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L’angoisse inattendue

Une nuit d’angoisse.

Des cauchemars. Des tremblements. Des claquements de dents.

L’angoisse, et l’épuisement. Un effort pour sortir et la fatigue au retour.

Je lis et je ne comprends pas, je suis à côté de moi-même, dans un brouillard.

Je ferme les yeux pour ne plus voir, ne plus sentir, me protéger du monde. Mais c’est pire.

Je ferme les yeux et ce sont des vieillards mourants, alignés dans un hôpital, et l’odeur de la mort est partout, mélangée à la javel.

Je ferme les yeux et je vois cette jeune fille anorexique attachée parce qu’elle veut sortir de sa chambre. Neutralisée parce qu’elle veut vivre. Et je ressens sa souffrance, et l’absence de compassion de ceux qui l’attachent. Et j’ai l’impression qu’on n’est rien, rien pour eux que des fous qu’il faut faire taire à tout prix. Et notre souffrance ne compte pas.

Et je tremble, j’ai froid, même s’il fait chaud ce dimanche.

Il ne me reste qu’à attendre que cette journée passe, espérer que mon angoisse se perdra dans la nuit.

Cette angoisse si familière, et pourtant je suis étonnée de la retrouver encore après autant d’années, sans raison précise. Mais je ne me révolte plus, je ne mords plus la poussière de la défaite. Je me dit c’est comme ça, il faut l’accepter, c’est ma vie, attendons demain. Je ne me culpabilise plus de perdre ma journée, de ne rien faire, c’est comme ça, voilà tout.

L’angoisse

 

 

12 février 1999

J’en ai marre. De passer pour une conne parce que je suis incapable de faire les exercices à cause d’une boule dans la gorge, des larmes dans les yeux, des mots qui se mélangent et d’une incapacité à réfléchir.
De me réveiller et en pleine nuit et d’être hyper angoissé sans raison.
Dans ces moments-là, je veux bien prendre n’importe quel médicament pour que ça s’arrête.
Si ça continue, j’irai chez le médecin.

27 septembre 2000

J’ai fait une crise d’angoisse aujourd’hui. J’avais l’impression que j’allais tomber dans les pommes, mourir, devenir folle. J’arrivais à peine à lever le bras pour fumer. J’ai pleuré, à terre, dans un coin. Je suis sortie, j’arrivais à peine à marcher. Est-ce que ça finira un jour? Je n’en peux plus. J’étais totalement paralysée par l’angoisse. Je ne veux plus être malade. J’aurais voulu écrire à C. mais la fac était fermée.
Je ne veux plus être malade. Je veux guérir. Je veux arrêter mes médicaments. Ils me font grossir. Je veux guérir. Je n’en peux plus. Je ne veux plus être malade. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça? Qu’est-ce que j’ai fait? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans mon cerveau? Pourquoi je suis malade depuis presque cinq ans? Presque le quart de ma vie à me débattre avec cette merde, à me battre contre moi-même. Je ne veux pas retourner à l’hôpital. Je veux être heureuse. Je veux être comme tout le monde. Mais on ne guérit pas d’une psychose. Pourquoi j’ai plus Jf pour me comprendre? Je n’ai personne à qui en parler, personne qui me comprenne.
J’ai l’air tellement normale que personne ne me croit. Mais à l’intérieur ça va tellement mal. Je veux que ça finisse. Qu’est-ce que je peux faire?

« L’idée me vint peu à peu que tous ces gens -hommes ou femmes- n’étaient pas le moins du monde dérangés, ils manquaient simplement d’amour. »
Michel Houellebecq

« Je regarde mon café crème et tout d’un coup, comme ça, je me mets à chialer. C’est chaud, les larmes, et ça fait du bien quand il n’y a personne. Si tous les jours d’une vie sont comme ceux-là alors une vie ne vaut pas grand-chose, ça ne vaut pas la peine qu’on marche tous les jours en espérant un lendemain meilleur, ça ne vaut pas la peine qu’on rentre tous les soirs en imaginant qu’on s’est trompé de chemin et qu’autre part il y a quelque chose de différent. »

« Qu’as-tu appris en vingt ans de vie? »

« Me cacher, me dérober, fuir et m’enfuir. Oh! et ne plus jamais revenir, là, dans ce monde, dans cette vie… »

Valérie Valère

6 octobre 2000

Cette nuit, j’étais pieds et poings liés livrée à l’angoisse, sans défense, à demi inconsciente. Paralysée. J’ai voulu crier mais je n’ai pas pu. C’était pire que jamais, la plus violente des crises que j’ai connues.

24 octobre 2000

Je suis angoissée. Qu’est-ce que j’ai encore? Je sens l’angoisse dans mes bras, sur mon coeur, dans mon ventre, dans les mâchoires.

3 novembre 2000

Je suis angoissée. J’ai peur.

J’ai passé la matinée au lit, à cause de l’angoisse, parce que je ne sais plus quelles sont mes vraies pensées.

9 novembre 2000

Je fais encore une crise d’angoisse. Je ne peux pas prendre de médicaments, ça va m’endormir et il faut que j’aille à la bibliothèque.

C’était à cause de mon rêve, l’angoisse. J’étais devenue folle et on me faisait des piqûres.
C. ne m’écrit plus. Peut-être qu’elle est en vacances ou qu’elle en a marre de moi. Elle me manque. J’aime bien la lire. Et puis je n’ai qu’elle pour parler des choses importantes. Avec les autres, il faut toujours faire semblant d’être normale. Je lui écrirai la semaine prochaine si je n’ai toujours pas de ses nouvelles.

15 novembre 2000

Je suis de nouveau angoissée. Je tiens à peine sur mes jambes.

Ca m’épuise, ces crises d’angoisse. En plus, contrairement à d’habitude, ce n’est pas passé quand je suis sortie et que j’ai vu des gens.

Ca me rend folle que personne ne me croie quand je dis que je n’aurai plus jamais de copain. Je ne peux en parler à personne parce que personne ne me prend au sérieux mais moi j’en suis sûre.

17 janvier 2003

Je viens de me rendre compte que je ne me souviens même plus de la dernière fois où j’ai été angoissée sans raison.
Sans médicaments, j’étais malade d’angoisse tous les matins.
Sous risperdal, j’étais encore angoissée et j’avais souvent des crises d’angoisses très pénibles.
Au moins, sur ce point-là, le seroquel est vraiment efficace. Quel soulagement!

Pour le 21:
-l’angoisse qui diminue
-l’endroit où je ne pourrai plus retourner: C.
-la douleur de ne pas avoir d’enfant
-affection. « Tu attends trop des gens. »
-cerveau qui sort

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