Avoir peur et avancer

« Continuez à avoir peur, mais faites-le quand même. L’important, c’est l’action. Pas besoin d’attendre d’avoir confiance en vous. Lancez-vous, et la confiance suivra. »

Carrie Fischer, sur le fait de réaliser ses rêves malgré la maladie mentale.

C’est ma philosophie de vie, et jusqu’ici ça a plutôt bien fonctionné. J’ai décidé il y a longtemps de ne pas attendre d’aller bien pour faire les choses. Parce que j’allais mal tout le temps. On me conseillait de laisser tomber ce à quoi je tenais, pour me concentrer sur ma santé. Mais je ne crois pas que j’aurais retrouvé la santé mentale en me « concentrant » dessus. Je ne sais pas ce que c’est, d’ailleurs, se concentrer sur sa santé mentale. Je sais me concentrer sur ma vie, sur mes projets, me battre pour me lever le matin, me battre pour étudier et travailler, me battre pour sortir et croiser des gens, me battre même pour simplement rester en vie. Me battre contre moi et la maladie, je connais. Me concentrer sur quelque chose qui n’est plus là, non. J’ai décidé d’avancer malgré la peur, malgré l’angoisse, d’avancer un pas après l’autre et de voir où j’arriverais. Et oui, quand on se lance, quand on avance, la confiance vient parce qu’on voit qu’on arrive à faire des choses qu’on ne croyait pas pouvoir faire. Alors, petit à petit, on a moins peur de certaines choses, puis plus du tout. On peut avoir peur d’autres choses, des choses plus dures, plus grandes, et se lancer dans celles-là aussi, parce qu’on a pris confiance en soi, parce qu’on sait qu’on n’est pas mort d’avoir osé, de s’être battu, qu’on est même plus vivant qu’avant. Le combat contre la maladie m’a appris ce que je valais et m’a donné confiance en moi. Je ne dis pas que c’est facile, je ne dis pas que c’est sans chute douloureuse, mais ça en vaut la peine, d’affronter sa peur et son angoisse. Et quand on avance comme ça, cahin-caha, on finit parfois par croiser la santé sur le chemin, sans s’être concentré dessus, sans l’avoir attendue pour avancer.

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2 commentaires »

  1. Hlhl Said:

    Oui, en fonctionnant ainsi, on croise des moments de mieux, voir de quasi-guérison, croit-on … C’est assez dur quand on se rend compte qu’en fait, ce n’était pas fini, de recommencer cette démarche d’avancer, malgré tout, de continuer à avancer coûte que coûte.

    L’instinct de survie aide, un temps, l’envie de ne pas gâcher en quelques semaines les avancées si durement et longuement acquises. Lutter contre les angoisses dues aux ruminations liées à la maladie, aux angoisses bien réelles et inévitables qu’apportent la réalité, lutter contre l’amplification de cette angoisse.

    Une psy me disait souvent, quand je demandais quoi faire : « Avancer, continuer à avancer ». Je retrouve ce conseil, marquant, dans ton texte, bien loin de ceux qui nous isoleraient de tout et de tous pour éviter toute source d’angoisse, alors qu’en fait, le vide créé l’amplifie.

    Oui, avançons !

  2. Lana Said:

    Oui, le vide créé amplifie l’angoisse, et c’est cette peur du vide qui m’a toujours fait avancer.


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