« Le jour où je me suis pris pour Stendhal », Philippe Cado, Eyrolles

Le jour où je me suis pris pour Stendhal

 
Le récit d’un jeune étudiant, devenu professeur de philosophie, qui décrit la maladie mentale qui l’a frappé, des bouffées délirantes au départ, puis les conséquences, de la dépression à l’hospitalisation, jusqu’à la perte progressive de contact avec la réalité.
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16 commentaires »

  1. Marc Said:

    On peut entendre l’auteur dans une émission de France Inter sur la schizophrénie à partir du lien suivant :

    http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=505559

  2. Sybilline Said:

    Marc,

    J’espère que le moral est bon de ton côté. Merci pour ce lien dont je prends connaissance seulement aujourd’hui, car je n’avais pas internet pendant plusieurs jours.

    J’écoute l’émission, c’est intéressant. Je voulais justement lire le livre, mais j’attendais qu’il sorte en poche (comme d’habitude!). Mais ce n’est pas encore en projet apparemment. Du coup, je vais me contenter de cette émission que tu nous fais connaître! Merci.

    Je trouve que mieux comprendre la maladie, cela donne de l’espoir, permet de mieux saisir l’être humain en général en l’explorant dans cette partie mystérieuse de lui-même et de croire en un bonheur plus durable et une vraie guérison. En nommant les choses, on peut espérer mieux les maîtriser et avancer. On est moins perdu, c’est pourquoi je trouve ce lien et les discussions intéressantes!

  3. Sybilline Said:

    Je trouve très bien que l’un des intervenants dans l’émission rappelle que la schizophrénie est une maladie qui se gère au quotidien, alors qu’on en parle dans les médias que dans les cas exceptionnels de passage à l’acte grave, qu’on en a donc une image déformée! Je n’ai pas fait attention si l’intervenant était un psychiatre, mais je le crois cependant.

  4. Marc Said:

    Je crois que dans l’émission c’est Serge Hefez qui dit ça et je mesure les difficultés que cela doit être pour gérer la maladie au quotidien.
    Pour ma part c’est ponctuel, c’est comme si je faisais un sport de combat : un match à livrer de temps en temps en dehors desquels je n’ai besoin que de trottiner ;
    alors que pour certains cela pourrait ressembler à des tours du monde à la voile avec de longues périodes de tempêtes à affronter (et parfois des naufrages) et de rares accalmies.
    Je souhaite à tout le monde des mers calmes.

    Bonne soirée.

  5. Marc Said:

    pour rester dans la métaphore je rajouterais que le skipper doit gérer son bateau en permanence (la guérison serait de rester à quai) alors que dans mon sport de combat je gagne chaque match de justesse (sur le gong) après de terribles combats (ma guérison serait la retraite sportive)…..

  6. Sybilline Said:

    Bravo Marc pour tes métaphores maritimes. J’adore! C’est très juste. Tu as raison sur le nom du psychiatre (Serge Hefez), j’ai vérifié après. Je vais d’ailleurs probablement lire un ouvrage de lui sur le cannabis. Cela m’intéresse au sens large: dans le cadre d’une consommation pour « pallier » à la maladie et d’une consommation chez les adolescents. Je suis confrontée à ce problème au quotidien au lycée et j’aimerais approfondir le sujet de façon un peu nuancée.

    Tes métaphores mettent en valeur la difficulté qui est celle d’affronter la maladie au quotidien et surtout le courage qu’il faut et donc aussi les RESSOURCES indispensables à avoir autour de soi. En effet, lorsqu’il faut affronter un tour du monde en voile pendant 10, 20 ans sans savoir quand l’accalmie arrivera, sans savoir quand on pourra revenir à quai en le décidant, c’est épuisant et très difficile pour TOUT LE MONDE. Qui pourrait le surmonter sans le craindre, sans flancher? Personne évidemment. Cela invite à la solidarité et au soutien vis-à-vis de ceux qui affrontent ces tempêtes beaucoup plus souvent que le commun des mortels.

    Je pense que le problème n’est pas de prendre la mer: c’est excitant et nécessaire dans la vie. Les risques permettent de progresser et d’aller de l’avant, de se dépasser aussi. Le principal souci, c’est de ne pas savoir quand on pourra revenir à quai, de ne pas maîtriser ce retour. Quelqu’un qui fait un tour du monde l’a voulu, il sait aussi à peu près quand il pourra se reposer (malgré les risques). Dans ce que tu expliques de la maladie, le tour du monde est sans fin et le retour au quai n’est pas vraiment choisi. L’entourage doit donc favoriser un climat de sérénité afin que la tempête soit moins dure et la psychiatrie tenter d’apaiser les tensions. La guérison pourrait être vue comme une sorte de maîtrise entre les passages en mer et les retours à quai, la capacité à gérer cela en soi, dans son âme. Personne ne maîtrise tout d’ailleurs: les ennuis nous tombent parfois dessus sans qu’on l’ait voulu, mais on a cependant une petite marge de gestion quand même. Le problème est d’avoir l’impression de ne RIEN MAÏTRISER et de SUBIR. C’est extrêmement frustrant.

    J’ai adoré ta métaphore filée. Elle rend les choses concrètes et on visualise mieux.

    Quant aux sports de combat, et au match que tu réalises parfois, c’est intéressant aussi. Sont-ils choisis?

  7. Sybilline Said:

    Dans l’émission dont tu nous as mis le lien, j’ai également apprécié le fait que Serge Hefez mette en avant la mixité des facteurs dans la schizophrénie: problèmes familiaux, souci neurologiques, prise de drogues etc…Rien n’est donc simple et beaucoup de paramètres doivent être pris en compte.

  8. Marc Said:

    Tu me demandes, Sybilline, si les combats sont choisis ? Non, ils sont subis (contre mon gré) et je m’en passerais bien. Heureusement ils ne sont pas si nombreux que cela (mais très intenses et chaque fois j’ai l’impression d’éviter le KO (et le chaos) de justesse)

    J’espère qu’au fil du temps tu pourras maîtriser les ennuis de mieux en mieux, sans trop les subir. Bon courage à toi.

  9. Sybilline Said:

    Concernant les ennuis, je parlais en général: des miens comme ceux des autres. En effet, si on observe bien les choses, on s’aperçoit qu’on subit pas mal de choses dans la vie. Je pense aux témoignages des gens que je cottoie. Ce qui fait la différence entre des crises aiguës et des crises supportables, ce sont les ressources que l’on possède: nos amis, la qualité des liens familiaux, notre force de caractère, notre capacité à philosopher ou non face à une événement difficile et probablement notre « constitution » génétique.

    Bonne soirée à toi et aux autres.

  10. Marc Said:

    J’espère qu’il ne se passe (et ne se passera) rien de fâcheux pour toi, Sybilline.

    Merci de l’intérêt que tu as bien voulu porter à mes posts, nos échanges m’ont beaucoup apporté.

    Et surtout n’oublie pas de prendre bien soin de toi.

    Bonne route !

    Marc.

  11. Lana Said:

    Je tiens à faire une petite mise au point. La boîte mail que j’utilise pour le blog est exclusivement dédié à celui-ci. Comme je reçois environ un ou deux mails par semaine en moyenne, je n’y vais pas forcément tous les jours. Et même si j’y vais tous les jours, il se peut que j’y aille à 19h et plus avant 19h le lendemain, étant donné que je travaille toute la journée. Il ne faut donc pas s’inquiéter si je ne réponds pas immédiatement. J’aime bien internet mais j’y ne suis pas accro.
    Concernant vos commentaires, s’ils contiennent un lien, la plupart du temps ils passent dans les commentaires à modérer. Je suis avertie sur ma boîte mail courante, que je ne consulte que le soir et pas forcément plusieurs fois. Je vais alors les approuver. Parfois, pour des raisons mystérieuses, certains commentaires passent des les spams, je ne le vois que quand je consulte le tableau de bord du blog et je les approuve.
    Les seuls commentaires que j’ai jamais supprimés sont des commentaires insultants.
    Enfin, ils m’arrivent parfois de passer plusieurs jours hors de chez moi sans consulter internet.
    Cela dit, je pars en vacances la semaine prochaine, je ne répondrai donc à personne ni n’approuverai les commentaires qui passent à la trappe. Pas de panique, je serai juste absente et non fâchée.

  12. Alain Said:

    C’est bien , Lana, de savoir que tu n’es pas fachée 😉 ça serait dommage sur ce blog où il y a tant de gens intéressant qui ont beaucoup de choses à partager sur la maladie, d’un coté ou de l’autre et chacun avec ses talents.

    Un petit truc pour les liens internet :

    je coupe toujours le lien en deux :

    google.com

    (mettre http://www. devant) et ainsi , ça passe.

  13. Sybilline Said:

    Bonjour à tous,

    Je m’excuse de m’être emportée comme je l’ai fait. Tout est maintenant rentré dans l’ordre.Lana m’a écrit pour m’expliquer le problème.

    Il s’est passé quelque chose qui n’était jamais arrivé: mon commentaire d’hier est passé sur le blog, puis a disparu. J’ai cru que Lana l’avait supprimé. En réalité, il y a eu un bug informatique.

    Excusez-moi tous d’avoir mis une panique à bord! C’est moi qui en suis responsable et les lubies de l’informatique.

    Du coup, j’ai passé une mauvaise journée sur un malentendu.

    J’espère que Lana me pardonnera mon emportement.

    Merci à tous pour votre soutien.

  14. Lana Said:

    Mais oui Sybilline, on ne va pas se fâcher pour ça. Il se passe parfois des choses bizarres sur wordpress, par exemple la section commentaires avait disparu sans que j’intervienne.

  15. Sybilline Said:

    Lana,

    Je te remercie pour ton pardon et m’excuse encore pour mon emportement, mais je n’avais pas imaginé une seule seconde que ce que tu racontes soit possible: qu’un commentaire apparaisse puis disparaisse. Je me sens beaucoup mieux depuis que tout est rentré dans l’ordre, car cela m’attristait de m’éloigner.

    Je me permets d’aborder un tout autre sujet qui, avec le recul, te donne raison.

    Je vous avais dit que ma grande-tante était entrée (à 68 ans!) en hôpital psychiatrique pour dépression. Elle y restée trois mois et a été traitée avec des électrochocs. Après une dizaine d’électrochocs, elle en est sortie. Elle allait mieux et a rechuté trois semaines plus tard. Elle vient d’y retourner. Elle a deux électrochocs par semaine à nouveau avec anesthésie à chaque fois! Et des pertes de MEMOIRE maintenant…D’après la psy, ça va revenir…Il me semble, Lana, que tu m’avais parlé de ces pertes de mémoire.

    Ce qui me révolte, c’est qu’elle souffre d’un problème familial évident, que tout le monde (en dehors du cercle restreint) voit mais qui n’est absolument pas traité. Aucune proposition de thérapie familiale, pas de suivi psychothérapique. Bref, seuls les électrochocs sont proposés.

    Je me dis que c’est inadmissible. En effet, il existe des moyens naturels comme le dialogue, le travail sur soi pour permettre d’avancer et rien de tout cela n’est utilisé. Parfois, j’ai le sentiment que les soins en psychiatrie ont 100 ans, que c’est une branche qui fuit la modernité et va à la facilité: des soins rapides avec médicaments ou électrochocs.

    Or, nous savons tous très bien que si le problème familial de fond n’est pas traité, elle rechutera perpétuellement. Elle risque en plus de supporter des effets secondaires pas possibles. Ma grand-mère va tenter d’intervenir en discutant avec la psy à distance…Je la sens tellement abandonnée par la médecine!

    A Marc,

    Grâce à toi, j’ai fait la connaissance de Serge Hefez le psychiatre qui était passé dans l’émission de radio que tu nous avais proposée. Je suis en train de lire son ouvrage sur le cannabis: vraiment super! Cela me fait de surcroît très plaisir de voir qu’il fait partie des rares psychiatres qui ont un sens de la psychologie aiguë, ce qui rend son livre passionnant. Les gens comme lui redore le blason de la psychiatrie. Il explique notamment que l’usage du cannabis chez les adolescents provient en partie d’une volonté de séparation d’avec les parents, d’une tentative d’autonomie qui se fait plus ou moins facilement, qu’il cache des noeuds familiaux. Il montre toutes les nuances de cette drogue et j’en ai beaucoup appris sur le sujet!

    Tous les psychiatres devraient avoir cette double casquette et ne pas s’arrêter aux médicaments. Ce devrait être obligatoire. A quand une loi là-dessus?

    Bonne soirée à tous.

  16. Lana Said:

    Oui, malheureusement la psychiatrie c’est encore souvent ça: ils ne comprennent rien ou n’ont pas envie de chercher à comprendre, alors ils y vont avec des traitements de choc, coercitifs, violents. Un peu comme si on assommait quelqu’un qui hurlait de douleur pour se vanter après qu’il n’a plus mal grâce à nous puisqu’il se tait. C’est effectivement totalement inadmissible, et il est scandaleux que les patients n’aient souvent pas leur mot à dire, car la famille se laisse facilement avoir et signe des autorisations pour ces traitements barbares, faisant confiance aux médecins sans se renseigner.
    Je crois que chaque personne étant passé par la psychiatrie le sait: il faut tout faire pour ne pas perdre ses droits et se retrouver soumis aux bon-vouloir des psys et de la famille, sinon tu n’as plus de contrôle sur ta vie et tu vas souffrir encore plus.


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