Crible.

Quelqu’un chuchote. Dans l’ombre, quelqu’un chuchote. Autour. Dans l’ombre. Quelqu’un conspire.

 

Une présence comme celle du monde animal, celle du monde sensible.

 

Mais qui s’accroche à je-ne-sais-quoi, je-ne-sais-comment.

 

J’écris et quelqu’un chuchote. Quelqu’un qui épie le moindre geste. Et le moindre geste devient effrayant. Je ne transpire plus, alors je crie par tous les pores. J’essaye de crier, déplacé en un centre qui n’existe pas, vivant en une bulle irréelle d’irréalité. J’ai l’impression de me mouvoir dans puis je m’éteins, je m’efface, je disparais, j’oublie, je me perds. Mes yeux… mes yeux…

 

Quelqu’un chuchote. Dans l’ombre, quelqu’un chuchote.

 

Une présence que je reconnais ou que je crois reconnaitre. Je m’attends à d’autres cauchemars, d’autres folies aigües. La brise même des doux soirs d’automne semble porter l’haleine spectrale, le souffle glacé, de ce que je ne connais pas et qui hante mes chansons, mes rêves, mes chairs agacées.

 

Quelqu’un chuchote qui épie le moindre glissement de l’encre sur le papier et le moindre chuchotement de ma mine devient terreur.

 

Le monde animal… Le monde sensible…

 

Des trilles, des bruissements, du bois sec qui craque dans la nuit.

 

Tout est dehors.

 

Je m’accroche. J’écoute, je guette, j’hume, je ne perds rien…

 

Je cours, hurlant à la mort dans le bosquet.

 

Une grande lumière bleue éclate. Mes yeux… mes yeux… la nuit… la nuit au crible de la sorcière.

 

Le jour accueille mon repos, mon sommeil, mes rêves, mordus d’une étrange latence.

 

Les halos, les images, mes désirs… Improbable souffle glacé de tout ce qui n’existe pas.

 

Olivier

Publicités

2 commentaires »

  1. charlotte Said:

    Jolie plume Olivier ! On a vraiment l’impression que tu as mûri ces textes avant de les écrire.
    Que cherches-tu à exprimer dans les blancs entre tes phrases ?

  2. Raymonde Said:

    Si évocateur ! Je ressens… Je com-prends (je te prends
    avec moi).
    Je chuchote choses charmeuses charmantes
    pacifiées
    doucement lentement
    au dedans du soleil
    pour toi Olivier.


{ RSS feed for comments on this post} · { TrackBack URI }

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :