Clubhouse

Pour une fois, une bonne nouvelle.

Il existe une structure récente, en France, l’association clubhouse France, dont le but
est la réinsertion des patients dans la société et en particulier dans le monde du travail.

Elle fait une large place aux patients qui sont considérés comme des adultes, pour une fois,
et qui participent aux activités et à la gestion du club. Des entreprises partenaires le soutient
et propose des emplois qui peuvent être aménagés.

Cela sort des discours rebattus sur « la maladie très grave et définitivement handicapante ».

Extrait de leur page web :

NOTRE MISSION :

Redonner à la personne sa dignité et le pouvoir d’agir. Restaurer, maintenir et améliorer la qualité de vie des personnes
fragilisées par un trouble mental (schizophrénie, trouble bipolaire, troubles de la personnalité, etc.) en les aidant à prendre
conscience, développer et utiliser leurs capacités pour vivre, apprendre et travailler dans la société avec le plus d’autonomie et
de satisfaction possible
.

Notre mission a donc un intérêt général qui peut être bénéfique à l’ensemble de notre société.

NOTRE VISION :

Que les personnes en situation de handicap psychique réalisent partout leur potentiel en étant
respectées comme collègues, voisins et amis
.

NOS VALEURS :

Le respect, la tolérance, l’écoute, la bienveillance, l’entraide, la solidarité avec l’encouragement
au développement du potentiel de chacun.

NB : Clubhouse France est une association d’intérêt général à but non lucratif, apolitique et
sans obédience religieuse.

Site Web : http://www.clubhousefrance.org/

Alain

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57 commentaires »

  1. cecilee Said:

    Merci pour cette découverte j’ai pris contact avec eux.

  2. Sybilline Said:

    Merci Alain pour cet article qui permet de garder espoir, en sachant qu’il existe un accompagnement quel que soit l’âge et le moment de la vie pour trouver sa place dans une société souvent cruelle et sans merci, basé sur la performance et les objectifs matériels. C’est important que ce soit connu aussi!

  3. Alain Said:

    Bonsoir Cécilée, as-tu eu une réponse de leur part ?

    Bonsoir Sybilline, c’est vrai que c’est important, il est dommage qu’il n’y en ait pas plus et qu’on n’en parle pas assez, on ne présente souvent que les aspects sombres de la maladie et de l’accompagnement. Il y a toujours l’espoir de s’en sortir au bout, il faut serrer les dents et saisir les occasions.

  4. Marc Said:

    Je profite de la recension de cet intéressant site pour signaler un livre de Félicité Herzog :  » Un héros  » (Grasset) où l’auteure décrit la psychose délirante de son frère : une expérience édifiante au sein de la famille du premier vainqueur de l’Annapurna. Excusez ce hors-sujet.
    Bonne soirée.

  5. Sybilline Said:

    Intéressant ce livre Marc effectivement. L’as-tu lu? Explique-t-elle pourquoi (ou le sait-elle?) son frère a sombré dans la psychose? Ont-ils conscience des origines?

    Ce livre me fait penser à celui que je suis en train de parcourir sur l ‘unique frère des soeurs Brontë, Branwell. Comme le dit la 4ème de couverture, il est le grand sacrifié de la famille Brontë, leur part d’ombre. Je ne sais pas si vous connaissez ces ouvrages: l’un écrit de Charlotte « Jane Eyre » (mon roman favori!) et l’autre d’Emily « Les Hauts de Hurlevent ». Elles avaient un frère…Daphné du Maurier tente de lui rendre hommage dans cette biographie. Ce que je remarque, c’est qu’il était probablement le plus sensible de tous et aussi le plus fragile. Il avait du génie, mais ce dernier n’a pu s’épanouir. Il sombrera dans le delirium tremens. Et là encore loin de voir dans ce qu’on appelle « folie » celui qu’on doit fuir, je remarque qu’il est probablement celui qui tire la sonnette d’alarme d’un monde qui va mal et qui ne parvient pas à se redresser.

  6. Marc Said:

    Oui, Sybilline, j’ai lu le livre et pas même un début d’explication n’est donné sur les origines de la psychose de Laurent Herzog. En tout cas je remarque qu’il n’a reçu aucune marque d’amour d’aucun membre de sa famille. Personne ne lui a dit :

     » mon pauvre Laurent, tu souffres, cela doit être difficile, mais on est là à tes côtés, on va se battre avec toi contre ta détresse. Tu as le droit de penser ce que tu veux sur nos intentions et sur les intentions de l’Humanité à ton égard mais nous on ne perçoit pas les choses comme toi, on n’interprète pas le Monde comme toi et voilà nous ce qu’on pense de toi et de ton rapport à la réalité. Des médicaments peuvent t’aider à revenir à notre niveau car tu es monté sur des cimes vertigineuses auxquelles nous n’avons pas accès. Nous on ne veut que ton bien et on t’aime ; tu verras cela va aller mieux, tu vas revenir à notre hauteur « .

    J’ai conscience, Sybilline que ce que je dis est très naïf et que je ne raisonne que par rapport à ma propre expérience psychotique mais voilà c’est mon ressenti à la lecture de  » Un héros  »
    Ce que je remarque aussi c’est que Laurent Herzog a toujours été violent depuis sa tendre enfance et sa soeur l’a continuellement éprouvé dans sa chair (il y a-t-il une part de génétique dans la maladie de son frère ?)

    Je ne connais pas l’oeuvre des Brontë mais ce que tu en dis est intéressant et donne envie de les lire et de lire la biographie de Daphné du Maurier.

    Bon dimanche.

  7. Sybilline Said:

    Marc,

    Ton commentaire me questionne. Pourquoi a-t-on écrit ce livre? Est-ce uniquement pour se plaindre d’avoir un psychotique dans la famille ou y avait-il une recherche derrière? J’ai bien le sentiment que non, mais je n’arrive pas bien à cerner l’intention de l’auteure.

    Je crois que tu as raison de rappeler ou plutôt de DIRE l’essentiel de ce qui doit être exprimé lorsque quelqu’un vit une expérience psychotique. Cela ne me semble pas naïf, mais au contraire primordial de rappeler les bases. Personne ne les connait ou si peu…Or, c’est bien ainsi qu’il faut se comporter. L’ayant vécu toi-même, tu sais bien ce qu’il en est.

    Mais là encore un mystère subsiste sur la volonté de Félicité Herzog. A-t-elle eu un minimum de compassion pour son frère ou n’a-t-il été qu’un fardeau?

    Bonne soirée et merci pour tes explications.

  8. Lana Said:

    J’ai vu l’auteur à la télé, et elle avait beaucoup de respect pour son frère. Le titre d’ailleurs n’est pas dédié à so père mais à son frère. Elle a voulu expliquer comment une famille crée une psychose.

  9. Marc Said:

    La maladie du frère de Félicité Herzog n’est qu’une partie de son livre. Auparavant elle règle ses comptes avec son père Maurice dont elle démythifie l’exploit et à qui elle reproche son goût immodéré pour les femmes et sa totale absence d’intérêt pour ses enfants.
    Je rectifie ce que j’ai dit ce matin : Félicité aimait son frère (malgré sa grande violence envers elle) et a été totalement désemparée par sa maladie. Le dialogue que je préconise est idéaliste et sans doute irréalisable. C’est très difficile pour une famille de prendre en charge un psychotique. On ne peut imaginer dans quel état on peut se trouver. Qui plus est la grande majorité des soignants ne sait pas s’y prendre et est dépassée (à part Grivois dans l’entrée en psychose) Il faut être très fort.
    On peut voir des vidéos de Félicité Herzog sur http://www.youtube.com en y tapant son nom (on peut choisir par exemple son passage à la Grande Librairie (15 minutes)
    Pour répondre à ta question, Sybilline, F H a eu un minimum de compassion et en même temps son frère fut un fardeau (mais c’est vrai qu’il était extrêmement délirant)
    Bonne soirée.

  10. Marc Said:

    Elle n’a pas dit que sa famille a créé la psychose de son frère et elle ne donne pas d’explication. Elle règle aussi ses comptes avec une partie de sa famille collaborationniste et antisémite.

  11. Lana Said:

    C’est ce qu’elle a dit à la télé, en précisant qu’elle aurait pu elle même devenir schizophrène, parce que sa famille a créé cette folie mais que c’est tombé sur son frère.

  12. Marc Said:

    Elle ne pourra jamais le prouver.
    Moi je me base sur ce qui est écrit dans les 302 pages du livre et je constate que Laurent Herzog avait des symptômes depuis sa naissance ce qui m’amène à penser que le comportement de sa famille est une conséquence et non une cause de sa maladie ; mais moi non plus je n’ai aucune preuve.
    Voilà, pour moi le débat est clos, désormais je ne rajouterai plus rien à ce que je viens d’écrire sur ce sujet.
    Bonne journée.

  13. Marc Said:

    Bonjour Sybilline,

    (par rapport à ton commentaire d’hier 19 h 57)

    tu sais, probablement que chaque psychotique a ses attentes de la part des témoins de sa maladie.
    Pour ce qui me concerne, lors de mon entrée en psychose j’aurais aimé avoir été pris en charge selon la méthode Grivois.
    Et pour les crises récurrentes, face à mon ressenti d’Humanité qui plie bagages et que j’envoie peut-être au casse-pipes, j’aimerais être rassuré et réconforté par les gens présents.
    Mais ce n’est pas forcément valable pour les autres psychotiques.
    (je m’aperçois que je dis des évidences, allez, je poste qd même…)

  14. Lana Said:

    Pour moi ce n’était pas un débat et je n’ai aucune position sur la question n’ayant pas lu le livre, je me contentais de rapporter un propos de l’auteur.

  15. Sybilline Said:

    Vous me donnez envie d’aller voir la vidéo de la grande librairie sur l’auteur et de me pencher sur la question. C’est intéressant de voir que tout ceci est vu différemment après lecture du livre ou interview de l’auteure.

    Pour reprendre un ancien débat, ma mère avait tendance à penser comme toi, Lana, sur les effets néfastes des électrochocs et je garde aussi des réserves. Mais il s’avère que ma grande-tante est sortie de l’hôpital psychiatrique il y a deux jours. Elle m’a appelée -car je lui avais envoyé deux cadeaux- et elle était méconnaissable au téléphone: joyeuse, en parfaite santé, après avoir perdu goût à la vie. C’était après 5 électrochocs…Elle a vu ma grand-mère entre temps qui a été un électrochoc affectif. Elle n’a jamais autant mangé qu’après sa venue…Finalement, je suis donc moins réticente aux électrochocs et cette expérience rejoint celle de ton ami, Marc.

    Je trouve que tu as raison d’insister, Marc, sur ton ressenti. C’est important de savoir et d’écouter avant tout ceux qui ont souffert de cette maladie. Ce sont probablement les meilleurs soignants dans bien des cas.

    Le père de mes enfants a vu hier « Shutter island » et comme il sait que je m’intéresse à la psychiatrie, il m’a conseillé ce film dont tu avais parlé Lana. Il semblerait que ce soit un excellent film. J’avoue craindre un peu le regard de Scorcese sur ce sujet, car je le sais parfois violent dans ses créations…Et j’aimerais qu’on porte un regard plus doux sur la maladie. Quelqu’un a-t-il vu le film?

    Bonne soirée à tous et je vais essayer de trouver la vidéo de Félicité (un beau prénom!)

  16. Sybilline Said:

    Re-bonsoir,

    Je viens d’aller voir la diffusion de son passage à la « grande librairie » et effectivement, je comprends comme Lana qu’elle cherche à montrer comment l’imposture de son père, ses mensonges, ses silences ont entraîné son frère dans la chute. Sa grande question est: « comment fabrique-t-on de la folie? » Je trouve le thème passionnant. C’est intéressant de voir finalement que la maladie ne vient pas seule.

    Mais peut-être que cet aspect ne ressort pas dans le roman, c’est ce que tu disais Marc.

    Elle reste assez vague dans « La Grande librairie » sur l’explication de la folie de son frère. Mais j’ai tendance à penser que la loi du silence, les mensonges, lorsqu’on est plus faible au départ, probablement plus sensible peuvent conduire quelqu’un à sombrer. Toutes les expériences que j’ai pu observer montrent que la « folie » ne naît pas seule. La société y participe ou l’entourage familial. Il y a donc une responsabilité collective dans la chute et dans la guérison. La « folie » nous rappelle ce que nous voulons cacher.

    Concernant son père, je me demande pourquoi on en a fait un héros national. On sait qu’il a accompli cet « exploit » au détriment de certains de ces membres. Ce n’est donc plus un exploit pour moi, mais un échec…Apparemment, la France avait besoin d’un héros national à ce moment-là. Cyrulnik explique que notre pays souffrait d’une pathologie sociale…

    Le cliché répandu dans le cas de la « folie » est qu’on montre du doigt celui qui a faibli, qui n’a pas su surmonter les difficultés: il est celui qui est damné. La réalité est qu’il n’est pas arrivé là tout seul.

    J’ai vraiment senti que Félicité Herzog tentait d’expliquer ce processus. Mais est-ce que cela ressort bien dans l’ouvrage?

    Pour ma part, j’achète plutôt les livres lorsqu’ils sortent en poche. J’attendrai donc…

  17. Marc Said:

    En quelque sorte je dis prudence : on a accusé les mères d’être responsables de l’autisme de leur enfant (la schizophrénie aussi) et maintenant un consensus des spécialistes semble se faire sur une origine génétique de cette psychose. Cependant je reconnais que les parents ne sont pas exempts de tout reproches (je l’ai constaté pr moi-même)
    Bye.

  18. Marc Said:

    Et toi, Alain que penses-tu de tout cela ?
    Ton point de vue manque.
    Et où en es-tu avec l’administration ?
    En tout cas j’espère que tu vas bien.
    Bonne journée.

  19. Sybilline Said:

    Marc,

    Je comprends tes réticences concernant les origines de cette psychose. L’auteure semblait quand même accuser son père. On peut penser également à de mauvais fonctionnements famililaux, mais je crois qu’il faut se prémunir de toute généralisation.

    Bonne soirée.

  20. Marc Said:

    Oui son père apparaît comme un [qu’on m’excuse l’injure]
    salaud. Peut-être pas vraiment créateur de psychose mais facilitateur. Tu as raison Sybilline dans ton commentaire d’hier : la folie ne naît pas seule. C’est comme pour tout : il y a interaction sujet-environnement.
    Mais il faudra que je relise le livre, je l’ai rendu à la médiathèque de ma ville.

    Bonne soirée à toi aussi.

  21. Carole Said:

    Mais qui est cette fille (Félicité) pour pouvoir tirer des conclusions sur l’origine de la maladie de son frère? Elle est psychiatre? Quelles études a-t-elle fait?

    A la sortie de son livre, je l’ai vu dans une émission dont je ne me rapelle le nom. J’ai détesté cette fille. Elle a écrit un livre pour régler ses comptes avec son père. Mais faire cela alors qu’il est malade, sur son lit de mort et incapacable de se défendre, je trouve cela déplorable. Elle est pleine de haine et pas très courageuse.
    Son père vient juste de mourir avec cette tristesse. Déjà, agir comme cela dans la sphère privée, je ne trouve pas cela terrible (pour moi, on ne règle pas ses comptes avec une personne en fin de vie, on le fait avant quand elle peut expliquer, se défendre, quand il lui reste des forces), mais le faire dans la sphère publique, je trouve cela à vomir. Paix à l’ame de cet homme qui avait certe des zones d’ombre (comme tout homme politique), mais qui a accompli des exploits sportifs, à été résistant, a été un des ministre qui a développé la pratique du sport dans la société et qui est mort avec cette attaque venant de sa fille, trop faible pour pouvoir se défendre.

    Sans doute que cet homme n’a pas été un très bon père pour que sa propre fille lui en veuille comme ça. D’après mes souvenirs, du début à la fin, elle en met plein la vue à son père, l’accusant de tout, d’avoir triché lors de ses exploits sportifs, etc… mais lorsque le présentateur lui demandait des preuves de ce qu’elle annonçait, elle nous dit que c’est un roman. C’est ignoble. Je vous invite à lire l’article Wikipédia su cette homme (Maurice Herzog).
    Je pense que peu d’hommes politiques ont été des papas très présents pour leurs enfants, allant les chercher à l’école et s’occupant d’eux durant des heures. Beaucoup ont eu des maitresses (chose que je n’apprécie pas pour autant…). Cela ne rend pas leurs enfants psychotiques.
    Mon frère est schizophrène et pourtant, j’ai toujours eu un papa extra (idem pour ma maman).

    Voila, désolé pour ce coup de gueule sur ton blog Lana, mais je tenais à donner mon avis sur cette personne dont vous parliez même si je suis hors sujet par rapport au thème des maladies psychotiques, si ce n’est que pour moi, l’avis de cette personne sur la schizophrénie est plus un avis dicté par la haine de son père que d’une véritable recherche psychiatrique.

  22. Marc Said:

    C’est bien que tous les avis puissent être exprimés sur le blog de Lana….

  23. Marc Said:

    Diversité des avis, diversité des schizophrénies et diversité de leurs origines.
    *
    Je viens de lire à la médiathèque la revue trimestrielle  » le cercle psy  » (juin-août 2012) où il y a un article :

     » Vivre avec la maladie d’un proche  »
    où est mentionné le service téléphonique Ecoute-Famille de l’Unafam (anonyme et gratuit) pour ceux qui sont touchés de près où de loin par la maladie.

    et (pour les franciliens) la Consultation Familles sans patients au CPAO (Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil) de l’hôpital Sainte-Anne à Paris qui reçoit tous les jours sans interruption les plus de 15 ans qui se présentent car inquiets par le comportement d’un proche (avec mission de prise en charge de la crise et de l’urgence).

    Cette revue a un site : http://www.le-cercle-psy.fr
    mais il faut être membre pour consulter l’article en question.

    Peut-être que tout cela a déjà été mentionné dans le blog de Lana, je n’ai pas vérifié.

    Bonne soirée.

  24. Sybilline Said:

    A Carole,

    Je n’avais pas envisagé les choses sous cet angle. Je ne savais pas que son père était en fin de vie. Je suis cependant à court d’arguments puisque je n’ai pas lu l’ouvrage, ce que je ferai un jour j’espère. Il faudrait voir son point de vue exact, ses idées. Ce que je comprends, c’est qu’elle a choisi le genre du roman pour s’écarter de ce que les membres de sa famille ont toujours écrit: des Mémoires. Ne dit-on pas parfois que le roman permet de dire des vérités qui ne peuvent s’exprimer autrement que par la fiction qui voile et révèle? Si son père était tyrannique, c’était peut-être difficile pour elle de parler autrement. A voir et à approfondir.

    Concernant ton frère, as-tu trouvé des explications à la naissance de sa maladie? Penses-tu que cela soit génétique?

    A Marc,

    J’ai tendance à penser comme toi que les maladies psychiques peuvent naître d’une confrontation entre sujet et environnement. Je crois que les crises révèlent une fragilité peut-être biologique en grande partie (cela doit dépendre) mais aussi liéés à un environnement qui ne réconforte pas, qui ne permet pas de se sentir rassuré ou qui ne parvient pas à s’adapter (et c’est très difficile!). Toi-même, Marc, tu insistais sur l’importance de savoir rassurer quelqu’un vit une expérience psychotique. Savoir gérer l’angoisse, l’émiettement de la raison, trouver les mots justes, c’est tout un travail qui ne s’invente pas. Il faut du temps et de la volonté. Pourquoi cette fissure de la raison se produit-elle?

    Parfois, j’imagine la raison comme une construction, une bâtisse. Tant qu’elle est bien entretenue et ancrée sur des fondations solides, tout va bien. La percée de ce qu’on nomme la folie ressemble à une construction qui subitement se fissure, se craquèle parce que les fondations bougent, parce qu’on n’entretient plus ce cadre ou qu’il ne correspond plus à la vie menée. Le moi est parfois morcelé.La Raison explose et ce sont des images ou des paroles incohérentes qui surgissent, des choses qui ne semblent pas avoir de sens, car elles nous parviennent de façon désordonnée. Jung, dans un de ces ouvrages que j’ai beaucoup apprécié, tentait de remettre les paroles d’une psychotique dans l’ordre et d’y trouver une explication qui satisfasse notre raison. Comme pour l’analyse des rêves, il était capable d’éclaircir des comportements jugés obscurs. Quel don!

    Ma métaphore de la bâtisse qui se fissure est peut-être un peu osée. Mais je me questionne sur cette image qui m’aide à avancer pour tenter de trouver des réponses à mes questionnements.

    Bonne soirée à tous.

  25. Lana Said:

    J’ai été un peu gênée aussi par la démarche de Félicité Herzog, de tirer à boulets rouges sur son père en se cachant derrière le prétexte du roman mais en en parlant comme de faits réels. Delphine de Vigan a écrit un livre sur sa mère, magnifique d’ailleurs, mais après sa mort et en disant clairement que ce qui est romancé, ce sont les dialogues, ce qu’elle imagine de sa mère, mais qu’elle se base sur ses souvenirs. Le tic très propre à la littérature française de dire « c’est un roman » alors que tout est vrai et de laisser planer le doute quand on n’a pas envie de répondre à certaines questions est assez énervant.

  26. Marc Said:

    La métaphore de la bâtisse n’est pas mauvaise, Sybilline, mais pour ce qui me concerne (comme toujours chacun parle d’après soi-même) cela serait plutôt ce qui se passe dans cette bâtisse qui change et qui fait percevoir comme différent ce qui se passe à l’extérieur de cette bâtisse.

    Je ne sais pas si j’ai déjà employé ici la métaphore de la pièce de théâtre à propos de mes crises :
    la pièce est la même, les comédiens sont les mêmes, les décors sont les mêmes, le scénario est semblable, mais la mise en scène s’emballe et un des comédiens (moi-même) doit retourner s’isoler dans sa loge (dans la détresse et la peur de gâcher le spectacle) en attendant de sentir que la pièce se calme et de reprendre son rôle.
    Une fois la représentation terminée je suis tellement content que personne ne me reproche rien et que les spectateurs sont quand même satisfaits que j’ai envie de faire la fête avec tout le monde.
    Et personne ne me parle jamais d’un quelconque incident.

    Pour ce qui me concerne je n’ai jamais eu le sentiment de morcellement du moi, mais je sais que cela peut exister.

    Bonne journée.

  27. Sybilline Said:

    Marc,

    Tes explications sont toujours très intéressantes. Pour être parfaitement sincère avec toi, j’ai toujours eu le sentiment que tu avais souffert d’une psychose, avec des crises momentanées, mais pas de ce que j’appelle la schizophrénie. J’ai lu quelques ouvrages là-dessus et il me semble que tu n’en as pas les symptômes, ce qui n’est pas le cas de certaines personnes qui s’expriment sur le blog.

    Je ne sais cependant pas quel nom donné à ce que tu as vécu. Les médecins le savent-ils eux-mêmes? Lorsqu’on voit le nombre de patients dont on ne nomme pas le mal, cela m’étonnerait qu’on puisse mettre des mots précis sur ce qui t’est arrivé et de regrouper ceci avec d’autres témoignages.

    Je ne suis donc pas étonnée de ce que tu expliques concernant une pièce de théâtre dans laquelle tu vivrais les choses autrement et serais obligé de t’isoler momentanément vis-à-vis des autres pour éviter leur regard. Je crois qu’ à un moment ton regard change sur le monde et devient angoissant, puis cela passe.

    Concernant mon ami, je ressens en revanche un peu ce morcellement du moi. L’impression qu’il possède différentes facettes très marquées qui n’ont pas forcément de cohérence entre elles (du moins pour moi) et qu’il est difficile de savoir à quoi s’attendre, de comprendre et prévoir certaines réactions, tant l’état d’esprit peut changer du tout au tout. Même le style peut être extrêmement variable. Cela est donc assez destabilisant, car rien n’est prévisible et la constance des humeurs est rare. Il faut donc faire preuve d’une faculté d’adaptation qui me manque parfois.

    Je vous souhaite à tous un bon samedi.

  28. Marc Said:

    J’imagine, Sybilline, que cela ne doit pas être facile avec ton ami. Le temps qui passe peut améliorer certaines choses, les médicaments aussi (des médicaments proposés et pas imposés en disant par exemple :  » cela peut t’aider à ne pas souffrir  » (mais parfois on ne se rend pas compte qu’on souffre et qu’on fait souffrir) Ton ami ne sais pas la chance qu’il a de t’avoir car tu fais preuve dans le blog de Lana de beaucoup de bonne volonté et d’un grand intérêt pour autrui ce qui n’est pas si fréquent que cela. Tu cherches à connaître les racines de la maladie pour mieux la combattre et pour aider ceux qui en souffrent. Ne te décourage pas et prend soin de toi aussi. (En plus il ne voit peut-être pas que as une excellente culture littéraire et artistique)

    Pour ma part le mot le plus adéquat est sans doute celui de  » déréalisation  » mais je crois que pour le DSM c’est un critère suffisant pour être classé dans les schizophrènes (peut-être que Lana et Alain ont leur avis sur la question). Lors des crises je souffre plus de peur que d’angoisse car je ne me sens pas oppressé et j’ai peur de ne pas mourir ce qui ferait que mon supplice durerait donc éternellement.

    Bon courage.

  29. Alain Said:

    Bonsoir Marc,

    J’avais lu, il y a bien longtemps, un extrait du DSM IV sur les critères pour la schizophrénie et il me semble me rappeler qu’il fallait remplir au moins trois d’entre eux et sur une période minimale pour confirmer le diagnostic. Je ne pense pas, vu ce que tu décris, que tu puisse être classé comme schizophrène. Mais est-ce si important ? Il faut prendre en compte la souffrance et l’angoisse que ça revienne.

    J’avais consulté ce livre car à l’époque, on ne me donnait pas de diagnostic et je voulais savoir. J’en ai conclu qu’à l’époque de ma première hospitalisation je remplissais les critères mais qu’à l’époque de la lecture, la plupart des symptomes avaient disparu.

  30. Marc Said:

    Tu as raison, Alain, il faut prendre en compte la souffrance et dans mon cas elle peut être énorme.

    Lors de mon entrée en psychose, avant ma première hospitalisation, en sortant du local de la secte Moon à laquelle les adeptes présents n’avaient pas réussi à me faire adhérer, je proclamais dans les rues de Paris au mooniste qui m’avait introduit au siège de la secte :  » je suis schizophrène ! je suis schizophrène ! « . Il m’avait alors rétorqué : ceux qui le sont ne s’en rendent pas compte.

    Une chose est sûre : je serai toujours susceptible de ressentir en moi un Monde qui plie bagage avec mon impression qu’il va au casse-pipes par ma faute. Et dans ces cas-là je suis dans un état très grave, aussi grave que celui d’un schizophrène qui ne va pas bien (dont je ne me
    sens pas différent. Je ne serai jamais guéri de ça.

    Merci de ton attention.

  31. Marc Said:

    Alain, je viens de voir chez Drucker Delphine de Vigan présenter CLUB HOUSE (cela permet de revenir au sujet princeps de tous les commentaires ci-dessus après avoir fait le détour hors-sujet sur Félicité Herzog). D de V a parlé de sa mère bipolaire sujet de son livre  » Rien ne s’oppose à la nuit  » (je ne sais si Lana l’a mentionné dans le blog lors de la sortie)
    Bonne soirée.

  32. Alain Said:

    Marc, qu’a-t-elle dit à propos de Club House ?

    Cécilée, tu nous avais dit que tu les avais contactés, est ce que tu as eu une suite positive ?

  33. Marc Said:

    Elle a présenté l’association et dit que c’était le chaînon qui manquait entre le médical et le social et que cela correspondait à un besoin. C’est passé très vite. Cela a surtout permis de parler de la bipolarité.

    J’ai vu que Lana avait mis le livre  » Rien ne s’oppose à la nuit  » dans  » Romans sur la schizophrénie et autres troubles « 

  34. Marc Said:

    Bien sûr elle a aussi parlé du rôle de Club House dans la réinsertion.

  35. Sybilline Said:

    Bonjour à tous,

    Quelle grande et belle discussion depuis mon dernier passage!

    A Marc

    Comme Alain, j’avais vu qu’il y avait plusieurs critères pour être considéré comme schizophrène et avoir eu les symptômes sur plusieurs mois.

    Le fait que je ne crois pas que tu sois schizophrène ne m’empêche absolument pas de considérer ton témoignage comme digne de valeur et comme une aide pour aborder la psychose en général. Je disais cela, car tu évoquais le fait que tu n’avais jamais ressenti ce morcellement du moi. C’est un des critères de la schizophrénie et il y en a d’autres.

    Tu es gentil de dire que je fais des efforts pour comprendre. Je ne sais pas si je suis toujours à la hauteur dans les faits…Je ressens aussi parfois du découragement. Mais heureusement, la lecture du blog et les discussions avec vous me revitalisent et me permettent d’avancer en ayant des repères et des points sur lesquels m’appuyer pour progresser, sans sombrer dans le négativisme et le fatalisme.

    A tous les deux,

    J’aime beaucoup Delphine de Vigan et ce roman paraît vraiment très intéressant. C’est dommage qu’elle n’en ait pas dit plus sur clubhouse. Ce serait bien d’avoir des retours de gens qui ont été aidés par ce biais.

    Bonne soirée à tout le monde.

  36. Marc Said:

    Je pense que le passage dans l’émission sera visible sur le site web de clubhouse (où d’autres passages dans les médias sont déjà présents)
    Bien sûr l’appel aux dons n’a pas été oublié.

    *

    Quelle que soit la désignation de la maladie, Sybilline, c’est sûr que je suis susceptible d’avoir de grosses crises de psychose mais courtes, passagères et sans troubles résiduels ni d’infiltrations dans la vie quotidienne.
    Certaines fois j’ai vraiment désiré ne plus vivre

    J’ai été amené à me poser des questions : qu’est-ce que la réalité, qu’est-ce que la conscience ? Je cherche encore.

    Bien entendu je sais qu’à propos de tout ce que je dis et de tout ce que j’ai dit je ne suis pas le seul.

    Bonsoir.

  37. Alain Said:

    Marc, je serais tenté de dire que je comprends ta douleur, mais en est-on sûr, chacun a sa propre expérience, même s’il y a des points communs. Ce qui nous rapproche sans doute, c’est d’avoir connu des expériences hors du commun qui nous éloignent des autres et qui font de nous des « étrangers », avec tous les guillemets. L’avantage de ce blog c’est de pouvoir en discuter sans craindre les préjugés.

  38. Marc Said:

    La douleur c’est sur le moment, sinon tout va bien.

    Quand le supplice disparaît, le soulagement est si grand que je voudrais tomber en congratulations avec chaque être humain ; il faudrait presque tuer le veau gras pour fêter le retour de l’enfant prodigue à la vie ordinaire.

    J’ai de la peine quand je vois certaines personnes se plaindre pour rien (je ne suis pas le seul à dire cela, c’est une remarque courante)

    Bonne journée.

  39. Sybilline Said:

    Marc,

    Je crois que les questions d’ordre philosophique que tu te poses sont essentielles: moi-même je me questionne sur la conscience et la réalité. C’est extrêmement complexe et l’opinion commune règle trop vite la question.

    Dans le cas des troubles dont tu parles, on ne peut plus se permettre de l’approximation par rapport à ces questions. C’est certainement ce qui gêne beaucoup de gens qui craignent de considérer vraiment ces maladies. Cela nous oblige à nous poser des questions sur nous-mêmes, à remettre en cause des préjugés, à perdre certains repères pour en créer d’autres. Bref, l’inaction, la facilité de se reposer sur ses lauriers n’existent pas. Il faut être créatif et vouloir aller vers l’inconnu sans trop le craindre!

    Ce que je trouve intéressant dans le récit de ces expériences, c’est qu’elle questionne sur la réalité. J’y vois une expression hyperbolique de nos sensations mais avec un fond de vrai qu’il faut savoir analyser.

    Bonne journée à tous.

  40. Marc Said:

    J’étais arrivé à me dire qu’il y avait différents états de la réalité et de la conscience :

    conscience ordinaire : état de veille, état de sommeil avec ses différentes phases, coma avec ses différents stades et enfin conscience  » autre  » (comme lors de mes crises)

    et différents états superposés de la réalité (avec par exemple un accès à un de ces différents états lors de mes crises (en fait une irréalité)

    mais je n’ai pas les compétences intellectuelles pour discuter de tout cela.

    Bonne journée.

  41. Sybilline Said:

    Ce que tu me dis me semble très intéressant, car il y a des recherches à faire sur le sujet. Et ce n’est pas parce que tu n’es pas médecin que tu ne peux te questionner sur ce que tu ressens. C’est là que me semble les meilleures analyses, car elles sont tirées de l’expérience et non d’une théorie coupée du réel.

    Hier, en étudiant un texte sur l’évolution du numérique, j’ai songé à notre discussion. L’auteur, Jamet qui a écrit « La Renaissance mythologique » rappelle la définition du mot « virtuel » et notamment son origine étymologique « vertu », « ce qui existe potentiellement, en puissance ». Ce préalable à la réalité me semble passionnant à étudier. Il refusait d’ailleurs d’opposer réel et virtuel et d’associer « virtuel » à « irréel ». Voilà une belle analyse!

    Il ne s’intéressait pas à la psychologie des gens, mais aux relations numériques qui se tissent potentiellement, puis peuvent devenir réelles. Je trouve que cette analyse peut être transposée à ce qu’on appelle la conscience et probablement le « subconscient » que j’associerai au « virtuel » dans notre cerveau. Il y a donc tout un tas d’informations qui nous permettent de détecter la réalité et de la construire et qui sont présentes dans notre histoire émotionnelle.

    L’auteur expliquait d’ailleurs que nous vivons dans un monde virtuel depuis la création du langage, qui construit le réel, mais n’est pas le réel. Personne ne peut donc, selon lui, être entièrement réaliste!

    Tout le mystère est de comprendre pourquoi tu as vécu une telle expérience et ce qui fait qu’elle surgit parfois et ne ressemble pas à celle vécue par le commun des mortels. Elle est bien extra-ordinaire.

    Bonne journée à toi, à vous.

  42. Marc Said:

    Ce que tu viens de dire côté littéraire (très intéressant) peut être complété par le côté sciences :
    ainsi pour les physiciens des particules (mécanique quantique) la réalité n’existe que quand elle est observée ; pour eux une particule peut être en même temps dans deux lieux différents mais son observation la cantonne à un seul endroit. (tu vois Sybilline, je suis plus SVT que L)

    Tout cela n’explique pas pourquoi j’ai mes crises de déréalisation aiguë.
    Peut-être parce que à la base je suis allé au-delà de mes forces, j’ai voulu prendre sur mes épaules toute la misère du monde et le psychique a agi sur l’organique en créant un fonctionnement cérébral particulier me faisant percevoir (pas très fréquemment) une réalité autre.

    Mais à part cela tout va bien !

    Bonne soirée.

  43. Sybilline Said:

    Marc,

    Je ne connaissais pas cette loi de la mécanique quantique. A creuser, je trouve!

    Je ne pense pas que l’on puisse trouver de raisons parfaitement rationnelles aux crises que tu as passées. Ce que je voulais simplement dire à travers les exemples cités et notamment la notion de « virtuel », c’est que cette histoire émotive contenue dans notre subconscient peut entraîner parfois des expériences surprenantes (comme la tienne) et que loin d’être à ranger dans la catégorie « folie », ces expériences méritent une pleine attention et probablement des recherches scientifiques poussées pour tenter un jour de mieux comprendre ce phénomène à ce jour inexpliqué.

    Je trouve que la mise en avant de certains troubles nous montrent à quel point le cerveau est mystérieux et à quel point nous avons peu avancé sur ce sujet.

    Bonne soirée.

  44. Marc Said:

    Sybilline, le 12 tu disais le langage construit le réel mais n’est pas le réel : peut on illustrer cette idée par la remarque classique :  » le mot chien n’aboie pas  » ?

    On entend dire de temps en temps que la recherche en psychiatrie est très peu développée en France ou ne se cantonne qu’à la génétique.
    Les plus grands spécialistes en neurologie reconnaissent qu’on n’en sait encore très peu sur le cerveau.

    Par ailleurs pour revenir au concept de réalité je voudrais vous faire part de ceci :
    j’ai l’impression qu’un même Monde fonctionne d’une certaine façon quand le perçois et d’une autre façon quand je ne le perçois pas.
    Ainsi chez moi, quand je suis dans une pièce et que je n’entends pas nettement la télé dans une autre pièce (je n’entends les paroles que par bribes) j’ai l’impression que les émissions se déroulent différemment que si je les entendais totalement et pleinement.
    Mais je ne vais pas jusqu’à dire que j’agis sur la réalité, les psychiatres diraient que je suis victime d’un syndrome d’influence !

    Bonne journée.

  45. Marc Said:

    Tu es témoin d’injustices et tu t’indignes là où la plupart des gens sont indifférents et ne font rien (je fais probablement partie du lot sans m’en rendre compte)
    Ne te décourage pas, tu arriveras sans doute un jour à rétablir une certaine justice et déjà, dès à présent, tu peux avoir la conscience tranquille car tu es dans la vérité.
    Certains pourraient te qualifier d’idéaliste, ne t’inquiète pas, laisse dire.
    Et surtout n’oublie pas de prendre bien soin de toi aussi.
    Pour ma part je suis bien content d’avoir pu dialoguer avec toi.
    Bonne soirée.

  46. Sybilline Said:

    Merci Marc pour tes remarques encourageantes.

    Merci à Lana pour ce qu’elle a fait…

  47. Marc Said:

    « moi je veux que tout se passe bien pour tout le monde »

    (c’est la phrase que je répète sans cesse lors de mes crises car dans ces moments-là j’ai l’impression d’envoyer l’Humanité au casse-pipes)

    bon week-end

  48. Marc Said:

    Une fois, lors d’une crise, alors que je m’inquiétais :
    « tout va bien ? il ne se passe rien d’anormal ? »
    on m’a rétorqué :
    « pourquoi ? tu crois agir sur le Monde, ou quoi ? »
    (c’est le classique « syndrome d’influence » des psychiatres)

    Moi je n’ai jamais rien prétendu, c’est mon ressenti à ce moment-là et puis c’est tout
    (c’est pour cela que maintenant, lors d’une crise, je préviens :
    « moi je veux que tout se passe bien pour tout le monde »,
    ce qui reste vrai pour la vie courante)

    Bonne soirée.

  49. Sybilline Said:

    Très bonne soirée à toi Marc. J’ai bien lu ton message!

  50. Marc Said:

    En disant cette phrase lors de mes crises, j’avertis : si l’Humanité va au casse-pipes, cela n’est pas de ma faute, cela n’est pas ma volonté, je décline toute responsabilité.Et en même temps dire ces mots me rassure (puisque personne ne le fait jamais)
    Evidemment tout cela n’a rien d’objectif pour personne cela n’est que dans ma tête (même si tout le monde est englobé dans ce phénomène psychotique)

  51. Sybilline Said:

    Je sens à travers tous tes témoignages que tu as besoin d’être rassuré et sécurisé. C’est bien de le faire savoir.

    Bonne soirée.

  52. Marc Said:

    Oh oui, juste au moment des crises j’ai un grand besoin d’être rassuré (et disculpé) car la situation est grave et ma détresse est profonde : en effet l’Humanité plie bagage et je l’envoie peut-être au casse-pipes.
    Mais pour autrui il ne se passe rien de particulier.
    J’ai un ressenti d’une fin d’un Monde mais je ne soutiens rien et je reconnais bien volontiers que tout cela ce n’est que dans ma tête ; il n’empêche qu’à ce moment-là c’est mon vécu dans ma chair et dans mon esprit.
    Et puis la situation se rétablit : tout va très bien sans aucun problème et personne n’évoquera jamais cet épisode.

    Bonne journée.

  53. Marc Said:

    « une Humanité qui plie bagage » : c’est impossible : pour aller où et comment ?

    Et pourquoi et comment l’enverrais-je au casse-pipes ?
    Tout cela ne peut exister.

    Pourtant c’est mon vécu pendant quelques moments. Un vécu que je rejette de toutes mes forces, avec succès jusqu’à présent…

    Et je ressors de cela indemne, comme si de rien n’avait été.

  54. Marc Said:

    Je crois que je vais finir par avoir tout dit concernant ma pathologie.
    A part Sybilline (ce qui n’est déjà pas si mal) personne ne réagit.
    C’est probablement qu’il n’y a pas lieu de réagir.
    Ma psychose se passe de commentaires.
    Mon cas est un cas parmi tant d’autres (1% de la population française)
    Il y a des cas beaucoup plus spectaculaires.
    Chaque cas est particulier (d’ailleurs en 38 ans je n’ai jamais rencontré ni entendu parler de cas identique au mien)
    Je ne vais pas jouer les paranos.
    L’acte de m’exprimer me suffit, même si c’est dans le vide. C’est un bon entraînement pour parler à d’autres personnes.
    Non je ne suis pas en train de faire une déprime.

    Peut-être que j’aurai l’occasion de réagir aux futures publications de Lana sur ce blog (sans parler de moi)

    Bonne soirée.

  55. Sybilline Said:

    Tu ne parles pas dans le vide. Nous n’écoutons, mais nous n’avons pas forcément de question à ce moment.

    Très bonne journée.

  56. Marc Said:

    Merci de ton attention, Sybilline.
    La plupart des soignants sont bien moins attentifs que toi.
    Et on s’explique mieux par écrit qu’oralement.

    Tant mieux si nos expériences peuvent t’apporter quelque chose.

    Bon mercredi.

  57. Sybilline Said:

    Bonne journée à toi Marc et à bientôt.


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