Pourquoi des schizophrènes ne sont pas internés?

Une requête google, un article pédagogique, ça devient une habitude.

Donc pour répondre à cette excellente question avec patience et pédagogie, et pas juste en disant que les schizophrènes fomentent un complot pour rester en liberté et dominer le monde, un couteau entre les dents, voici les raisons qui font que les schizophrènes ne sont pas tous internés, et encore pire, que ceux qui le sont ne le sont pas toute leur vie:

1. Les schizophrènes sont parfois d’accord pour être hospitalisés, nul besoin donc de les y contraindre.

2. Les schizophrènes ont un minimum de droits, on ne peut donc pas les interner dès qu’on le souhaite, même si c’est assez facile.

3. L’HP n’aide pas grand-monde (mais je ne suis pas sûre que ça fasse partie des raisons, étant donné que seuls les patients le pensent).

4. Les schizophrènes peuvent être soignés en ambulatoire.

5. Les schizophrènes n’étant pas plus dangereux que le commun des mortels, s’il fallait tous les interner parce que quelques-uns ont commis des crimes, il faudrait donc emprisonner le reste de l’humanité pour prévenir tous les crimes et délits qui ont lieu chaque jour dans le monde.

6. Les schizophrènes ont autre chose à faire que de passer leur vie à l’HP. Par exemple: travailler, se marier, avoir des enfants, rester tranquillement seuls chez eux ou se mêler à la foule des gens sains d’esprit sans se faire remarquer.

7. Les schizophrènes ont aussi des gens qui les aiment et qui ne souhaitent pas se débarrasser d’eux ad vitaem aeternam.

8. On n’est plus au XIXème siècle.

carte_postale_schizo_def_recto

Publicités

10 commentaires »

  1. Alain Said:

    Une autre raison : on a fermé beaucoup de lits en psychiatrie (50% en 20 ans +/-). Tous les patients ne sont pas morts à la rue (seuls certains). Il y en a donc au dehors et comme on ne s’est pas encore décidé à les enfermer dans des cages pour animaux, la situation perdure.

  2. DESFRICHES DORIA Said:

    les personnes souffrant de cette pathologie sont avant tout des êtres humains, avec des désirs, des souffrances, une grande sensibilité et bcp de créativité souvent! qu’on leur permette d’accéder à la médiatisation(écriture, chanson, peinture,ect//et cette société si formatée, et qui a peur de tout comprendra enfin que les schizophrenes font partie integrante de notre monde, au meme titre que n’importe qui! il faut juste qu’ils puissent touver leur place dans la vie sociale!

  3. une maman Said:

    j’aime votre site et que vous prenez la parole parce que vous existez même avec votre maladie.. J’aime le fait que vous dites « il faut juste qu’ils puissent trouver leur place dans la vie sociale!  » car c’est tellement criant de vérité.
    je suis une maman d’un fils de 27 ans qui est dans le début de sa maladie, et je l’aime avec sa maladie . Dur pour lui de voir sa vie se transformer…Il avait d’autres rêves et …Maintenant il ne sait pas vers quoi il va…Il commence à réaliser les symptômes de sa maladie qui commence à prendre de plus en plus de place dans sa vie « normale d’avant,et dit « Je suis foutu »et quand il dit cela je suis parfois désemparée…Alors je lui dit « il faut rebondir…et tu vas trouver un jour une manière différente de vivre , avec d’autres envies .
    Mais ces envies c’est lui qui doit les trouver. Je peux lui donner des pistes ,l’accompagner sur ce chemin en l’aimant comme il est ,et en l’encourageant quand il ose partager… Car je sais que c’est de plus en plus difficile pour lui de partager et dire ses émotions comme si cela devenait un secret de famille, un sujet tabou alors que lui il souffre intérieurement de voir cette maladie le ronger petit à petit… et aussi j’imagine qu’il a difficile de voir les autres qui le connaissait « avant » sa maladie et qui le voie petit à petit changer sans comprendre…. et sans oser aller vers lui , se taise par pudeur ..
    Mais est-ce la solution que de nier et minimiser ????
    Je ne crois pas … Mais je sais aussi que pour mon fils c’est difficile de parler de sa maladie aux autres et qu’il doit comprendre qu’il faut apprendre à ne pas en être gêner! Je souhaite qu’il puisse trouver à son rythme les mots pour en parler et surtout que les autres puissent entendre « sa vérité » son ressenti et comment lui est « vraiment » face à cette maladie.
    Je me sens souvent impuissante face à sa maladie et fort dépourvue , ne sachant pas toujours comment l’aider…mais je lui dis que je l’aime comme il est et que je serais toujours là à se côtés dans les bons comme les mauvais moments. J’ai au début de sa maladie voulut nier ce qu’il avait, minimiser ce qu’il me disait car je pensais qu’en minimisant c’était l’aider…. Mais je me rends compte maintenant que c’est tout le contraire Et quand il me dit maintenant « maman je devient « handicapé » Je ne dois pas nier ce qu’il me dit! même si cela me fait mal d’entendre cela… Car son ressenti … c’est son ressenti !et je dois apprendre à écouter et accepter ses mots . Ne pas faire de sa maladie un sujet tabou . Mais pas facile non plus pour sa famille proche , son papa, son frère et ses sœurs… Ses cousins et cousines de mettre un mot sur sa maladie. Il est plus facile d’ignorer…faire semblant , minimiser et pour certain ne pas croire, être dans le déni……. Alors que mon fils a réellement une maladie qui s’installe Oui il a maintenant un handicap, Oui il a maintenant une maladie . Je ne veut plus que sa maladie devienne un secret de famille , un sujet tabou… Car mon fils est avant tout une personne humaine, qui a des sentiments, des émotions…. Certe ,différente des autres !…Mais accepter mon fils avec sa nouvelle vie, ses nouvelles émotions , apprendre à écouter son ressenti dans sa globalité ,avec aussi ses joies comme ses difficultés et l’accompagner sur sa nouvelle vie , est le plus beau cadeau qu’on puisse lui faire .Actuellement tous cela est nouveau pour lui; il se sent découragé car il ne sait pas exprimer ce qu’il veut pour son futur …Mais je crois qu’en acceptant déjà la réalité de sa nouvelle vie de » maintenant… » et l’aimer comme il est ! sans nier ses difficultés, lui permettra de se projeter dans le futur. Oui il a une place dans cette société… Il ne sait pas encore laquelle mais je tâcherai de l’accompagner au mieux sur son nouveau chemin . Une maman parmi d’autres…..

  4. Lana Said:

    Bonjour. Merci pour votre témoignage. Votre fils est au début de sa maladie, et il s’il ne faut pas minimiser, il ne faut pas renoncer à ses rêves non plus. Rien ne dit qu’il ne pourra pas faire ce qu’il a envie e faire, même si c’est plus difficile ou un peu différent de ce qu’il imaginait. C’est trop tôt pour le savoir.

  5. Lacel Said:

    Il est vrai que l’hospitalisation s’impose parfois comme une évidence, pour le schizophrène lui même. Je me souviens être allée chez mon psychiatre pour lui dire que l’appel du vide devenait trop pressant, qu’il fallait qu’il m’aide à me protéger de moi-même, en m’internant quelques temps.
    Je ne sais pas comment se passent les choses en France. En Allemagne où je vis, les psychiatres ont le droit d’interner quelqu’un de force mais uniquement pour 72 heures et uniquement s’il a la certitude que la personne pourrait être dangereuse pour elle-même ou pour les autres. Je ne trouve pas que ce soit une mauvaise chose. Quand le délire devient trop obsédant et persistant, il est bon de pouvoir déléguer (même contre son gré).
    Je trouve formidable votre dernier paragraphe: un schizophrène peut travailler, avoir une famille, une vie quasi « normale », il est important de le souligner. Notre « maladie » (Dieu que je n’aime pas ce mot!) n’est pas écrite sur notre front, heureusement! Pour ma part, après deux années d’enfer, j’ai entrepris cette année de reconstituer le puzzle de la vie que j’avais avant mon dernier délire: à savoir, retrouver mon poste au travail, et.. retrouver l’homme dont la maladie m’avait éloignée et que j’ai pourtant toujours aimé. Pour l’instant, tout semble s’emboiter, je suis comme en état de grâce. Mais je reste bien consciente que je ne suis pas à l’abri d’un nouveau dérapage, malgré la thérapie et malgré le traitement. Je reste vigilante.
    Cet état de grâce si rare, je le souhaite du fond de mon petit coeur malade à toutes les personnes lisant ce témoignage ainsi qu’à vous, qui tenez ce blog.
    Amitiés
    Céline

  6. Lana Said:

    Le problème, c’est que trop d’hospitalisations sont faites sous contrainte, sans même essayer d’avoir l’accord de la personne, voire même quand elle est d’accord. Vu l’état des HP, ne pas vouloir être hospitalisé ne veut pas forcément pas non plus dire qu’on ne veut pas être soigné, mais qu’on ne veut pas être maltraité.
    Je suis contente de savoir que vous allez bien, et vous remercie pour vos souhaits.

  7. Lacel Said:

    Vous avez tout à fait raison quand vous parlez d’hospitalisation forcée. Sans une prise de conscience du patient sur le bienfondé de l’hospitalisation (ce qui est souvent le cas, malheureusement), cela sert-il encore à quelque chose? « À minimiser les dégâts extérieurs », sûrement, mais pour le patient..
    Quant à l’état des hôpitaux de santé mentale, je dois dire que j’en ai beaucoup entendu parler mais j’ai eu la chance de passer au travers. La clinique où je me suis retrouvée à plusieurs reprises était assez.. correct (du moins pour un tel endroit, ça l’était 🙂 Mais j’entends beaucoup d’amis se plaindre des conditions déplorables de ces établissements.. C’est sûr que si la médecine s’assimile à du mauvais traitement.. on ne peut pas blâmer les patients de ne pas vouloir subir cela

  8. telepathe_skizo Said:

    Le mérite
    De ton site
    Et du ton
    De ces questions,
    C’est de rendre obscène
    Le terme « schizophrène »
    Et de lui substituer, sans vanité,
    L’idée d’humanité.

  9. Lana Said:

    C’est joli, merci!

  10. groschat Said:

    Merci pour ce petit mot. Mon adorable
    frère est schizo et se sent tellement mieux qd il n’est pas à l’HP 😉


{ RSS feed for comments on this post} · { TrackBack URI }

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :