Un pair-aidant, pas un modèle

En janvier, je débuterai une formation de pair-aidante en psychiatrie.

Bien sûr, je me pose beaucoup de questions, et je lis des articles sur la pair-aidance. Certains parlent du pair-aidant comme d’un modèle, et que faire s’il rechute?

Modèle que je ne veux pas être. Modèle bien lourd à porter.

Que faire si le pair-aidant rechute? Je répondrais prendre un congé maladie, tout simplement, fin du problème. Evidemment, si on le voit comme un modèle de guérison, le voilà tombé de son piédestal, déchu de sa fonction, relégué au rang de mauvais malade. Mais je ne crois pas qu’il s’agisse d’opposer les bons et les mauvais malades, ni d’ériger quelqu’un en modèle.

Je pense à l’époque du début de ma maladie, et à ce qu’un pair-aidant aurait pu m’apporter.

De l’espoir d’abord. Peut-être aurais-je eu envie d’un modèle, mais je pense que quelqu’un qui m’aurait remis les pieds sut terre en m’expliquant qu’il vivait avec sa maladie, qu’il la gérait, avec ses hauts et ses bas, m’aurait fait du bien. Car j’oscillais entre la peur de ne jamais en sortir et l’espoir que tout redevienne comme avant. Un pair-aidant aurait pu m’expliquer qu’il y avait un entre-deux, ce que n’a fait aucun soignant. J’aurais pu le voir de moi-même et ça m’aurait sans doute épargné des souffrances et des faux espoirs.

De l’aide aussi. Pour aller à un rendez-vous, oser poser des questions aux médecins, faire valoir ses droits. De l’aide pour des choses qui peuvent paraître banales mais sont difficiles à faire quand on est malade.

Et bien sûr la compréhension de quelqu’un qui est passé par là, qui connaît la maladie de l’intérieur.

De l’espoir et un peu d’aide, de la compréhension, c’est peu et c’est beaucoup à la fois. C’est ce que j’espère apporter en tant que pair-aidante.

Peut-être que ces considérations sont bien naïves, peut-être dirais-je le contraire dans un an, et encore autre chose dans deux. Ce sont juste les quelques réflexions qui me poussent à m’engager dans cette voie.

 

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12 commentaires »

  1. mj Said:

    Bon c

  2. mj Said:

    Je pense que ça te fera aussi du bien à toi, si ce n’est plus, que ça t’apporteras autant que ce que tu donneras à ceux que tu pourras aider et qu’en soutenant autrui c’est aussi soi même que l’on soutien et à qui l’on parle. Et c’est courageux en même temps.
    Je te souhaite bonne route et je lirai, comme toujours, avec beaucoup d’intérêt tes impressions, tes commentaires et tes expériences.
    Sans te connaître, je me considère comme ton alliée, presque ton amie ou du moins une « supportrice » alors je t’embrasse.

  3. Lana Said:

    Merci! C’est vrai que ça apporte aussi beaucoup d’aller vers les autres, j’espère que cette expérience sera enrichissante.

  4. mj Said:

    Elle le sera, aucun doute, surtout si tu est toi même aidée et accompagnée dans ton rôle.

  5. Alain Said:

    C’est généreux d’aller vers les autres, bravo !

    Comment t’est venue cette idée ?

    J’ai lu un article sur une telle expérience en France et les syndicats traînaient des quatre fers : ils dévalorisent notre profession, disaient-ils. Est-ce mieux en Belgique ?

  6. Lana Said:

    J’ai une amie qui est pair aidante et m’a parlé de le formation, c’est ce qui m’a donné l’idée, aussi parce que je cherche à me reconvertir au cas où la librairie fermerait. En France, il y a 60 pair aidants, donc tout le monde n’est pas contre, heureusement.

  7. Hlhl Said:

    Je trouve ça beau de franchir ce pas, ce n’est sans doute pas si facile de s’exposer face aux autres.
    En tout cas bravo ! Tes écrits sont déjà aidants, aidants pour mettre des mots (pas forcément pile-poil les bons, mais ça s’en rapproche) sur ce qu’on ressent, aidants pour se dire que non, notre vie ne se résume pas à la maladie, aidants pour se dire que oui, on peut s’en sortir.
    Donc, de nouveau, bravo !

  8. Lana Said:

    Merci.

  9. Marlene villeneuve Said:

    Bonjour je cherche des renseignements comment devenir paire aidante j’ai été préposé aux bénéficiaires et ça fait 28 que j’ai une maladie mentale et traité j’ai beaucoup aidé les personnes souffrante et entre autre ma petite soeur j’aimerai beaucoup dirigé ma carrière et aussi vocation.vers cette voie j’ai un secondaire 5 et je m’y connais beaucoup en psychologie bref ma queston ou fait-il allez pour avoir une métrise ou autres merci.une réponse serais apprécié merci

  10. Lana Said:

    Vous êtes en France ou ailleurs?

  11. HumaPsy Said:

    Bonjour, ou en êtes-vous de cette formation ? Pourriez-vous nous raconter un peu comment cela s’est passé ? La durée et la fréquence des cours ? Dans quels lieux ? Votre bilan ?

  12. Lana Said:

    Bonjour, j’ai terminé la formation en décembre. Les cours avaient lieu un jour par semaine pendant un an, à l’université de Mons. On avait aussi la possibilité de faire un stage, que j’ai fait pour ma part dans une initiative d’habitations protégées. D’autres stages ont été faits dans un centre de rééducation fonctionnelle, dans un hôpital ou à Housing first. La formation s’est bien passée, les cours étaient assurés par différents intervenants extérieurs ou par les coordinateurs. On était dans une optique de coconstruction de savoirs et j’ai trouvé que les formateurs étaient très ouverts à la discussion.


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