Lettre au Président

Alain a souhaité que je publie ce texte pour avoir des avis à son sujet.

Monsieur le Président,

 

Il y a aujourd’hui, dans notre pays, un scandale : je veux parler du fait que de nombreux malades mentaux vivent ou plutôt survivent à la rue. En plus d’être victimes d’une maladie terrible, je parle en particulier des schizophrènes, ils sont exclus, sans toit, sans relations et bien souvent sans soins.

Plusieurs études faites par différents organismes ont montré que le taux de malades mentaux chez les SDF est très élevé. On peut invoquer le sentiment d’humanité ou de compassion pour s’indigner d’un tel fait. On peut aussi voir le problème sous un angle plus égoïste : le danger que courent ou que font courir des personnes malades, sans soin. Il y a enfin le fait qu’une majorité de Français se sentent solidaires parce que potentiellement menacés du même sort, de se retrouver un jour à la rue. Une résolution de ce problème serait populaire chez les Français.

Les différentes réformes qu’a connues la psychiatrie ont conduit à la suppression de très nombreux lits et au fait que le rôle de l’hôpital psychiatrique se borne désormais au médical et que l’aspect social est ignoré. On peut ne pas regretter la disparition des asiles de jadis à la sinistre réputation, mais les alternatives pour l’accueil des malades mentaux n’ont pas été réalisées. Il en résulte que les séjours à l’hôpital se raccourcissent et que les personnes trop malades ou sans soutien familial se retrouvent dépourvues et laissées à l’abandon.

Si je suis sensible à ce sujet, c’est que je suis moi-même un patient psychiatrique, traité pour la schizophrénie. J’ai eu un parcours un peu hors du commun, en ce sens que j’ai toujours exercé, depuis trente ans, la profession d’ingénieur et que je n’ai jamais perçu la moindre aide financière de l’Etat. Je n’ai par ailleurs aucun soutien matériel familial. J’ai été diagnostiqué il y a plus de trente ans et si j’ai évité la rue, c’est grâce à une détermination et à une chance peu ordinaires. J’ai récemment connu une période de chômage et de fin de droits et j’ai senti passer très près le couperet de la rue, à l’indifférence notable des services psychiatriques qui considéraient cette éventualité comme banale.

Je pense qu’il est indigne d’un pays comme le nôtre de supporter plus longtemps cette situation. Il existe de nombreuses bonnes volontés, associations diverses, qui sont prêtes à agir pour sortir les malades de la rue. Il manque une volonté politique qui fasse de ce projet une priorité. Il faudra ne plus considérer que le critère de rentabilité des institutions psychiatriques soit déterminant, il faudra au contraire veiller à ce qu’elles accueillent dignement et sur le long terme les personnes fragiles, dans des lieux humains où leur santé et leur tranquillité soit assurée.

Le vœu que je forme est que votre présidence soit marquée du succès d’une œuvre salutaire pour le bien des plus fragiles de notre société.

59 commentaires »

  1. Sybilline Said:

    Cher Alain,

    Excellente lettre, je trouve. Bravo pour ton style et la justesse de tes propos. Il ne reste plus qu’à l’envoyer. Il faut savoir que le ministère répond toujours…J’avais moi-même fait un jour une lettre au ministre de l’éducation nationale lorsqu’il y a eu ces si longues grèves et décrit les aberrations que j’avais vécues. Des choses révoltantes mais qui le sont cependant moins que ta requête.

    Il faudrait aussi en envoyer une copie à plusieurs journaux et trouver un journaliste qui serait intéressé par le sujet. Je crois que les choses peuvent changer si on s’en donne les moyens. Même si c’est lent, même si la patience est toujours de mise.

    Encore bravo pour ta détermination et n’hésite pas à aller jusqu’au bout. Grâce à toi, j’ai appris à regarder cette réalité que j’ignorais complètement. Du coup, aujourd’hui, je vois les choses différemment. Ta parole a une véritable force de persuasion, car il y a de la justesse, de la gentillesse et de la compassion. En somme, tu es animé par des intentions louables. De plus, tu es crédible car ce ne sont pas des discours rapportés mais vécus de l’intérieur et tu pourrais argumenter encore si on te le demandait.

    Avec tout mon soutien et bravo encore pour la force de ta plume!

  2. Alain Said:

    Merci Sybilline. Il faudrait effectivement l’envoyer aux médias mais j’ai l’intention de l’envoyer au Président avec mon identité en clair et je ne souhaite pas dévoiler ma situation en public, je n’ai pas le courage de Lana.

    J’aimerais bien avoir une réponse mais je souhaiterais encore plus que quelque chose soit concretement entrepris pour résoudre ce scandale.

  3. Sybilline Said:

    N’hésite pas à faire les deux. Je pense qu’il ne peut y avoir d’action que si les médias s’en mêlent aussi, car ils sont une force de persuasion dans un pays où la démocratie est reine, c’est-à-dire l’opinion du peuple. Et malheureusement, le président est avant tout tenu par le peuple qui l’élit.

    Tu as raison de ne pas dévoiler ton identité, c’est ainsi qu’on doit fonctionner sur un blog. Je ne pense pas que ce soit un manque de courage, c’est de la prudence.

    Tiens-nous au courant des avancées de ton action et des réponses. Je crois que pour que les choses changent il faut faire bouger tout un engrenage de forces. C’est possible…C’est grâce à cette foi que des hommes ont fait avancer les choses et ont réalisé, parfois, de grandes choses.

  4. Alain Said:

    Merci pour tes encouragements, il est vrai qu’il faudrait aussi avertir les médias, mais je ne veux pas court-circuiter le président et peut être que je demanderai dans ma lettre la permission de la diffuser publiquement.

    Il est possible qu’on trouve cette idée de lettre un peu vaine, mais je pense qu’il est important de faire connaitre son point de vue. Etant donné le nombre de rapports, d’articles, de protestations de toutes parts qui se sont succédés au cours des années passées, on se demande quels arguments employer pour convaincre. On peut aussi se demander quels sont les freins à une action efficace. Je pense que l’attitude du monde médical n’y est pas étrangère, il manque de voix de leur part qui dénoncent cet état de fait, je me demande même si certains ne s’en satisfont pas. Je pousse peut être le bouchon un peu loin, mais les discussions que j’ai eues avec ma psy m’incitent à dire qu’ils sont sinon favorables, du moins sans illusions.

  5. murielle Said:

    bon courage! utilisez aussi tous les réseaux sociaux, facebook, twitter pour faire connaitre votre combat en publiant votre lettre.

  6. Sybilline Said:

    Murielle a raison de te conseiller d’élargir aux réseaux sociaux.

    Je ne pense pas que ta démarche soit vaine, je crois cependant que si tu ne fais qu’écrire au président, il n’y aura pas véritablement d’actions de faite. En effet, dans une période de crise où la gauche propose de nombreuses dépenses sociales dont on se demande comment elles vont être financées, je ne suis pas sûre que cette requête soit une priorité. Nous savons ici que cette maladie est présentée sous un mauvais angle au grand public. Ce sont des mentalités qu’il faut changer, des réflexions qu’il faut mener au sein de la société pour prouver que c’est important d’y consacrer de l’énergie et surtout de rétablir la vérité sur ce qui se passe réellement. Je pense d’ailleurs que ce sont des associations surtout qui, en se battant, pourraient faire changer tout ceci. Tu as probablement raison aussi sur ton analyse du corps médical et de son immobilisme parfois et pour certains (ne généralisons pas). Le combat risque d’être long mais il est tout sauf vain.

    Une des forces de la démocratie, c’est de forcer tout le monde à s’instruire afin que le peuple puisse avoir un pouvoir de décision, mais une de ses faiblesses, c’est aussi (pour agir) de devoir convaincre le peuple du bien-fondé de nos actions. Parfois, entre démocratie et démagogue, il n’y a qu’un pas…

  7. charlotte Said:

    Bonjour Alain,

    L’idée des réseaux sociaux et médias me parait bonne. Même si j’imagine que l’idée qu’une récupération quelconque ne vous plaise pas plus que ça, pourquoi ne pas publier votre lettre sous l’égide d’une grande association en faveur des personnes en situation de handicap psychique ou des SDF pour conférer plus de poids encore à vos propos ?

  8. Alain Said:

    Merci Murielle. Le problème des réseaux sociaux est qu’il faut donner son identité. Ce que je compte faire est de m’adresser au président mais sans faire de forcing dans un premier temps, en en appelant à son propre jugement.

  9. Alain Said:

    Bonjour Charlotte, il est vrai qu’il existe des associations qui font ce combat comme Emmaüs ou d’autres mais il se révèle pour l’instant impuissant. Je ne sais pas comment faire prendre conscience de l’injustice terrible qui est faite aux malades et que la résolution du problème doit être entreprise dès aujourd’hui, sans attendre je ne sais quel rapport pontifiant et théorique.

  10. Sybilline Said:

    Alain,

    Je voulais juste te dire que mon message écrit ce matin est réapparu, car Lana l’a mis. Tu pourras le lire en revenant en arrière. Je te souhaite bon courage pour ce périple et n’hésite pas à nous tenir au courant de ton avancée, des réactions du président ou de ceux qui s’occupent de sa correspondance et du reste.

  11. Alain Said:

    Je suis d’accord avec ce que tu écris, Sybilline, il va être difficile de faire bouger les choses, je ne me fais pas beaucoup d’illusions, ce n’est pas un simple citoyen, malade de surcroit, qui peut faire grand chose.

    Pour ce qui est des réseaux sociaux, ma réticence tient au fait que je ne veux pas révéler mon identité. Il est difficile d’avoir une voix quand on veut se cacher !

    Tu as raison concernant les dépenses sociales, ce n’est pas le bon moment, cependant je persiste à dire que le budget de la psychiatrie a baissé au cours des dernières années alors que le PIB de la France a augmenté, il s’agit bien là d’un problême d’allocation des ressources, en clair d’une décision politique. Je pense que c’est par le biais de la politique qu’on peut changer la situation. Le corps médical ne milite pas en ce sens, les associations sont timorées et sans beaucoup de moyens. Il s’agit bien du rôle de l’Etat d’apporter son aide aux plus fragiles. Mais je prêche une convaincue, j’en suis sûr !

  12. Sybilline Said:

    Je pense que tu peux très bien en parler sur les réseaux sociaux en gardant ton anonymat et éventuellement en expliquant pourquoi tu le fais. Je crois que ce serait intéressant de voir les réactions.

    Le fait que tu aies souffert de cette maladie te donne, à mes yeux, un vrai poids. C’est un atout plus qu’un handicap, car tu sais de quoi tu parles et tu as réussi en plus à l’analyser de façon synthétique et claire.

    Je n’avais pas fait le lien entre la baisse des dépenses en psychiatrie et l’augmentation du PIB: excellent argument!

    Mais je crois qu’en ce qui concerne la psychiatrie, il faudrait encore beaucoup progresser dans les soins tant ils sont violents et parfois inhumains. Mais là, n’est-ce pas une question de méthode plus que de moyen? Et aussi dans la communication.

    Il y a eu encore une prise d’otages sur Toulouse (après Meirah, ça n’en finit pas!) et à nouveau les médias parlent d’Al Qaïda et d’un homme qui serait schizophrène. Ce mot revient sans cesse dans leur bouche sans aucune distinction…Pas étonnant que le commun des mortels en est peur. Dès qu’un individu commet des actes dangereux, on sait où le classer…

    Il y a donc au-delà des moyens certes à mettre pour des lits d’hôpital, des changements à opérer dans les formations et les soins (tout aussi importants) sans compter la communication qui permettrait de se sentir moins rejeté et plus entendu dans sa différence.ça lèverait des tabous et un certain isolement aussi.

    Bref, que de révolutions à opérer. Et quelle belle pierre tu apportes à l’édifice: un texte réussi, plein de ferveur.

  13. Marc Said:

    Bonsoir Alain,

    je n’ai pas la vigueur de Sybilline mais comme elle et comme tous les autres je te soutiens dans ta démarche qui, j’espère, aboutira.
    Bonne continuation.

  14. Alain Said:

    Merci Marc, il faudra y croire fortement !

  15. dominique Said:

    Je consulte assez régulièrement ce blog, mais je n’ai jamais commenter…
    Si les autres vous trouvent différent, voire malade, alors que vous arrivez à entretenir un blog de cette qualité ; alors que dire des autres qui n’en sont pas capables ?
    Votre lettre est tout à fait recevable. En plus, vous serez le porte paroles involontaires de ceux qui sont paralysés par la souffrance.
    Autrement dit, allez-y. Qui ne demande rien n’a rien.

  16. Alain Said:

    Merci Dominique pour tes encouragements. Ce n’est pas moi l’auteur de ce blog, c’est Lana qui a en effet réussi à faire un blog de grande qualité. On est heureux d’en profiter pour pouvoir exprimer notre point de vue au moyens des commentaires.

    Je pense qu’il y a beaucoup d’idées reçues sur les capacités des schizophrènes. J’avais posté un commentaire il y a quelques temps qui citait une étude faite aux Etas Unis selon laquelle une grande proportion de malades s’en sortaient et réussissaient à vivre sans symptomes ou presque. On n’en parle pas souvent car ils passent au dessous des radars de la psychiatrie qui ne voit que les personnes mal en point.

  17. Alain Said:

    ça y est, la lettre est partie, je l’ai postée aujourd’hui. On verra bien…

  18. Marc Said:

    Tu auras une réponse, c’est sûr, au minimum d’un chargé de mission, ou de Marisol Touraine, voire plus…
    Bonne continuation.

  19. Alain Said:

    On croise les doigts…

    J’ai demandé par aileurs dans la lettre la permission de l’envoyer à la Presse, peut être que certains s’en inspireront pour faire un reportage.

  20. Alain Said:

    Bonjour à tous, enfin une réponse, j’avais commencé à désespérer, voici le texte :

    Cher Monsieur,

    Le Président de la République a bien reçu le courrier que vous avez souhaité lui adresser.

    Sensible à votre situation, Monsieur François HOLLANDE m’a confié le soin de vous assurer qu’il a été pris connaissance de votre témoignage et de vos réflexions.

    Aussi n’ai-je pas manqué de les signaler au ministre des affaires sociales et de la santé qui vous tiendra directement informé de la suite susceptible d’ être réservée.

    Je vous prie d’agréer, Cher Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

    Pierre Besnard, Chef du cabinet du Président de la République.

  21. Alain Said:

    On trouve un rapport du sénat qui dresse le constat de l’état actuel de la psychiatrie en France. On y trouve notamment ceci :

    « Une proportion sans doute non négligeable de malades se trouve dans l’impossibilité d’accéder aux soins ou de bénéficier du soutien d’un entourage en raison de sa marginalité sociale. Le lien entre troubles psychiatriques et grande précarité est connu depuis longtemps même s’il ne peut être exactement mesuré. L’impossibilité de conserver un emploi et la désocialisation sont parfois des symptômes du trouble. Certains chercheurs peuvent ainsi affirmer qu’un traitement social de la grande pauvreté ne suffit pas et qu’un traitement psychiatrique est nécessaire13(*). La généralisation de la présence de psychiatres au sein des équipes de prise en charge d’urgence est donc nécessaire et devrait être encouragée. »

    senat.fr/rap/r08-328/r08-328_mono.html#toc25
    (mettre http://www. devant)

    On peut regretter que cela ne reste lettre morte et que les médias n’en disent pas un mot.

  22. Alain Said:

    Il y a aussi cet autre rapport où on peut lire ceci :

    « Deux phénomènes ont pu conduire à la condamnation des personnes atteintes de troubles mentaux graves sans expertise médicale préalable : la correctionnalisation des affaires d’une part, le développement des procédures rapides de jugement, d’autre part.

    Les procédures rapides de jugement et, en particulier, la comparution immédiate ont été présentées par plusieurs des intervenants devant le groupe de travail comme l’une des voies privilégiées de responsabilisation des personnes atteintes de troubles mentaux.

    Or, le nombre de prévenus jugés en comparution immédiate est passé de 5,71 % en 2001 à 10,8 % en 2006.

    L’enquête de personnalité peut comporter exceptionnellement une expertise psychiatrique dans les cas de personnes manifestement « désadaptées », ce qui ne paraît pas recouvrir toutes les hypothèses de trouble mental. Or, ces procédures de jugement rapides semblent concerner par priorité une population précarisée, en rupture de soins. Selon le docteur Christiane de Beaurepaire, la moitié des personnes vivant dans la rue serait des psychotiques. Lorsque la drogue et l’alcool viennent suppléer la médication, le risque de commission d’actes violents s’élève. »

    senat.fr/rap/r09-434/r09-434_mono.html#toc16

    (mettre http://www. devant)

  23. Sybilline Said:

    Bonjour Alain,

    Désolée d’avoir été si longue dans mes interventions, mais j’étais partie en vacances. Je suis contente que ta démarche ait déjà fait l’objet d’une réponse. Espérons qu’elle sera suivie d’actes…

    Tiens-nous au courant!

    D’après tes recherches, quelques réflexions ont été menées au Sénat. Le problème est que je trouve très difficile d’évaluer la responsabilité personnelle dans de tels actes. En effet,peut-on vraiment estimer que quelqu’un qui agit mal ne s’en rend pas compte du tout, qu’il en oublie totalement la morale? Dans les crises de schizophrénie, la personne qui les subit est-elle complètement démunie de libre-arbitre, de volonté? Ce sont des questions complexes…

  24. Sybilline Said:

    Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mon message n’est pas passé… Je le réécris rapidement.

    Je suis contente que tu aies eu une première réponse à ta lettre…Lana publiera peut-être mon message effacé où je te posais quelques questions sur la notion de responsabilité en état de crise…

    Bonne journée à toi Alain.

  25. Sybilline Said:

    Cher Alain,

    Je viens de lire sur ma boîte mail le texte que tu avais publié qui ne figure plus sur le blog…Peut-être as-tu voulu l’effacer après coup. Je l’ai trouvé très touchant et m’inquiète de ton absence depuis quelques jours apparemment.

    Encore désolée si je n’ai pas réagi avant, mais j’étais en vacances.

  26. Sybilline Said:

    Pour répondre un peu à ce texte, je crois que ton ressenti est important à écouter et personne n’a le droit de te dire que c’est du délire.
    Pour ma part, j’aurai déjà changé de psy!! C’est inadmissible qu’elle te dise que c’est du délire. Ce que tu vis, beaucoup de gens le vivent aussi. Parfois, ils se taisent, d’autre fois ils l’expriment. Cela n’a pas grand chose à voir avec la schizophrénie à mon avis, bien qu’elle puisse peut-être accentuer certains symptômes…ça a à avoir avec la différence et l’inacceptation du commun des mortels avec ce qui pourrait le surprendre. Sans compter les préjugés…

  27. Alain Said:

    Bonjour Sybilline, c’est en accord avec Lana qu’on a supprimé le texte.

    J’écris un peu moins souvent mais je pense à vous.

  28. Lana Said:

    C’est moi qui ai supprimé le texte. J’étais gênée de le laisser parce qu’Alain disait qu’il s’humiliait en le publiant au point de ne pas savoir s’il pourrait toujours participer au blog. Je trouvais ça un peu malsain et voyeur de participer à cette humiliation, de la laisser visible à tous.

  29. Sybilline Said:

    Alain,

    Tu ne sembles pas avoir trop le moral en ce moment. J’espère que ça va aller mieux très vite.

    Lana,
    Je n’avais pas saisi la dernière phrase comme toi…Mais plutôt comme un appel « au secours » face à une situation douloureuse pour Alain et qui s’est répétée récemment…Malheureusement!
    C’est tellement difficile de faire abstraction du regard des autres et de leur jugement inopportun en s’aimant davantage. Je pense que c’est important tout de même de pouvoir exprimer ce sentiment, même d’humiliation. Il est vrai que la phrase que tu cites, Lana, portait à confusion.

    Très bonne journée à tous.

  30. Marc Said:

    J’espère que tout le monde va bien, Alain notamment.
    Bonne soirée à tous.

  31. Alain Said:

    Bonjour Marc et à tous.

    ça va.

    Il manque un peu d’activité ces temps-ci.

  32. Sybilline Said:

    Bonjour à tous les deux,

    Contente d’avoir quelques nouvelles. Et de bonnes. J’espèrais qu’Alain se sente bien aussi et je voulais justement envoyer un petit mot, mais Marc, tu as devancé mon initiative.

    J’ai apprécié le dernier livre mis sur le blog par Lana (les troubles que peuvent engendrer un climat de guerre et le recherche de vérité). Malheureusement, cette année, je vais avoir moins le temps de lire: reprise à temps complet et dans un autre établissement… avec changement total de programmes.

    Je me demandais également, Alain, si tu attendais d’autres nouvelles concernant ton envoi au président. Tu as déjà obtenu une première réponse: mais en es-tu réellement satisfait?

    Bonne soirée à tous.

  33. Marc Said:

    Bonne reprise à toi et tant mieux si le blog devait se montrer un tant soit peu utile à tes activités professionnelles (mais si ce n’était que sur un plan personnel, ça serait déjà pas si mal) En tout cas les questions que tu m’as posées à propos de mon cas m’ont fait progresser. Merci.
    Bonne soirée.

  34. Sybilline Said:

    Merci pour ton petit mot Marc. Le blog m’intéresse sur un plan personnel surtout et maintenant parce que j’ai fait connaissance avec vous et que j’aime bien avoir des nouvelles, savoir où vous en êtes dans vos recherches et expériences. Je trouve que c’est intéressant de se questionner sur notre psychologie et la façon dont elle fonctionne notamment lorsque c’est plus ardu, car moins normatif. ça fait avancer tout le monde.

    Bonne soirée à tous.

  35. Alain Said:

    Bonjour Sybilline, bonjour à tous.

    C’est intéressant en effet de partager des expériences avec d’autres, surtout, ce qui est l’avantage sur ce blog, quand les autres ont l’esprit ouvert. Il y a tant de gens qui croient tout savoir et qui ne connaissent en fait que peu de choses. Il est pourtant souvent difficile de partager des expériences intimes, on manque de mots pour les décrire, mais petit à petit, à force de dialogue, on finit par comprendre et se faire comprendre.

    Bonne soirée.

  36. Sybilline Said:

    Bonsoir Alain,

    Je suis assez admirative de ton parcours et de ta volonté toujours farouche de te battre pour toi, mais aussi pour les autres avec cette lettre adressée au président où tu plaides une cause qui te semble juste.
    Je crois qu’on ne peut connaître un peu de l’expérience de l’autre qu’avec du temps.

    Bonne soirée à toi, à tous.

  37. Alain Said:

    Bonjour à tous,

    J’ai reçu une lettre du ministère des affaires sociales et de la santé. Ils me disent que Madame Marisol Touraine a été destinataire de la lettre et qu’elle a décidé de la transmettre au directeur général de la santé – sous direction « Promotion de la santé, prévention des maladies chroniques » dont les services ont plus particulièrement les compétences pour examiner la requête.

    Je suis satisfait d’un coté que la demande suive son cours, mais j’ai bien peur qu’en l’absence d’appui politique fort, cela ne tombe dans les oubliettes. On verra bien.

  38. Sybilline Said:

    C’est déjà un premier pas. N’as-tu pas reçu deux lettres en tout? Il faudrait que tu aies une adresse directe afin de suivre le déroulement et l’avancée des actions. Peut-être devrais-tu la demander.

    Bonne journée à toi.

  39. Lana Said:

    Oui, c’est déjà ça, au moins il y a un suivi.

  40. Alain Said:

    Je demanderai éventuellement une adresse quand ce sera arrivé à la sous-direction en question. C’est vrai qu’ils tiennent compte de la demande mais c’est un sujet qui demande beaucoup d’efforts et si l’appui politique ne suit pas, j’ai bien peur que ça n’aboutisse pas à grand chose.

    Bon dimanche à tous.

    (Oui, Sybilline, j’ai reçu deux lettres)

  41. Sybilline Said:

    Je pense qu’il ne faut pas que tu lâches Alain. Je trouve que les deux lettres sont une bonne nouvelle. S’il faut que tu réécrives, que tu demandes des explications sur les éventuelles actions, il ne faudra pas hésiter.
    Je pense que tu es convaincu par ce que tu avances et c’est de gens comme toi dont on a besoin pour faire avancer les choses. Courage!

  42. Marc Said:

    Tu as raison de te méfier avec l’Administration, Alain.
    Cependant, j’espère que tes beaux efforts aboutiront.
    Bonne journée.

  43. Alain Said:

    J’espère aussi. On voit malgré tout le peu d’influence d’un simple citoyen quand il n’est pas appuyé par un mouvement politique ou autre.

    Bonne soirée à tous.

  44. dominique Said:

    Bonsoir Alain,
    L’” affaire » suit son chemin. Votre crainte au sujet de la faiblesse du citoyen face au politique (ou au manque de soutien politique) est commune. Je voulais dire que les citoyens n’ont plus foi au politique ces dernières années. Certes, le temps nous a montré que les politiques n’ont pas eu d’attitude exemplaire pour rassurer les citoyens…
    A partir du moment ou vous vous adresser au pouvoir (exécutif) l’affaire du citoyen devient celui de la société (et vous avez raison de le faire) car on nous demande tellement de nous socialiser… La question est : est-ce que la société est intelligemment structurée pour recevoir et intégrer chaque citoyen ? Nous avons tous nos particularités…
    A force d’ignorer la souffrance d’un individu (il est seul – minoritaire – pas toujours « rentable ») cet individu dans son désespoir peut faire des choix « irrationnels ». Par exemple, UN désespéré qui se jette sur TGV peut perturber « involontairement » TOUTE une société…
    ATTENTION : Ceci n’est pas une incitation au désordre, mais un constat du désordre… puisque cela s’est déjà cette année.
    Revenons à nos moutons. Pour donner suite aux 2 lettres, il y a aussi la solution de l’approche d’une association1901 ou d’un journal spécialisé. La France est riche de ces deux institutions tout à fait légales et efficaces pour soutenir ce projet ou cette action, qu’import son nom. C’est sa sincérité qui compte. J’ai essayé d’être bref, mais le cas d’Alain nous montre bien que tout est relié.
    Bon courage !

  45. Marc Said:

    Bonsoir Alain,
    Un livre pourrait t’intéresser : il s’agit de :  » Souffrance psychique des sans-abri, Vivre ou survivre  » du Dr Alain Mercuel chez Odile Jacob.
    Bonne soirée.

  46. Alain Said:

    Merci Marc, il y a une courte émission sur ce livre avec l’auteur.

    franceinter.fr/emission-carnet-de-sante-souffrance-psychologique-des-sans-abri

    (mettre http://www. devant)

    Je trouve malgré tout, que comme tous les médecins, ils évitent soigneusement de parler des fermetures de lits et des personnes malades abandonnées à la rue. On a l’impression que l’auteur est plein de bonnes intentions, mais il gère avec très peu de moyens la misère. Il me semble que ce n’est pas à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre des services publics. Où est passée la notion « d’hospice » d’antan (bien que très décriée aujourd’hui).

  47. Alain Said:

    Aujourd’hui a été donné le verdict d’un procès contre une psychiatre dont le patient a commis un crime. La communauté psy est en émoi car la psychiatre a été condamnée à un an avec sursis. On lit dans le Nouvel Obs :

    « Chacun d’entre nous peut au quotidien rencontrer la situation dans laquelle s’est retrouvée Danièle Canarelli, même si tous les patients ne présentent pas de dangerosité criminelle. Chaque psychiatre sent désormais une épée de Damoclès au dessus de sa tête. »

    Ils ne se sont pas autant ému lorsque les condamnations des « patients » criminels se sont multipliées ces dernières années, avec des distinctions subtiles entre abolition et altération du jugement.

    On peut jeter les malades à la rue ou en prison, ça ne dérange pas trop, mais quand on s’attaque à un médecin, rien ne va plus. C’est très bien que les médecins se défendent et annoncent défendre la « psychiatrie », mais qui défend les malades ?

  48. Alain Said:

    Un texte qui fera peut être réagir, mais qui pose les problèmes réels de la psychiatrie, extrait :

    « Les limites de cette politique ont été atteintes au milieu des années 1990, date à laquelle est apparue la nécessité de « faire de la place » dans les services pour permettre l’admission de nouveaux patients. La première conséquence a été l’hospitalisation de patients dont l’état sanitaire ne permettait pas d’autre possibilité qu’une prise en charge à temps complet. Cette hospitalisation se faisant le plus souvent en urgence. L’autre conséquence majeure a été la sortie anticipée de patients de moins en moins stables pour faire admettre des patients en crise. Les incantations réitérées sur le redéploiement des ressources et la mutualisation des moyens n’ont eu que peu d’effets sur le réel car la logique économique a pris le pas sur la logique soignante, ce qui a contribué à mutualiser les économies et la pénurie. Le contexte serein de l’hospitalisation avait disparu car le nombre de lits était devenu insuffisant pour permettre une prise en charge de durée adéquate. Ce qui n’a pas empêché la poursuite du mouvement de limitation
    capacitaire, sur un rythme certes plus réduit. »

    institutpourlajustice.com/content/download/161610/2153494/file/CP%20-%20Procès%20du%20Dr%20Canarelli%20à%20Marseille,%20l’Institut%20pour%20la%20Justice%20est%20favorable%20à%20la%20modernisation%20du%20travail%20des%20experts%20psychiatres.pdf

    (mettre http://www. devant)

  49. Lana Said:

    C’est une défense des patients aussi de s’émouvoir de cette condamnation, car maintenant c’est sûr qu’ils vont encore plus être bouclés pour éviter tout risque. Et qui voudra devenir psychiatre s’ils se retrouvent en prison pour un crime (ou un suicide, si on commece comme ça ils peuvent aussi en être rendus responsables) commis par un patient. Pour moi, c’est une dérive de notre société qui veut un responsable à tout, et si le patient est déclaré irresponsable, alors on tombe sur le psy.

  50. Marc Said:

    Une émission de ce matin 28 décembre sur France Culture pourrait t’intéresser Alain (je ne l’ai pas écoutée) :
    http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-quel-soin-psychique-pour-les-sans-abri-2012-12-28
    avec le Dr Alain Mercuel (58 mn)

    Bonne fin d’année à toi et à tous.

  51. Sybilline Said:

    Bonjour à toi Marc,

    Je profite de ton petit mot à Alain pour te souhaiter de bonnes fêtes. J’espère que le moral est bon de ton côté.

  52. Marc Said:

    Merci beaucoup Sybilline, pour toi de même.

    Oui le moral est bon et il l’a toujours été.
    Maintenant je dis à tout le monde :
     » Quand on a connu certains mauvais moments cela ne peut aller que bien  »
    mais cette phrase tombe à plat, les gens (du moins ceux que moi je rencontre) n’ont pas l’air de comprendre ce que je veux dire (c’est normal ils ne savent pas dans quel état peut se retrouver un être humain (peu m’importe, je suis dans la réalité ordinaire il n’y a que cela qui compte pour moi)

    Je forme aussi particulièrement des voeux en direction de Lana grâce à qui je m’exprime ici en toute liberté (avec notamment Alain et Sybilline)

    Bon long week-end.

  53. Sybilline Said:

    Marc,

    Je suis contente que tu passes de bonnes fêtes. Tu vois, même quand on n’a pas connu certains états de grosses crises (comme moi), la vie n’est pas toujours tendre, elle est même parfois cruelle. Mais heureusement, il y a des gens comme toi, comme Alain, comme Lana (et d’autres bien sûr!) qui offrent du réconfort face à l’adversité (universelle celle-là!).

    Pour te donner un exemple d’adversité que j’ai vécue dernièrement (et ce n’est qu’un exemple parmi plusieurs), j’ai été cambriolée début décembre. La police sait que ce sont de jeunes filles qui commettent les larcins de plus en plus fréquents dans ma région. Ces jeunes filles, mineures, viennent des pays de l’Est, avec de fausses identités, c’est pourquoi il est très difficile de les retrouver. Et celles qui commettent ce qui te fait mal (le vol de tes papiers, de tes bijoux qui ont une valeur affective), ces jeunes femmes qui sont venues chez moi, ont violé les portes de mon intimité, sont vendues par leurs parents à des mafieux qui se servent d’elles pour s’enrichir. Je ne peux même pas leur en vouloir! L’esclavagisme moderne existe encore, je viens de le découvrir, tout près de moi et c’est horrible de prendre conscience d’une telle humanité. Pour moi, petit être naïf!

    Désolée pour ce récit qui vient ternir un peu l’ambiance…Je te remercie en tout cas de faire vivre ce blog avec ta sensibilité et ta gentillesse.

    Passe une très bonne soirée.

  54. Sybilline Said:

    Très bonnes fêtes à Lana bien sûr! Moi aussi, j’y pensais, mais ne l’ai pas dit. C’est chose faite.

  55. Marc Said:

    Je suis désolé pour toi, Sybilline !
    J’ai tendance à relativiser ce qui n’est pas souffrance psychotique, pourtant ces ennuis matériels qui t’arrivent méritent également de la considération (et tu dis que ce ne sont pas les seuls) J’espère que tu es soutenue dans ces grosses difficultés et que tu n’es pas découragée.
    Bonsoir.

  56. Sybilline Said:

    Cher Marc,

    Je te remercie pour ton mot. Oui, j’ai la chance d’être soutenue.
    Je donnais juste cet exemple pour montrer aussi que certaines choses dans notre société ne vont pas. Ce n’était pas spécialement pour évoquer mon cas, ni pour dire que ces souffrances étaient comparables à celles de la psychose. Je crois que la grande différence, c’est probablement le degré de souffrances, mais surtout l’incapacité dans le cas de la psychose de trouver des gens qui nous comprennent vraiment.

    Dans le cas que j’évoquais, tout le monde saisit le problème et le soutien est naturel, immédiat, ce qui n’est pas le cas dans la psychose où très peu de gens savent trouver les bons mots pour réconforter celui qui vit un épisode renversant.

    Bonne soirée Marc.

  57. Alain Said:

    J’en profite pour souhaiter de bonnes fêtes à tout le monde, tout en sachant que cette période de réjouissance collective est bien souvent un des pires moments de l’année pour ceux qui se sentent doublement exclus et abandonnés. Le blog de Lana nous permet au moins d’échanger nos impressions et de se rendre compte qu’il y a quand même des personnes de bonne volonté et d’autres qui peuvent s’exprimer (bien) malgré les souffrances.

  58. Alain Said:

    L’extrait d’un article passé inaperçu :

    « Les juridictions nationales ont, à de nombreuses reprises, condamné l’Etat français pour des conditions matérielles et d’hygiène similaires à celles de Hakim à Valenciennes. La Cour européenne des droits de l’Homme a, quant à elle, plusieurs fois condamné la France, pour le traitement inhumain et dégradant infligé à des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques graves.

    Sa dernière décision, en février 2012, a justement considéré que les incessants allers-retours d’un détenu schizophrène entre l’hôpital et la prison sont constitutifs d’un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention. « Bien évidemment, si cela s’avère nécessaire, nous porterons l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme », conclut l’avocate. »

    rue89.com/2012/12/20/hakim-19-ans-schizophrene-en-prison-et-en-perdition-238011

    (mettre http://www. devant)

  59. Sybilline Said:

    J’ai été voir l’article, Alain, et il pose effectivement un vrai problème. Je crois que la médecine en matière de psychiatrie a de gros progrès à faire. On a l’impression que les recherches se font lentes ou presque inexistantes parce que ce n’est pas la priorité, parce que les maladies psychiques effraient et que bon nombre de personnes sont fatalistes face à une difficulté au moins aussi grande que le SIDA ou le CANCER. Alors que pour le sida et le cancer de nombreuses personnes se mobilisent, il y a même des événements médiatiques, dans le cas des maladies psychiques, à part les émissions où on montre des gens dangereux, rien n’est vraiment fait.
    La mentalité dans ce domaine reste moyen-âgeuse. On n’ y met pas les moyens, pas l’énergie, on n’y croit pas. Il faudrait que les choses changent! Et rien que cet état d’esprit est un frein à la guérison.


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