Nous aussi, on vaut mieux que ça

Je marche seule dans la rue, et je ne peux pas arrêter de penser à l’article de Libération que je viens de lire.

Je marche seule dans la rue, libre, et je pense à ceux qui sont enfermés.

Je sais que j’aurais pu être celle-là, que je pourrais l’être encore, qui est en chambre d’isolement depuis un an. Que je pourrais être celui qui est attaché depuis des jours.

Je pense à eux et j’ai le coeur brisé.

Mais moi je suis libre. Et eux ils se font piétiner par des gens qui n’ont pas l’impression d’être des barbares, qui ne pensent pas faire pire qu’ailleurs et qui osent parler de soins intensifs. Eux, ils sont devant des gens qui brisent des vie en toute bonne conscience.  Comme si la barbarie ce n’était pas fouler aux pieds les droits d’humains, fussent-ils fous, comme si ne pas faire pire qu’ailleurs était une excuse, comme si torturer en mettant les mots du soin dessus, ce n’était pas grave.

Moi je marche libre dans la rue et je me dis que nous aussi, on vaut mieux que ça, beaucoup mieux que ça. Il serait temps de le comprendre. Il serait temps d’arrêter de casser les gens en prétendant les soigner. Il serait temps de se regarder dans la glace et de voir en celui qu’on attache un autre soi-même.

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5 commentaires »

  1. frebianchi Said:

    Bonjour Lana,

    Merci d’avoir publié ton texte avec le lien vers l’article de Libération. C’est très grave ce qui se passe.
    Je lis votre blog, votre travail de témoigne est nécessaire.
    Bonne continuation,
    Frédérique

  2. frebianchi Said:

    Je voulais écrire : votre travail de témoignage.

  3. Lana Said:

    Merci!

  4. Hlhl Said:

    Ce qu’il faudra qu’on m’explique un jour, c’est pourquoi avec tous les témoignages que l’on peut trouver sur le sujet, rien ne change, pourquoi les personnes déjà fragiles psychologiquement, et en particulier les psychotiques, continuent d’être considérés comme des êtres dont l’avis et les ressentis ne comptent pas ; et pourquoi pour ces derniers, on ne peut pas les voir mieux que stabilisés dans une existence sous perfusion. Mais les soignants ne voient donc pas que certains arrivent à faire des choses au-delà de la morne existence qu’ils leur réservaient ?

  5. Alain Said:

    Des êtres dont l’avis et les ressentis ne comptent pas.

    C’est l’explication. Je ne sais vraiment pas ce qu’on peut y faire. Lana fait déjà beaucoup en tenant ce blog mais combien le lisent et combien l’approuvent ?


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