« Demain j’étais folle », Arnhild Lauveng, Autrement

Guérie de sa schizophrénie, l’auteure, psychologue, revient sur sa maladie. Elle décrit l’apparition des premiers symptômes, le sentiment de terreur, les souffrances endurées, les crises hallucinatoires, l’hospitalisation et le processus de rémission. Elle évoque également les maladresses commises par certains soignants et leur tendance à déshumaniser les patients.

C’est un des meilleurs livres que j’ai lu sur le sujet.  C’est un témoignage très intéressant sur la schizophrénie, mais aussi une réflexion très intelligente sur la psychiatrie, sur la façon de l’humaniser sans forcément augmenter les moyens financiers, sur la façon dont le regard des soignants, de la famille, des amis influencent positivement ou négativement la personne souffrante. Un plaidoyer pour qu’on regarde avant tout la personne et non le malade, ce qu’elle aime, ses envies, ses projets, ses capacités. Sans oublier de faire la différence entre les symptômes et les effets secondaires des médicaments, cette confusion amenant trop souvent à attribuer des incapacités à la personne alors qu’elles ne sont que la conséquence de traitement trop lourds.

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22 commentaires »

  1. Alain Said:

    Merci Lana de nous avoir fait connaitre cette femme, cela redonne de l’espoir. Elle dit que contrairement au pronostic de maladie incurable, elle est maintenant guérie et exerce comme psychologue.

  2. Alain Said:

    La schizophrénie est définie par la présence de symptômes. Aucune explication biologique n’a jamais été donnée quant aux mécanismes qui sont à l’origine de ces symptômes. J’ai lu que certaines études en IRM avaient montré des problèmes de connexion entre certaines zones du cerveau mais rien n’est encore établi, cela peut être une corrélation et non une cause.

    Je dirais qu’en l’absence de symptômes sur une longue période, on peut considérer que la personne est guérie puisque cela correspond à la définition.

    C’est une notion difficile à admettre pour beaucoup car on a depuis longtemps dit que la schizophrénie était une maladie chronique sans espoir de guérison, surtout en France. Aux Etats-Unis et ailleurs, il y a des groupes d’anciens patients rétablis qui s’efforcent de rompre avec ce mythe. Cela atteindra peut être un jour notre pays. Il faut noter que les personnes guéries dont on parle, l’auteur de ce livre, Elyn Saks, John Nash sont tous étrangers.

  3. Sybilline Said:

    Je suis assez d’accord avec la façon qu’a de procéder Alain en observant les symptômes et en essayant de voir s’ils ont disparu. Nous avons tous des gènes porteurs de « maladies » et le milieu dans lequel on évolue, tout un tas de facteurs vont les développer ou non. Debré, par exemple, souhaite mettre en place en France ce qu’il appelle « l’eugénisme de liberté » en tentant de tuer les cellules porteuses de gênes déficients (il pensait à Alzheimer mais c’est applicable à plein d’autres problèmes). Les Chinois ont énormément fait avancer ces recherches alors que nous, Français, sommes plus frileux.

    Je me demandais si le fait de tout nier en bloc était un symptôme de la schizophrénie.

    Développer le meilleur de soi-même n’Est-ce pas finalement accéder au BIEN-être? Comment y parvenir?

    Quand on dit à l’autre qu’il ne mérite pas d’être aimé parce qu’on ne s’aime pas soi-même, n’Est-ce pas une forme de MAL-être?

    Au-delà de la science, je trouve que le positionnement vis-à-vis des autres est important. Savoir aimer, savoir s’aimer, n’est pas une preuve de sa guérison? Quête difficile bien sûr…

    On en parle peu en médecine et pourtant, ça me semble essentiel.

  4. Sybilline Said:

    Je pensais à un autre symptôme: la projection. Voir en l’autre le miroir de soi-même. Ne pas faire la différence entre soi et l’autre. C’est extrêmement déstabilisant pour celui qui subit la haine alors qu’il n’a rien fait, qu’il demande juste un peu de liberté de paroles.

    Est-ce que tous les symptômes sont répertoriés? Sur quoi se base-t-on? Les frontières entre les maladies sont-elles précises?

    Et l’autodestruction, où la place-t-on?

  5. Sybilline Said:

    C’est très intéressant, Alain, ce que tu notes sur la mention de la guérison qui intervient pour beaucoup de gens sauf des Français…comme quoi tout est question de regard.

  6. Sybilline Said:

    Merci Œdipe pour ces belles paroles. Je sais que tu aimes vraiment ta femme. Faire du bien aux autres, c’est le signe d’une bonne santé mentale. Et apparemment, tu n’as jamais lâché cet objectif. Si elle est restée, si elle se sent bien (tout n’est jamais parfait bien sûr), c’est que tu lui apportes beaucoup. Tu donnes…

    La seule chose que la science ne sache pas faire, c’est donner une âme: l’âme ne vient-elle pas de la sensibilité, de la capacité à aimer, à donner, à faire du Bien? Plusieurs livres parlent des monstres que la science a mis à enfanter parce qu’elle n’a pas su leur donner une âme: « Frankenstein » de Mary Shelley ou « Des Fleurs pour Algernon ». Frankenstein est un scientifique orgueilleux qui fait revivre un homme mort, mais il oublie de lui donner une âme. Le monstre est haï: c’est alors qu’il devient un tueur et ambitionne d’assassiner son propre créateur. Détesté des autres, il n’a plus rien à perdre et tue. Sans amour, pas de vie, pas d’âme. Le néant…

    Par contre, la question que je me pose, c’est comment faire en sorte lorsque des crises surviennent de désamour total, de néant qui assomme, pour ne pas perdre le cap? Quel est le bon positionnement à adopter? C’est valable pour les gens qui entourent ceux qui souffrent: les soignants ou l’entourage. Peu de réflexions sur le sujet…ça manque! Comment refuser le tourbillon négatif, l’aspiration vers le bas, sans abandonner, en restant humain (c’est-à-dire sans juger et sans partir par désespoir)?

    Merci encore à Lana d’offrir un moyen de discuter librement de tout ceci. C’est un soulagement dans la souffrance! Une oasis dans le désert.

    Mon ami est quelqu’un qui m’a beaucoup apporté et donné. Je le dis en toute sincérité. Il a une sensibilité rare et une générosité, lorsqu’il est bien, extrêmement touchante. Mais quand il est en état de crise (et ça dure plusieurs semaines), il nie tout le bien, il fait table rase de tout, sans qu’aucun élément déclencheur vraiment probant soit visible: une frustration peut-être, un mot déplaisant. Et c’est le rouleur compresseur, la négation de tout. C’est extrêmement douloureux.

  7. udgg Said:

    Autrefois pour guérir, on lobotomisait ou en enfonçait des pics à glace dans les orbites. Aujourd’hui grâce aux antipsychotiques on produit à la chaîne des psychotiques asymptomatiques ou porteur sains de la maladie et bientôt on ne fera plus que de la suggestion pour déclencher des épidémies de guérisons spontanées. Vous voyez que les choses avancent à condition de toujours garder sa foi intacte.

  8. Sybilline Said:

    Œdipe,

    J’ai répondu à ton message que j’ai trouvé très juste, mais le commentaire a disparu. Lana n’a probablement pas eu le temps de le mettre. Le développement était long. Je fais court.

    Je suis entièrement d’accord avec toi: une bonne relation humaine, l’amour sont deux choses essentielles pour aller vers l’accomplissement de soi, l’être et fuir le non-être, la démolition, la destruction des autres et de soi.

    Aimer, c’est être, donc se sentir bien et être guéri! On sent que tu aimes ta femme en tout cas…et que c’est réciproque.

  9. Sybilline Said:

    C’est vrai que les médecins en FRANCE parle de stabilisation pour la schizophrénie et jamais de guérison (ce sont des restes de la psychanalyse). Pour moi, c’est un non-sens! Dans les pays anglo-saxons, on parle de guérison, car on note tous les symptômes et on voit s’ils ont disparu un à un. Quand c’est le cas, on parle de guérison. Cela n’empêche évidemment pas les cours durs et éventuellement les rechutes. Mais là, tout le monde est concerné! Personne n’est à l’abri de sombrer après une épreuve insurmontable. Enfermer les gens dans un carcan dont ils ne peuvent sortir est une façon de les exclure et donc de ne pas leur permettre la guérison, la voie vers l’accomplissement de leur être en lien avec leur âme (âme, amour: même racine!)

  10. Sybilline Said:

    Je crois que la guérison, c’est se sentir globalement bien, dans le Bien Etre et non dans le Mal Etre. Bien sûr, ce n’est pas constant et aucun être humain est constamment bien, c’est le propre de l’humain d’ailleurs. Tout est évidemment question de degré.

    Quand on est constructif, quand on se fait du bien et qu’on fait du bien aux autre, on ne peut dire qu’on n’est pas mal-ade. La psychiatrie en France a quelque chose de très conservateur, de rigide. Je viens de faire la connaissance d’un infirmier en psychiatrie, très bien, vraiment passionné et lui-même le déplore. Il parle également de la pénurie de psychiatre. Il en manque énormément!

    Et tant qu’on ne fera pas un concours public où les gens sont mutés en fonction des besoins (comme chez les professeurs de l’enseignement secondaire), ce sera catastrophique et il y aura de l’inégalité dans les soins en fonction des régions. Inadmissible! Mais évidemment, le confort des médecins étant remis en question avec une telle réforme, on préfère continuer à faire mal…sans compter que dans le privé les psychiatres sont payés deux fois plus que dans le public. Désertion du public…

    La psychiatrie en France va mal. C’est triste! Il faut informer et ce serait bien que les journalistes au lieu de s’intéresser aux affaires de cœur de notre président dont on se moque complètement, se penche sur les vrais problèmes. Ils m’écoeurent parfois…Encore une manière de détourner les gens de l’essentiel. C’est pourquoi j’écoute très peu les informations. On est souvent dans la désinformation, la pollution intellectuelle au lieu d’être dans l’être, la construction.

    Au moins, ici, on peut parler des problèmes de fond.

  11. Sybilline Said:

    Désolée pour les fautes…mais pas évident de se relire et comme je ne sais jamais si le message va passer ou pas…Je ne perds pas trop de temps.

  12. Sybilline Said:

    Bonjour Œdipe,

    J’ai commencé à lire un peu le début de ton livre et les documents psychiatriques sont assez incroyables tant ils sont abscons. On n’a l’impression qu’on décrit des ondes plutôt qu’un être humain. On veut soigner l’esprit par le corps…Est-ce la bonne solution?

    J’aime bien la page de fond de ton blog: c’est gai, ça fait du bien! C’est important de mettre un peu d’âme dans tout ceci.

    Merci pour ce partage.

  13. udgg Said:

    Personne ne veut guérir, c-a-d se débarrasser de cet « amas de graisse putride » qui étouffe dans l’oeuf toute manifestation vitale; c’est pourquoi chacune et chacun reste prisonnier du bourbier où à défaut de guérison, on cultive le bien et les bons sentiments et où en plus il fait chaud. Avez vous déjà touché le ventre d’un obèse ? Faites le car l’anneau gastrique est aussi celui de la bonté

  14. udgg Said:

    guérison: après une chute de vélo un normopathe connaît une érection de 7 semaines

    http://www.huffingtonpost.fr/2014/01/16/chute-vtt-erection-7-semaines_n_4607854.html?ir=France

  15. udgg Said:

    Eichmann aimait beaucoup son prochain réduit à un tas de cendres fumantes. C’est de là que viendrait l’expression « amour impossible »

  16. Sybilline Said:

    Œdipe,

    C’est bien que tu exprimes ce que tu as vécu. J’ai déjà un blog pour ma part…Merci pour ta proposition d’ aide en tout cas!

  17. udgg Said:

    Vous n’avez rien à déclarer strictement rien ? et pourtant vous êtes sûr d’une chose la guérison est pour bientôt, même pas besoin de tremper ses petits petons dans l’eau froide. Vous vous imaginez sans doute une guérison parfaitement indolore semblable en tout point à une opération chirurgicale rondement menée sous anesthésie générale ? Mais vous êtes déjà sous anesthésie générale et dans cet état personne ne peut parler

  18. udgg Said:

    « un voyage en schizophrénie »: Mais c’est une fiction totale. Les schizos des voyageurs , des oiseaux migrateurs qui franchissent les océans équipés de valisettes samsonyte , la schizophrénie une contrée merveilleuse très dépaysante peuplée d’elfes et de nains de jardin?

  19. udgg Said:

    « un voyage en schizophrénie et sept semaines d’érection » voilà qui est déjà plus sérieux

  20. udgg Said:

    après douze semaines d’érection, sa femme le quitte et il reprend ses entraînements de vélo

  21. Sybilline Said:

    Bonjour Œdipe,

    Je ne souhaite pas donner l’adresse de mon blog, car j’y révèle ma véritable identité et qu’il n’a pas grand rapport avec le sujet dont nous parlons. C’est un blog professionnel.

    Je suis un peu choquée par la manière dont un certain interlocuteur déforme vos propos hors contexte…C’est intime tout ceci!

  22. Sigis Said:

    Peut-être aussi que la société prend un malin plaisir à enfermer les schizos dans un rôle de « malades à vie » car ça permet (à l’entourage et au personnel soignant) d’exercer un certain pouvoir sur le malade. Ce dernier, obligé de prendre son traitement, est en permanence fliqué et régulé par son psy dans le but de s’assurer qu’il prend bien son traitement, avec parfois une augmentation des doses au moindre comportement qui déplait à son psy.


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