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Artistes, entre guillemets

Hier soir je suis allée au vernissage d’une exposition intitulée « Parcours d’artistes ». Les exposants souffrent de maladie mentale. L’ambiance est assez sympathique. Certaines oeuvres sont vraiment intéressantes, d’autres beaucoup moins. Dans la salle, il semble qu’il y ait peu d’usagers en plus des exposants. Il y a surtout des professionnels.

Je suis assez gênée par certaines oeuvres, très enfantines, dont j’ai l’impression qu’elles ne sont là que parce que leur auteur est malade, et qu’elles ne pourraient jamais se retrouver ailleurs. Mon malaise augmente quand je lis dans la brochure qui présente les différentes institutions le mot artistes entre guillemets. Je trouve ça condescendant. Et ça me donne d’autant plus l’impression qu’on est là pour se congratuler entre professionnels, montrer ce que chacun fait avec ses fous de son côté, mais qu’en aucun cas cette exposition n’est faite par ni pour les usagers, et qu’il n’y a pas de réelle considération artistique derrière. Tout cela me semble paternaliste, d’une condescendance bienveillante.

Je discute avec une organisatrice qui m’explique que même si certaines oeuvres sont moches, les gens ont eu plaisir à les créer. Je ne dis pas le contraire. Mais le plaisir de créer n’a jamais fait de quiconque un artiste et n’est un argument recevable nulle part pour se faire reconnaître. J’ai l’impression d’être dans une école primaire, où chaque enfant, doué ou non, expose un dessin, parce que le but n’est pas de montrer de l’art mais de faire voir aux parents ce que l’on fait pendant les heures de classe.  L’organistatrice m’explique aussi qu’à la base il s’agit pour les institutions d’ouvrir leurs portes, que l’expo n’existait pas au début. Voilà qui confirme ce que je pensais. Ce n’est pas un mal en soit d’ailleurs, c’est très bien que les institutions montrent ce qu’elles font en art-thérapie. Mais alors pourquoi ne pas le dire clairement? Pourquoi appeler ça « Parcours d’artistes », si c’est pour ajouter plus tard des guillemets au mot artistes? Certains exposants sont vraiment des artistes, mais pourquoi mettre sur le même pied des oeuvres beaucoup plus médiocres, et faire miroiter à leurs auteurs qu’ils seraient des artistes, capables d’exposer? Pourquoi ne pas simplement annoncer d’entrée de jeu qu’il s’agit de productions d’un atelier d’art-thérapie, où chacun expose, quel que soit son talent?

Les gens me donnent parfois l’impression de s’extasier devant un singe savant. Ce qu’on aime chez un singe savant, c’est sa capacité à imiter l’être humain. Bien sûr il ne l’égale pas, mais il essaye et en cela il nous touche et nous amuse. Un peu comme les fous qui arrivent à créer, qu’est-ce que c’est bien quand même, pour un fou! On regarde une oeuvre à laquelle on ne jetterait pas un oeil ailleurs parce que son auteur est fou, et qu’il essaye d’imiter les artistes. J’ai beau chercher, mais ce genre d’exposition, je n’en connais que dans deux cas: dans les écoles et en psychiatrie. Cela pose question tout de même.

Non, pour moi c’est une expo faite pour la gratification des professionnels, qui pour cela utilisent les productions de leurs patients. Ils nous montrent qu’ils sont à l’écoute, que les usagers peuvent s’exprimer en toute liberté. Ce soir, on oublie les chambres d’isolement et les médicaments, on oublie les réglements normatifs, on oublie que la plupart du temps on veut faire taire les usagers. C’est chouette, la psychiatrie, finalement.

Alors on pourra dire que je suis rabat-joie, de mauvaise foi, on pourrait discuter de ce qu’est l’art pendant des heures, de la perception des oeuvres, du statut d’artiste. Mon sentiment est seulement que cette exposition n’est pas une exposition où les usagers sont les acteurs principaux. Ce qui, je le répète, n’est pas mauvais en soi, mais alors pourquoi en donner l’illusion? Certes, ça fait du bien à l’ego des professionnels et des usagers exposants, mais quelle considération offre-t-on aux gens ainsi? Quelle réelle considération?

 

MaDmusée

Aujourd’hui, j’ai visité le MaDmusée. Ce musée est consacrée aux oeuvres d’artistes handicapés mentaux travaillant en atelier.  Sur place, il y a juste une petite pièce, où avait lieu une exposition d’artistes néo-zélandais. D’autres artistes sont exposés au musée du Grand Curtius à Liège.

Pas énormément d’oeuvres à voir sur place donc, mais la passion et l’enthousiasme de notre guide faisait oublier cette petite déception. Elle s’occupe aussi d’une  bibliothèque conscacrée à l’art brut et au handicap et à ce qui y touche de près ou de loin. Un endroit idéal si on veut en savoir plus sur l’art brut, outsider, en marges, contemporain, etc (les limites sont floues, et tant mieux), d’autant que des personnes sont là pour répondre à vos questions avec plaisir.

L’étage du Grand Curtius consacré à la collection du MaDmusée est plus grand et propose des oeuvres plus variées, qui ne peuvent qu’amener à se poser des questions sur l’art et le statut d’artiste.

Une visite intéressante et passionnante en tout cas!

Pour en savoir plus: http://www.madmusee.be/fr/madmusee-1.html

Stardust: bande-annonce

Pour la voir la bande-annonce de ce film dont le texte est extrait du blog, c’est ici:

http://www.reservoirfilms.com/view_video.php?viewkey=stardust_trailer

« Léa », Pascal Mercier, 10-18

Depuis la mort brutale de sa mère, la jeune Léa a perdu tout intérêt pour la vie. Jusqu’au jour où le son d’un violon l’arrache à sa détresse. Déterminée et encouragée par son père prêt à tous les sacrifices pour revoir sa fille heureuse, Léa ne poursuivra désormais plus qu’un seul objectif : devenir musicienne. Quitte à en perdre la raison.

Léa

Pascal Mercier est né en 1944 à Berne et vit aujourd’hui à Berlin où il est professeur de philosophie. Il est l’auteur de plusieurs romans et essais dont Train de nuit pour Lisbonne (2007) et L’Accordeur de pianos (2008).

« Augustine » : Soko, séchante, donne la réplique à un Vincent Lindon d’une absolue sobriété

Stéphanie Sokolinski, dite Soko incarne la célèbre patiente du Docteur Charcot.   © ARP Sélection

Stéphanie Sokolinski, dite Soko incarne la célèbre patiente du Docteur Charcot. © ARP Sélection

Pour son premier long métrage, Alice Winocour s’attaque à une montagne : les relations du docteur Charcot, spécialiste de l’hystérie dans le Paris lettré de la fin du XIX ème siècle, avec Augustine, célèbre patiente qui lui servit de cobaye jusqu’à sa mystérieuse disparition fin 1885. La réalisatrice, fraîchement sortie de la Fémis (section scénario) prend son sujet à bras le corps et brosse un topo fidèle des travaux réalisés par l’éminent professeur sur cette maladie alors mystérieuse qui faisait l’objet de « présentations publiques » au sein de la Salpetrière et de l’Académie de Médecine. Mais l’intérêt du film dépasse la simple évocation des travaux de Charcot. Winocour se place au cœur des relations qui animent le médecin et la jeune malade. Soif de comprendre chez l’un, confiance et soumission aveugle chez l’autre, évoluent progressivement vers un lien plus ambigu, où soignant et soignée, observant et observée ne font plus qu’un dans le désir. La lecture est ambitieuse, le traitement, à la hauteur. Bête de foire, tragiquement exhibée lors de séances d’hypnose suivies par les spécialistes comme autant de performances, Augustine prend peu à peu possession d’elle-même jusqu’à une ultime et bouleversante « présentation » publique, tandis que son mentor s’enfonce dans un abîme de confusion. L’omnipuissance de la médecine et l’oppression des femmes cèdent alors sous les barrières de la reconnaissance de l’autre. Dans le rôle d’Augustine, la chanteuse et comédienne Soko, déjà vue au cinéma dans « A l’origine », de Xavier Giannoli, est carrément séchante. Dans celui de Charcot, Vincent Lindon, d’une sobriété absolue, fait passer tout le désarroi d’un monde qui s’écroule.

 

L’Interview de Soko par Marie Elisabeth Rouchy

http://cinema.nouvelobs.com/articles/18561-cannes-2012-augustine-soko-sechante-donne-la-replique-a-un-vincent-lindon-d-une-absolue-sobriete?src=fb

 

Malades et jurés littéraires, le pari fou du prix Folire

 
 
 SOPHIE GUIRAUD
11/02/2012, 09 h 47 | Mis à jour le 11/02/2012, 17 h 56
 
PPDA lors d’une visite au centre hospitalier de Thuir, avec une patiente.
PPDA lors d’une visite au centre hospitalier de Thuir, avec une patiente. (DR)

Qui sera désigné, en novembre 2012, lauréat du prix Folire ? Ce singulier concours littéraire, né l’an dernier dans les Pyrénées-Orientales, ne se contentera pas de rajouter un nom entre les lauréats du Goncourt et du Renaudot. Comité de lecture, présélection… tout commence comme pour un prix classique. Sauf qu’ici, les jurés ne sont ni Académiciens, ni lecteurs avertis. Ils figurent sur la liste des 13 000 patients qui fréquentent chaque année l’hôpital psychiatrique de Thuir. Une expérience unique, une aventure riche.

Pas le prix des fous

« Le danger, c’était que ce soit le prix des fous », précise immédiatement le directeur des soins Patrick Méchain, à l’heure du bilan de la première édition, alors qu’un deuxième rendez-vous se prépare. Les retours sont étonnants. Rien de révolutionnaire. Mais des changements subtils de comportement, des frontières déplacées ou ébranlées, un regard différent. Julien Camaly, infirmier, référent du groupe de lecture du centre pénitentiaire de Perpignan, a réuni sans difficultés un groupe de dix patients au sein du secteur “psy” de la prison, rattaché à l’hôpital de Thuir.

« Le support n’était pas facile. Mais pour une fois, on leur demandait leur voix alors qu’on leur demande généralement de se taire. C’est une fenêtre vers l’extérieur, l’occasion de se rencontrer, de casser la routine, mais pas seulement. Des masques sont tombés. Et ils ont vu que dans la contrainte, puisqu’on leur a imposé les livres, il y avait des choses intéressantes à découvrir. » L’infirmier réitérera l’aventure.

« Est-ce qu’on était capables de lire ? C’était le premier défi », enchaîne Dominique Laurent, qui se présente comme « ancienne usager de la psychiatrie ». Elle a monté le plus ancien groupement d’entraide mutuelle (GEM) de la région, la Maison bleue, qu’elle préside. Ici, neuf personnes ont participé à Folire. Avec leurs problèmes de concentration et parfois leur goût perdu de lire… « Redonner le goût, faire des projets, s’investir sur plusieurs mois » et surtout « voter », « un acte citoyen qui n’est pas anodin en période électorale chez des personnes qui se sentent éjectées des circuits », malgré la « frustration » que peut générer l’élection de celui qu’on n’a pas choisi… Pour elle, le défi a « été relevé ». De manière « inattendue » : « Le message à faire passer, ce n’est pas “Regardez, les fous lisent !” On est en marge de la lecture. »

Des lecteurs pas des patients

Au-delà de nécessaires ajustements, les témoignages vont dans le même sens : « C’est la prise en charge holistique qu’on nous enseigne », se félicite Sarah Cellon, infirmière qui a vu des patients « relativiser leur parcours », d’autres, très discrets, « parler, s’emparer de l’espace offert ». Patrick Méchain constate que des anciens malades ont pu ainsi « revenir à l’hôpital dans une démarche positive, alors que c’est une parenthèse compliquée dans leur histoire ».

Et se félicite que « dans cette affaire, on n’ait jamais considéré le participant comme un patient », mais « comme un lecteur ». « On contribue à modifier les représentations autour de la maladie mentale », glisse enfin Philippe Raynaud, psychiatre.

« Ce n’est pas un petit concours, comme ça », conclut Alexandre, un patient. Alain Llense (Elle fut longue la route, ed. Talaïa), le gagnant 2012, ne s’y est pas trompé. Il était très ému lors de la remise de son prix.

 Avec une validation scientifique

Folire va faire l’objet d’une évaluation scientifique sur les cinq années à venir. Menée en collaboration avec le CHU de Montpellier, elle étudiera si « Folire favorise l’insertion dans la vie sociale », et peut être considéré « comme un projet thérapeutique », explique Patrick Méchain, qui liste différentes pistes : lutter contre la stigmatisation et les troubles cognitifs, voir comment, à partir d’un livre, on peut parler de soi, se sentir libre de sa maladie… S’inscrire dans un droit non par nécessité mais par plaisir… Le prix n’en sera pas moins amené à évoluer : « On s’est imposé un cadre, pas de sexe, pas de violence… À tort, on a voulu protéger les patients de tout. » Sans pour autant y parvenir. Dominique Laurent tempête : « Il faut arrêter de penser pour nous. Choisir comme un lecteur plutôt que comme un infirmier ou un psy. »

Lire plutôt qu’écrire

« Tout est parti d’ici », rappelle Philippe Banyols. Un restaurant de Thuir, un repas avec André Bonet, président du Centre méditerranéen de littérature. Les deux hommes partent d’abord sur une fausse piste : inciter les patients de l’hôpital à prendre la plume, pour désigner parmi eux le meilleur auteur. L’idée est vite écartée : valorisant pour le lauréat, mais potentiellement ravageur pour les candidats malheureux mis en concurrence. Le concept est inversé : ce sont les patients, étiquetés “fous” par la société, qui jugeront les écrivains et désigneront leur préféré. Pas anodin non plus : « On ne savait pas où on mettait les pieds », reconnaît Philippe Banyols.

Après une présélection d’une dizaine de titres, trois romans sont sélectionnés en juillet dernier avant d’être proposés à la lecture aux malades. Patrick Poivre d’Arvor accepte de parrainer la première aventure, la mobilisation est plus importante que prévu. « On s’attendait à une dizaine de patients intéressés », se souvient Philippe Banyols. Le prix sera finalement décerné par 67 malades volontaires. Cette année, les éditeurs (Gallimard, Actes Sud, Le Diable Vauvert…) sont plus nombreux à jouer le jeu. Avec, toujours, la caution d’une célébrité.

http://www.midilibre.fr/2012/02/11/malades-et-jures-litteraires-le-pari-fou-du-prix-folire-avec-une-validation-scientifique,456537.php

La folie au cinéma, pour le pire et pour le meilleur

La véritable folie clinique est rarement bien représentée à l’écran au profit du grand spectacle, mais permet parfois de mettre le doigt sur certains symptômes précis.

Keira Knightley dans «A Dangerous Method»– Keira Knightley dans «A Dangerous Method» –

Les pathologies psychiatriques ont toujours été une source d’inspiration pour les scénaristes de cinéma. Mais l’écran est déformant et donne une image de la folie très souvent caricaturale. (Attention: cet article comporte plusieurs spoilers).

Le dernier film de David Cronenberg, A Dangerous method, met en scène Freud (Viggo Mortensen), Jung (Michael Fassbender) et une patiente hystérique, Sabina Spielrein. Prise de spasmes, déchaînée, se tordant de rage, l’actrice Keira Knitghley donne véritablement corps à la pathologie.

 

De Psychose à American psycho, de Shineà Shinning, le cinéma a abondamment puisé son inspiration dans la folie. Les scénaristes raffolent des pathologies mentales: elles sont efficaces du point de vue de la narration et très pratiques pour faire rebondir une histoire.

Mais certaines maladies sont plus prisées que d’autres. Un article de Slate.fr expliquait par exemple que la tumeur au cerveau, très présente dans les séries, est une vraie «bénédiction scénaristique».

Des symptômes intéressants, une fin tragique tout en restant propre: idéale pour faire venir les larmes aux yeux du spectateur, sans le faire tourner de l’œil.

Comme la tumeur au cerveau, la schizophrénie est surreprésentée au cinéma, car très efficace pour décontenancer le spectateur et permettre de bons rebondissements de situation. Elle est à la base de nombreux films: Psychose,Un homme d’exception, Shutter Island

La folie selon Hollywood

Mais la véritable folie clinique est rarement bien représentée à l’écran. «Au cinéma, comme dans l’imaginaire de la société, on n’échappe pas à la caricature pour parler de la psychiatrie» écrit le psychiatre Edouard Zarifian:

«Ce qui est spectaculaire est nécessairement privilégié: les crises, les hallucinations, les délires mais aussi les dédoublements de la personnalité qui constituent des énigmes très visuelles.»

Pour reprendre l’exemple de la schizophrénie, au cinéma, elle se traduit toujours par une double personnalité (Fight club) et les hallucinations sont très souvent visuelles (Donnie Darko).

Mais cliniquement, les schizophrènes présentent plutôt des hallucinations auditives ou de la sensibilité interne et le dédoublement de la personnalité se réduit le plus souvent à des attitudes inadaptées ou à des délires non organisés.

«Rares sont les films qui s’attachent à une description clinique d’une pathologie caractérisée», poursuit Dr. Zarifian:

«Le plus souvent l’approximation est reine et même lorsque des diagnostics sont énoncés, leur représentation ne correspond pas à la réalité […] bien souvent, la représentation de la folie n’a pas pour but d’offrir une description clinique réaliste –comme celles des pathologies médico-chirurgicales de la série Urgences–mais de constituer une métaphore des drames de l’existence humaine.»

Des films conseillés par des psychiatres

Les représentations cinématographiques des maladies mentales sont donc souvent très éloignées de la réalité médicale. La faute aux fantasmes sur la folie d’une société à la fois voyeuse et distante vis-à-vis de ces malades et la faute aux contraintes inhérentes de l’industrie du divertissement: un format d’environ deux heures, la nécessité de raconter une histoire, de mettre en scène des personnages efficaces.

Mais selon le Dr. Gil Cohen, psychiatre, auteur d’une thèse intitulée Psychiatrie et cinéma: la représentation de la clinique psychiatrique à l’écran tout n’est pas à jeter. «Le cinéma est forcément déformant. Mais si on s’intéresse à certains points, à certaines scènes, on peut extraire des choses intéressantes pour décrire la réalité clinique», explique-t-il.
Pi – Bande annonce Vost FR par _Caprice_

«Par exemple, le film π de Darren Arnofsky, représente clairement la psychose dans toute sa splendeur. Le syndrome autistique du repli sur soi, les hallucinations (des voix qui font l’amour), les thèmes récurrents, les idées de complot, la quête d’une équation mathématique pour prédire l’avenir, les thèmes mystiques et persécutoires… Et lorsque le personnage principal essaye de soulager sa souffrance psychique avec une perceuse, on atteint quelque chose de fondamental de la psychose qui est le besoin de retirer quelques chose dans la tête, s’extirper quelque chose en trop.»

Le réalisateur Darren Arnofsky qui avait déjà traité l’addiction sous toutes ses formes dans Requiem for a dream, est aussi le réalisateur de film Black swan avec Natalie Portman qui peut évoquer le vécu d’une psychotique aux tendances anorexiques.

Le cinéma n’est certes pas un cours de médecine, mais il peut mettre le doigt sur certains symptômes précis. Il est plus difficile de se représenter ce que vit un schizophrène qu’un patient souffrant d’une gastro-entérite. Alors devant la difficulté de se mettre à la place de ces malades, de comprendre ce qu’ils ressentent, des médecins américainsrecommandent certains films à leurs étudiants.

Les bons élèves du cinéma

Voici 7 exemples de pathologies mentales assez fidèlement représentée au cinéma:

Le syndrome de stress post traumatique: Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimio. Dans ce film avec Robert De Niro, des vétérans de la guerre du Vietnam, sont hantés par ce qu’ils ont vécu en captivité.

 

Le TOC: Pour le pire et pour le meilleur de James L. Brooks. Dans ce film, le personnage incarné par Jack Nickolson souffre d’une forme grave du trouble obsessionnel compulsif. L’acteur doit d’ailleurs beaucoup à la folie, lui qui a fait presque toute sa carrière avec des rôles de névrosés (Easy Rider), de psychotiques (Shinning, Batman) ou apparentés (Vol au-dessus d’un nid de coucous).

 

La manie: Dans Mr Jones, Richard Gere joue comme souvent un séducteur, mais cette fois c’est un symptôme de son état maniaque. Une version, certes glamour de la maladie, mais qui se rapproche de la réalité selon le psychiatre Dr.Veyrat.

 

Les troubles de la personnalité: Ils sont à l’honneur dans plusieurs films. On retrouve par exemple la personnalité schizotypique (Taxi driver), la personnalité narcissique(Citizen kane), la personnalité histrionique (Scarlett O’Hara dans Autant en emporte le vent ou Blanche dans Un tramway nommé désir) ou encore la personnalité antisociale (Orange mécanique).

La schizophrénie: Le film Repulsionde Polanski. Catherine Deneuve sombre dans une psychose représentée «assez authentiquement» selon le psychiatre américain Ben Green. Les symptômes d’une schizophrénie paranoïde quasi-typique sont présents: désordre des pensées, repli autistique, perplexité…

 

Tandis qu’un film commeUn homme d’exception, s’il est documenté, se focalise trop les hallucinations visuelles. Le film de 1977 I never promised you a rose garden, basé sur le roman semi-autobiographie de Joanne Greenberg, est considérée comme la représentation la plus fidèle de ce qu’est la schizophrénie.

La paranoïa a été explorée notamment par Polanski dans Le locataire dans lequel le réalisateur joue lui-même un paranoïaque persécuté par ses voisins. Plus récent, Shutter Island met en scène un paranoïaque souffrant de syndrome de stress post traumatique. Il présente aussi l’intérêt de reconstituer une période charnière de l’histoire de la psychiatrie (l’apparition des neuroleptiques, des psychothérapies, l’époque de la lobotomie) et de ses institutions.

L’autisme: Rain man, inspiré du cas de l’américain Kim Peek,présente l’intérêt de faire cohabiter des traits obsessionnels communs à tous les autismes avec des capacités hors norme, notamment de mémorisation, présent dans certaines formes, comme le syndrome d’Asperger.

 

Déformant mais révélateur, le cinéma peut permettre de mieux comprendre certains aspects des maladies mentales. Alors pourquoi si peu de bons films et autant de clichés sur la maladie mentale ?

Entre fascination et répulsion

L’omniprésence de la folie au cinéma n’est pas seulement une facilité scénaristique. Le mélange de fascination et de répulsion que provoque la folie se révèle à l’écran: le cinéma est une manière pour le public d’exorciser ses fantasmes de la psychiatrie.

«On oscille le plus souvent entre deux positions extrêmes», écrit le Dr. Zarifian, «le fou meurtrier ou la victime de la société incomprise par l’entourage».

Un mélange de peur du malade, du fou meurtrier (Shining) et de condamnation de la société qui le déclare malade, de compassion pour la victime incomprise (Shine ou le plus ancien Family life). C’est ces mêmes caricatures qu’on retrouve aussi dans les débats publics sur la psychiatrie: ou des meurtriers à enfermer, ou des victimes.

La représentation cinématographique des malades mentaux, pour caricaturale qu’elle soit, n’est que le reflet de sa représentation médiatique et de la place qu’elle occupe dans l’imaginaire social.

Clément Guillet

http://www.slate.fr/story/49515/SANTE-folie-cinema

Psychoprotoplasmes

Psychoprotoplasmes

Psychoprotoplasmes: l’emprise du parasite
Format Vidéo: H264 | Résolution: 768×576 | Débit d’images: 29.97 | Son: Stéréo | Noir et Blanc

Un film de Sandy Depretz
Format de prises de vues: DV | Procédé: N/B | Année: 2007 | Durée: 73 min |
Synopsis: Une jeune femme isolée est contaminée par une étrange matière organique.
Elle subit alors des transformations physique et psychologique …s’ensuit un combat contre son corps…
Réalisateur: Sandy Depretz
SFX: David Scherer
Musique: Yann Moine
Assistante: Camille Szczesny
Actrice: Fabienne Bouland

Pour le télécharger: http://reservoirvod.com/product.php?id_product=19

En attendant le prochain film de Sandy Depretz, qui a utilisé des extraits du journal publié sur le blog pour la voix-off du film.

« Lire le délire », Juan Rigoli, Fayard

 
Ayant pour objet la lecture de la folie en France au XIXe siècle, cet ouvrage se réclame d’une histoire intellectuelle et tente de comprendre, en se situant au croisement de l’aliénisme, de la rhétorique et de la littérature, les usages et représentations dont l’expression de la folie est devenue l’enjeu dès l’émergence institutionnelle, autour de 1800, de la clinique des maladies mentales.
 
Lire le délire

« La folie », collectif, Fayard

La folie

Présentation de l’éditeur

Et si le début de la sagesse était de renoncer à être sage ? Qui, sinon la folie, détourne du suicide les hommes dont la vie n’a aucun sens ? Qui d’autre défait les tyrans qu’elle a mis sur le trône ? Qui enseigne, comme la folie, à aimer le silence, à désirer ce qui ne dure pas, à parler légèrement des choses graves, à souffrir sans se plaindre ? La folie n’est pas seulement une objective pathologie, elle est aussi une prodigieuse réserve de sens et « notre vérité peut-être la plus proche », écrivait Michel Foucault. La folie est un passage qu’emprunte, en compagnie des meilleurs auteurs, Les Nouveaux chemins de la connaissance.

 

Biographie de l’auteur

LA FOLIE ET FOUCAULT AVEC JUDITH REVEL. LA FOLIE ET ANTONIN ARTAUD AVEC EVELYNE GROSSMAN. LA FOLIE ET FOUCAULT AVEC GUILLAUME LE BLANC. LA FOLIE AVEC NICOLAS GRIMALDI. CINEMA ET FOLIE AVEC CAROLE DESBARATS. LA FOLIE ET ERASME AVEC JEAN-CLAUDE MARGOLIN

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