Rien

« Mourir, dormir » comme dit Hamlet.

Pour une fois, je ne veux pas mourir. Mais je veux dormir.

Mais quel réconfort trouver dans le sommeil quand on sait que tout reprendra demain, si tôt?

Le travail, les gens, les questions, les problèmes, les idées à avoir.

« Mourir… dormir, dormir ! peut-être rêver ! Oui, là est l’embarras. »

Rêver, ou plutôt faire des cauchemars. Des cadavres qui me poursuivent toute la journée.

Mais c’est mon seul refuge. Même si je suis déjà fatiguée à l’idée de me réveiller le lendemain.  Continuer, continuer toujours. Pourquoi? Pour où?

Oui, la vie est dure. Le travail, la solitude. Mener sa barque seule, sans personne sur qui se reposer, sans épaule sur qui pleurer. Ne pas rêver d’amour, ce serait comme rêver au gros lot, quelque chose qui n’arrivera pas, quelque chose qui ne fait pas partie de ma vie. Pas de regrets, c’est comme ça. Mais ça n’empêche pas le fait que ça soit dur d’être seule à se battre chaque jour.

Rien de neuf sous le soleil, en réalité. Juste le quotidien. Toujours le quotidien. Pas de quoi se plaindre. Pas de folie à l’horizon, pas d’enfer en vue.

Mais dormir. Dormir.

Je crois que je suis un peu déprimée. Et c’est si peu de choses à côté de la psychose ou de la mélancolie dévastatrice que ça ne paraît rien, rien qui justifie d’aller mal, rien qui justifie de demander de l’aide, rien. Mais ce rien est là, il ronge, il prend de la place, il grignote mes forces vitales. Ce rien, à force, il me fatigue. Ce rien est fatigant, dans tous le sens du terme. Fatigant, ennuyant, blasant. Tu me fatigues avec tes problèmes qui n’en sont pas, dit une part de moi-même.  Tu me fatigues, tu fatigues les autres, va dormir.

Dormir…

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6 commentaires »

  1. Hlhl Said:

    C’est amusant (non, en fait non), c’est pile-poil mon état d’esprit du moment … Bah, j’essaie de me raisonner en me disant que l’automne-hiver et son temps humide déprime plus que tout autre moment, même si cela n’explique pas tout …

    Parfois je me dis, que ce vide, c’est un peu comme la matière noire dans l’univers : on ne la saisit pas, mais elle est là, et mine de rien, assure la cohérence du tout. Finalement, je me dis que ce vide évite peut-être une « surchauffe », même si ce n’est pas facile à vivre.

    En ce moment de partage de rien, je te dis bon courage tout de même.

  2. Lana Said:

    Bon courage à toi aussi.

  3. Alain Said:

    Un rien qui étouffe tout,
    Le tout qui sombre dans ce rien,
    Ce n’est pas rien du tout,
    Et pourtant, le tout n’est pas ce rien,
    Ce n’est rien de le dire,
    Le tout est d’y croire.

  4. Lana Said:

    Oui, le tout est d »y croire, c’est vrai.

  5. Télépathe schizo Said:

    Tout est dit.
    Rien n’est arrangé.
    Il reste beaucoup à dire, à faire, à penser, à vivre.
    Plus rien n’a de sens commun dans le silence.
    Plus rien n’a de sens, pour moi, que le temps d’y croire.
    Est-ce un oubli, est-ce une chance ?
    Ai-je jamais aimé que moi ?
    Aimer ne m’aime plus, pourquoi ?
    Aimer est fou, aimer ne m’aime plus.

  6. Lana Said:

    Merci pour ton beau texte.


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