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La folie et la raison

Les personnes raisonnables se demandent parfois qui elles sont. Mais elles trouvent une réponse et avancent dans la vie en la prenant comme socle.

Ceux qu’on dit fous ne  savent plus qui ils sont, s’ils l’ont jamais su. Pourquoi suis-je limité à moi-même? Pourquoi ne suis pas les autres? Et qui est cette personne qui me regarde dans le miroir? Ils ne savent pas et vivent en conséquence, dans l’incertitude et le doute.

Les gens normaux se demandent parfois ce qu’ils font sur Terre, mais trouvent en général un sens à leur vie, dans ce monde ou l’au-delà. Ils ont une raison d’être.

Nous ne comprenons pas le sens de cette vie et notre monde bascule. Nous vivons dans un monde mouvant, instable et vacillant. Si on trouve une solution dans l’au-delà, nous allons jusqu’au bout des choses. Si le ciel existe, pourquoi ne nous parlerait-il pas? Pourquoi ne serions-nous pas le fils de Dieu? Pourquoi ne serions-nous pas un saint? Il faut aller jusqu’au bout du sens qu’on se donne. Si ce monde n’a pas de sens, nous vivons avec ce vide impossible à oublier, jusqu’au bout de ce non-sens.

Parfois chacun trouve le monde dur et incompréhensible, mais l’oublie pour continuer à mener sa vie.

Pour nous il est tellement étrange qu’il n’est plus le nôtre. Plus rien n’a de sens, les gens sont des pantins qui courent sans but dans tous les sens, perdus au milieu d’un univers infini. Course riducule et miniscule. Les animaux, la nature qui débordent de vie sur cette planète perdue sont des êtres étranges et dérangeants par leurs différences mais surtout leurs similtudes avec nous-mêmes.

Ces questions que tout le monde se pose, nous ne les balayons pas de la main, nous vivons avec le vide qu’elles créent au quotidien, avec l’effondrement que leur absence de réponse valable provoquent.

C’est la différence entre la raison et la folie.

Mon éloge de la folie

Ma folie m’a fait souffrir, elle m’a rendue malade.

J’ai vécu avec elle dans un autre monde, avec des personnes imaginaires.

Je suis tombée dans des puits sans fond, j’ai marché sur un fil et j’ai glissé, j’ai voulu regarder le soleil et j’ai vu les ténèbres.

J’ai vu la vie dans toute son absurdité, son non-sens, sa violence et sa crudité. Je l’ai rejetée sans pouvoir la quitter.

Je me suis dissoute dans un rêve glacé. Dans un paysage désolé.

Je n’étais plus qu’une morte au pays des vivants. Je ne connaissais plus que la souffrance.

Mais ma folie m’a appris qui j’étais.

J’ai exploré mon esprit.

J’ai compris que l’instinct de survie était inouï.

J’ai compris les souffrances des autres, même les plus dérangeantes.

J’ai ressenti ce qui est caché au fond des choses, derrière les paroles des gens.

J’ai compris à quel point on pouvait se perdre et tout ce qu’on pouvait gagner dans cette perdition.

Ma folie m’a appris la vie.

Et cette expérience-là, cette vision des choses, je ne peux pas la renier.

Est-ce que j’aurais voulu ne jamais être malade et ne pas entendre la parole de la folie? Echangerais-je ma souffrance contre un aveuglement insouciant?

Je ne crois pas.

« Eloge de la folie », Erasme, GF

Quatrième de couverture

 » Point n’est besoin d’être un seiziémiste patenté pour savourer la cocasserie de cette fatrasie menée allegro con brio, avec un clin d’oeil de temps en temps pour nous rappeler que l’insensé produit du sens. » C’est ainsi que Claude Barousse présente ce classique des classiques qui, dans la pensée de la Renaissance, occupa une place fondamentale. La folie elle-même décline ses différents avatars, décris ses manifestations, dit son
indignation – en cela servie par une nouvelle traduction décapante, provocatrice et résolument vivante.
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 Éloge de la folie

L’auteur vu par l’éditeur

En 1509, Erasme (1469-1536), après avoir
voyagé entre Venise, Rome et l’Allemagne, rentre à Londres, à cheval. Sur le
trajet, il compose son Eloge de la folie, qu’il rédige en quelques jours, sitôt
arrivé.
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« Folie et cures de la folie chez les médecins de l’Antiquité gréco-romaine », Jackie Pigeaud, Les Belles Lettres

Présentation de l’éditeur

Ce livre est le compagnon inséparable de la Maladie de l’âme. Il a une finalité : donner, de manière la plus claire possible, ce qui va être pour des siècles l’outillage de la réflexion des médecins sur la folie. L’histoire de la médecine est, pour une grande part, jusqu’à une période assez proche, une histoire des textes et de leur interprétation dans laquelle philologie et médecine collaborent. Le sens de manie est délicat. C’est le terme le plus général pour indiquer la folie. Mais, au cours du temps, la manie est devenue une maladie bien définie dans l’usage médical ; de telle sorte qu’il faut toujours prendre garde au contexte et à l’époque où l’on se trouve. Parfois le sens large et le sens technique peuvent coexister. L’auteur pense déjà à Philippe Pinel, le fondateur, au tout début du XIXe siècle, de ce qui s’appellera la psychiatrie. On trouvera traduits et analysés les textes fondateurs de la médecine antique, mais aussi, accompagnant inévitablement la réflexion sur la folie, la question de la phantasia, renouvelée à l’époque hellénistique, et celle du traitement qui ne pouvait éviter un examen de la catharsis aristotélicienne.

 Folie et cures de la folie chez les médecins de l Antiquité gréco-romaine

Biographie de l’auteur

Jackie Pigeaud (1937) est professeur émérite de littérature latine à l’Université de Nantes et membre de l’Institut universitaire de France. On lui doit également, aux Belles Lettres, La Maladie de l’âme. Étude sur la relation de l’âme et du corps dans la tradition médico-philosophique antique.

La maladie n’est pas la folie

« Il faut soigner la folie avec ou sans le consentement du malade » nous disaient trois psychiatres il y a quelques jours. Là-dedans, j’entends surtout qu’il faut faire taire la folie à n’importe quel prix. Car la folie n’est pas la maladie. Il faut soigner la maladie, aider à sortir de la souffrance ou à la supporter, soutenir, accompagner, mais en respectant ce que la folie a à dire, sinon il s’agit seulement de baîlloner une vision différente de la vie et du monde.

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« Jésus de Marseille suivi de Psychiatrie/Deconniatrie », Serge Valletti, Atalante

Présentation de l’éditeur

Marseille, Jésus de (0-2007) : Individu
extrêmement dangereux susceptible de créer des troubles dans la population sous
prétexte qu’il se prend pour quelqu’un de très important alors qu’on voit très
bien au premier abord qu’il ne ferait pas de mal à une mouche (le pauvre,
peuchère) et ce serait plutôt lui qui n’arrêterait pas de se faire emmerder par
ses parents, la rue des Trois-Mages, Satan, les marchands de tout, les médecins,
les pharmaciens, les poissons, les crabes, les adversaires, les camions pizza,
le stade vélodrome et même la Canebière et ses souvenirs. Et à la fin, il meurt,
comme tout le monde. En somme, un vrai original.
 Le second texte met en scène le psychiatre d’un côté et les patients de
l’autre.
 Jésus de Marseille suivi de Psychiatrie/déconniatrie

Biographie de l’auteur

Serge Valetti. Du même auteur dans la même
collection : Si vous êtes des hommes ! Le jour se lève Léopold ! Monsieur Armand
dit Garrincha, Un cœur attaché sous la lune, Fatigue & limaçons, Six solos,
Cinq duos, Pour Bobby, Villeggiatura, Je suis l’ami du neveu de la fille de
l’ami intime du fils du voisin de Paul Cézanne. Chroniques romanesques :
Pourquoi j’ai jeté ma grand mère dans le Vieux Port, Et puis, quand le jour
s’est levé je me suis endormie.

« Soigner la folie, une vie au service de la clinique », Hélène Chaigneau, Campagne Première

Soigner la folie

Présentation de l’éditeur

Préface de Jean-François Solal
Présentation biographique d’Hélène Chaigneau par Jean Garabé
Partie I
Chapitre 1 : Prises en charge institutionnelle des sujets réputés schizophrènes
Chapitre 2 : Ce qui suffit. Réflexions surgies de la fréquentation au très long cours de quelques schizophrènes
Chapitre 3 : L idée de guérison
Chapitre 4 : Parcours en souffrance psychotique et dispositifs
Partie II
Entretien Hélène Chaigneau-Joséphine Nohra-Puel
Préambule
Chapitre 1 : Un engagement personnel, la rigueur du service public
Chapitre 2 : Face à une demande sans limites, le projet humble
Chapitre 3 : L’Historial
Chapitre 4 : L’appropriation
Chapitre 5 : Gratifications indiscrètes
Chapitre 6 : Partage culturel
Chapitre 7 : Psychanalyse et psychiatrie: un parcours
Chapitre 8 : Psychanalyse et Psychiatrie: l’imbrication des pratiques
Chapitre 9 : Les psychothérapies à l’hôpital et en ville
Chapitre 10 : Les équipes, le pouvoir et les soins
Chapitre 11 : Vivre schizophrène
Chapitre 12 : Politique et Liberté
Glossaire
Bibliographie complète d’Hélène Chaigneau

« Soyons fous pour rester sains! », Adam Philips, Payot

Présentation de l’éditeur
La folie, on en parle beaucoup. On la scrute, on la mesure, on prétend la soigner, parfois même la guérir. Mais la santé mentale ? Nous la chérissons, mais savons-nous vraiment ce qu’elle est ? Pourquoi désirons-nous tellement être des individus  » normaux « , sains d’esprit ? Un peu de folie n’est-il pas nécessaire à une vie familiale accomplie, une activité professionnelle réussie, une sexualité épanouie ?

Soyons fous pour rester sains !
Biographie de l’auteur
Adam Phillips, l’un des plus importants psychanalystes anglais, est notamment l’auteur, aux Editions Payot, de La mort qui fait aimer la vie et de La Boîte de Houdini, ou l’art de s’échapper.

« Une certaine idée de la folie », Edouard Zarifian, L’Aube

Présentation de l’éditeur
Pour Edouard Zarifian, la psychiatrie n’est pas la science des maladies mentales, mais la médecine du sujet souffrant. Pour celui qui a toujours combattu la transformation de l’être humain en objet, la relation soignante doit être toujours centrée sur le patient, sa parole et le sens qu’elle contient.
Une certaine idée de la folie
Biographie de l’auteur
Edouard Zarifian, professeur de psychiatrie et de psychologie médicale, est notamment l’auteur de La Force de guérir et Des paradis plein la tête (Odile Jacob).

« Doués de folie », collectif, Labor et Fides

Présentation de l’éditeur
Ce livre rassemble des récits de personnes qui ont été en proie à des troubles récurrents du discernement. Chacun décrit sa pathologie avec une lucidité et une perspicacité qui ne peuvent qu’émerveiller le lecteur. A la frontière entre deux mondes, les auteurs nous confient leur intimité avec une étrange transparence. Leur franchise et leur finesse d’observation ne font rien d’autre que de nous parler de nous-mêmes. Capables aussi bien de tendresse que d’agressivité à leur propre égard, ils respectent leur intuition, tout en restant interrogateurs devant leur inconscient en jachère. « Vous et moi sommes implicitement mis en boîte au fil de ces pages: c’est très bien, vous verrez.  » Christophe Gallaz
Doués de folie : Récits à bascule
Biographie de l’auteur
Philosophe et historienne des religions, Nathalie Narbel est secrétaire générale de Pro Mente Sana Suisse romande. Elle a publié Un ouragan de prudence et Naissances divines aux éditions Labor et Fides. Samia Richle a travaillé de nombreuses années au secteur psychiatrique du Nord vaudois en tant que clinicienne. Elle est aujourd’hui psychologue au sein de l’Hospice Général à Genève.

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