Psychotique, et après? Paroles en vrac.

Après avoir frôlé la mort, on aime d’autant plus la vie. Je me regarde dans la glace le matin et je souris. C’était comme un défi, parce que l’image de cette maladie est tellement mauvaise, je voulais en parler. J’ai fait mon coming-out. J’ai retrouvé du travail. Je suis surveillant d’externat, c’est ce que j’ai toujours voulu faire. Je suis institutrice. Je suis libraire. Je suis peintre. Je suis travailleuse psychosociale. Non, l’image de la maladie ne s’est pas améliorée. Je n’en parle pas à tout le monde. Ce n’est pas marqué sur mon front. Je suis heureux. J’e n’ai eu que des  réactions positives. Les gens n’imaginaient pas tout ce que j’avais vécu. C’est nous qui sommes terrifiés par le monde. Non, je n’ai jamais pensé à tuer quelqu’un. Je n’ai jamais essayé que de me tuer moi-même. Ils m’ont vu tel que j’étais. Ils m’ont trouvé courageux. Mes échecs, ça m’a fait mûrir. Je peux supporter les épreuves de la vie parce que j’ai pu vaincre cette maladie, je sais que je suis forte. Je sais que je suis fragile mais que je me relève. Je prends mes médicaments presque sans y penser. La vie m’enthousiasme et me fait mal. Mais j’ai un élan vital incroyable quand la maladie me laisse tranquille. Je comprends tellement la souffrance des autres que ça me rend malade. J’aimerais retrouver un travail à mi-temps, avoir une voiture, un appart. Je n’en peux plus de l’image que les médias donnent de la schizophrénie. Je suis amoureuse.  Je me dis cette fois ça va retomber sur les musulmans, pas sur nous, et je suis soulagée, et je trouve ça atroce, parce que je comprends tellement leur colère d’être stigmatisés, et je me trouve lâche, mais cette fois ce ne sera pas nous et je ne peux m’empêcher de penser ça à chaque crime. Je suis fière de mes enfants. J’aime ma vie sans enfants parce que je lui ai aussi donné du sens. Je recommence ma vie. J’ai tellement vécu avec la mort que l’annonce d’une autre maladie potentiellement mortelle n’a pas été un cataclysme. Parfois, je baisse encore les bras et rêve de m’endormir sans jamais me réveiller. Je me sens libérée depuis que je ne cache plus ma maladie, sereine, en paix avec moi-même. Je rêve d’un voyage dans les landes de l’Angleterre. Je rêve d’aller à Saint-Petersbourg. Je vais aller à la mer. Je manifeste. Je participe à des forums et des colloques. Je vibre pour le monde, je pleure devant la télé, je ris avec mes amis. Je râle, je m’énerve pour des futilités. Je profite du soleil du printemps. Je suis bipolaire. Je suis schizophrène. Je suis psychotique. Je suis fou si vous voulez. Non, je n’ai jamais pensé à tuer quelqu’un. Tuer quelqu’un, c’est pas mon truc.

Merci à Olivier Delacroix pour son reportage sur les schizophrènes et la suite, dans son émission « Dans les yeux d’Olivier », qui m’a inspiré ce texte. Et a tous ceux dont j’ai emprunté les paroles ici, pour faire résonner un peu nos voix.

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21 commentaires »

  1. robert Said:

    moi j’avais une voiture j’étais marrié j’ai eu 2 enfants ,j’avais un appart c’est ma mère et mon ex qui s’occuper presque de tout,ma fille est architecte à Montréal et mon fils est schyzo comme moi il travaille comme jardinier, mon fils veux prendre des vacances ,il a un petit pécule il veut aller 15 jour à l’île Maurice voir ses cousin
    mon ex femme est d’origine de l’île Maurice et elle est vachement sympa.mais ma mère n’est toujours pas au courant qu’il veut aller à Maurice dans un hôtel avec piscine et je crois qu’elle ne sera pas d’accord ,c’est mon ex qui va lui annoncée la nouvelle

  2. émilie Said:

    bonjour Lana, depuis une semaine j’ose le dire; je suis guérie. Quand j’ai lu ton journal la première fois j’ai pleuré…C’était comme les miens. Ceux qui sont au fond du tiroir du haut de ma table de chevet. j’ai 27 ans, un petit bébé, un amoureux…pas de pognon, des montagnes superbes autour de moi, un cœur rempli d’amour et de liberté: le règne de la Peur est terminé. émilie

  3. Alain Said:

    Entendu ce midi à table, au travail de la part de collègues : alors, ils l’ont attrapé le fou à Toulouse ? en faisant référence à l’affaire du tueur de Toulouse.

    C’est tellement ancré dans la tête des gens qu’ils attribuent la folie à tout tueur alors même qu’il n’y a aucun diagnostic médical. Un jour, un collègue m’avait dit : pour tuer, il faut être fou. Je lui avais répondu en citant la mafia. Cela l’a fait réfléchir un peu mais dans quelle mesure ?

  4. Lana Said:

    Emilie, merci pour ce message d’espoir, ça fait du bien! J’espère que tu vas continuer sur ce chemin.

    Alain, je suis d’accord avec toi. D’ailleurs un article titre que le tueur avait séjourné en HP, comme si ça exliquait ses crimes. Dans l’article, on dit qu’après une TS en prison, il a été en HP 15 jours et que son suivi psy s’est arrêté après. Mais le mal fait par le titre est là!

  5. Anonymous Said:

    Oui, ce n’est parce qu’il a fait une TS qu’on peut le qualifier de fou. D’ailleurs, je n’aime pas ce terme, pour moi, la folie c’est quand on a perdu la raison et en dehors des périodes de délire ou lorsque les symptomes positifs sont prévalents, un schizophrène n’est pas fou. Les symptomes négatifs ne sont pas synonymes de folie. Les gens sont surpris lorsqu’ils se rendent compte qu’un malade est lucide, or pour moi, il s’agit de la majorité des cas.

  6. Alain Said:

    Anonymous, c’est moi…

  7. Iphigénie Said:

    Quel beau texte Lana ! Oui, c’est tout ça un psychotique qui accepte des soins !
    Et par pitié, qu’on arrête cet amalgame psychotique – meurtrier en puissance.
    Je suis bipolaire et je confesse deux séries de meurtres incontrôlables : les guêpes et les araignées.

  8. Lana Said:

    Merci, même si ce texte ne me dit pas grand-chose, à part quelques phrases, et le fait de les avoir mises toutes ensemble.

    Concernant le tueur, ça y est, le mot est lâché: il avait des tendances schizophréniques. C’est top beau: musulman, récidiviste, schizo!! Mais ça va poser un problème à Sarko qui vient de dire que cet homme n’était pas un fou, car un fou est irresponsable (est-ce une annonce de révision de ses lois sur les procès des malades mentaux?).

  9. Sybilline Said:

    Je crois que la polysémie du mot « fou » nous joue des tours ici. En effet, on mélange « folie meurtrière » et trouble psychique (avec fragilité, confusion ponctuelle dans l’expression). Le problème reste finalement le côté sensationnel du journalisme: on donne quelques informations sur cet homme qui a un comportement dangereux et on l’associe à fou (fou dangereux). Pourquoi? Tout simplement parce que le commun des mortels se rassure ainsi. Il se dit que « cette folie meurtrière » ne pourra jamais l’atteindre, puisqu’il n’est pas fou. Il peut donc continuer en paix avec sa propre conscience. Cette idée est développée dans le journal qui suit « La Part de l’autre » d’E-Emmanuel Schmitt où on veut faire d’Hitler un être qui n’appartient pas à notre humanité, car on ne veut l’assumer.

    Je me méfie pas mal de la terminologie de « fou » car elle regroupe plein de sens différents et quand on ne se penche pas précisément sur son sens, les amalgames sont vite arrivés.

    Le vrai problème est que dans les médias, on n’évoque la schizophrénie que chez des gens dangereux. On ne parle pas de tous ceux qui ont développé cette maladie sans jamais faire de mal à personne. Et oui, c’est évident, ils ne font pas la une des journaux puisqu’ils sont innocents. Cette parole manque vraiment, je trouve. Cela entraîne des confusions graves qui nuisent à ceux qui souffrent de cette maladie.

  10. Alain Said:

    Et ça continue, où s’arretera-t-on ?

    Sarkozy, « un cas de schizophrénie », selon Dupont-Aignan

    Le Monde.fr | 18.03.2012 à 19h24 • Mis à jour le 18.03.2012 à 19h24

    « UN CAS CLASSIQUE DE SCHIZOPHRÉNIE INTENTIONNELLE ET NARCISSIQUE »

    Le candidat souverainiste est revenu sur la volonté affichée par le président sortant à Villepinte de renégocier Schengen et les barrières commerciales. « Il dit vouloir en finir avec l’Europe passoire. Mais celui qui agite les esprits à Villepinte est celui qui est responsable de l’impuissance de la France, s’emporte-t-il. C’est un cas classique de schizophrénie intentionnelle et narcissique. »

    Schizophrénie intentionnelle ?
    Schizophrénie narcissique ??

    En tout cas, il ressort que le schizophrène est le méchant, l’ennemi. Il faudrait vraiment faire un courrier à tous les politiques et aux journalistes pour leur mettre les points sur les i.

  11. Sybilline Said:

    Le même glissement de sens s’opère avec le mot « raciste » aujourd’hui qui dans la bouche des jeunes signifie « injuste » (il n’est plus question de race, de supériorité etc…)Cet emploi galvanise le sens du mot et conduit à des confusions graves.

    Malheureusement, le mot « schizophrénie » est employé pour toute forme de « dissociation de la pensée ». Cet emploi passe avant le sens médical et est toujours employé de façon péjorative. Cela est très grave pour ceux qui souffrent de cette maladie qui sont incompris par l’ensemble et stigmatisés. Je trouve que c’est grave effectivement! Il faudrait que ça change…Vous devriez envoyer le courrier…

  12. Alain Said:

    Il faudrait effectivement envoyer ce courrier, mais au nom de qui ? Les lecteurs du blog de Lana ?

  13. Sybilline Said:

    Bonjour à tous,

    Avant de commencer, petite correction de français…car ma faute restera à vie (pas de possibilité de correction des commentaires): j’ai moi-même employé un mot pour un autre…alors même que je critiquais ce fonctionnement. Mea culpa. Je n’aurais pas dû dire « cet emploi galvanise le sens du mot », mais cet emploi « galvaude le sens du mot » (au sens de gâcher).

    Oui, bonne idée Alain de le mettre au nom des intervenants du blog de Lana si les autres sont d’accord. En ce qui me concerne, j’y suis absolument favorable. Le problème est l’adresse de l’envoi et les pseudos. Pour ma part, je souhaite garder mon pseudo, non vis-à-vis de vous, mais d’autres personnes qui tomberaient par hasard ici.

    Il m’était arrivé une fois d’écrire au ministère dont je dépends. Je ne pensais jamais avoir une réponse. Elle a été longue, mais elle est arrivée. Même lorsqu’on écrit au président, ça marche, en sachant que c’est son cabinet qui lit.

    Si tu as envie d’écrire la lettre et de nous la faire parvenir sur ce blog avant de l’envoyer, ce serait une bonne idée. Peut-être serait-ce bon aussi d’en faire parvenir un exemplaire à certains journaux. Si personne ne dit rien, ça continuera. Après, il faut trouver les bons arguments et tenter de les sensibiliser. Peut-être te demandera-t-on un interview ensuite…

    Bon samedi (très ensoleillé chez moi).

    Je n’ai pas le temps pour le moment de lire les deux autres articles envoyés pas Lana, mais je le ferai bientôt surtout le dernier qui m’interpelle vraiment. C’est bon de savoir qu’il y a des voies d’issue pour ceux qu’on aime.

  14. Lana Said:

    Il y a déjà eu des gens qui se plaignent de l’emploi du mot schizophrénie, on leur a répondu qu’il avait deux sens, le psychiatrique et le commun.

  15. Alain Said:

    Un article de pubmed an anglais, je traduit ci-dessous. Il en ressort que la croyance à l’identité de la schizophrénie et de la personnalité multipe est le fait de personnes de haut niveau d’étude. Etonnant, non ?

    [An error of the educated–split personality and schizophrenia].

    [Article in German]

    Borsche J, Schomerus G, Matschinger H, Angermeyer MC.

    Source

    Klinik und Poliklinik für Psychiatrie, Universität Leipzig, Leipzig.

    Abstract

    OBJECTIVE:

    Among the public schizophrenia is often thought to denote split personality. Our aim is to identify factors influencing the prevalence of this error. METHODS In a representative population survey in Germany (n=5,025), respondents received an open question about their associations with the word schizophrenia and a closed question how strongly they agree that split personality is a symptom of the disease.

    RESULTS:

    27% associated split personality with schizophrenia, 67.4% agreed this being a symptom. Higher education was associated with answering/endorsing split personality in both questions. Familiarity with mental illness and living in the old German Laender increased unprompted mention of the concept.

    CONCLUSION:

    Mistaking schizophrenia for split personality is an error of the well-educated that is not favourably altered by familiarity with mental illness. Targeting this misconception seems to be difficult and could necessitate a new illness denomination.

    Traduction :

    Une erreur des personne ayant un haut niveau d’éducation – personnalités multiples et schizophrénie.

    Article en allemand

    Résumé

    Objectifs:

    Dans la population, la schizophénie est souvent associée à la personnalité multiple. Notre but est d’identifier les facteurs influençant la prévalence de cette erreur. Dans un sondage représentatif de la population en Allemagne, on a interrogé les personnes sur le lien qu’ils faisaient entre schizophrénie et personnalité multiple.

    Résultats:
    27% ont lié personnalité multiple et schizophrénie, 67,4% ont admis que c’en était un symptome. Un haut niveau d’éducation était associé au lien entre schizophrénie et personnalité multiple. Une familiarité avec la maladie mentale et le fait de vivre en Allemagne de l’ouest augmentaient l’association des deux concepts.

    Conclusion :

    La confusion de la schizophrénie et de la personnalité multiple est le fait de personnes de haut niveau d’éducation qui n’est pas modifiée par la proximité avec la maladie mentale. Il semble difficile de lutter contre cette conception erronée, il semble qu’il faudrait renommer la maladie.

    Que pensez vous de ce titre (de courrier) :

    Vous confondez schizophrénie et personnalité multiple, cela signifie que vous avez probablement un haut niveau d’éducation, mais vous êtes malgré tout dans l’erreur.

  16. Lana Said:

    Ca ne m’étonne pas que des gens éduqués se trompent sur la schizophrènie car c’est une maladie mal connue. Pour moi, changer le nom de la maladie ne changera rien. Tant que ça restera tabou, il y aura des idées reçues.

  17. Sybilline Said:

    Même si le mot « schizophrénie » revêt plusieurs sens, le gros problème est qu’il n’est utilisé par les médias que dans deux sens: pour montrer des contradictions chez les personnes qui nous gouvernent ou pour parler des meurtriers dangereux. Tous ceux qui souffrent sans être dangereux ne sont jamais cités, sauf dans des émissions très spécifiques.

    Je pense qu’on pourrait répliquer aux journalistes qui emploient ce mot de faire attention à son sens et de l’utiliser avec des nuances. Je crois qu’ils aiment l’employer car il a un côté « accrocheur », un peu sensationnel, qui fait peur et attire le regard.

    Je n’ai vraiment, pour ma part, été confrontée de près à la maladie qu’il y a 3 mois. J’ai absolument voulu en savoir plus et me suis aperçue que rien de ce que je croyais « savoir » n’était vrai. Cela prouve bien qu’on communique assez mal là-dessus, que le mauvais emploi du mot (dans un sens toujours péjoratif) conduit les gens qui en souffrent dans la plupart des cas (mais pas le vôtre) à la cacher, à ne pas en parler et donc à les isoler encore plus. Car je suis convaincue qu’il est important de dire les choses, de parler de ce qu’on a au fond de soi pour que les autres nous comprennent mieux sans nous juger et qu’ils s’adaptent aussi.

    Pour moi, l’emploi du mot pose vraiment un problème. Je ne suis pas étonnée que des gens dits « cultivés » l’emploient à mauvais escient. Peu s’intéressent durant leurs heures perdues à cela. De plus, certains films ont eu tendance à confondre « personnalités multiples » et « schizophrénie », créant le trouble.

    e pense qu’il y a un gros travail de transmission à faire de ce côté-là pour rétablir la vérité.

  18. Alain Said:

    Vous avez toutes les deux raison, à mon avis. La maladie est connu du grand public, pas forcément cultivé, mais sous d’autres noms plus vulgaires. Combien de fois a-t-on entendu, c’est un vrai dingue, un malade, un secoué, un fou. Les gens pensent savoir de quoi ils parlent car la maladie mentale est un phénomène assez fréquent et tout le monde y a été confronté un jour ou l’autre, de près ou de loin. Malheureusement l’ignorance domine et les gens ne savent pas faire la différence entre diverses maladies et surtout assimilent malade et mauvaise personne, dangereux.

    Les personnes cultivées utilisent le mot schizophrénie, peut être parce que ça fait bien, imposant, mais ils n’en connaissent pas le sens car ils ont été exposé à la théorie selon laquelle c’est un type de personnalité multiple ou à une contradiction entre diverses pulsions. Il faut dire que la mésinformation des médias et le relatif silence des psys n’aident pas à une meilleure prise de conscience.

    Je suis tombé sur un fascicule édité par des associations irlandaises et destinée aux journalistes pour les informer en termes simples mais explicites de la réalité de la maladie et pour leur faire comprendre les méfaits de la stigmatisation. Malheureusement, c’est en anglais, comme beaucoup de textes de qualité et ouverts au grand public…

  19. Sybilline Said:

    Bonsoir Alain,

    C’est intéressant qu’il existe des fascicules à l’usage des journalistes. Cela permet probablement d’avoir un meilleur usage du mot et de faire plus attention à ce qu’on dit. Je suis convaincue que la plupart des journalistes connaissent très peu la réalité du terrain. Les Anglo-saxons sont fort pour cela comme tu le dis. Et j’en apprends tous les jours, grâce à tes liens et tes explications.

  20. Alain Said:

    Bonsoir Sybilline, c’est l’intérêt du blog de Lana, ça permet à des personnes d’horizons différents de se rencontrer virtuellement, d’échanger et d’apprendre. On dit merci à Lana !

  21. Lana Said:

    Merci, Alain 😉


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