sera atteint de maladie mentale au cours de sa vie n’obtiendra pas d’aide ou tardera à chercher un traitement jusqu’à ce que sa situation se détériore davantage, déclare la Dre Susan Abbey, auteure du document et membre du Groupe de travail de l’APC pour combattre la stigmatisation et la discrimination. Les personnes peuvent se rétablir d’une maladie mentale, mais d’ici à ce que nous abordions ces questions, tous nous efforts pour offrir de meilleurs soins en santé mentale continueront d’être entravés. »

À l’instar de leurs compatriotes, les médecins, y compris les psychiatres, font partie de la société et ne sont pas à l’abri des sentiments et des attitudes de stigmatisation envers les personnes atteintes de maladie mentale. « Les médecins sont le reflet de leur société lorsqu’il s’agit des attitudes de stigmatisation, mais cela est terrible lorsque des patients qui ont besoin d’aide font face à de telles attitudes », explique la Dre Manon Charbonneau, présidente du Groupe de travail. C’est pour cela que l’APC a choisi d’axer ses efforts pour combattre ce fléau au sein même de la profession de la médecine. En tant que médecins et psychiatres, nous en sommes responsables. »

La Commission de la santé mentale du Canada a aussi lancé « Changer les attitudes », une initiative pour combattre la stigmatisation et la discrimination associées à la santé mentale. Elle a ciblé deux groupes principaux : les enfants et les adolescents et les professionnels de la santé.

L’énoncé de principe présente une approche fondée sur trois volets stratégiques permettant aux médecins de réduire la stigmatisation : la protestation, l’éducation et le contact. Dans ce document, l’APC invite tous les psychiatres à jouer un rôle de chef de file et à identifier et étiqueter immédiatement la stigmatisation lorsqu’ils en sont témoins, à éduquer pour faire échec à la stigmatisation et à promouvoir le contact direct avec des personnes aux prises avec une maladie mentale qui se sont rétablies.

« Nous devons protester contre la discrimination à tous les niveaux—en dénonçant les plus petites injustices dont nous sommes témoins dans notre pratique quotidienne, dans nos cliniques et hôpitaux et dans nos écoles de médecine; et à l’échelle des gouvernements fédéral et provinciaux », ajoute la Dre Abbey. L’insuffisance du financement pour la santé mentale est remarquable. Alors que la maladie mentale représente plus de 15 % du fardeau des maladies au Canada, en 2003-2004, seulement 6 % de la somme totale des fonds pour la santé a été allouée au financement des soins de la santé mentale. Cela est inférieur au niveau de la plupart des pays européens et industrialisés.

L’éducation est le deuxième volet de la stratégie pour enrayer la stigmatisation et pour la rendre visible. « Il est assez facile d’identifier la discrimination, mais beaucoup plus difficile d’identifier les attitudes de stigmatisation. Souvent, les personnes ne sont pas conscientes de leurs attitudes », précise la Dre Charbonneau.

Le document décrit des initiatives d’éducation à plusieurs niveaux, notamment : inclure la stigmatisation, la discrimination et l’inclusion sociale au programme d’étude supérieures en psychiatrie; poursuivre l’éducation des médecins à cet égard; aborder la question de la stigmatisation avec les patients; et travailler avec les collègues médecins pour lutter contre les comportements discriminatoires envers les patients atteints de troubles mentaux aux endroits où ils demandent de l’aide soit les salles d’urgence, les départements médicaux et de chirurgie, les cliniques ambulatoires et lorsqu’ils visitent leur médecin de famille.

Le contact—le troisième volet de la stratégie—est très important. « La recherche révèle que le contact direct avec des personnes aux prises avec une maladie mentale qui se sont rétablies est un outil puissant qui change profondément les attitudes du public », souligne la Dre Charbonneau. On encourage les écoles de médecine à promouvoir et enseigner le contact direct avec les patients, non seulement dans les contextes cliniques, mais dans d’autres environnements. On invite aussi les patients à participer au processus de diagnostic et de traitement. On suggère qu’ils soient consultés pour la conception des structures cliniques et des traitements. »

« Combattre la stigmatisation et la discrimination liées aux personnes souffrant de maladie mentale est le premier pas pour obtenir un meilleur système de soins. Les efforts de la société canadienne et de la communauté médicale du Canada sont encore à leur premier stage et il reste beaucoup de travail à accomplir. Mais nous y arriverons », conclut la Dre Charbonneau.

Lien à l’énoncé :
http://publications.cpa-apc.org/media.php?mid=1222

L’Association des psychiatres du Canada est un organisme national qui représente 4 100 psychiatres et plus de 600 résidents en psychiatrie. Fondée en 1951, l’APC plaide en faveur d’un milieu propice à la prestation des meilleurs soins cliniques, à l’éducation et à la recherche.

Renseignements :Hélène Côté
Association des psychiatres du Canada

http://www.newswire.ca/fr/story/857983/plan-directeur-des-psychiatres-pour-combattre-la-stigmatisation-et-la-discrimination-au-sein-de-la-profession-medicale-nouvel-enonce-de-principes-rend

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2 commentaires »

  1. david Said:

    je vous remercie pour cet article enrichissant et très complet. Je viens de finir ma thèse de psychiatrie sur stigmatisation et observance médicamenteuse chez les personnes souffrant de schizophrénie, il faut faire des efforts pour prendre en compte la stigmatisation comme un enjeu essentiel. Merci encore pour votre blog que je consulte tous les jours. David

  2. Lana Said:

    J’ai trouvé cet programme très intéressant, notamment parce qu’il veut lutter contre la stigmatisation chez les médecins eux-mêmes et qu’il s’appuie sur les schizophrènes rétablis.


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