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1er mai 1999

Je ne suis pas schizophrène selon le psychiatre, même s’il m’a donné des neuroleptiques. J’aimerais bien qu’on m’explique une fois pour toutes ce que j’ai exactement.

21 mai 1999

Le psychiatre m’a enfin expliqué clairement ce que j’ai. Si j’ai bien compris, c’est de l’angoisse sur un mode psychotique ou de l’angoisse qui s’est transformé en psychose, avec déréalisation, symptômes dissociatifs, etc…
Je devrai toujours être contrôlée par un psychiatre, du moins les prochaines années.

9 décembre 2000

Puisqu’on m’a dit en Espagne que j’étais psychotique, je ne vois pas à quoi ça sert de s’obstiner dans le silence. Il me trouve peut-être conne de lire des livres là-dessus mais au moins ça m’a rassurée sur l’évolution de la maladie, c’est pas lui qui l’aurait fait, il préfère me laisser dans l’angoisse, avec mes idées fausses, me laisser croire n’importe quoi et m’inquièter pour rien.
Et surtout qu’on ne me dise pas que c’est mettre une étiquette sur les gens, comme disait ma première psychologue, quand quelqu’un a une maladie physique, on lui dit sans se poser tant de questions, et de toute façon on ne se réduit pas à une maladie.
C’est de moi qu’il s’agit, j’ai tout de même le droit de savoir.
Il me répète qu’il faut briser le silence mais il ne le fait pas lui-même.

Je me sens bien. J’ai enfin l’impression d’être moi-même, d’avoir retrouvé mes vraies pensées. Peut-être que c’est avec les médicaments que j’ai mes vraies pensées, qu’ils chassent mes pensées malades. Parfois, je crois encore qu’ils les contrôlent mais je n’en suis plus si sûre. J’essaie de ne plus penser que mon psychologue me les vole. Je sais que c’est un symptôme même si je continue à le croire. Ca me rend tellement triste ces pensées qui viennent de l’extérieur. J’ai tellement peur de devenir folle.

C’est comme s’il y avait quelqu’un d’autre à l’intérieur de moi, un intrus dans mon cerveau.

8 décembre 2000

Il dit que quand on lit des livres comme ça, on se trouve toutes les maladies. Mais ce n’est pas vrai, je ne me trouve pas toutes les maladies, je trouve mes symptômes d’avant dans la dépression et ceux de maintenant dans la schizophrénie. Ce qui ne veut d’ailleurs pas dire que je suis schizophrène puisqu’il y a plein de symptômes que je n’ai pas, mais c’est quand même troublant de les trouver là-dedans. J’essaye juste de comprendre ce que personne ne veut m’expliquer. J’ai le droit quand même. On me critique parce que j’en parle, on me critique parce que je lis des livres là-dessus, j’en ai marre, je peux rien faire, c’est toujours mal.
En plus, il lit encore dans mes pensées. Sinon comment aurait-il su que le mot imposer ne venait pas de moi, je ne suis pas stupide au point de ne pas pouvoir employer ce mot.

J’ai oublié: rire quand on annonce de mauvaises nouvelles.
Et s’il n’y avait que ça, mais il y avait les hallucinations, la voix dans ma tête, le fait que je restais cloîtrée dans ma chambre, que je croyais que tout le monde me détestait, mon saint, Nadège, je passais ma vie en pyjama alors que je déteste ça, je ne parlais presque plus aux gens, je ne supportais plus qu’on me touche, mon corps qui se transformait, et surtout l’angoisse. P. parlait de déréalisation et de dépersonnalisation et mon psychiatre me trouve ambivalente.
Je sais que P. m’a dit que c’était de l’angoisse psychotique mais trois autres personnes m’ont trouvée schizophrène, alors qui croire? Tout ce que je veux, c’est savoir, c’est un nom, je sais que ça ne changera rien à ma vie mais je veux savoir, c’est tout.

15 décembre 2000

Si j’ai bien compris, je suis schizophrène finalement. Puisqu’il m’a dit « pourquoi vous ne vous contentez pas de ça? » quand j’ai dis que la psychologue m’avait trouvée schizophrène. J’ai dit parce que P. m’a dit que c’était de l’angoisse psychotique. Il m’a dit « l’angoisse c’est ce que vous vivez, la schizophrénie c’est l’étiquette ».

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