Les vrais amis

Ils pleurent sur ton sort si tu as un cancer. T’appellent, te réconfortent, se manifestent, comprennent.  Ils sont là, ils sont compatissants et viennent vers toi, même de loin.

Si tu te retrouves à l’HP, ils ont peur, ils justifient les mauvais traitements, pensent qu’il faut t’enfermer pour te protéger mais surtout pour protéger les autres. Ils signent des HDT en se donnant bonne conscience. Ils acceptent ton isolement, ta solitude. Plus de réconfort qui tienne si ta maladie est mentale. Tu peux rester seul, sans aucune parole amicale, sans réconfort. Ils trouvent ça normal, même s’ils étaient très proches.

Les mêmes personnes te plaignent avec empathie ou  t’envoient  leur indifférence bienpensante à la figure selon que ta maladie soit somatique ou mentale.

Les mêmes qui ont appelé une connaissance lointaine pour la soutenir lors d’un cancer tourneront le dos à leur meilleure amie si elle est en psychiatrie.

Ces gens qui te disent que tu peux compter sur eux ne pensent en réalité qu’à eux, ne font que ce qu’ils aimeraient qu’on fasse pour eux. Et comme ils sont persuadés de rester toujours du bon côté, du côté des gens bien, et non des fous, ils abandonnent les personnes qui ont le plus besoin d’eux, qui ont le plus besoin de soutien et d’amitié. Et ça ne les dérange pas. Ca ne leur pose même pas question.

C’est comme ça les gens bien. Droits dans leurs bottes. Sains de corps et d’esprit.  De véritables amis. C’est comme ça le monde normal. Celui dont on ne fait pas partie.

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26 commentaires »

  1. cécilee Said:

    Très juste. Le cancer pourrait semble t-il toucher tout le monde mais pas la psychiatrie !!!

  2. orfeenix Said:

    Qui es tu, je m’ appelle Isabelle, parle moi.

  3. Sybilline Said:

    Chère Lana,

    Une fois encore, je trouve ton article très juste. Tu expliques l’essentiel de ce que je ne m’explique pas. Pourquoi ne soutiens pas suffisamment les patients en psychiatrie alors qu’on agit différemment pour un cancer? Les préjugés probablement et une peur véhiculée par des milliers d’années d’a priori. Un peu comme avec les homosexuels d’ailleurs.

    Je me demande si notre culture judéo-chrétienne n’y est pas pour quelque chose. Que disent-ils de cette maladie dans la Bible?

    On sait que les nazis la condamnaient, mais venant d’eux ce n’est pas étonnant…

    N’est-ce pas aussi parce qu’elle est beaucoup plus subtile à soigner? Moins « rationnelle »?

  4. Sybilline Said:

    Petite erreur: pourquoi ne soutient-on pas suffisamment les patients? Désolée pour l’oubli de mots…

  5. loplop Said:

    « celui dont on ne fait pas partie « …fort heureusement !! Souvent je me dis que je fairais un parfait anarchiste avec mon monde parallèle mais je me heurte aussi souvent au fait que la folie n’est pas militante… Voici un autre monde dont on ne fait pas parti… Il m’a fallu me recentrer sur des activités subversives plus enrichissantes (la poésie, la peinture, le theatre…), moins contraignantes si vous voyez ce que je veux dire a propos du militantisme, je ne parle pas de l’antipsy hein !?…a laquelle je dois un certain apprentissage des phénomènes subjectifs…

  6. Lana Said:

    Isabelle, si c’est à moi que s’adresse la question, je suis l’administratrice du blog, et je pense m’exprimer déjà pas mal!

    Sybilline, je suis d’accord avec toi.

    Ioplop, je pense qu’on peut avoir une maladie psy et être militant, heureusement! Mais je suis d’accord que les autres activités sont aussi enrichissantes.

  7. Iphigénie Said:

    Ton texte me touche beaucoup Lana. Difficile à recevoir mais juste. On n’expérimente jamais autant la solitude pour une maladie que quand on se retrouve étiqueté « psychiatrie ». Et surtout dans l’HDT ou l’HO.

    A Sybilline : il y a une belle espérance quand même dans le Nouveau Testament :
    « Ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse aux yeux de Dieu. »
    Tous les croyants ne le lisent pas en le comprenant.
    Moi si.

  8. Carole Said:

    J’aime beaucoup votre blog car je suis assez concernée par cette maladie dont vous souffrez (tout comme mon frère), mais je ne suis pas tout à fait d’accord avec votre post.
    Je suis d’accord, qu’en cas de difficultés, de façon globale, beaucoup d’amitiés ont tendances à diminuer, voire à disparaitre, mais je ne fais pas de différence entre les maladies psychiatriques et d’autres maladies (ex: cancer) ou difficultés de la vie.

    Selon moi, les amitiés se construisent, et s’entretiennent par le partage, par des discussions communes, des activités communes. Lorsqu’une difficulté qui entrave les moments partagés apparait dans la vie d’une personne, ses vraies amies restent présentes durant un temps, le temps que la difficulté passe et que les moments agréables passés ensemble réapparaissent.
    Plus l’amitié est profonde, plus ce temps peut être long, mais en aucun cas infini, car l’amitié est une relation à double sens. Dans le cas des maladies psychiatriques (généralement de longue durée), tout va dépendre des difficultés rencontrées et de la capacité du malade à maintenir des rapports de qualités avec ses amies malgré la maladie.

    Tout ceci pour dire que je ne pense pas qu’il y a une stigmatisation plus importante envers les personnes atteintes de maladie mentale, qu’envers celles atteintes d’un cancer, ou autre.

    Et un point qui me parait important pour maintenir ses amies autour de soit est de garder une attitude optimiste, sans s’apitoyer sur son sort, montrer que l’autre ne doit pas nous accorder son amitié à cause de notre maladie, mais parce qu’on a des choses agréables à partager ensemble. Dans le cas contraire, ça devient une amitié à sens unique et ne dure pas. Ce n’est bien sûr pas toujours facile en cas de maladie mentale.

  9. Lana Said:

    Mon post n’est pas là pour faire une généralité, je me suis juste inspirée d’une histoire que je connais.
    Quant à la différence qu’il y a entre maladies psy ou pas aux yeux des gens, tous les gens souffrant d’une maladie psy savent bien que c’est beaucoup plus stigmatisé, et ceux ayant connu les deux encore plus pour avoir fait la comparaison directement.

  10. loplop Said:

    non, franchement, j’avoue ‘;o), c’est tres difficile pour moi de penser en termes politiques, voire meme impossible… l’acte de penser devient comme douloureux… çà va, j’arrive à discerner le « bien du ma »l, ce n’est pas le probleme… Mais le politique reste quelquechose qui pour moi est pénible… il faut que je précise que mon « délire » tourne autour du politique…’fin bref, merci pour ces textes tres utiles que tu écris, Lana, et bonne continuation…

  11. cécilee Said:

    @ Carole : l’amitié ne consiste pas seulement à partager de « bons » moments ou de bons souvenirs !

  12. Carole Said:

    @Cécilee
    J’ai dû mal m’exprimer. Je suis d’accord avec toi. Il n’y a pas QUE les moments positifs.
    Mais l’amitié, comme toute relation repose sur les bons moments. Elle se construit grâce aux moments positifs. Une amitié solide réussit à passer les moments difficiles, mais lorsque ceux-ci prennent le dessus sur les moments positifs, l’amitié diminue peu à peu.

    @Lana
    Je suis d’accord sur le fait que les maladies psy peuvent faire peur et créer des réticences.
    Mais je pense surtout, pour l’avoir vécu, que dans certains cas, elles provoquent des troubles dans le comportement, donc dans les rapports avec les autres, ce qui créé un frein à l’amitié.
    Quant aux maladies, je pense qu’elles sont toutes stigmatisées, tout comme le handicap. Et je reste convaincue que c’est plus le comportement du malade face à sa maladie qui va conditionner (améliorer ou détériorer) le regard des autres. Et c’est là pour moi que les maladies psy représente un « handicap » puisque ces maladies agissent bien souvent sur le comportement.

  13. Lana Said:

    Essaye dans un dîner de dire « je suis allée en HP » ou « j’ai eu un cancer », tu verras la différence de réaction, alors même que ton comportement a été le même. Ecoute ce que disent les gens sur leur collègue qui a une sclérose-en-plaques et celui qui fait une dépression, et tu mesureras bien la différence dans la stigmatisation. On ne parle pas seulement de regard sur une personne, mais sur des maladies en général, et la différence entre les maladies psys et les autres est de taille, et ça rejaillit sur les personnes malades.

  14. Lana Said:

    Et puis, si l’amitié est réelle, si la personne comprend que c’est une maladie et pas juste un comportement offensant, il est toujours là après. Mais il faut encore avoir envie de se mettre à la place de son ami malade, ce que font très bien les gens quand la maladie est physique et très peu quand elle est mentale.
    J’ai vécu ça aussi en tant qu’amie, et jamais je n’en voudrais durablement à quelqu’un du comportement qu’il a eu quand il délirait.

  15. Carole Said:

    Tu as sans doute raison, Lana. On a sans doute plus peur des personnes souffrant de problèmes psy en raison du manque de contrôle que l’on peut avoir dessus.

    La difficulté dans le cas des comportements offensants est de faire la part des choses entre le comportement dû à la maladie, et le comportement dû à la personnalité.
    D’ailleurs, certaines personnes classées dans la catégorie des gens normaux ont parfois des comportements bien plus dangereux que celui de ceux classés dans la catégorie des malades psy. Je ne pense pas que les millions de femmes battues aient un mari ayant une maladie psy.
    Et pour peu qu’une personne soit à la fois violente et dangereuse et qu’elle ait un problème psy, et là, c’est la stigmatisation assurée sur tous les malades psy.

  16. cécilee Said:

    Quand on apprend qu’on a un cancer aussi, notre comportement change.

  17. Iphigénie Said:

    Carole, la maladie psy n’entraîne pas que des comportements qu’on pourrait qualifier de « troubles ». Bien souvent, elle désinhibe, et conduit à dire aux autres ou sur les autres ce que l’on pense réellement d’eux. Et ces autres ne sont pas prêts à l’entendre ! Alors il préfèrent coller l’étiquette « fou », fermer les écoutilles, voire couper court à la relation.
    En tout cas, c’est ce que personnellement, j’ai vécu.
    Après coup, j’ai regretté des choses blessantes que j’avais dites, que je ne dis pas quand je suis stable et que je m’en tiens aux convenances sociales. Mais on ne peut pas dire que j’avais menti.

  18. Sybilline Said:

    Bonjour à toutes,

    Quelle intéressante discussion!

    Iphigénie,

    J’apprécie beaucoup la phrase que tu cites de la Bible. Je sais que tu aimes ce livre et que tu t’y intéresses profondément. C’est une belle citation!

    Carole,

    Ce que tu dis n’est pas faux, je comprends très bien ce que tu entends par là.

    Là où je rejoins Lana, c’est que quelqu’un ayant eu des antécédents psychiatriques est beaucoup plus stigmatisé à la base, lors de la première approche. Je m’en rends compte, ne serait-ce que dans ma famille…ça fait peur! J’ai un ami qui souffre de cela que je cottoie depuis plus d’un an et les remarques me gênent parfois. Je n’ai pas toujours apprécié non plus qu’on mette tout sur le dos de celui qui a dépassé les bornes, alors que chacun a sa part de responsabilité. La personne souffrant de maladie psychiatrique devient parfois le bouc-émissaire en cas de problème. C’est tellement facile de tout rejeter sur l’autre, surtout quand il s’exprime de façon certes plus excessive mais avec des raisons quand même d’être mécontent!

    Cependant, plusieurs fois mon ami a vraiment dépassé les bornes me traitant comme si j’étais une moins que rien, insultant et menaçant de mort quelqu’un de proche. J’ai trouvé son comportement inadmissible et lui ai dit clairement, ce qu’il a bien compris en s’en excusant, même si je sens qu’il a du mal à sortir de cela parfois. C’est là que toute la question se pose: est-ce que ces débordements proviennent du caractère ou de la maladie? Et comme toi, je n’ai pas toujours une réponse claire.

    Par contre c’est vrai que je suis assez peu rancunière en général et encore moins rancunière avec lui. Je lui parle comme à tout le monde quoi qu’il en soit!

    Le problème que tu soulèves est intéressant. Je pense que tu n’abordes pas forcément dans ton cas les gens souffrant de cette maladie différemment, mais ce n’est pas le cas de tous.

    Pour te donner un exemple, hier, je lisais un article sur les gens qu’il faut fréquenter et sur les conseils des gars avec qui il faut se lier. Dans les conseils, on stipulait: fuyez les malades (et sous-entendu mentaux)!

    Je crois qu’au lieu de stigmatiser la société devrait plutôt éduquer et écouter afin que l’approche soit plus facile et éviter les excès de violence.

    Merci à Lana pour son article qui fait réagir et fait couler beaucoup d’encre…

  19. Alain Said:

    Avoir fait partie d’une bande d’amis dans un village, être hospitalisé psy, revenir au village et se rendre compte que tout le monde vous évite. Vous passez l’après midi seul au stade. Un ancien ami se détourne et s’éloigne.

    On ne s’affiche pas à coté d’un « fou ». ça donne honte.

    Une « amie » qui marche loin derrière vous pour éviter d’être vue an compagnie d’un fou.

    Une femme en contrat dans une entreprise qui se retrouve seule au coin café, les « collègues » ne l’accompagnant pas.

    Un oncle à sui vous n’avez pas eu affaire récemment qui vous regarde méchamment et qui ne vous adresse pas la parole.

    Des actes qui paraissent anodins pour les « autres » mais qui marquent, trente ans après et sans doute jusqu’à la fin.

    La stigmatisation, c’est un terme bien abstrait pour dire le dégout et la crainte qu’inspire les « fous ».

    Les plus malheureux, on ne mesure pas bien l’horreur, ce sont les SDF malades psy, éjectés des hopitaux et se laissant mourir à la rue. Double stigmatisation sous l’indifférence du public et des pouvoirs publics. Un « ami » m’avait dit un jour à propos des SDF : c’est normal, ils sont fous.

  20. Carole Said:

    @ tous
    En lisant vos témoignages, je m’aperçois que mes propos ont sans doute été à contre-sens de ce que vous avez vécu. Je vous prie de m’excuser si je vous ai heurté.

    @sybilline
    Ton message m’a interpellé. Lorsque tu parles des conseils du type « Fuyez les malades », je crois qu’il faut le prendre au sens populaire de « malade », c’est à dire les personnes toxiques, par exemple les gens violents, ceux qui battent leur femme, etc… Je pense qu’il faut le dissocier du sens médical de malade, c’est à dire des personnes qui ont une maladie psy, mais qui pour autant ne font de mal à personne.

    Ce que tu dis de ton ami me semble plus inquiétant. Rabaissements, des insultes, des menaces de mort envers son ami… Cela est-il dû à sa maladie? C’est difficile à dire. Qu’en penses les autres?

    Si je peux émettre une piste de réflexion, ce serait de savoir si cela arrive dans des crises de délire, par exemple hallucination (ce qui montrerait que cela est lié à la maladie) ou bien si cela arrive lorsque quelque chose ne lui plait pas ou lui résiste, ce qui correspond plus à une personnalité violente, d’une personne vivant dans la toute puissance.
    Peut-être va-t-on me contredire, mais de mon expérience avec mon frère, et de ce que j’ai cru comprendre, la plupart des personnes souffrant de maladie psy ne sont pas plus violentes, ni plus agressives que les autres. Ils sont surtout en souffrance interne.
    Et comme je le disais hier, la plupart des femmes battues le sont par des personnes dites « normales » au sens médical. Mais pour moi, ce sont ces personnes-là qu’il faut fuir. Et effectivement, certains comportements sont à surveiller de près, indépendamment de la présence d’une maladie psy ou non.

    Quant à l’indulgence, je pense qu’il faut faire attention à y mettre certaines limites. Ce sujet me touche beaucoup. J’ai une excellente amie qui s’est fait battre par son mari pendant plus de 5 ans. Et elle se disait indulgente. Mais derrière cette soit-disant indulgence, se cachaient de nombreux problèmes personnels non-résolus, qui lui donnaient un rapport particulier à la violence. Elle a fini par sortir de tout cela après plusieurs années et nous en sommes soulagées.

    Tout cela correspond à des avis très personnels liés à mon vécu, et donc à prendre avec beaucoup de réserves.
    L’avis des autres serait très intéressant.

  21. Sybilline Said:

    Bonjour Carole,

    Je trouve ton raisonnement intéressant et pas stigmatisant forcément pour ceux qui souffrent d’une maladie psychique. Je comprends bien ta réflexion, car j’ai la même aussi et suis toujours confrontée à cette difficile distinction entre la maladie et le caractère.

    Pour ma part, j’ai évidemment réagi et me suis éloignée pour un temps ou pour toujours (je n’ai pas la réponse aujourd’hui) de mon ami. Il s’est excusé d’avoir été trop loin et n’a évidemment pas mis ses paroles en acte (pour les menaces de mort). Je ne sais absolument pas dans quel état il se trouvait à ce moment-là. Très en colère, j’en suis sûre. Mais pour le reste, je n’ai pas d’avis. Disons qu’il ne me semblait pas être dans son état normal, car je ne l’ai jamais entendu tenir de tels propos et pourtant ça fait plus d’un an que je le cottoie. ça n’était pas un vocabulaire que je lui connaissais, un message extrêmement ordurier. Je pense que concernant l’indulgence qu’on peut avoir, elle est différente en fonction des gens et du lien qui les unit. C’est toujours une question de balance positive ou négative et de tolérance. Nous n’avons pas le même degré.

    Mais comme tu dis, il y a des gens qui frappent ou même qui tuent leur femme (Bertrant Cantat) et qui ne sont pourtant pas considérés comme « malades » médicalement. Peut-être le sont-ils mais ne sont pas détectés ou peut-être simplement réussissent-ils à vivre avec cette violence et ce malaise en eux sans s’effondrer, en continuant à vivre « normalement » jusqu’au jour où ils commettent un acte condamnable ou irréversible. J’ai parfois pensé que c’était la différence entre ceux qui vont en hôpital en raison d’une immense souffrance et ceux qui n’y vont pas, qui peuvent souffrir, mais qui ne s’effondrent pas ou pas tout de suite. C’est compliqué aussi cette question.

    Alain,

    Malheureusement la stigmatisation existe et c’est triste, mais il faut en parler et essayer de faire comprendre aux gens ce qu’est cette maladie en les rassurant aussi.

    Bonne journée à tous

  22. Alain Said:

    Marc, tu lis encore le blog, ça fait longtemps qu’on n’a pas eu de nouvelles, comment vas tu ?

    Carole, je comprends ta position, je vois bien que tu connais la maladie, pour avoir cotoyé ton frère. Ce qui m’interpelle un peu, c’est cette notion « populaire » de malade. Toute la stigmatisation et toutes les incompréhensions viennent de là.

    Mon médecin généraliste, un jour que je lui parlais d’un patron très tyrannique, m’a dit : c’est un malade. Cela fait drôle quand on l’est vraiment. On fait porter tous les maux de la terre aux malades, alors que comme tu l’as bien dit, ce sont souvent des bien portants qui sont cause de malfaisance.

    Un exemple que j’ai déja cité : 70% des psychiatres en Allemagne dans les années 30 étaient membres du pari nazi et ont appliqué la sinistre « Ation 4 », le meutre des malades mentaux en allemagne, au nom de la pureté de la race. ils n’étaient pourtant pas tous « malades », je veux dire les psys.

  23. Carole Said:

    Alain,

    Je viens de lire ton message. Ce que tu racontes doit être extrêmement difficile à vivre. Ça me froid dans le dos. Mon frère a eu plus de chance que toi, même si sa vie a été bouleversée par le diagnostique. J’espère que depuis, tes rapports avec les « autres » se sont améliorés.

  24. Alain Said:

    Carole, merci pour ton message. ça dépend des « autres » et des jours. Mais les symptomes ont en grande partie disparu.

  25. Carole Said:

    Alain,

    Mon message répondait à ton message d’hier. Décidément, nous écrivons en même temps.Et c’est après avoir posté mon message que je viens de lire le tien d’aujourd’hui.

    Je partage pleinement ton point de vue. Et pour peu qu’une personne véritablement malade psy commette des actes de violence, et c’est tout les autres qui vont « payer » pour elle, qui vont être stigmatisés à cause des agissements d’une seule personne. Cela permettra de rassurer les gens « normaux ». Ils pourront se rassurer en se disant que ce sont les fous qui sont dangereux.
    Ils pourront faire une généralité à partir d’une personne violente, alors que cela n’a sans doute rien à voir avec sa maladie, mais c’est beaucoup plus simple, plus confortable de relier les deux.

  26. Marc Said:

    Merci Alain pour ton signe amical.
    Oui je lis toujours le blog et je trouve les échanges ci-dessus très intéressants mais comme je n’ai jamais subi aucune stigmatisation d’aucune sorte je ne savais pas trop quoi dire.
    Ma maladie est intérieure, elle ne se voit pas et puis elle est intermittente et passagère sans troubles résiduels entre les crises.
    Puisqu’il a été question de cancer je me souviens qu’à une époque on n’osait pas prononcer le mot  » cancéreux « , on parlait de  » longue maladie  » et même certains pensaient que c’était contagieux (je vous parle d’un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître) D’ailleurs les services hospitaliers concernés se nomment  » oncologie  » et non pas  » cancérologie « .
    Je pense également aux sidéens et aux séropositifs qui dans leur grande majorité sont obligés de cacher leur maladie ou leur statut sérologique (et aussi pour un grand nombre leur homosexualité)
    Personnellement je dis  » j’ai eu des troubles  »  » je suis susceptible d’être perturbé  »  » j’ai vécu des supplices, mais c’est passager et ça me fiche une paix royale « .
    Je pense beaucoup à ceux qui souffrent en continu et aussi à tous ceux qui sont stigmatisés.
    Bon courage à tous ceux qui sont concernés. Je crois qu’en avançant en âge ça peut aller mieux.
    Bonne soirée à vous tous.


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