Posts Tagged ‘délire’

« Bruges-la-morte », Georges Rodenbach, Garnier-Flammarion

Bruges La Morte

Quatrième de couverture

Parmi les canaux blêmes de l’ancien port
figé dans des eaux sépulcrales, le roman se joue entre des reflets : celui d’une
femme que Hugues Viane a passionnément aimée, celui d’une morte dont il croit
retrouver l’image chez une vivante. Récit fétichiste, où toute la sémiologie de
la ville participe aux cérémonies du deuil

Nadège et moi

images (26)nadege10 

Nadège est mon double, mon amie, celle qui me sauve et qui m’entraîne au fond. Elle est là, à côté de moi, elle apparaît sans que je le décide toujours. Elle est dans sa robe de nuit d’hôpital. Nadège est ma partie folle et la seule qui soit là dans ce monde de solitude qu’est la schizophrénie.
Nadège est une consolation et un symptôme de plus.

La transparence

Je n’ai plus de peau, plus rien pour me protéger des autres qui m’envahissent, le seul moyen est de m’enfermer loin du monde.

Voilà à quoi je ressemble     Ca, c’est mon cerveau, et voici mon corps:

images (43)Le regard des autres me dévore   Ils lisent dans mes pensées, ils me les volent et les manipulent, je ne sais plus quelles sont mes vraies pensées, je suis dépossédée:

Le délire mystique

 jesus10

Ils me protègent. Je suis athée, je pense toujours qu’ils n’existent pas
réellement, mais ce sont les petites statuettes que je possède qui me protègent.

sainte10

« Délit de fuite », Dominique Dyens, Pocket

Présentation de l’éditeur

Hier encore, Anne Duval déjeunait avec de
gros clients. A l’agence de pub ou elle exerce brillamment son métier, personne
n’aurait pu soupçonner que la jeune femme était sur le point de perdre pied. Un
3 décembre, après des années de mensonges et de solitude, elle craque, quitte
tout et s’enfuit au hasard des routes. D’aires d’autoroutes en parkings
d’hôtels, Anne finit par échouer dans ce centre psychiatrique, quelque part du
côté de Clermont-Ferrand… Attaques de panique, pulsions morbides resurgissent
alors au contact d’un étrange médecin, qui en rappelle un autre, et encore un
autre. Tout s’embrouille. Qui est la proie, qui est le chasseur ? Le
manipulateur et la marionnette ? Le créateur et la créature ? Les faits divers
s’emboîtent, les morts se mélangent. Perdue dans les dédales de son inconscient,
Amie croit voir sa propre histoire lui échapper. A qui profite le crime ?

 Délit de fuite

Biographie de l’auteur

Dominique Dyens est l’auteur de trois
romans parus chez Denoël, La femme éclaboussée (2000), C’est une maison bleue
(2002) et Maud à jamais (2003). Elle a publié Eloge de la cellulite et autres
disgrâces (2006) ainsi que Délit de fuite (2009) aux éditions Héloïse
d’Ormesson. Dominique Dyens vit à Paris avec son mari et ses trois entants.

Sans date

Renaud. Tu veux pas me laisser tranquille cinq minutes? Je peux plus rester seule, je deviens folle tout de suite. Sauve-moi, Renaud.
Pourquoi es-tu toujours partout? Dans ma tête et même en lui. J’écris n’importe quoi, je suis folle, j’en ai marre.
Arrête. Je ne veux plus écrire là-dessus, je ne veux même plus y penser. Plus jamais.
Quand je pense que je m’étais crue sauvée…

Sans date

Je ne supporte plus mes cheveux.
Je ne supporte plus ma main.
Pourquoi est-ce qu’elle ne saigne pas? Pourquoi elle ne saigne pas? Je veux que ça saigne.
J’aurais pas dû couper mes cheveux. Je les supporte plus. Je veux que ça saigne.

je sais pas quel jour on est, ah si, le 26  mais je m’en fous. Je veux que ça saigne.
On voit le sang mais il ne coule pas. Il ne coule pas. Que vais-je faire de mes cheveux? que vais-je faire de mon sang?

8 février 1997

Il ressemble à un ange noir qui se pare de blanc de temps en temps. C’est toujours la lune qui le guide.
Elle a dix-huit ans et, en apparence, est tout ce qu’il y a de plus normal.
Sans savoir pourquoi, elle l’aime. La Folie l’habite depuis longtemps déjà. Elle a toujours la main gauche coupée. Elle a Renaud dans le coeur, dans l’âme, dans le cerveau, elle a Renaud pour guider sa folie. Un être qui n’existe pas pour tenter de vivre. Elle n’arrive pas à le chasser, elle l’aime trop. Elle a essayé pourtant, mais ça n’a fait qu’empirer. Elle en est arrivée à un tel point qu’elle n’accepte pas qu’il soit juste une illusion. Renaud existe. Renaud est un ange. Ils s’endorment ensemble. Et dans ses rêves à elle, il y a celui qui est bien vivant, qui fait glisser ses doigts sur des cordes. Renaud la prend dans ses bras et ils saignent ensemble. Il n’est pas jaloux, il est mort. Et elle continue à regarder ses yeux bleus. Elle hésite entre espoir et détachement, ils font aussi mal l’un que l’autre.
Elle l’aime, elle l’aime, elle l’aime. Et se demande comment lutter, et interroge Renaud. Il ne peut pas répondre, il n’a su que mourir. Ca a coulé dans son sang, ça a trop coulé, et ça s’est enfin terminé.
Elle vit au milieu de leur noirceur et de leur pureté.
Elle les aime et chaque larmes en est un aveu.

9 février 1997

Renaud, sauve-moi de cet amour impossible qui me taraude.
J’ai mal de trop imaginer, de trop rêver.
Renaud, je t’en prie. Pourquoi l’amour fait-il si mal alors qu’il est en même temps la plus belle chose?
Renaud, sauve-moi. Enlève ces images qui m’obsèdent. Cette voix, ce regard, ces mains, ce noir…
Ca fait si longtemps que je n’ai plus été amoureuse comme ça. J’avais oublié que ça faisait si mal. Et je sais que ça ne passera pas de sitôt.

Renaud est mort. Renaud est mort. Renaud est mort.
Renaud n’existe pas.
Renaud, laisse-moi un sourire. Juste un.
Renaud pleure.
« C’était un suicide. »
Tu as vu ses yeux? Renaud. Le sang dans tes yeux. La mort dans tes veines. La vie dans ton coeur. L’amertume dans la gorge.
Renaud. Ne me mens pas. Tout est faux. Seuls les rêves sont vrais. Je sais ce qu’il y a sous tes manches.
Ne t’en va pas, Renaud. Serre-moi à m’étouffer. J’ai besoin de toi. Ne t’éloigne pas.
Renaud…

16 février 1997

Renaud est mort.
Renaud est mort, tu m’entends? Est-ce que tu te souviens? C’est toi qui l’as tué. C’était un « suicidé de la société », comme Van Gogh. Tu l’as tué dans les toilettes.
Un cri silencieux et vain, désespéré et beau, un éclatement au milieu, non pas de la nuit, mais de la vie d’un lycée.
T’endormir avec Renaud ou avec la mort, quelle différence?
Renaud n’avait plus rien dans les yeux, son coeur débordait. Et il en avait trop dans les veines.
Il se frappe à mort, je le tue avec rage et désespoir. Au couteau, au rasoir, avec une seringue, un marteau, n’importe quoi. On se tue avec toute la violence qui a grandi en nous par votre faute.
Renaud est mort et j’ai survécu.
Renaud est mort et je suis devenue folle.

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