Je me suis fait à l’idée que c’était pour la vie…

Des précisions de l’auteur du témoignage « Je voudrais donner un peu d’espoir aux schizophrènes » sur ses symptômes:

Je pense que dans les précédents paragraphes, j’ai dû faire une erreur sur le début de ma maladie. Une chose est sur elle à commencé bien avant mes quarante ans.
En fait cela ne fait que huit ans que je n’ai pas fait de rechute, que je suis stabilisé.
La dose de Risperdal quotidienne que je prend le soir, me rappelle que j’ai une épée de Damoclès au dessus de la tête, comme tous les gens qui sont condamnés à prendre des médicaments à vie… Je me suis fait à l’idée que c’était pour la vie…
Je voudrai décrire quelques symptômes que j’ai eu dans mes délires.

Comme je le disais dans le paragraphe précédent, je pensais être harcelé par des voix télépathiquement. Voix que j’attribuaient à mon voisinage proche.
Les voix la plupart du temps n’avaient rien d’empathique.
C’était comme si j’étais harcelé par des gens sans cœur, des coquilles vides, un peu comme des pervers narcissiques.
Ces voix me dévalorisaient. Elles faisaient référence souvent à la sexualité, me culpabilisait. Elles voyaient aux travers des murs. Je n’étais jamais seul, elles surveillaient mes moindres faits et gestes.
Le plus souvent une voix féminine prenait ma défense, se faisait mon avocat pendant que d’autres plutôt masculines me dévalorisaient, m’insultaient.
J’en étais arrivé à tomber « amoureux » de la voix féminine à qui j’avais donné un prénom.
Les voix méchantes aussi avaient leur nom, à ma façon je les dévalorisais, les ridiculisais. Je me défendais comme je pouvais, j’essayais de leur faire entendre raison et tout ça par la pensée.
Je parlais rarement tout seul comme beaucoup de schizophrènes.
Ces voix communiquaient rarement directement avec moi. Elles ne s’adressaient jamais à moi personnellement.
Elles parlaient entre elles sur moi, débattaient de ce qui était bien, se disputaient entre elles.
C’était infernal ça ne s’arrêtait que dans mes périodes de sommeil. Quand elles se manifestaient la nuit c’était pendant mes phases de réveil. Je dormais peu dans les crises de délire.

Dans un moment de délire assez long je me suis senti agressé par tout le quartier.
J’entendais ou semblait entendre tout ce qui se passait derrière les murs, les portes, les fenêtres de tout les appartements.
C’était un peu comme si les murs était devenus de papier. Plus personne n’avait d’intimité.
Les gens se parlaient entre eux par télépathie, s’engueulaient, faisaient l’amour…
Paradoxalement j’affichais un comportement « normal » hors de chez moi devant le public physique bien en chair et en os. Bien que parfois je criais par la fenêtre…
Plus en voiture je m’éloignais de la grande ville ou j’habite, plus les voix, les bruits diminuaient, pour réapparaître la ville, ou la bourgade suivante.
Je commençais d’envisager d’acheter un fourgon pour dormir au calme dans un chemin, dans une forêt, un peu comme les personnes électrosensibles.
Mon internement mis fin au projet…

Un jour par lassitude j’ai été voir mon médecin généraliste tout en continuant à entendre des voix, j’avais encore du discernement…
J’ai suivi son conseil, j’ai été aux urgences psychiatriques du CHU de mon plein gré.
Quand on m’a sanglé sur un brancard, alors que je commençais à m’agiter (ma voiture était garée sur un parking payant et ils ne me laissaient pas sortir pour mettre des pièces dans le parcmètre) j’ai eu de la haine contre les soignants.
Cela pour moi commençait à ressembler à un internement abusif.
Maintenant je les comprends, ils ne savent jamais à qui ils ont affaire. Ils agissaient pour ma sécurité, la sécurité des autres patients et la leur.
Certains de leur collègues avaient été blessés et tués par des cas psychiatrique dans le passé. Ce qui est encore le cas, maintenant et je comprends leur prudence.

Tout ceci est un descriptif assez sommaire de mes délires.
Dans des périodes j’avais même le pouvoir de faire disparaître des objets, de les rendre invisibles.
Moi aussi j’avais le pouvoir de me rendre invisible.
Les voix voyaient aux travers de mes yeux, j’étais une sorte de réceptacle.
Les voix étaient dans ma tête ou peut être dans une autre dimension, un monde parallèle, peut être l’enfer…

Mais tout cela n’est que suppositions. La science n’a jamais démontré physiquement l’existence d’univers parallèles.
Restons dans le cartésianisme, ne partons pas dans un délire…En général une crise commence comme ça…Boostée par l’imagination…On se met à essayer de comprendre ce qui nous arrive, à inventer des concepts, des théories plus abracadabrantes les une que les autres, des tentatives d’explications aux voix qui envahissent votre tête.

Publicités

5 commentaires »

  1. Jm Said:

    Bonjour Schizo Guéri,

    Désolé je n’ai pas la prétention de comprendre la pensée des psychanalyste célèbre. C’est au delà de mes capacités intellectuelles, bien que j’ai beaucoup lu au cours de ma vie.
    Je pense que le vrai courage est de continuer à se maintenir en vie même si on a une vie minable, si on survie plutôt qu’on ne vie.
    Je ne crois pas au bonheur continu. La vie est faites de bas et de haut même pour les gens qui ne prennent pas de médicaments, qui sont en bonne santé.
    Il y a la naissance, la vie, le déclin, et la mort.
    Quant on a pris conscience de sa finitude et que l’on a compris que tout est vain, que tout est absurde, là est le vrai courage de continuer à vivre, à survivre, à espérer.
    Et surtout à aimer, que l’on soit favorisé ou défavorisé par les conditions environnemental, conjoncturel et surtout de santé.
    La santé c’est le corps par qui passe la sensation, la douleur, le plaisir.
    Le corps est le véhicule de la vie, il est mû par un cerveau. L’un ne va pas sans l’autre. En tout cas pas dans cette dimension…
    Je me suis remis à faire de sport pour entretenir ce corps le plus longtemps possible, pour tenter d’ aimer.
    Je débouche sur la spiritualité, et le sens de la vie…Puisqu’au bout il y a la mort qu’on soit en bonne santé, ou en mauvaise santé…

    Si vous voulez répondre merci d’être bref, je n’ai pas envie d’entrer dans un débat philosophique.

    Bonne santé à vous.

    Jm

  2. Alain Said:

    « Au bout il y a la mort ».

    On peut le voir autrement : au bout, il y a la vie.

  3. Jm Said:

    Rebonjour à vous,

    Je ne sais pas si je suis guéri, en tout cas en collaborant avec les psys et en prenant mon traitement régulièrement depuis huit ans, j’ai été bien soigné. Ma vie est beaucoup mieux qu’avant mon internement.
    Je ne sais pas si je suis heureux, je ne me pose pas ce genre de questions.
    Il y a probablement des gens heureux ou malheureux qui ne se la pose pas aussi.
    On peut être aussi un imbécile heureux…Quand on est heureux et que des questions existentielles ne vous ont jamais effleurer.
    Si des propos que j’ai tenu ont blessé quelqu’un je m’excuse. J’ai souvent tendance à oublier que nous ne sommes pas tous aux même niveau spirituel, que l’on soit schizo ou « normal’.
    Les schizos font partie du genre humain ou l’on trouve toute sorte d’individu, de visions différentes du monde. La maladie n’excuse pas tout.
    En tout cas je me sens responsable depuis que je suis bien soigné.
    Alain à peut être raison, au bout il y a peut être la vie . La sortie du clair obscur ou est plongé le monde vers la pleine lumière.
    Une chose est sur en devenant un porteur de lumière, en aimant je contribue à mettre un peu plus de lumière dans le monde.
    Finalement je suis peut être guéri.

    Jm

  4. Lana Said:

    Schizo Guéri, ce serait quand même plus honnête de dire à JM qu’OEdipe La Chaise n’est pas un psychanalyste célèbre mais un de tes pseudos 😉 !

  5. vernet Said:

    Oui quand je te lis je revie le délire de mon fils mais lui a toujours affirmer ne pas entendre de voix.
    Il s est d abord pris pour un génie puis pour dieu. Il disait qu il était l élu, qu il avait écrit la bible. En quelques jours il a perdu sa carrière de pompier et son travail. aujourd’hui il est très diminué, très déprimé, n a plus d envie. Et il a repris le cannabis… il a eu 20 ans il y a 2 jours. Nous étions très fisonnel avant sa bda, aujourd’hui il n est plus le même. comme est comme si il ne m aimé plus


{ RSS feed for comments on this post} · { TrackBack URI }

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :