Archive for La schizophrénie expliquée par une schizophrène

Intolérance au bruit

Le monde va trop fort. Quelqu’un a augmenté le son, impossible de le baisser. Le monde va trop vite. Mais on ne m’a jamais appris à douter de la réalité (même si, depuis le temps… enfin passons). Le bruit existe. Peut-être pas aussi fort. Peut-être pas tous avec la même intensité, venant de tous les côtés à la fois, chacun transperçant également et simultanément mon cerveau. Peut-être pas. Mais il est là, il existe. Alors sans doute que j’exagère, que j’ai besoin de vacances. C’est pas si grave, c’est pas si dur. Pourquoi je n’arriverais pas à supporter le même bruit que les autres, que ça ne dérange pas tant que ça? C’est vrai, à midi je n’en peux plus, je suis à bout, et si je ne mets pas mes écouteurs je vais finir en pleurs. Je me souvenais de la vitesse du monde, mais pas d’un bruit si insupportable. Alors, comme d’habitude, j’ai tenu le coup en chancelant, parce qu’on va quand même pas en faire une histoire, ce n’est jamais que la réalité que tout le monde supporte, mais quand ça s’arrête, je me dit ah oui, merde, c’était violent quand même.  Et j’écoute le bruit, le même mais beaucoup moins bruyant. Et c’est là que je me rends compte que c’est fou. C’est fou qu’il ait été si fort il y a une semaine, c’est fou qu’il m’ait empêchée de vivre, c’est fou que maintenant tous les bruits qui arrivaient comme des flèches acérées se plantant dans mon cerveau ne soient plus qu’un bruit de fond auquel je ne porte pas attention. Difficile de ne pas admettre que mon cerveau déconnait. Difficile de ne pas admettre que c’est vraiment lié à une maladie. Oui, parce qu’au fond de ce cerveau, il y a toujours une partie qui se dit que si j’ai été si mal il y a des années, c’était parce que j’étais malheureuse (je ne l’étais pas, mais cette partie irrationnelle n’est pas à ça près) et pas malade, enfin pas complètement.

C’était le petit rappel de la schizophrénie.

images (67)Tu m’as oubliée? Tu crois t’en sortir comme ça? Eh bien non, me revoilà, j’existe, je suis toujours là, et j’adore te faire des pieds-de-nez quand tu te crois débarrassée de moi. Un nouveau symptôme, c’est marrant, non? Comme ça, tu sais que je peux toujours te surprendre, que j’en ai encore sous le coude. OK, tu m’as eue pour cette fois, avec tes cent milligrammes supplémentaires,  mais ce n’est que partie remise.
Ne l’oublie pas.  Nous deux, c’est pour la vie.

Une maladie mentale, c’est fatigant

Imaginez que vous êtes dans une foule dense chaque fois que vous sortez. Que le bruits des travaux est fort et vous vrille la tête. A l’intérieur, la musique va trop fort. Les gens parlent dans tous les sens, élèvent la voix, c’est un bruit de fond qui ne s’arrête pas. Tout le monde vous sollicite sans arrêt. Les gens vous bousculent. Ils s’approchent trop de vous quand ils vous parlent. Votre espace vital est sans cesse envahi. Et c’est comme ça toute la journée. Tous les jours ou presque.

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C’est fatigant, non?

Eh bien, la vie d’un schizophrène, ça ressemble à ça. Sauf que les gens vous disent « Mais t’es fatigué de quoi?’. Parce que pour les autres, il n’y a en réalité pas tant de monde que ça, le bruit n’est pas très fort, les gens gardent leurs distances et ne vous harcèlent pas de questions. Quand je vais bien, je ressens la même chose qu’eux. Mais si je vais mal, tout est multiplié par dix.

Alors, oui, je rentre et je suis épuisée, j’ai un besoin vital de calme et c’est aussi pour ça que j’aime vivre la nuit. A cause de la solitude et du silence. Pour me reposer de cette fatigue dont les gens ne comprennent pas la source.

« C’est une maladie pour les lutteurs »

C’est une phrase tirée d’un article du blog de Murielle, qui a déjà commenté plusieurs fois le mien. Elle a donné un petit coup de projecteur à mon blog, c’était en 2011 mais je l’ai relu aujourd’hui, et j’ai particulièrement aimé cette phrase, je me demande pourquoi elle ne m’avait pas frappée à la première lecture. Ca change de la pitié ou des préjugés et ça fait du bien. Surtout, c’est tellement vrai. Merci Murielle!

Vous pouvez lire l’article complet ici, je trouve que la schizophrénie y est très bien résumée:

http://www.deschosesadire.net/tag/schizophrenie/

L’angoisse psychotique, encore

Ton angoisse, celle qu’ils ont la chance de ne pas mesurer, est-ce que tu peux leur dire? Leur expliquer?

Non, quand je cherche, c’est le vide dans ma tête, pas de mots, rien, le vide, l’indicible. Une impression de regarder partout et de ne rien trouver à quoi s’accrocher. Un puits sans mots comme l’angoisse est un puits sans fond. Une destruction du monde. Une emprise sur tout le corps. Des tremblements. Une chute.

imagesAssise par terre. Devant ton lit. Dans la douche. Dans un coin de la salle-de-bains. Sur une marche d’escalier. Dans un coin de la chambre. A l’hôpital, dans le couloir. Assise par terre n’importe où. Debout sans jambes, tu vas tomber. Assise dans le train, tu n’imagines pas comment tu pourrais te lever pour descendre à la gare.

Pleurer dans les toilettes. Avant un examen. A une fête. Au travail. Pleurer dans la rue. Au cours. Devant les gens. Pleurer partout, parce que ça rend un peu plus léger. La souffrance a un nom et on pleure dessus. On la comprend, on la ressent, elle déchire mais les larmes, les gens les comprennent, au moins les larmes.

La main en sang. Le poignet en sang. Le pull trempé de sang, le doigt qui dégouline sans s’arrêter. Parce que ça fait mal et que c’est toi qui provoque ce mal. Tu le contrôles. Tu le regardes, tu le soignes, tu le caches, tu l’admires, il est beau, il est ta blessure que tu peux enfin voir en face. Tu gardes tes ciseaux tâchés, tu as un morceau de verre dans ton portefeuille, et une boîte avec un verre cassé, pour choisir les débris qui coupent le mieux. Tu casses même une bouteuille qui traîne par terre dans la nuit. Tu ne te soignes jamais qu’avec un peu d’eau. Il ne faut pas que ça guérisse trop vite. Il faut que ça ressemble au moins un tout petit peu à ta douleur intérieure.

Mais qu’est-ce que j’ai dit de l’angoisse? Rien. Elle te jette à terre. Elle te dévore. Elle t’envahit, te brise, te transperce, te prends ton corps et ton esprit. Elle fait chavirer le monde. Elle te donne envie de hurler et te paralyse. Elle te cloue là où tu es. Elle est toi. Tu n’es plus qu’elle.

Mais je n’ai toujours rien dit de cette angoisse. Elle ne connaît pas les mots, elle est au-delà du langage, de la raison, de la vie. Elle est en schizophrénie et il n’y a pas de mots là-bas.

L’angoisse psychotique

Qu’est-ce que la souffrance psychotique a de particulier par rapport à la souffrance inhérente à la condition de chaque être humain?

Je ne prétends pas répondre ici à cette question, c’est impossible, mais essayer de faire comprendre un tout petit peu cette souffrance. J’ai participé à un forum de psychiatrie ce week-end et c’est la réflexion de la mère d’un schizophrène qui m’a fait réfléchir à cela. On parlait des équipes mobiles, qui pourraient se rendre à domicile quand quelqu’un est en crise. Elle disait qu’il fallait qu’ils s’occupent aussi des proches, qui souffrent beaucoup. Je lui ai répondu que l’urgence était pour le patient, sachant que ces équipes seront peut-être très sollicitées et que les proches pouvaient attendre un rendez-vous avec un psy. Elle n’était pas d’accord.

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Je ne nie pas la souffrance des proches, qui est souvent très grande. Je le sais pour l’avoir vécu lors de l’hospitalisation d’un ami proche. Mais, à moins que la personne en soit à tenter de se suicider, je pense qu’elle ne relève pas de la même urgence que la crise psychotique. Voir quelqu’un qu’on aime souffrir est terrible, mais cette souffrance reste la plupart du temps de l’ordre de la souffrance commune à toute l’humanité. La souffrance psychotique n’est pas seulement cette douleur, ce poids, ces larmes, c’est aussi un effondrement total de l’être et du monde. On n’a souvent plus rien à quoi se raccrocher dans la souffrance psychotique. L’angoisse coupe les jambes, envahit tout le corps, anéantit notre psychisme, qui est totalement soumis à cette angoisse. Nous n’avons plus aucune défense, plus de corps sur lequel s’appuyer, le monde se fond en nous, les autres nous envahissent, il n’y a plus de barrières. Les hallucinations ne nous laissent pas de répit et le délire nous empêche d’avoir la moindre tranquillité d’esprit. Il n’y a pas une seconde de répit. Notre corps et notre esprit se désintègrent littéralement dans l’angoisse, au milieu d’un monde mouvant. Cette souffrance est insupportable et on ne peut la partager avec personne. Voilà pourquoi elle relève de l’urgence et est incomparable avec la souffrance humaine « normale », qui aussi dure soit-elle, n’envoie pas tout notre être se fondre dans le néant.

Les deux vies des schizophrènes

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Où est passée notre folie? Que sont devenus nos corps minces, élancés et beaux? Nos yeux délirants? Les cigarettes consumées par l’angoisse? Nos fuites dans la nuit, les marches solitaires rattrapées par la déraison? Nos obsessions insomniaques et nos peurs terrifiantes? Nos enthousiames grandiloquents, nos amours destructrices? Les mondes parallèles qui nous happent? Les voix qui nous suivent et nous détruisent et nous aiment et nous détestent et nous harcèlent et nous rassurent? L’angoisse qui nous mange le ventre? Où est notre singularité mortelle? Où est passée notre lucidité? Notre clairvoyance délétère? La connaissance de l’envers du monde qui nous a fait si mal? La transparence des intentions et des pensées qui nous blessaient à mort? Que sont devenus nos boîtes crâniennes transparentes, nos pensées offertes à tous vents, notre peau élastique et déchirée? Nos organes dégoulinants? Notre coeur dévoré?La bête qui nous mangeait de l’intérieur s’est-elle fait manger à son tort?

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Notre folie est camisolée. Nos corps se sont avachis, relâchés, engraissés. Nos yeux sont las, et dans le fond ils ont quelque chose de cassé, entourés de cernes noirs. Nos cigarettes sont fumées par ennui dans un hôpital sans vie. Nos nuits sont longues, et les réveils difficiles, et les matins ralentis. Nos peurs ont laissé place aux questions pratiques sur le lendemain. Nos amours sont réalistes, ou absentes. Le monde n’est que le monde. Les voix se sont tuent, tuées par les médicaments et notre raison retrouvée. L’angoisse est diminuée, comme notre singularité. Notre lucidité a laissé place à un défaitisme amer qui préfère fermer les yeux sur le monde, ou les ouvrir comme tout le monde, mais pas trop grand pour ne plus en crever. Notre corps ne se transforme plus pour nous seuls, il porte les stigmates de nos années de combat et de souffrance, visibles par tous. La bête est tapie, elle n’est pas morte, bien sûr que non, juste assommée, endormie par le traitement.

Ce sont les deux vies des schizophrènes, et parfois on réveille la bête par lassitude de notre deuxième vie, et on s’y brûle les ailes et le coeur et l’âme et la vie et les sentiments encore une fois.

Pourquoi un schizophrène ne veut pas travailler?

Encore une question entrée sur google qui a mené à mon blog.

Je répondrais: pourquoi un tétraplégique ne veut pas courir?

Bon, ça c’était histoire de faire une comparaison parlante et caricaturale. Les choses sont un peu plus compliquées que ça dans la schizophrénie, puisque certains arrivent à travailler. Il faut donc plutôt comparer l’incapacité de beaucoup de schizophrènes à travailler à celle d’autres personnes souffrant de maladies invalidantes.

C’est fatiguant, épuisant émotionnellement, source d’angoisse, de déréalisation, voire de délire. Le travail, s’il a de bons côtés, est d’ailleurs souvent source de difficultés pour tout le monde. C’est donc d’autant plus compliqué quand on est schizophrène.

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Il ne s’agit pas seulement de volonté mais de possibilité. Si certains arrivent à trouver un équilibre dans le travail, c’est destructeur pour d’autres. Ceux qui travaillent le font en général en sacrifiant d’autres choses: vie sociale, vie de couple. Il en existe sans doute, mais à ce jour je n’ai rencontré aucun schizophrène qui ait un travail, une vie de couple et une vie sociale. En général, c’est un des trois.

J’ai un travail, mais je dois être seule chez moi le soir si je veux tenir le coup, j’ai besoin de calme et de solitude après une journée de travail. Je ressens de façon exagérée les bruits, les mouvements, les interactions avec les gens. Si je n’ai pas de sas de décompression, je suis en surchauffe et ça finit par exploser. Je pourrais vivre avec quelqu’un si je ne travaillais pas et pouvais rester seule la journée. Faire les deux, c’est tout simplement impossible, ce n’est pas une question de volonté.

Donc, si un schizophrène ne « veut » pas travailler, c’est sans doute qu’il n’y arriverait pas sans rechuter. C’est un moyen de se préserver, pas un caprice. Et ça ne veut pas dire non plus que ça ne peut pas évoluer.

J’ajouterai que lorsqu’un schizophrène est rétabli et veut travailler, le monde du travail ne l’y aide pas. Allez expliquez le trou dans votre CV par une maladie comme la schizophrénie, et vous verrez si l’employeur vous rappelle.

Que faire d’un psychotique?

C’est une question posée sur google et qui a mené vers mon blog.

Pas que faire pour un psychotique mais bien que faire de lui?

C’est vrai, c’est un poids gênant, un psychotique. En plus, il ne veut jamais faire ce qu’on a décidé de faire de lui. Ce qu’on a pensé pour lui, comment s’en débarasser, le soigner, l’éloigner, le caser quelque part, le cacher pourquoi pas. Non, il se rebelle, il ne veut pas. Il veut décider pour lui-même, il n’est pas d’accord, c’est fatiguant à la fin. Que faire de lui? Il ne veut pas rester à l’hôpital, il est pénible avec ses proches qui ont des tas de bonnes idées pour faire quelque chose de lui. Evidemment, ils ne lui ont pas demandé son avis, il ne faut pas exagérer, ils savent bien mieux que lui.

Que faire pour qu’il se taise alors qu’il raconte n’importe quoi? Que faire pour arrêter de supporter sa souffrance et ses sautes d’humeur, ses bizarreries et son manque de motivation à devenir un être normal qui ne fait pas de vagues?

On ne peut pas le tuer. On ne peut plus l’enfermer bien longtemps, c’est ennuyeux. On peut le caser dans un hôpital de jour, mais que faire de lui le soir et les week-end?

Ben, j’en sais rien. Moi je sais ce qu’on peut faire avec une personne souffrant de psychose, par exemple lui parler avec le même respect qu’on accorde aux autres, le laisser mener sa vie selon ses aspirations et ses choix, le soigner en respectant ses droits. Je sais aussi ce qu’on peut faire pour lui, comme être son ami, sa famille, être là pour lui, bref ce qu’on fait d’habitude avec les gens qu’on aime. Mais ce qu’on peut faire de lui, où le poser, non, ça je ne sais pas. Avec aucun autre être humain d’ailleurs. Je sais juste que si on est traité comme un psychotique dont il faut faire quelque chose, eh bien oui, ça complique un peu les relations.

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Maladie mentale, maladie du corps

Il y a la douleur qui pèse sur le coeur, en permanence. Un poids, un coup de couteau, un hémorragie sans fin.
La gorge serrée, les larmes aux yeux, les larmes qui coulent.
L’angoisse qui coupe les jambes, qui passe dans les bras, partout.
Les tremblements, des mains, des jambes, des dents, de tout le corps sous la couette parfois.
Le froid intérieur, le froid de cadavre, celui qui ne passe pas.
Le sang qui disparaît. La bête noire qui me ronge de l’intérieure.
Les cheveux que j’arrache, les ongles, la peau des lèvres.
La main ou le poignet que je fais saigner. Que je ne soigne pas. Le sang qui sèche, que je passe sous l’eau le lendemain. Une brûlure, puis la peau qui tire. Les croutes qui se forment, qui tombent, et les cicatrices qui évoluent vers la disparition ou une trace blanche indélébile, marque de guerre.
Les cernes, le teint blafard, tiré.
La nourriture qui m’écoeure, qui me fait peur.
Les kilos perdus si vite que je ne tiens plus debout très longtemps.
Les cigarettes, trop de cigarettes.
Le manque de sommeil, le mal de tête qui s’en suit, la faiblesse encore.
Le poids du corps, trop lourd à porter.
Ce corps, ce visage étrangers.
Le corps coupé, la jambe que j’imagine prendre en main, la retourner dans tous les sens, ce n’est pas la mienne.
Le bras qui me dégoûte, que je voudrais voir se détacher.
Le corps à côté duquel je vis, à côté duquel je marche, décalée.
La peau qui disparaît. La peau transparente.
Le cerveau qui s’échappe de mon crâne, qui coule sur l’oreiller.
Les yeux en plus, devant, ou derrière, que je voudrais crever.
Le corps qui gonfle, se transforme, n’a plus rien d’humain.
Le corps sans limite, ouvert à tous vents, à toute foule.

Et après, pour se débarrasser de la douleur de l’esprit, c’est encore le corps qui prend. Des kilos surtout.
Et puis je ne vois plus que trouble, même plus possible de lire, autant mourir tout de suite que d’être vide et sans livres.
Je dors, je ne tiens plus debout, je chavire, je dois restée couchée. Je suis lasse sans pouvoir dormir. Je n’arrive pas à me réveiller le matin.
Et les vomissements, les insomnies, les tremblements, les vertiges, les chutes de tension, la fatigue.
Le manque qui rend fou, les bras qui grattent.

Qui a dit que la schizophrénie était une maladie mentale?

Le sentiment d’étrangeté

Une fois revenue de l’autre monde, je reprends ma vie dans le monde normal.

Mais je ne le comprends pas. Tout est étrange.

Pourquoi suis-je moi? Pourquoi je ne vis pas en même temps dans un autre corps, une autre vie, pourquoi je ne vois le monde qu’à travers mes yeux?

Qui sont ces gens qui s’agitent? Pourquoi dans ce petit espace travaille-t-on et se croise-t-on? Quelle est la valeur de tout ça quand autour il y a une ville, un pays, un monde, et même un univers infini? Quel sens tout cela-a-il? Surtout, comment les gens peuvent-ils donner du sens à tout ça?

Les animaux ressemblent à des extraterrestres. Ils me font peur. Et en même temps, ils ressemblent tellement aux hommes: des yeux, des narines, une bouche, des dents, des pattes, un estomac, des intestins, …
Les plantes grandissent, envahissent les jardins, sortent du béton. Une vie qui lutte et qui m’effraie. D’où vient cette force? Pourquoi?

Je regarde les couples, et je trouve cela étrange. Pourquoi ces deux personnes sont-elles plus liées entre elles qu’avec d’autres?

Je ne comprends pas comment deux objets, deux copies, peuvent être semblables alors qu’elles ne sont pas une seule chose.

Je suis revenue de l’autre monde, mais je ne suis plus de ce monde-ci.

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