Lien entre les traumatismes de l’enfance et la schizophrénie

Les enfants qui éprouvent de graves traumatismes sont trois fois plus susceptibles de souffrir de schizophrénie lorsqu’ils grandissent, suggère une nouvelle étude britannique.

Plus grave est le traumatisme dans l’enfance, plus le risque est grand de développer cette maladie mentale, qui affecte la réaction émotionnelle des gens et la capacité à penser logiquement et, qui dans certains cas, provoque des hallucinations graves.

«Les causes des troubles psychotiques, en particulier la schizophrénie, sont une source de controverse parmi les psychiatres, les psychologues et les médecins. Il y a également désaccord sur la façon dont les troubles sont définis. Il n’est pas rare, par exemple, pour un patient d’avoir un diagnostic de schizophrénie par un psychiatre, mais de troubles bipolaires par un autre», selon le coauteur Richard Bentall de l’Université de Liverpool.

Les troubles psychotiques

La plupart des études récentes sur les troubles psychotiques comme la schizophrénie, la dépression psychotique et le trouble bipolaire ont tendance à se concentrer sur les facteurs biologiques et génétiques à l’origine des maladies, notent les chercheurs.

Mais cette nouvelle preuve suggère que la biologie ne suffit pas pour bien comprendre ces troubles complexes.

«Nos résultats suggèrent que des études sur les facteurs neurologiques et génétiques associés à ces conditions, qui ne sont pas encore entièrement compris, sont plus susceptibles de faire progresser nos connaissances si l’on tient compte des expériences de la vie d’un patient», a déclaré M. Bentall.

«Maintenant que nous savons que l’environnement est un facteur majeur dans la psychose et qu’il existe des liens directs entre les expériences spécifiques et les symptômes de cette condition, il est encore plus vital que les services psychiatriques interrogent régulièrement leurs patients sur leur expérience de vie», a-t-il dit.

«Étonnamment, certaines équipes psychiatriques n’abordent pas ces questions et se concentrent uniquement sur le traitement d’un patient avec des médicaments», a-t-il ajouté.

Les résultats sont basés sur les données des chercheurs de l’Université de Liverpool, extraits de 27 000 documents de recherche couvrant 30 ans.

http://fr.canoe.ca/artdevivre/bienetre/article1/2012/04/19/19655141-qmi.html

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12 commentaires »

  1. Sybilline Said:

    J’ai trouvé cet article très intéressant, car il montre encore que l’être humain est un tout: un être sensible composé de nombreuses complexités. Ton blog le prouve, car les articles que tu choisis, Lana, sont vraiment diversifés et permettent de faire avancer la réflexion sans se laisser enterrer dans des systèmes de pensée fermés.

    Je serai intéressée bien sûr par avoir l’avis de schizophrènes sur le lien avec l’enfance s’ils en voient un et la naissance de leur trouble.

    En dehors de cette maladie, je constate tous les jours (puisque je suis enseignante en français au collège) que de nombreux adolescents souffrent de troubles divers qui parfois ont pris racine dans l’enfance (pour n’en citer qu’un extrême: le viol). Tous ces troubles jouent un rôle sur l’apprentissage, mais une fois encore, le système fait de nous plutôt des gens qui enseignent avant d’éduquer. Or, aujourd’hui, le second aspect est prédominant. Et je trouve particulièrement hypocrite de penser qu’un enfant vient en classe pour apprendre, sans tenir compte du contexte personnel. Et si on l’occulte, on passe à côté de tout. Beaucoup d’adolescents n’arrivent pas à se concentrer, à apprendre, car ils ont des soucis psychologiques qui les submergent. L’aspect psychologique est cependant assez peu pris en compte ouvertement et c’est au bon vouloir de chacun.

  2. Sybilline Said:

    Très bon article Lana. J’avais fait un long développement qui n’est pas passé. J’espère que tu pourras le publier. Je pense que c’est le mot V-i-o-l qui a posé problème.

  3. Alain Said:

    Ils ont peut être raison, s’ils ont fait des études statistiques. Maintenant, le problème est de savoir que faire de cette connaissance. J’ai perdu ma mère à l’age d’un an et ma psy pense que ça a joué un rôle dans le développement de la maladie. Je n’en ai bien sûr pas conscience et je me demande ce qu’on peut y faire, qu’est-ce que ça apporte.

  4. Alain Said:

    Sybilline, j’ai eu le même problème avec un commentaire qui n’avait pas passé, Lana a eu la gentillesse de le rechercher et de l’autoriser.

  5. Lana Said:

    Je crois que comprendre ce qui nous fait aller mal, comment vivre avec ça, c’est très important pour aller mieux.

  6. Sybilline Said:

    Bonjour à tous,

    Je pense Alain et c’est valable pour les schizophrènes comme pour les autres que certaines causes produisent certains effets. Bien sûr la difficulté est d’être capable de trouver un lien intelligent entre le cause à effet.
    PAr exemple, certains traumstismes de l’enfance vont conduire à des frustrations qui conduisent elles-mêmes à des comportements: peur de l’abandon, réaction agressive face à certaines situations. C’est tout le travail de l’insconcient.

    Pour ma part, je crois que connaître les causes de nos comportements, c’est sortir du déterminisme de notre milieu. On sait parfois qu’on a agi par mimétisme (imitation de nos parents) au lieu d’avoir agi en fonction de nos propres désirs. En prendre conscience, c’est en sortir peu à peu et trouver ses propres solutions aux situations qui se présentent à nous.

    Je suis donc d’accord avec Lana sur le fait que de connaître ce qui nous a traumatisés peut permettre d’avancer en ne subissant plus mais en étant maître de son destin.

    Concernant la mort de ta mère Alain, je pense qu’il n’y a pas une interprétation possible, il y a ce que toi tu as pu ressentir, tes manques, la façon dont ton père a reçu la nouvelle. Tout ceci crée un terrain, des fragilités, des réactions plus ou moins positives à ce choc émotionnel, car perdre sa mère en est un, c’est évident…

    Ma grand-mère a perdu sa mère lorsqu’il avait deux ans. Il a eu une belle-mère abominable et a recherché une mère à travers sa femme. Alcoolisme et cancer ensuite…Bien sûr tout ne s’explique pas par cet événement, mais une grande partie. Ma grand-mère me l’a toujours dit.

  7. Sybilline Said:

    Petite erreur, dernier paragraphe: c’est mon grand-père qui a supporté ce choc.

  8. Alain Said:

    Il est certain que la perte de ma mère a eu un effet psychologique, mais je n’en ai aucune conscience, je ne peux même pas en parler, cela n’évoque aucun souvenir. J’ai vécu chez mes grand-parents où j’ai été choyé jusqu’à l’âge de dix ans et ensuite, j’ai connu une belle-mère avec qui je ne m’entendais pas. Elle était dépressive (à l’époque j’étais ignorant de tout ça) et je ne comprenais pas certaines récations d’hostilité ou de défiance. Mon père a ensuite divorcé de cette femme (il a argumenté au tribunal qu’elle était dépressive et ça a marché), il s’est remarié avec une femme avec qui je ne m’entendais pas non plus et c’est à partir de ce moment que mes premiers troubles sont apparus. Coincidence ou pas ?

  9. Sybilline Said:

    Bonjour Alain,

    Intéressant ce que tu dis. Ce qui est certain, c’est que si je pense que dans le cas de la schizophrénie, il y a un terrain fragile d’un point de vue neurologique, dans le tien, il est évident que le rapport à la confiance, à l’affectivité, à ce qui rassure a été brisé par ton histoire familiale, puisqu’aucune femme qui aurait dû s’occuper de toi, n’a pu remplir ce rôle. Il y a donc eu un manque. Il se peut que ce manque ait favorisé l’apparition de symptômes.

    Si on considère que tu possédais un terrain fragile sur le plan neurologique, le terrain a été encore fragilisé sur le plan affectif. Je pense que se le dire ne résout rien dans l’action, mais permet de se rassurer, de se dire qu’on n’a pas eu tous les atouts . C’est bien de chercher des moyens de compenser cela en rencontrant des gens justement qui peuvent combler ce manque: un psy à l’écoute, des amis qui rassurent…Cette confiance est donc à construire.

    Voilà mon point de vue mais je ne suis pas psychiatre…

  10. Alain Said:

    Il est probable, Sybilline, que ce manque affectif a joué un rôle, les premiers symptômes étant concommitant avec le second remariage de mon père d’où je me suis senti exclu. J’a vécu par la suite quatre ans après l’âge de 17 ans sans aucun soutien financier, ce qui m’a aussi empêché de finir mes études. La maladie s’y est rajoutée.

    Rencontrer des gens quand on est malade est un problème. Quand on est éloigné de sa famille, quand on ne fait pas partie d’un cercle social, les contacts se font rares. Mias aujourd’hui, je vais mieux, j’ai des amis, je travaille.

  11. Sybilline Said:

    En tout cas, bravo pour le chemin parcouru et pour ta bataille, avec toutes ces difficultés cumulées.

    Bonne soirée.

  12. Alain Said:

    J’ai la chance et la malchance d’être entêté et de ne pas me résigner à être déterminé par cette maladie. Le fait d’avoir dû m’assumer seul depuis longtemps m’a aussi permis de lutter avec plus de détermination. Peut être que si j’étais resté dans la famille, j’aurais végété. En tout cas je ne prétend donner de leçons à personne, je connais trop la dûreté de cette maladie. J’ai aussi eu la chance que les symptômes positifs ont largement disparu assez tot, il n’a resté que le sentiment d’isolement, de mise à l’écart et cette maudite démarche (ça doit paraitre ridicule, mais ça a longtemps été central dans ma vie). Aujourd’hui, ça va nettement mieux.


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