Une certaine gloire

Il y a dans les troubles mentaux une certaine gloire à tomber le plus bas possible. Quelque chose qui nous rend spécial, le malade qui réussit le mieux en quelque sorte. Nous sommes tous des anorexiques en mini jupe fières de leur maigreur.

On veut être le plus fou, celui qui a vécu le plus de choses possibles, c’est une sorte de concours à qui racontera les pires histoires. Le cas le plus intéressant de notre psychiatre.

Bien sûr on ne l’avouera jamais clairement, mais on s’accroche parfois à la maladie comme à une identité, une personnalité, une originalité. Je ne suis pas comme vous, regardez comme j’ai souffert, comme je suis spécial et intéressant.

Mais dans ce monde et notre coeur, est-ce cela la vraie gloire? Je ne crois pas.

La vraie gloire, quand on est blessé à vif comme on l’a été, n’est-ce pas de vivre la tête hors de l’eau? N’est-ce pas de crier un peu moins fort, de garder ses douleurs en soi sans les jeter aux pieds du monde? N’est-ce pas de sourire et de se faire aimer pour ses qualités et non pour ses souffrances?

La vraie gloire, n’est-ce pas de supporter ce monde insupportable sans se détruire? De se révolter, de créer, de partager sans se jeter à terre? D’aimer sans blesser? D’être quelqu’un de bien qui garde la lucidité de la psychose sans la folie? Quelqu’un qui n’accepte pas l’injustice mais ne la grave pas en lignes de sang sur son poignet?

Bien sûr, c’est parfois plus difficile de garder tout cela en soi sans le hurler par des signes de folie, de ne pas sombrer pour oublier, de ne pas demander de l’aide, de ne pas mourir d’aimer et de haïr, de ne pas détruire pour survivre. C’est une gloire silencieuse, intérieure, qui n’attire pas les regards, mais pas le rejet non plus, ni la violence. Et c’est beaucoup moins douloureux.

C’est surtout que la gloire de la folie à laquelle on s’accroche mène à la mort. Et qui nous applaudira, quand on sera tout au fond, quand on aura rien gagné du tout à ce macabre concours? Certainement pas nous-même. Et personne d’autre.

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77 commentaires »

  1. Sybilline Said:

    Lana,

    Ton texte est très touchant et tombe à pic en ce qui me concerne, car tu réussis à dire avec des mots simples des choses essentielles. Cela met du baume au cœur de te lire.

    J’ai été très blessée hier par le comportement de mon ami que j’ai trouvé injuste, mais j’ai préféré ne pas répondre car le déploiement de haine aurait été encore pire. Un simple mot de ma part, une attention sans arrière pensée négative et voilà que je me fais agresser sans aucune raison valable. Je t’avoue que parfois j’en ai vraiment marre. Lui comme moi avons fait des efforts pour avancer et j’ai l’impression sans cesse de revenir à la case départ. De plus, je ne comprends pas cette accumulation de haine, d’où elle vient, pourquoi elle est si présente. Et finalement, c’est sur moi qu’elle tombe alors que je n’en suis pas la véritable cause. Son comportement me semble parfois injuste.

    J’ai beaucoup aimé ce passage de ton texte sur la véritable gloire: » La vraie gloire, n’est-ce pas de supporter ce monde insupportable sans se détruire? De se révolter, de créer, de partager sans se jeter à terre? D’aimer sans blesser? » Je crois que tu as tout compris. C’est bien contre la destruction qu’il faut lutter…Et aimer quelqu’un, c’est tirer le signal d’alarme aussi, avoir le courage de dire « non » lorsqu’on le sent en danger, même si on devra subir la haine et parfois l’humiliation.

    Merci à toi pour ce beau texte sincère, lucide et juste.

  2. olivier Said:

    en bref, aimer la vie..

  3. Anonyme Said:

    magnifique comme toujours Lana, comme Sibillyne, il tombe à pic pour moi aussi, me touche en plein cœur ce matin, tellement approprié.

  4. émilie Said:

    c’était émilie pardon pas anonyme

  5. Lana Said:

    Merci! Je l’ai écris pour un ami et avec mes souvenirs.

  6. Marc Said:

    En tout cas, nous, pauvres malades on peut penser avoir une certaine gloriole dans un petit périmètre mais on ne peut se prévaloir d’une gloire universelle.
    Il y a un prix nobel d’Economie schizophrène : qui le connaît ? D’ailleurs d’une façon générale qui est vraiment connu dans le monde entier ? Qui, à part Obama et le pape à notre époque et Moïse, Jésus, Mahomet et le Boudha dans l’Histoire ? (certes on pourrait en trouver d’autres) Oui notre vraie gloire c’est ce que tu dis, Lana, le reste on s’en fout.
    Bye.

  7. Sybilline Said:

    Ton ami a de la chance Lana que tu lui composes un si beau texte (même s’il ne le sait peut-être pas). Juste et essentiel. Cela redonne de la force de te lire dans les moments difficiles.

  8. Sybilline Said:

    Juste en prolongement à ton texte, je pensais à celui de Delphine de Vigan que je suis en train de lire « Rien ne s’oppose à la nuit »: une belle biographie de sa mère que tu avais évoquée Lana.

    L’auteure explique comment Lucile, sa mère, est devenue bipolaire. Et au fil des révélations, on comprend l’injustice que sa mère, Lucile, a due subir comme tu le soulignes dans ton texte (« Quelqu’un qui n’accepte pas l’injustice mais ne la grave pas en lignes de sang sur son poignet? »), sauf qu’à un moment donné, elle l’a gravée sur le poignet de son bras et n’a pas réussi à se faire entendre…Elle a laissé passer l’inacceptable et s’est enfermée dans la solitude.

    Delphine de Vigan dénonce notamment le viol qu’elle a supporté. Lucile en avait parlé dans une lettre qu’elle a envoyée à toute la famille. Mais personne n’a réagi, car l’auteur de ce viol était son propre père. Voilà comment on peut s’enfoncer peu à peu quand tout le monde trouve normal ou essaie d’étouffer un fait grave, par manque de courage, par crainte, par facilité, parce que la personne fait partie de la famille…Elle n’a donc reçu aucun soutien de la part de ses proches, vivant totalement dans le déni.A cela s’ajoute le suicide de deux de ses frères et d’un de ses petits amis…

    Comment supporter tout ceci? Elle se drogue et sombre…Sa fille tente de reconstruire le puzzle de ses peines et se demande si le suicide de sa mère aurait pu être évité. Elle lui rend hommage dans un texte touchant!

    Tout cela pour dire que les troubles psychiatriques prennent souvent naissance dans des faits graves, des injustices que les autres (soi-disant « normaux ») font supporter à ceux dont la raison éclate, car la réalité devient insupportable. Je trouve que la Raison doit être associée à la morale en philosophie. Or, comment adhérer à la Raison lorsque la morale dictée par le groupe est en réalité immorale? C’est là que la folie prend place…comme dans la tragédie d' »Hamlet ». Ceux considérés comme fous, sont bien plus sains (Hamlet, Ophélie) que ceux qu’on voit comme normaux (Claudius, le roi, ayant commis un régicide qu’il a caché)… Les Justes ne sont donc pas toujours là où on croit qu’ils sont…

    Face aux épreuves, il faut tenter de positiver et de retenir le meilleur. Heureusement, il y en a toujours quelque part. C’est cela l’optimisme…Et ton texte, Lana, me semblait aller dans ce sens.

  9. udgg Said:

    Il vaut mieux s’aimer que se détester mais de là à la gloire il y a un long chemin à parcourir et d’ailleurs peut-on s’aimer dans des conditions de vie insupportable ? La souffrance schizo n’a rien de glorieuse. C’est une souffrance qui fait rapetisser l’être à un point tel qu’il devient littéralement un « nabot » et cela le conduit à marche forcée vers la mort et probablement avant cela vers une « sale agonie de nain ». La gloire, ce serait métaboliser cette souffrance en force en poursuivant Nietzsche ( Ce qui ne me tue pas me rend plus fort ); ce qui est certainement plus facile à dire qu’à réaliser. Un bon commencement dans cette direction serait sans doute de cesser de -supporter l’insupportable- ce qui à coup sûr conduit à la misère la plus noire et la plus profonde qui soit

  10. Alain Said:

    Je comprends ce que dit Lana quand elle encourage les gens à surmonter les épreuves et à garder la tête hors de l’eau. Il y a certainement des efforts réalisables qui permettent de mieux vivre en société. C’est aussi une question de caractère et de capacité à encaisser les souffrances sans se laisser happer par le fond.

    Cependant, je ne peux pas m’empêcher de penser à ceux qui ont sombré et en particulier à ceux qui se retrouvent à la rue ou en prison. Comment garder confiance dans ces conditions ? La société est coupable de négligence grave vis à vis de ces personnes dont on parle si peu.

  11. udgg Said:

    c’est ce monde qui a fait des schizos ce qu’ils sont qui leur demande à présent de surmonter d’ultimes épreuves. Après quoi leur sera offert gratuitement un enterrement de première classe. Les schizos ont la mort aux trousses, il est donc normal qu’ils aient la trouille. Ils ne peuvent se payer le luxe d’oublier ce qui leur court après. Si seulement il pouvaient arrêter de courrir en se vidant de leurs dernières forces , se montrer combatifs et faire face à ce qui leur court après cela pourrait leur rendre service

  12. udgg Said:

    Concernant le « vivre en société » si tenté que cette société existe réellement ça n’a jamais été notre point fort. Cette hypothétique « société » ne nous aime pas pourquoi devrions nous l’aimer ?

  13. udgg Said:

    j’apprend qu’un député Grec vient de hurler « Heil Hitler » à plusieurs reprises au parlement de ce jadis glorieux pays pendant que des millions de bonnes poires devant leur télé se demandent comment ils feront face aux épreuves du lendemain. Demain ce sera ‘l’enfer’ probablement l’ultime épreuve attendue de tous comme le messie

  14. Sybilline Said:

    Je crois que j’ai pris conscience en lisant le livre de Delphine de Vigan qui explique, comme elle le peut, la bipolarité de sa mère, c’est que nous ne subissons pas tous les mêmes souffrances. Certains en prennent pour très lourd, d’où la nécessité de rester humble en toute circonstance.

    Or, si certaines personnes (et je pense notamment à Elyn Saks) ont eu la force de s’en sortir (elle a été très entourée tout de même par sa famille), d’autres sont délaissés non seulement par la famille mais aussi par la société. Si en plus, on n’a pas les armes pour lutter, c’est la chute libre. Je pense à un très beau poème de Rimbaud (qui s’est intéressé à la folie) qui se nomme « Adieu » dans « Une Saison en enfer » et qui dit: « Le combat spirituel est aussi brutal qu’un combat d’homme ». Et comme dans tout combat, on ne sort pas vainqueur toujours pour mille et une raisons.. Mais à force de combat et de réflexion, les progrès peuvent arriver. Certaines personnes sur son blog ont témoigné de cette possible guérison..

    Ce que j’aime sur le blog de Lana et dans son texte, c’est qu’elle fait appel à la RESPONSABILITE de chacun, au courage que l’on peut avoir aussi de faire certains choix. Or, cela dépend de nous…Cette dimension est importante. Certes, les choses ne sont pas facile Udgg, mais aller vers le positif ne peut qu’aider plutôt que de s’enfoncer dans une sorte de pessimisme qui ne mènera qu’à l’impasse.

  15. Lana Said:

    Bien sûr il ne suffit pas de le décider pour aller bien, mais on peut choisir de se battre ou pas, on peut choisir d’essayer de faire certaines choses. On peut se dire j’essaye et je verrai le résultat ou se dire je suis schizophrène, donc je ne peux pas faire ça, alors je n’essaye pas, je pleure sur mon sort et je me dis que tout m’est impossible. C’est là qu’est le choix, et le premier choix apporte toujours plus que le second, même si on n’arrive pas à faire tout ce qu’on aurait voulu.

  16. Alain Said:

    D’accord, Lana, entièrement, mais quand on a sombré, quand on est à la rue, que faire ?

  17. udgg Said:

    Sybilline: qu’est-ce que ça veut dire aller vers LE positif ? et qu’est-ce que LE positif (le vrai) autrement personne ne saura comment y aller ?
    Lana: Je ne pleure pas sur mon sort. Je suis le plus positif de ce forum. Les autres n’ont même pas la force d’écrire quelque chose de sensé. J’imagine qu’ils font de l’apnée 16 heures d’affilée en eaux très profondes

    Bien sûr allez vers le positif c’est positiver, tourner le dos au négatif et aller faire ses courses au carrefour le plus proche ça tout le monde le sait. SVP ne me sortez pas de votre chapeau une de vos tautologies favorites, cela me rend malade

  18. udgg Said:

    Alain : simple tu positivises. Parce que si tu ne positivises pas c’est que tu négativises et ça c’est pas bon

  19. Sybilline Said:

    Je ne dis pas qu’il y a une recette miracle…Loin de là! Donc, il n’existe pas Le positif. Par contre, comme le dit Lana, on a toujours des choix dans la vie et l’idée c’est de faire celui qui nous fait le plus de bien.

    Or, Udgg, quand tu me dis que les autres considèrent les schizophrènes comme des nabots, ce n’est pas positiver, c’est s’arrêter au regard négatif de ceux qui n’y connaissent rien et qui en dehors de la maladie ont très peur de la folie chez eux avant tout et la fuit chez les autres. Car qui peut penser qu’il est réellement à l’abri? Personne n’est à l’abri de devoir supporter l’insoutenable et de se retrouver peut-être un jour à la rue et pour les très riches (comme W.Houston que j’aimais tant) de finir droguer et mourir d’une overdose. Personne ne peut dire qu’un jour face à une épreuve, il ne sombrera pas. Je crois qu’il faut rappeler à tout le monde cette humilité-là. La trop grande souffrance peut faire naître la folie (entre autre).

    Pour en revenir à ce qu’Alain disait, je me souviens un jour avoir discuté avec un SDF qui l’est toujours d’ailleurs…Il était ingénieur en informatique, vivait très bien. Un jour, sa femme l’a quitté, il n’a pas supporté et a commencé à dériver, puis il a perdu son travail et la spirale négative a continué…Je suis tout à fait d’accord avec toi, Alain, sur la nécessité d’accueillir ces gens dans des hôpitaux. Mais comme toujours, il faut les moyens et il faut aussi que ces personnes veuillent être soignées. C’est la somme des deux qui fait la réussite. Je pense qu’on ne peut pas non plus mettre la notion de responsabilité complètement de côté, même s’il est évident qu’en état de crise, la personne ne maîtrise rien. Mais pour avoir lu quelques témoignages, ensuite, la lucidité revient et c’est là que le travail peut s’amorcer,si la personne en a envie: savoir ce qui lui fait du bien, réapprendre à se faire confiance (notamment en cas d’ententes de voix négatives), éviter de sombrer dans la drogue ou l’alcool pour fuir la douleur…Mais là, seule la personne peut faire ce CHOIX et peut-être aussi celui d’affronter sa douleur, de ne pas la nier et de voir comment la surmonter.

    J’admire d’ailleurs beaucoup Delphine de Vigan (dont je viens de terminer l’ouvrage) qui face à la douleur du suicide de sa mère qu’elle fut seule à découvrir dans son appartement a surmonté l’épreuve en écrivant. Elle a trouvé une solution qui l’a soulagée. Elle a cultivé également l’amour qu’elle portait pour cette femme…cet amour qui panse de nombreuses blessures…

  20. Sybilline Said:

    Je crois que les pensées négatives enfoncent et laissent aussi la maladie se propager davantage. Pour citer un exemple qui m’est familier, celui de mon ami avec qui je me suis disputée, je peux dire qu’il a commencé à entrer dans une spirale négative à cause d’une mésentente de départ (qui arrive souvent dans une relation) et voilà que la haine s’est propagée et a fini par nous conduire à la rupture. J’ai beau essayé de vouloir reprendre la conversation calmement c’est impossible, car je me fais traiter de moins que rien et encore dire cela n’est rien à côté de la réalité…

    Trois semaines après, j’essaie d’être sympathique mais il se terre toujours dans ce mur de haine. Aucune attention, rien venant de ma part ne peut l’en faire sortir. Je n’ai plus qu’à renoncer…

    Et comme je le disais tout à l’heure, c’est son choix. Je pense qu’il fait le mauvais, mais c’est aussi sa liberté…

  21. Lana Said:

    Je n’ai pas dit qu’il suffisait de positiver, mais de faire le choix de se battre ou pas, et je n’ai pas dit que c’était facile ni que les résultats étaient garantis.
    Udgg, de toute façon, tu ne supportes pas les discours qui ne sont pas misérabilistes. Etre schizo, c’est être un nabot, quelqu’un qui est méprisé par tout le monde, Elyn Saks est une énigme, c’est impossible d’être guéri, etc. C’est ton point de vue sur la vie, très bien, mais on a le droit de ne pas le partager, et si ce qu’on dit te rend malade, personne ne t’oblige à venir le lire.
    Quant aux autres comme tu dis, que sais-tu d’eux? Tu préfères évidemment te dire que tous les schizophrènes sont incapables d’écrire un commentaire, alors que simplement ils n’en ont peut-être pas envie ou ont d’autres choses à faire. Parce que des schizos qui ont une vie, oui il y en a.

  22. udgg Said:

    Tu noies le poisson et tu me fais dire ce que je n’ai pas dit. Tu nous assènes ton positif et ton négatif en long et en large tout ça pour nous dire que finalement le positif n’existe pas et par voie de conséquence le négatif non plus ? donc je ne comprend rien à ce que tu racontes ?
    Je n’ai jamais dit que les schizos étaient vu de l’extérieur comme des nabots. Cela c’est toi qui le dit
    Au niveau des choix, le problème c’est que tout ça s’insére dans un système. Les « paramètres du système » c’est ce qui est déterminant dans les choix / les décisions y compris et par dessus tout au niveau individuel. Par analogie avec un ordinateur, l’utilisateur ne peux exécuter une commande/ une action / un choix que si cela est intelligible et acceptable par le système d’exploitation dudit ordinateur ie windows,linux etc….Pour résumé les choix qui sont offerts sont ceux qui ont été prévu à l’avance dans un cadre planifié

  23. Alain Said:

    « Les politiques publiques ont naguère disjoint lieu de vie et lieu de soin. Des lieux de soin ont été fermés. Ils étaient des lieux d’accueil et d’hébergement pour des personnes en difficulté d’existence »

    A lire :

    jle.com/e-docs/00/04/09/F2/article.phtml

    (mettre http://www. devant)

  24. Alain Said:

    Un autre :

    lefigaro.fr/sciences/2010/11/01/01008-20101101ARTFIG00532–la-rencontre-des-malades-livres-a-la-rue.php

    (mettre http://www. devant)

    On en trouve des tas sur Google, chercher « malades à la rue).

    J’insiste un peu lourdement mais je n’ai que rarement de réponses à ce sujet…

  25. Lana Said:

    Je n’ai pas dit qu’être schizo c’est être vu comme un nabot, j’ai repris ton expression qui dit que c’est être un nabot. Mais puisque tu ne comprends rien à ce que je dis, finissons en là. Et si je ne fais qu’asséner des choses, encore une fois tu n’es pas obligé de venir sur mon blog..Il y a des forum comme atoute qui te conviendraient mieux.

  26. udgg Said:

    Lana: Au sujet du positif/négatif, c’est à sybilline que je m’adressais. Maintenant tu me reproches ma « négativité » pendant que toi tu serais une combattante. Je n’espère pas te convaincre, j’emploie dans mes posts des images dont j’estime qu’elle colle au réel alors que vous autres vous vous accrochez à un idéal incarné par Elyn Saks et d’autres grandes figures de ce type qui représente un système que par ailleurs vous critiquez. Vous n’affirmez rien si ce n’est qu’il faut faire tout comme Elyn. Quand à ton combat je ne sais de quoi il s’agit étant donné que les schizos sont tous des Elyn saks en puissance. Où est le problème dans ces conditions ? Il n’y a plus rien à combattre ; il y a à métamorphoser les schizos en Elyn Saks avec une baguette magique voilà tout

  27. Sybilline Said:

    Je pense, Alain, que nous n’avons pas de réponse là-dessus (les gens en difficulté à la rue) car c’est un choix politique qui nous dépasse. Peut-être qu’en faisant partie d’une association, on pourrait apporter sa pierre à l’édifice: mais il faut du temps et de l’énergie.
    Même quand c’est la gauche au pouvoir, rien n’est réellement fait. Mais est-ce une vraie gauche actuellement?
    Par ailleurs, il existe quand même des assistantes sociales en psychiatrie (j’en connais une!) et qui font beaucoup pour permettre à chacun de se réinsérer socialement et d’avoir un toit. Elle me disait que certaines familles refusent d’admettre les problèmes psychiatrique et délaissent leur progéniture ou leur proche. Il faut un relais qui existe en partie, mais probablement pas suffisamment comme tu le soulignais.

    Lana, je comprends très bien ton discours et je trouve que tu as raison. La maladie n’empêche pas tout et pour ceux qui réussissent et veulent se battre, une belle vie est possible. D’ailleurs, l’a réussite n’est jamais garantie. Mais c’est vrai pour ce type de maladie comme pour d’autres projets dans la vie. On se lance, on persévère et ensuite, on voit. Parfois, ça marche, parfois non…C’est le risque. Et il faut du temps et la foi. « La patience est la plus grande des prières », disait Bouddha.

  28. Sybilline Said:

    LA réussite, désolée…

  29. Alain Said:

    Merci Sybilline, pour ta réponse. Je me sens moins seul 😉

    Il faudrait un grand mouvement d’indignation, mais qui va s’émouvoir pour les fous, qui va organiser un téléthon ? Imaginons si les victimes du cancer étaient à la rue ou en prison…

  30. Lana Said:

    Mon combat, c’est de choisir ma vie, faire des choses malgré la maladie, ne pas se laisser enfermer par ses angoisses, par la dépression. Si pour toi c’est faire comme Elyn, alors oui. Si tu ne vois pas en quoi c’est un combat, tu n’as pas pensé à l’enfer que peut être la schizophrénie quand on essaye juste de ne pas se laisser sombrer, quand on ne veut pas perdre les choses auxquelles on tient. C’est un combat quotidien mais j’estime que ça en vaut la peine.

  31. Sybilline Said:

    Lana,

    Je n’ai pas bien compris à qui tu répondais…Est-ce à moi, à Alain ou à Udgg? Je n’ai, en ce qui me concerne, jamais démenti ton combat.

    Oui, c’est étrange, Alain, qu’en effet rien ne soit fait au niveau international (ou tout simplement national) sur les problèmes psychiatriques et le besoin de moyens qu’il y a aussi dans ce domaine…Pas de téléthon, pas de grands sportifs pour s’y coller. Je sais, par exemple, que Zidane s’occupe d’une association pour les enfants malades, une maladie très rare (le nom est très compliqué, je ne l’ai pas retenu!). Je me suis longtemps demandée pourquoi il avait choisi ce combat-là et j’ai appris il y a peu de temps qu’il avait dû supporter depuis très jeune une maladie assez grave et qui se manifestait par une grande fatigue…On en parle finalement assez peu.Cela ne l’a pas empêché d’être un des plus grands footballeurs du monde. Je pense qu’il avait une hargne incroyable. Et qu’il a beaucoup combattu aussi…Il est impressionnant sur le terrain (moi qui n’aime pas le foot), car il est là au bon moment, prend des risques et grâce à la précision de sa technique réussit. Tout ceci avec un véritable sens de la solidarité. Je crois qu’il y a beaucoup de travail derrière et une détermination sans faille. Cela se lit dans ses yeux.

    Peut-être qu’un jour une superstar sera touchée par le sujet et s’y collera. Il ne faut pas désespérer…

  32. udgg Said:

    Pardonne moi Lana mais tu enfonces des portes ouvertes. Faire des choses, des choix plus ou moins contraints et se maintenir en vie du mieux possible, chacun d’entre nous le fait donc rien d’exceptionnel la dedans. C’est le quotidien ordinaire d’un schizo moyen et de l’homme moyen. La bagarre, le combat, c’est complétement différent ce serait par exemple la démarche d’un bonhomme comme Artaud

  33. udgg Said:

    Alain tu as mis le doigt dessus. Personne ne va s’émouvoir pour les fous et organiser un schizo-téléthon. Pour une fois je suis d’accord avec toi mais je ne comprend pas pourquoi tu négativises autant ? 🙂 Imagine qu’avec Elyn comme parrain on pourraient faire un tabac et se partager les bénéfices ?

  34. udgg Said:

    Sybilline: Il y aussi la méthode couet et en plus ça marche

  35. Lana Said:

    Non, il y a plein de gens qui ne le font pas, qui se disent je suis schizo donc je ne peux pas faire ça, je n’essaye même pas, et qui se plaignent que c’est injuste, qu’ils sont malades et que donc leur vie est foutue.

  36. Lana Said:

    Et oui, quand on est malade, c’est un combat quotidien de faire des études, d’aller travailler, de voir des gens, c’est bien plus dur que pour tout un chacun. Quand je vais bien, c’est plus ou moins facile de faire ces choses, quand j’étais malade c’était vraiment un combat de ne pas lâcher, de ne pas rester enfermée chez moi, de ne pas me faire hospitaliser.

  37. udgg Said:

    C’est vrai j’avais mis de côté le combat contre la maladie qui existe bel et bien entièrement d’accord. C’est peut être même l’essentiel du combat que peut mener un schizo car il s’épuise rien qu’en faisant cela. J’avais pensé au départ à un combat dirigé vers le monde extérieur mais au fond tu as raison le combat se déroule en interne. Pour l’essentiel c’est un combat de soi contre soi. Ou de soi contre son double maladif/suicidaire/mortifère

  38. Lana Said:

    Oui, c’est de ça dont je parle.

  39. udgg Said:

    Malgré tout il y a un problème avec cette manière de voir car naturellement l’intérieur et l’extérieur communiquent et les problèmes internes sont largement conditionnés par le milieu / l’extérieur. Deleuze ne dit rien d’autre quand il dit que les « schizos sont malades du monde ». Ce n’est de la négativité gratuite c’est une réalité et d’ailleurs tu ne dis rien d’autre quand tu évoques tes difficultés dans tes études, tes relations, ton travail etc. Je vis ou ai vécu la même chose mais je ne m’acharne pas. Je ne vais pas me frapper la tête contre les murs pour rentrer dans une norme qui m’est totalement étrangère . Je ne vais pas m’auto-flageller à longueur de journée pour ressembler à un citoyen modèle

  40. Lana Said:

    Je ne cherche pas à ressembler à un citoyen modèle mais à avoir la vie que je veux. Après chacun choisit ce qui lui convient le mieux.

  41. udgg Said:

    Tu n’auras pas la vie que tu veux tant que tu te battras contre toi-même. C’est LE problème n°1 qui devrait être traité car je pense que tous ici nous sommes concernés ?

  42. Sybilline Said:

    « N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites. Décide de vouloir ce qui arrive… et tu seras heureux. »

    « Il n’y a qu’une route vers le bonheur c’est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté. » Epictète

    J’aime beaucoup ce philosophe qui fut esclave, ne l’oublions pas et qui rappelle finalement la responsabilité que chacun peut avoir sur son bonheur. Or, vouloir que les choses extérieures changent est une utopie et se dire qu’on est malheureux qu’elles soient ainsi nourrit cette utopie. Certes, le monde n’est pas très compatissant pour cette maladie et le seul moyen de combattre ces fausses idées, c’est de ne pas laisser place à ces préjugés, de montrer par son action qu’on est différent.

    Pour ma part, les rares fois où j’ai voulu que les autres ou le monde changent, je me suis cassée le nez en attendant pour rien et en étant déçue. Il faut avancer là où notre cœur nous pousse…

  43. Sybilline Said:

    Je citais Epictète pour contrebalancer un peu les paroles de Deleuze que tu cites Udgg.

  44. udgg Said:

    Si Epictète dit vrai alors soit prête à renoncer à beaucoup de choses. Il te faudra vivre au milieu d’un désert et te nourrir de scorpions

  45. udgg Said:

    Les choses changent tout le temps mais simultanément ils y a des forces occultes qui s’opposent au changement, qui annulent tout ce qu’il y a de vivant dans l’homme. Ce sont les forces réactionnaires ou nihilisme

  46. Lana Said:

    Mais je ne me bats pas contre moi-même, je me suis battue contre la maladie et j’ai réussi à faire les études qui m’intéressaient et à avoir le boulot que je voulais. Donc je ne vois pas où est le problème.

  47. udgg Said:

    C’est bien ce que j’ai toujours dit. Y-a pas de problème. A condition de toujours garder la tête froide; car une tête refroidie vaut mieux qu’une tête remplie de problèmes CQFD

  48. phase3 Said:

    Très bien senti, ce texte !
    Mais pourquoi cette gloriole ?
    Parce que notre vie a tellement été changée par la maladie que nous ne sommes plus que malades et que dans ce rôle on ne voudrait pas, une fois de plus, tout rater.
    La guérison commence quand on arrive à se définir comme autre chose que malade mental.

  49. Lana Said:

    Exactement!

  50. Alain Said:

    Autrement dit, quand on se pense comme une personne d’égale dignité avec les autres, ce qui suppose de se dégager du regard que les autres, certains, portent sur soi. Cela dépend bien entendu de l’aspect qu’on présente, de la maitrise de soi, tous ne sont pas égaux en ce sens.

  51. udgg Said:

    je suis d’accord avec Alain. Le regard des autres pose problème dans la mesure où il est souvent / toujours perçu comme agressif / méprisant / ambivalent voire indéchiffrable et donc celui qui est dans « la ligne de mire » s’imagine être une sorte de « monstre », un « suspect ». De mon point de vue c’est ce boulet qu’il faudrait expulser pour commencer à avoir une vie digne et d’égal à égal

  52. udgg Said:

    J’ai peine à croire qu’un seul humain aussi aliéné soit-il puisse se reconnaître dans le concept de « guérison » tant cette planète est malade. Il n’y a pas de guérison possible dans un monde malade. De même qu’il n’y a pas de restaurants végétariens dans un monde cannibale. Cette maladie planétaire diffuse à très grande échelle et contamine tout ce qu’elle touche l’atmosphère, la biosphère et de façon particulièrement incisive l’écologie et la psychologie humaine. Elle n’épargne rien ni personne

  53. phase3 Said:

    Bien sûr que la société est malade mais le psychotique l’est encore plus. De toutes façon c’est lui le maillon faible, le paria.
    On parle de schizophrénie, pas d’un vague spleen de bobo.

  54. Sybilline Said:

    Je trouve que le débat est très intéressant, car il pose la question de la maladie en général. Probablement est-elle située là où l’homme souffre, où l’injustice sévit…Et la société, oui, elle aussi est malade. On peut dire cependant que tant qu’on parvient à avancer de façon à peu près équilibrée entre les joies et les peines on s’en sort.Le problème, c’est quand la balance penche davantage du côté de la douleur et de l’insupportable.

    Je me dis que certaines personnes sont probablement bien plus psychotiques que ceux qui se font soigner et surtout reconnaissent leurs difficultés, en l’occurrence, vous qui vous exprimez sur le blog et réfléchissez à la maladie. N’est-ce pas une forme de courage et de lucidité sur soi?

    Beaucoup sévissent , font du mal aux autres, se font du mal sans jamais se voir absolument malades et continuent à aller travailler, être violents ou incohérents. Ces gens-là ne sont pas considérés comme malades puisqu’ils ne sont jamais allés en hôpital psychiatrique.

    Je me suis longtemps demandée ce qui faisait la différence entre ceux qui franchissent le pas de l’hôpital et d’autres qu’on peut considérer comme psychotiques mais n’y vont jamais.

    Le fait de reconnaître ses difficultés, de tenter de les surmonter, n’est-ce pas le premier pas vers la guérison et vers la « gloire » dont parlait Lana?

    Le regard des autres, c’est celui qu’on veut bien leur donner. Je crois qu’il ne faut pas accorder autant d’importance à ce point car c’est donner du pouvoir à des gens qui n’en valent pas la peine. Or, quelqu’un qui se soigne, n’est-il pas bien plus méritant que celui qui ne fait rien, ment au monde ou se ment à lui-même?

  55. udgg Said:

    c’est vrai les schizos sont des parias. Ils occupent peu-être le sommet de la pyramide. Mais il y a aussi les parias de 2ème, de 3ème, de….nième catégorie et finalement chacune et chacun est potentiellement un paria c’est pourquoi tous ont la trouille et regardent les schizos et autres « spécimens rares » de travers

  56. phase3 Said:

    J’ajouterai que cette « trouille » se transforme très rapidement en mépris : le schizo, certes fait peur, mais on le cache ou l’emferme, soit entre les 4 murs d’une chambre d’isolement, soit dans la camisole chimique que nous connaissons tous ici.

  57. Alain Said:

    Est-ce vraiment le bon terme, « camisole chimique » ? Il est vrai que certains sont forcés de prendre de fortes doses et souffrent d’effets dits secondaires, mais est-il préférable de revivre des épisodes psychotiques qui sont particulièrement douloureux (mon souvenir) et dévastateurs ?

    Il est bien vrai que les neuroleptiques ne sont pas la panacée et que d’autres traitements doivent être mis au point. La recherche est essentielle dans ce domaine mais en psychiatrie, elle est le parent pauvre.

  58. udgg Said:

    J’ai lu sur lemonde.fr que les médicaments tuaient 18000 personnes / an en France. C’est plus que les suicides et accidents de la route et c’est sans compter les effets secondaires qui peuvent être tout aussi dévastateurs sans provoquer la mort et dont exclus de la statistique. Le discours que tu tiens Alain est peu ou prou celui d’un psychiatre orthodoxe. Je trouve ça curieux car tu ne nous a pas dit que tu étais dipômé en psychiatrie ? Le sujet était le mépris et tu nous remet la tête dans le plat avec cette dialectique impossible medoc/effets secondaires/épisodes psychotiques. Pour ma part, j’ai connu 2 personnes sous traitement dites stabilisées qui se sont défenestrées à quelques mois d’intervalle. Y-a pas un bug dans le programme ?

  59. Lana Said:

    Alain, je crois q’il faut différencier camisole chimique et traitement « normal ». A l’HP notamment, les psys ont tendance à administrer des camisoles chimiques, je l’ai vécu. Par contre, je ne considère pas mon traitement actuel de cette façon puisque je vis normalement avec et qu »il me permet de ne pas être enfermée dans la maladie.

  60. udgg Said:

    La camisole chimique c’est plus économique. Un quidam sous camisole lâché dans la nature ne dérange pas plus qu’enfermé dans un hôpital et cela coûte beaucoup moins cher. Après la différenciation subtile camisole/pas camisole ainsi que la délimitation exacte de la frontière entre les 2 mondes, c’est une affaire de goûts / de dégoûts personnels 🙂
    De toute manière « y-a pas de problème », suffit d’appliquer les théorèmes de la ‘pensée positive’ (cf sybilline) et tout rentre dans l’ordre ou plus exactement se fond dans le néant

  61. Sybilline Said:

    Je me permets de rebondir, Udgg, sur ta dernière réponse qui semble mettre en relation le traitement médicamenteux et le suicide. Rien ne dit dans l’expérience que tu relates que les médicaments soient la cause de ce choix (défenestration). Connaissant Alain, il est certain qu’il est contre les médicaments qui transforment les gens en zombie. Des nuances existent donc…

    Certes, le taux de suicide est bien plus élevé chez les schizophrènes (un sur dix), mais il faut savoir qu’il est plus important dans certains pays que dans d’autres. On en revient donc finalement au lien que la personne entretient avec la société et à sa capacité à réagir positivement ou non aux épreuves de la vie en fonction des ressources qui sont les siennes (liens familiaux, force psychologique, amitié, sensibilité…)

    Je pensais que le taux de suicide était le plus important au Japon. En réalité, il n’arrive que 4ème…derrière la Biélorussie (N°1), la Lituanie (2) et la Russie (3). Comme par hasard, trois pays où l’Etat a réduit les êtres humains au rang de moins que rien. Le taux de suicide étant très élevé chez les hommes de ces pays plus que chez les femmes, probablement en raison de la pression psychologique encore plus forte qui reposait sur eux.

    Voici le lien wikipedia:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_taux_de_suicide

    Bref, on peut dire que l’exclusion entraîne la mort psychique, puis physique parfois, le manque d’amour et d’estime de l’autre. Pour avoir lu en entier « Le Livre noir du communisme », j’ai découvert à quel point l’homme pouvait être inventif pour créer des tortures plus abominables les unes que les autres (dénonciation des parents par leurs propres enfants, enfermement dans une salle toute petite sans boire, se laver et manger et je passe les horreurs…). C’est inadmissible.

    Au Japon (4ème pays), Amélie Nothomb relate bien le problème dans « Stupeurs et tremblements », c’est encore la négation de l’individu et de ses émotions qui engendrent la mort…

    Tout ceci pour dire qu’on ne peut réduire le suicide à la prise de médicaments. Il y a des causes bien plus profondes et notamment celles de ne pas se sentir considéré comme un être humain digne d’intérêt, digne d’être aimé.

  62. Sybilline Said:

    Mais je suis d’accord avec toi, Udgg, pour dire que ce ne sont pas les médicaments qui résoudront ces problèmes profonds. Ils ne sont qu’une béquille (lorsqu’ils sont bien administrés), mais rien d’autres. Beaucoup de psychiatres malheureusement se cachent derrière par impuissance, mais sans la nommer. Et bien sûr, on ne résout pas ce qui torture le mental, car là, il faut bien plus de courage et d’investissement.

    Je tenais quand même à ce que tu ne déformes pas la pensée d’Alain qui est toujours là pour nous envoyer les articles sur les dernières recherches en cours dans le domaine scientifique et qui croit qu’il faut aller bien plus loin que ce qui est fait aujourd’hui à la fois rationnellement mais aussi humainement.

  63. Lana Said:

    La camisole chimique n’est pas plus économique puisqu’elle ne permet pas aux gens de s’en sortir et de travailler, ou de faire du bénévolat, enfin de participer à la société.

  64. udgg Said:

    sybiline: bien sur on ne peut rien prouver avec des suicidés. En revanche la prévention du suicide est un des arguments clé qu’utilisent les psychiatries pour justifier les camisoles chimiques. Cela peut être utile comme cela peut conduire tout aussi bien au suicide sous camisole. Fais toi mettre sous camisole et tu comprendras de quoi je parle
    Lana: cette société n’a plus rien à offrir à personne si ce n’est une sinistre existence à la fois « bestiale » , mécanique, terriblement angoissante et misérable. Il faut necessairement être miné par la maladie jusqu’au dernier degré pour supporter un tel « régime  » inhumain de part en part. Toute cette pharmacopée ce n’est qu’un dérivatif en vue de supporter l’insupportable

  65. Alain Said:

    Lana, quand tu dis « Par contre, je ne considère pas mon traitement actuel de cette façon puisque je vis normalement avec et qu »il me permet de ne pas être enfermée dans la maladie. », je pense que tu as très bien résumé la situation. S’imagine-t-on les souffrances des malades avant l’apparition des neuroleptiques. Pour ma part, je préférerais mettre fin à mes jours que de revivre ce que j’ai vécu.

  66. Lana Said:

    Peut-être suis-je minée par la maladie au dernier degré, mais en tout cas, dans ce monde qui est dur, je connais l’amitié, l’amour, la camaraderie au travail, la rigolade, la passion, l’intérêt, la solidarité, etc. Et je préfère que tu me vois de cette façon plutôt que de vivre comme toi. Toi qui n’es pas malade, qui es si lucide, on se demande bien ce que tu nous proposes de mieux. Rester enfermé chez soi en ayant peur du monde et en devenant aigri comme tu l’es? Non merci!

  67. Lana Said:

    D’ailleurs si on t’écoute, soit on reste dans sa schizophrénie, misérable et méprisé de tous, soit on devient un robot inhumain. On devrait tous se flinguer si on t’écoutait. C’est juste pathétique.

  68. udgg Said:

    Lana:Tu es à ce point enfermé dans ton système que tu ne veux rien entendre. Donc le terme de robot est parfaitement approprié. Je n’essaye pas de vous convaincre, je discute , je prend ça comme qqchose de ludique. Pour le reste, tu ignores comment je vis donc ne dis pas n’importe quoi à mon sujet. Je fais nettement mieux que la moyenne dans ma catégorie et donc j’estime que je n’ai rien à me reprocher. Je ne suis pas plus aigri, si ce n’est contre la maladie qui me mine et contre ce monde qui est son terreau de prédilection. Quand tu dis qu’il faut qu’on te propose autre chose pour avoir une chance de te faire changer d’avis , c’est typique d’une attitude infantile, celle d’un enfant impuissant confronter à un monde qu’il ne comprend pas. Commence par analyser froidement et sans te voiler la face le monde qui t’entoure et tu auras fait le plus dur dans ta quête du bonheur, si c’est ce que tu recherches.

  69. udgg Said:

    La camisole chimique est l’expression la plus parfaite du nihilisme. L’idée est identique aux procédés industriels qui consistent à faire le vide d’air dans une bouteille ou un conteneur quelconque. « Nettoyage » par le vide, tabula rasa. Il y a là en effet tous les ingrédients réunis en vue de se flinguer, à moins d’avoir éradiquer en soi toute forme de dignité

  70. phase3 Said:

    En référence au post de Lana, je trouve certaines personnes ici très imbues de leur petite personne, donneurs de leçon et sûrs que leur modèle de vie, de gestion de la maladie sont les meilleurs.
    On fait tous de notre mieux et je trouve que d’instaurer un rapport de force entre nous, malades, est la pire des choses à faire.
    Il faut au contraire se tenir les coudes !
    Nous sommes différents, c’est évident.
    Faisons de cette différence une force pas un handicape.

    Ce que je sais aussi, c’est que les neuroleptiques arrangent tout le monde :
    – Les gens bien pensants qui sont rassurés par la contention chimique.
    – Les psy et l »industrie pharmaceutique qui en ont fait leur font de commerce.
    Les malades, eux, les principaux intéressés, n’ont pas trop leur mot à dire.

    Je ne sais pas s’il existe une autre voie vers la  » guérison  » que toute cette pharmacopée mais ça fait plus de 25 ans que je la cherche.

  71. udgg Said:

    Je ne donne pas de leçons Lana exigeait des propositions donc je propose. Pas la peine de s’exciter, fausse alerte. J’ajouterais, Lana que les personnes concernées ne t’ont pas attendu pour se flinguer. A l’école, à la campagne, à la ville, au travail, en prison etc….etc. Ou alors elles se font flinguer et tout cela est tellement banal que de nos jours plus personne ne s’en offusque à part toi. Il faut donc que tu expliques comment tu peux à la fois d’enorgueillir de supporter l’insupportable et dénoncer le « flinguage », qui est l’ordinaire de cet insupportable ?

  72. Alain Said:

    Peut être pour détendre un peu l’atmosphère et espérer un peu en l’avenir et la recherche : j’ai contacté un chercheur de Marseille, il me répond ceci :

    « La schizophrénie n’est en effet pas une maladie débilitante et se soigne désormais efficacement. Si vous désirez un bilan complet et standardisé, il y a les centres de références des troubles schizophréniques qui maillent toute la France coordonné par le réseau fondamental.

    Concernant le neurofeedback, je vous remercie pour votre intérêt et votre mail. La France est en retard effectivement, les allemands très en avance mais c’est loin d’être utilisé de manière routinière en psychiatrie! Une équipe de Lille va essayer de s’y mettre, mais au niveau ingénierie cela est un gros travail

    Le neurofeedback par EEG existe aussi, moins onéreux, mais pas d’indication établie dans la schizophrénie.

    Il m’a également transmis deux articles expliquant le principe des études qu’ils ont conduites sur le neurofeedback. Je pourrais en poster des extraits si quelqu’un est intéressé. »

  73. Sybilline Said:

    Lana, je te remercie de faire vivre ce blog en cherchant à montrer une voix positive et en permettant à chacun d’exprimer son point de vue (même si cela t’attire certaines foudres…). Je trouve ton approche de la maladie très humaine et courageuse.

    Merci à Alain pour cette information également et ce message d’espoir scientifique.

  74. Sybilline Said:

    Udgg,

    C’est vrai que je ne fais pas particulièrement preuve de sagesse en te répondant, mais certains de tes propos me paraissent injustes envers les personnes à qui tu les adresses.

    Peut-être que si tu méprisais un peu moins les gens, ils seraient plus sympathiques à ton égard et le monde te paraîtrait alors moins méprisable et misérable. Et je prétends dire que cela n’a absolument pas de rapport avec la maladie, mais bien avec un trait de caractère et du bon sens: qui sème le vent récolte la tempête…

    Et ce trait de caractère me rappelle malheureusement celui de mon ami qui lui aussi ne manque pas de fusiller verbalement ceux qui ne sont pas d’accord avec lui sur des sujets sensibles. Et cela est triste, car on finit par s’éloigner et à perdre les bons moments qu’on peut passer avec la personne.

    Je ne défends pas les médicaments, ni la psychiatrie, mais c’est comme tout, lorsqu’ils sont administrés modérément, avec bienveillance et intelligence, cela peut être positif. Il y a des gens qui n’ont jamais pris un médicament et qui se défenestrent, d’autres qui y songent lorsqu’ils sont écrasés et niés par la société (exemple d’Amélie Nothomb qui parle de sa propre expérience dans l’entreprise japonaise). On ne peut pas inculper les médicaments, puisque ce choix est malheureusement fait par d’autres personnes qui vivent une vie « normale ».

    Oui, effectivement, pas mal de psychiatres utilisent ce mode de traitement pour éviter le suicide (entre autre) ou les actes furieux. Mais ce n’est pas une raison pour tout rejeter en bloc. Or, ce manque de nuance dans tes propos engendrent des erreurs et des souffrances dont tu es la première victime.

    Et c’est dommage que tu t’emportes ainsi car je crains que cette pseudo-renaissance n’en soit pas totalement une…Je ne comprends pas pourquoi tu utilises un tel acharnement et une telle agressivité à défendre certains propos que je trouve démesurés…Tout ceci est bien mystérieux.

  75. udgg Said:

    Qui es-tu pour me juger de la sorte ? Tu ne te prendrais pas pour le « très haut » ou un procureur ? Ne me mêle stp pas à ta vie privée et tes problèmes avec ton ami schizo qui n’intéresse que toi et le magazine voici

  76. Alain Said:

    Un rapport parlementaire sur l’état de la recherche en neurosciences :

    santementale5962.com/IMG/pdf/rapport-senat-imagerie-mars2012.pdf

    (mettre http://www. devant)

    On y lit notamment :

    « Marion Leboyer a dressé un tableau contrasté et sans concession de la psychiatrie en France. Elle a rappelé que mal connues des Français, ces maladies engendrent peur, rejet et stigmatisation. Elles sont associées à la folie et à la violence : 74 % des français considèrent qu’un schizophrène est dangereux alors que seulement 0,2% des schizophrènes peuvent l’être pour les autres. Leur
    représentation est fausse car 70 % des Français pensent que ces pathologies ne sont pas des maladies comme les autres. »

  77. Sybilline Said:

    Cher Alain,

    C’est intéressant ce reportage que tu cites. Du coup, j’ai été voir qui était Marion Leboyer. J’ai vu qu’elle faisait de la recherche en neuroscience et était professeur à l’université. Par contre, je n’ai pas bien compris si elle était psychiatre aussi et si elle avait fait médecine, bien qu’elle soit responsable du pôle psychiatrie au CHU de Créteil. Cela permet de confirmer ce qu’on sentait depuis longtemps grâce aux divers témoignages: la fausse idée qu’on se fait de cette maladie et la nécessité de faire un peu plus de pédagogie pour expliquer ce qu’elle est vraiment (et là encore, il faudrait davantage de recherches car c’est flou) afin de mieux comprendre chacun sans stigmatisation. Comment être soigné sans véritable soutien moral de la société et sans un regard bienveillant?

    Très bon dimanche.


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