« Soigner les fous », Michel Caire, Nouveau Monde

Présentation de l’éditeur

Le mot de « psychiatrie », la « médecine de l’âme », ne date que du début du XIXe siècle. Il recouvre toutefois un ensemble d’observations et de pratiques remontant à la plus haute Antiquité, dont Hippocrate et Gallien ont réalisé une vaste synthèse en fondant la théorie des humeurs, base d’une approche nouvelle, prescrivant aux médecins de rétablir un équilibre corrompu chez leurs malades.
Aux traitements médicaux, exercices physiques, diète, bains, purgations a longtemps été associé le recours à Dieu et à ses saints, dans le cadre de pèlerinages et de séances d’exorcisme. Et si la médecine reconnaît ensuite que la folie est curable, elle recourt à des traitements d’immersion, de secousse, d’électrisation, à des prescriptions visant à remplacer le mal par le mal, à des machines rotatoires qui, pour avoir souvent été expérimentés par les praticiens eux-mêmes, n’ont souvent rien à envier aux méthodes des périodes antérieures. À cette époque aussi, la sexualité peut constituer un dérèglement psychiatrique… comme un traitement.
Après la période des traitements de choc et de la chirurgie du cerveau, ce n’est qu’au milieu du XXe siècle qu’apparaissent les psychothérapies, les physiothérapies et les médicaments psychotropes efficaces… bien qu’ils ne soient pas tous sans dangers !
Des remèdes ancestraux les plus insolites aux médications récentes, l’auteur nous offre un panorama inédit et fascinant de la psychiatrie à travers l’Histoire.

Biographie de l’auteur

Psychiatre hospitalier à Paris et ancien président de la Société médicale des psychiatres des hôpitaux, Michel Caire est également docteur en histoire à l’Ecole pratique des hautes études.

3 commentaires »

  1. Bonjour, comme un étrange sentiment d’un retour en arrière dans la présentation de l’éditeur. D’accord, c’est de l’histoire, mais serait temps de regarder le présent, agir et projeter dans le futur !

    Je ne me sens nullement faire partie de l’histoire, malgré mes 67 ans acquis ce mois. Souffrez qu’une personne, comme moi pour la nommer…. qui ait eu 24 sismothérapies en 1990, et 10 autres en 2007, vous dise de regarder la réalité bien en face au lieu de conserver vos préjugés indéfiniment. Cela fait déjà 2 ans que je suis totalement rétablie après la dure traversée d’une grave maladie mentale. Au lithium, jusqu’à la fin de mes jours sauf découverte inattendue. Je ne souhaite en effet pas prendre le risque de perdre tout ce que j’ai récupéré et ce que j’ai acquis depuis mon rétablissement et pendant ma maladie aussi. C’est trop précieux. Retrouver la santé mentale est un si grand bonheur. J’ai d’autres mots, mais celui-là est la cerise sur le gâteau.

  2. Sandrine Said:

    Oui, l’histoire de la psychiatrie est à la fois passionnante d’un point de vue sociologique, édifiante, et… totalement terrifiante !!! J’ignore ce qui est le pire entre l’histoire de la chasse aux sorcières -avec le délirant Maleus malleficarum en lecture annexe…-, l’histoire de la psychiatrie, ou celle des expériences menées par l’Allemagne nazie… « Passionnante et édifiante » néanmoins, parce qu’à peine a-t-on entamé ce voyage, parfois cauchemardesque, en amnésie, que rapidement, on ne sait plus qui était fou ou qui était bien portant au sein de ces systèmes plus ou moins clos sur eux-mêmes… Le doute frappant la prétendue « normalité », ce doute susceptible d’entacher autant les institutions d’aujourd’hui que celles -folles de manière beaucoup plus évidente, avec le recul- d’hier, et qui s’insinue irrésistiblement en soi lors de telles lectures : voilà ce qui est édifiant et formateur.

    Beaucoup, dans nos sociétés, se prétendent cartésiens, alors qu’ils oublient, engoncés dans leur conformisme, que ce qui a fondé l’oeuvre cartésienne, c’est le doute méthodique : tout remettre en question tout ce que l’on croit savoir, tout ce que l’on a appris, tout ce qui paraît évident, au moins une seule fois dans sa vie. Faire table rase du connu, tout ramener à l’inconnu, au cas où tout serait illusion.
    Dans cette optique, je me suis ouverte à bien des courants au cours de ma vie, pour constater que les dogmatismes et les parti-pris idéologiques sont toujours légions, même à l’heure prétendument « scientifique ». Dans ce livre, par exemple, certainement très intéressant au demeurant, je suis sûre qu’il y a des choses qui ne seront jamais mentionnées, simplement parce qu’elles n’appartiennent pas à ce qui est considéré comme allant de soi par l’opinion dominante. On appelle ça un biais cognitif.
    Alors à mon tour d’ouvrir des brèches, en complément « historique » à ce livre, sans parti-pris, simplement pour élargir les horizons et au cas où cela pourrait être profitable, utile -au minimum intéressant. S’informer n’est pas nécessairement adhérer, mais cela augmente toujours le nombre de nos options. Et les histoires officielles laissent souvent bien des choses sur le bord du chemin… Toujours ! Par exemple :

    1° Les expériences qui ont été menées sur le traitement des maladies mentales sévères (la schizophrénie en particulier), en Russie, au cours des années 60, par le Dr Youri Sergueïevitch Nicolaïev (voir Wikipedia). Son « remède-miracle » ? Le jeûne thérapeutique… Lui et ses successeurs ont eu des résultats hallucinants (c’est le cas de le dire…) dont on commence seulement à parler aujourd’hui, et qui ont pourtant été soigneusement documentés durant 40 ans… Il a fait sa thèse sur la schizophrénie. Un documentaire d’Arte consacré au jeûne en a parlé il y a quelques années.
    2° Dans le même état d’esprit d’ouverture et de réflexion, j’invite souvent à écouter ce témoignage stupéfiant, sur Youtube, d’Eric, déclaré schizophrène à l’âge de 15 ans, malade durant 30 ans, soumis aux électrochocs à de nombreuses reprises, et qui a réussi à guérir (durablement si j’en juge par ses témoignages ultérieurs) , principalement en changeant son alimentation… (voir sur Youtube : « Trente ans de psychose schizophrénique, la guérison ! »)

    Moi-même j’ai fait de nombreuses expériences allant dans ce sens, durant les périodes où j’étais fortement dépressive. L’amélioration, voire la rémission, a chaque fois été indéniable. Mais il faut le vivre pour le croire… Je sais !

    Le cas d’Eric n’est pas unique. Loin de là. Donc ça aussi, je considère pour ma part que ça fait partie de l’histoire de la recherche thérapeutique, quoi qu’on en pense, même si celle-ci n’est pas « officielle »… On se doit de le mentionner.

    En tout cas, même si l’alimentation n’est que rarement le seul facteur dans la maladie mentale, elle joue un rôle qu’on ne peut plus ignorer aujourd’hui. Et si un simple changement d’alimentation ne faisait ne serait-ce qu’améliorer la vie des malades ou espacer leurs crises, voire diminuer leur traitement, ce serait toujours bon à prendre !! Je vais peut-être me faire incendier suite à ce post, mais croyez-bien que mes intentions sont purement humanistes ici.

  3. Hlhl Said:

    Très intéressant ce dont tu parles sur la nourriture. Très en phase avec ce que je découvre actuellement sur le lien en l’intestin et le cerveau (et donc probablement en partie notre santé mental)
    Après, de tout temps, la schizophrénie a existé. Mais il parait qu’elle n’est pas perçue (et gérée !!) pareille en dehors du monde occidental.
    Il est temps d’ouvrir nos « chakras » à d’autre façons de voir les choses !!


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