Le labyrinthe des soins

Depuis que ma psychiatre adorée est partie, c’est la croix et la bannière pour me faire soigner. D’abord, il a fallu que sa remplaçante arrive, deux ou trois mois après son départ. Ensuite, cette remplaçante, que j’ai à peine eu le temps de connaître, a été mise en congés maladie. Visiblement, elle ne reviendra pas. Donc, elle va elle-même avoir un remplaçant. Peut-être en janvier. Mais c’est pas sûr. Et puis vous comprenez, le temps que cette personne lise tous les dossiers, etc, ça va prendre du temps. Bon, j’ai cru comprendre que je ne devais pas attendre grand-chose du service de santé mentale. Ils vont me rappeler la semaine prochaine, pour me faire part de la décision d’équipe. La décision de quoi, j’ai pas très bien compris. De savoir si je peux attendre un éventuel remplaçant? Ou si je n’ai même pas le droit à ça et que je dois aller voir ailleurs? Sauf que je veux bien aller voir ailleurs, mais que tout le monde me dit que c’est complet. Aux consultations de l’HP, l’infirmier était étonné que je ne puisse venir que le jeudi. « Pourquoi si je peux me permettre? » Ben parce que je travaille, et que je ne peux pas me libérer en journée quand je veux. Oui, je sais, c’est dingue, mais il y a des patients psy qui ont une vie en-dehors de leur rendez-vous chez le médecin. Donc, il va voir, mais le jeudi c’est compliqué, et pas cette année en tout cas, et il me rappellera si la réponse du médecin est positive (quelque chose me dit qu’il ne me rappellera pas). « Et votre ancienne psychiatre, elle n’a pas de consultations? ». Ben non. J’y serais depuis longtemps si ma psychiatre adorée avait des consultations n’importe où dans ce pays.

J’ai pensé aussi à voir un psychologue, mais là où miracle il y a de la place, il faut y aller au moins tous les quinze jours et moi une fois par mois me suffit. Donc retour à la case psychiatre. De toute façon, je préfère parce que j’aime bien que la personne qui me suit puisse gérer mon traitement.

A chaque refus, je pose le téléphone et je pleure. C’est con, je sais. C’est pas que je le prenne personnellement ou quoique ce soit, mais je crois que ça me ramène à l’époque où je devais me battre pour me faire soigner alors que j’allais très mal, l’époque où on ne me croyait pas, celle où j’ai dû finir aux urgences pour qu’on me prenne au sérieux. Et puis j’ai besoin d’avoir une sécurité dans mon suivi, même si celui-ci est peu intense, pour me sentir bien. Si je n’ai pas ma consultation tous les mois, je pars vite en vrille. Alors, ne pas savoir ce qu’il va en être, même si heureusement j’ai toujours mon médecin généraliste, ben ça me fait pleurer.

Mon médecin m’avait conseillé une psychiatre, qui ne prend plus de nouveaux patients dans le public. Je vais essayer à son privé. Je l’appellerai lundi. J’espère que ça va marcher, parce que sinon je ne sais pas vraiment où aller. J’ai essayé tous les endroits qui me paraissent bien, il y a ceux où je ne veux plus aller, et je n’ai pas envie de piocher un nom dans le bottin sans savoir où je mets les pieds.

Il y a peu, j’ai été interviewée par un étudiant en journalisme, qui me disait qu’il avait l’impression que le système de soins en Belgique, c’était un labyrinthe.

Là, je suis un peu perdue dans le labyrinthe. Encore.

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6 commentaires »

  1. Richard nadine Said:

    Doux Jésus ! Alors en Belgique c’est la même qu’en France !
    En vous lisant, j’avais l’impression qu’on avait mis un carbone à l’histoire que vit actuellement mon fils. On a contourné le problème en consultant un psychiatre qu’il le suivait en hospitalisation et qui a un cabinet privé. Mais il est loin et mon fils ne peut pas prendre les transports donc galère avec les prises en charge de taxi.
    Ah ,et oui,, il faut quand même un psy de secteur pour pouvoir accéder aux structures du departement, quand il y en a et qu’elles ne sont pas complètes.
    Hauts les coeurs !!!!!

  2. Lana Said:

    Ben si on ne va pas dans le privé ou qu’on ne passe pas par les urgences, c’est compliqué, en effet.

  3. suzearaignee Said:

    J’espère que la situation va se débloquer. Y a vraiment un problème, ne serait-ce que dans le fait que les personnes fragiles et en souffrance doivent déployer des trésors d’énergie (comme si on en avait plein, de l’énergie, hein) pour obtenir du soin, alors que ça devrait être la base.
    Et avec l’augmentation du nombre de patient-e-s et la baisse du nombre de soignant-e-s et de places, ça va pas aller en s’arrangeant… Et puis si la seule option pour obtenir du soin c’est d’aller à l’hôpital, c’est à dire dans un endroit on on a 99 « chances » sur 100 d’être maltraité-e… ben non merci quoi.

  4. Francine HARDIVILLE Said:

    Bonjour Lana
    Je suis de tout coeur avec vous et comprends votre désarroi. Tout changement est source d’angoisses. Je souhaite que vous trouviez un psychiatre au plus vite. Permettez-moi de vous embrasser affectueusement .

  5. catplume Said:

    Bonjour. Que pensez vous de la consultation à distance svp ? Connaissez vous des gens qui ont testé ? Bien à vous

  6. Lana Said:

    Suze, oui il y a un problème, et encore là je vais plutôt bien, mais quand on est mal et qu’on doit dépenser toute cette énergie, c’est vraiment la catastrophe.

    Francine, merci beaucoup.

    Catplume, non je ne connais personne qui ait testé la consultation à distance. Personnellement, je ne pense pas que ça me conviendrait.


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