Une lumière a jailli

Une lumière a jailli aux confins de ce monde

Et tu es apparu

Libre, sensuel – Lauvuel.

 

Je ne savais pas quel mal te rongeait

J’ignorais que la Mort te serrait et te surveillait.

Je méconnaissais les tourments de ton âme.

Et peu à peu tu t’es confié et m’as ouvert les arcanes de ton coeur.

 

Tu as évolué dans un monde sans pitié

Où rien ne doit se mélanger

Où tout doit être formulé, carré, prisonnier, justifié.

 

*

Toi, oiseau bleu, tu as fui

Cette agonie

As sombré parfois dans la folie

As été trahi

Et tu as ressurgi tel le phénix renaissant de ses cendres.

 

Puis tu es reparti là-bas dans un monde qui m’ignore et qui se cache

Où le silence est aussi lourd que du plomb

Où les prisons de l’âme jaillissent en colimaçon.

 

Que deviendras-tu seul face à cette guerre intérieure ?

Toi, mon cœur, objet de mes ardeurs.

 

Qu’un ange te protège

Toi qui te désagrèges

Qu’il t’amène un cortège

De Chérubins

Pour t’enserrer dans leur sein

Afin que tu accomplisses

Ce bouquet de délices

A travers mots, syllabes et ballades.

 

Une lumière a jailli

Et tu as dit Oui à la Vie.

 

Sybilline

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12 commentaires »

  1. Marc Said:

    Heureux qu’après ce faux-départ tu fasses ton retour sur le blog par ce beau poème.
    Bonne continuation.

  2. loplop Said:

    toi, tu serrais les dents
    Eux, ils fermaient les yeux.

  3. Sybilline Said:

    En fait, j’avais écrit le poème avant le malentendu. Mais Lana ne l’a vu qu’hier. Heureusement, tout est rentré dans l’ordre. C’est beaucoup plus réjouissant!

    La poésie a un effet libérateur chez moi, même si je ne suis pas certaine de la qualité de ce que j’ai écrit. Disons que cela m’a fait du bien et m’a permis de répondre à l’angoisse du silence et de l’enfermement. Les mots sont parfois la vie.

    Je trouve que tes deux phrases Loplop sont poétiques et fortes en signification. Malheureusement, la solidarité n’est pas encore une valeur majeure, il faut la développer, c’est essentiel et le blog le permet. Merci à Lana d’avoir permis cela et de parvenir à le faire vivre quotidiennement.

    Bonne soirée à tous les deux.

  4. Alain Said:

    Je le trouve bien ton poème, Sybilline, plein d’émotions et de vérité.

  5. loplop Said:

    ouais moi aussi j’aime bien, il y a de l’authenticité ds ton texte sybilline… enfin, c’est mon point de vue, quoi… ;o)

  6. Sybilline Said:

    Vous êtes gentils tous les deux. C’est rassurant de me dire que je ne suis pas complètement à côté de la plaque, car ça m’arrive parfois hélas! Les discussions me permettent d’avoir une attitude mieux adaptée, d’apprendre et de m’enrichir pour comprendre les choses de l’intérieur et non avec le regard des milliers de clichés qui existent.

    Bonne soirée à tous.

  7. Sybilline Said:

    Bonjour à tous,

    J’espère que tout le monde va bien. J’ai rédigé un poème ce matin pour évacuer un certain pincement au cœur que j’ai en repensant à mon ami. Je ne voulais pas qu’il soit l’objet d’un article, probablement par pudeur. J’espère que Lana ne m’en voudra pas.

    Et puis quand on étudie à longueur de temps les sonnets de Rimbaud ou de Baudelaire avec le génie qui n’appartient qu’à eux, on reste très humble quant à notre production personnelle…

    Je l’ai écrit pour me soulager et pour tenter sans cesse de percer un mystère qui m’échappe…

    Le voici avec en épigraphe une maxime de La Rochefoucault que j’apprécie tout particulièrement:

    « L’amour aussi bien que le feu ne peut subsister sans un mouvement continuel; et il cesse de vivre dès qu’il cesse d’espérer ou de craindre. » La Rochefoucault, Maximes.

    Sonnet à Un Homme

    Quand ton esprit monte et descend comme un Ascenseur incontrôlable,
    Quand tu aimes de toute ton âme et que tu hais de toute ta force,
    Je ne sais plus qui est ce Moi brisé avec lequel parfois je divorce,
    Que dois-je penser ?Qui ai-je aimé ? Qui es-tu ? O, être impalpable!

    Je nage parfois dans un océan de malheur, de t’avoir perdu, toi, inqualifiable
    Tu m’as fait découvrir le Paradis et tristement je m’efforce
    De comprendre ce qui a créé cette entorse
    Sans savoir si je serai capable

    De vivre sans savoir ce que tu deviens
    D’espérer que tu ailles bien
    D’imaginer que tu vaincras ces démons

    Qu’aujourd’hui en mille saisons
    Tu conduis comme une déraison
    Moi qui t’ai aimé à en perdre la Raison.

  8. Sybilline Said:

    J’imagine que tout le monde est plus ou moins en vacances. Pour ma part, je m’adonne à la poésie qui me fait du bien pour parler d’un être absent et qui m’est cher:

    Histoire d’Un Homme

    Quand la tempête hante ton esprit tourmenté
    Quand tu te noies dans le Styx et ses eaux infernales
    Ton esprit s’égare dans cet univers abyssal
    Pour parfois avaler les eaux du Léthé

    Et revenir à Toi, bel être aux mille clartés
    Sage de ces immenses expériences dont Ta Vie fut jalonnée.
    Oubliant ces moments de chute fulgurante
    Tu t’accroches à la vie ardente, apaisante

    Et ton imagination fertile, habile et sensible
    Se pare de l’habit des nobles poètes
    Pour parler de l’homme et de ses défaites,

    Des femmes aux voluptés éclatantes
    Du monde aux entreprises délirantes
    Et d’un homme à l’âme tourmentée, déchirée, morcelée.

  9. Lana Said:

    Merci de partager ces poèmes avec nous.

  10. Alain Said:

    Ils sont émouvants.

    Lana, tu te fait discrète ces derniers temps.

  11. Sybilline Said:

    Merci à toi Lana de le permettre grâce à ton blog! J’aime beaucoup tes textes qui m’ont fait vraiment réfléchir et avancer. Tu es très littéraire.

    Je relisais Styron en vue d’une étude cet après-midi. C’est vraiment passionnant! Il parle de la dépression avec beaucoup de justesse et reste optimiste.

    Je ne savais pas, Lana, si tu étais partie en vacances ou pas. J’espère que le moral est bon.

    Merci Alain pour ta petite remarque qui me touche. Je suis très susceptible sur ce type de création et vous êtes très chaleureux. Je me souviens encore de ma crise infondée la dernière fois…

    Très bonne soirée estivale (je ne sais pas si c’est pareil à Bruxelles, mais ici, le temps est merveilleux!)

  12. Sybilline Said:

    Bonsoir à tous,

    Je ne savais pas trop où mettre cet article que je trouve intéressant sur le délitement du moi en raison de l’amour propre. Je le mets donc à la suite de quelque chose que j’ai écrit.

    Je crois que ce qui est très dur lorsqu’on vit la maladie de l’extérieur, c’est d’avoir le sentiment que l’autre se délite, que son moi( ou amour propre selon Pascal) n’est plus…C’est comme si l’orgueil ne pouvait plus montrer sa face superbe et qu’il était anéanti avec tout le reste. Toute la façade s’affaisse et l’être demande à réapparaître lorsque le moi s’est éteint.

    Qui est l’autre? Avons-nous vécu dans l’illusion? Sommes-nous dans le faux lorsque nous voulons croire?

    Pourquoi avoir nié les bons moments passés? N’en reste-t-il plus rien? On se retrouve face à une absence d’être où l’autre n’est plus, n’est plus ce qu’on a connu lorsqu’il était éveillé à lui-même, présent, vivant, aimant. Reviendra-t-il un jour à Lui? Telle est la question.

    En lisant cet article, j’ai compris que c’était l’amour propre qui avait anéanti une partie de notre relation, c’est pourquoi il m’a beaucoup touchée. La maladie pour guérir a soif d’être. Si l’être est vacillant, elle s’enracine et prend de l’ampleur… La montée d’amour-propre est un fléau… Il faudrait alors retrouver un peu d’être, d’amour et de sentiments positifs…croire aux lendemains qui chantent, sortir de l’ego, de la forteresse orgueilleuse qui enferme dans l’isolement.

    Je tiens à préciser que mon analyse ne généralise nullement sur l’ensemble des gens qui vivent cette maladie, qu’elle n’est que l’expression d’une impression personnelle face à une situation précise.

    « Le moi est haïssable » Blaise Pascal

    Pure illusion de l’imagination, le moi serait une passion abusant autrui autant que nous-mêmes. L’amour-propre pousse les hommes à paraître plutôt qu’à être, à rêver leur vie plutôt qu’à la vivre.

    Amis narcissiques, la prochaine fois que quelqu’un vous en fera le reproche, répondez-lui avec Blaise Pascal que le nombrilisme est la chose du monde la mieux partagée. Cette « maladie de l’âme », qui consiste à se préférer soi-même à toute autre chose, n’épargne personne, y compris ceux qui se donnent l’air de la générosité et du désintéressement.

    Si le « moi est haïssable », c’est que le monde est peuplé de milliards de « moi » qui veulent chacun « se faire le centre de tout ». Il en résulte que « chaque moi est l’ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres ».

    Quelle est la racine de cette passion « tyrannique » qui excite chacun à se pousser du coude, à bomber le torse, à vouloir briller en société et « asservir les autres » ? La paresse, répond Blaise Pascal, qui montre qu’il est plus aisé de paraître que d’être et également moins coûteux d’être aveuglé que convaincu. Ainsi, la petite phrase ne peut être comprise qu’à la lumière de la critique pascalienne de l’imagination. Aux exigences ardues de la raison, les hommes préfèrent les séductions faciles de l’imagination. Quand l’âpre quête du vrai nous rebute, nous nous satisfaisons du confort qu’offre le vraisemblable. Succomber aux sortilèges de l’imagination, c’est donc choisir de nous « crever les yeux agréablement ».

    Cette toile de mensonges rassurants que tisse patiemment notre imagination mystifie peu à peu notre conscience au point que nous confondons tout : le vrai et le faux, le profond et le superficiel, l’intérieur et l’extérieur. Nous sommes pris au piège : les images se donnent pour des réalités et les sentiments pour des convictions. Dans ce mirage, nous ne savons plus où est notre moi profond, perdu dans les représentations factices qu’il donne de lui-même.

    Notre conscience est à ce point subvertie par l’imagination que nous déployons plus d’énergie à fantasmer notre vie qu’à la vivre. Et c’est ce moi fictif que nous offrons à la crédulité d’autrui. Paraître, c’est remédier au vide de sa propre existence en vivant une vie rêvée dans l’esprit d’autrui. « Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et notre propre être ; nous voulons vivre dans l’idée des autres une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître. » Mais chacun n’abuse autrui qu’en s’abusant lui-même.

    Reine des faux-semblants, l’imagination nous rend invisibles à nous-mêmes autant qu’impénétrables aux autres, à tel point que « la vie humaine n’est qu’une illusion perpétuelle ; on ne fait que s’entre-tromper et s’entre-flatter ». Vaine comédie, dans laquelle chacun joue un rôle de composition sans en maîtriser le texte. Farce grotesque dans laquelle le moi, telle la grenouille de La Fontaine, enfle démesurément, se donne de grands airs et accumule les « grandeurs d’établissement » – fortune, réputation, honneurs – pour se masquer sa petitesse : « Il veut être grand, il se voit petit ; il veut être heureux et il se voit misérable. »

    Confondu par sa propre imposture, il n’a alors d’autre issue que l’hyperbole narcissique : faire de lui-même sa propre idole, s’adorer sans limite, devenir Dieu et rayonner dans tout l’univers : « Nous sommes si présomptueux que nous voudrions être connus de toute la terre. » Pathétique « divertissement » que l’amour propre ! Il nous éloigne de nous-mêmes, d’autrui et de Dieu. Et lorsque le rideau tombe, que la lumière s’éteint et que le théâtre se vide, le moi est nu et Narcisse tragiquement seul.

    Par Olivia Gazalé


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