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Mes médocs et moi

Avant, je disais médicaments. C’était des choses que je prenais de temps en temps, quand j’étais malade, comme tout le monde. Pas souvent.

Mais depuis mes vingt ans, j’ai le même rapport aux médicaments que les vieilles personnes, sauf que j’évite en général d’en parler dans le bus. Pas trop envie de m’en vanter ni d’avoir des conversations de vieillards avec des gens de mon âge qui ne prennent pas « leurs médocs » mais des médicaments de temps en temps. Mais moi il faut que j’y pense matin et soir, être sûre de ne pas les perdre quand je pars en voyage, surveiller mes ordonnances et surtout ne pas tomber à cours.

Etant donné que j’ai longtemps caché ma maladie, je cachais aussi mes médicaments. Au fond de mon sac après être passée à la pharmacie, dans un coin de la salle-de-bains pour les prendre quand je ne dormais pas chez moi, et les effets secondaires sous des excuses bateau du genre « je ne sais pas ce que j’ai ».

Mon premier neuroleptique, c’était du Risperdal. Je le détestais, parce qu’il m’avait fait prendre six kilos et que je ne pensais qu’à l’arrêter, sans pouvoir y arriver. Je ne le prenais qu’en pensant au moment où j’allais l’arrêter: dans six mois, après les examens, après mon diplôme, etc… Je l’avais arrêté au début d’une année scolaire. C’était le bon moment, pas d’examen en vue, pas vraiment de travail. D’abord, il faut supporter la première nuit. Je le savais, j’avais déjà essayé. Une nuit d’insomnie garantie, de nervosité et la tentation de prendre un comprimé pour enfin dormir. Mais je voulais passer outre. Vivre sans médicaments, donc sans la maladie, guérie. Je me lève épuisée, je vais au cours, en essayant de rester calme. Mais tout le monde me tape sur les nerfs, j’ai envie de mordre, de crier, de hurler qu’on la ferme et qu’on ne s’approche pas de moi. Tout ce que je veux, c’est rentrer, me mettre la tête sous l’oreiller, avoir du calme, ne plus voir personne. Les autres vont au bal des bleus, bien entendu il est hors de question que je mette un pied là-bas, je vais rester seule, tant mieux. Pas de chance, ils décident de passer manger au kot avant de sortir. Je mange rapidement avec eux, épreuve ultime avant la solitude, je l’espère. J’annonce que je vais dans ma chambre, je suis fatiguée, qu’ils s’amusent bien, sous-entendu pourriez-vous dégager rapidement? J’essaye de lire, mais ils ont mis la musique à fond. Je fais semblant de lire, je regarde un peu la télé mais je n’entends pas grand-chose, de toute façon je veux du silence, c’est tout. Je fume. La tension monte, quand est-ce qu’ils vont partir? Attendre, attendre sans savoir quand ça va se terminer, c’est insupportable. Il est tard, qu’est-ce qu’ils font? J’espère qu’ils n’ont pas changé d’avis, qu’ils ne vont pas rester là. Je commence à me mordre la main pour me calmer. J’ai envie de hurler, de casser quelque chose, je n’en peux plus de ce bruit. Il est plus de 23h et ils sont toujours là. Qu’est-ce qu’ils attendent? Je suis assise en tailleur sur mon lit, la tête dans les mains, je me balance, je vais hurler. Je suis tellement à cran que je m’arrache des mèches de cheveux par poignées. Je regarde les cheveux dans ma main, je n’avais jamais fait ça. Il est plus de minuit. Je me lève. J’entre dans la cuisine, en tremblant et j’aboie « Vous partez quand? » Mon apparition jette un froid. Une amie me dira plus tard que j’avais l’air complètement folle, et quand je lui parlerai d’épisodes de ma maladie, elle me demandera chaque fois « t’étais comme le jour du bal des bleus? ». Je me rends bien compte que j’ai l’air folle, je suis folle, je vais exploser. Mais ils s’en vont, enfin. Et moi je prends un Risperdal. La vie sans médicaments, ce ne sera pas encore pour aujourd’hui.

L’Abilify a été important dans ma vie lui aussi, même si je n’en ai avalé qu’un comprimé. Dès que j’ai entendu parler de ce nouveau médicament, qui ne fait pas grossir, je l’ai attendu. J’ai guetté ses autorisation de mise sur le marché, d’abord au Mexique, puis aux Etats-Unis, et je trouvais injuste qu’on n’y ait pas accès en même temps en Europe. Pour moi, ce médicament, c’était la fin de mes problèmes. Je me détestais avec mes kilos en trop, je passais mon temps à maugréer contre ces neuroleptiques dont je ne pouvais me passer. L’Abilify allait me rendre ma silhouette, ma joie de vivre, ma normalité. J’étais au comble de la joie quand j’ai su qu’on allait en avoir en Europe l’année d’après. D’autant que j’avais changé de neuroleptique, je prenais du Seroquel et j’avais encore grossi. Ma psychiatre m’a fait participer à une étude de pré-mise sur le marché. J’allais avoir de l’Abilify, gratuitement, avant sa commercialisation, à condition de répondre aux questions d’une enquête. J’ai avalé mon premier comprimé, un peu anxieuse parce qu’un nouveau médicament ce n’est jamais facile, mais contente. A peine une heure après, je suis dans un état lamentable, nauséeuse, tremblante, j’ai chaud, j’ai froid, je n’arrive pas à dormir. Le lendemain, mon état ne s’améliore pas. On est samedi, j’ai pris la précaution de commencer le traitement quand je ne travaille pas. J’ai l’impression d’avoir une mauvaise gastro. Je passe une seconde nuit, sans reprendre de comprimés. J’ai essayé de me forcer, mais vraiment je suis tellement malade que je ne peux pas. Rien que de regarder cette tablette de comprimés, j’ai envie de vomir. Le dimanche, je suis toujours mal. Le lundi matin, je n’arrive pas à aller travailler, je vomis et suis toujours faible. C’est la fin de mon histoire avec l’Abilify. Et de mes illusions sur les campagnes de pub des labos.

Certes, j’ai grossi, mais avec le Seroquel, je vais vraiment mieux. Je vais m’en contenter, tant pis pour la ligne. Il me shoote beaucoup, mais il suffit de le prendre avant de dormir et de ne pas trop tarder à s’endormir. Les quelques fois où j’ai augmenté les doses, j’ai déliré, j’ai eu des sensations d’étouffement, le coeur qui battait à tout rompre, je n’arrivais pas à bouger. Pendant des mois, ma tension chutait tellement le matin que je devais prendre ma douche assise, et je me traînais au travail en faisant semblant de rien. Les trois fois où je me suis retrouvée sans Seroquel, croyant que ma boîte n’était pas encore vide, j’ai passé des nuits d’angoisse, de tremblements, d’insomnie. Si je prenais un comprimé le matin, j’étais shootée toute la journée, je ne tenais plus debout, je tanguais. Si je n’en prenais pas, il fallait supporter le chaud et froid, les frissons, les tremblement de manque, mais ça passait vers 13h. Mais ce médicament calme mes angoisses, ce que ne faisait pas le Risperdal, je ne le rejette pas, j’ai compris que j’en avais besoin, et j’y tiens.

Il y a les antidépresseurs, qui m’ont permis de ne plus être dans l’excès pour tout et pour rien. Et que j’ai toujours avalé comme des bonbons, arrêté de la même façon, sans aucun effet secondaire ni symptôme de sevrage.

Et les benzo, dont finalement j’ai eu de la chance de connaître tout de suite la pénibilité du sevrage, parce que ça peut être vraiment bon, une sensation de planer complètement, même si elle passe vite, et plus couramment cette impression de coup de bâton sur la tête qui plonge dans un sommeil profond et sans rêves, une merveilleuse nuit de repos, loin de ses souffrances.

Les médicaments, on peut les décrier tant qu’on veut, nous dire que ce sont des drogues, des lobotomies chimiques, moi je dis qu’ils m’ont sauvé la vie, qu’ils me l’ont rendue supportable et que je réfléchis bien mieux avec que sans. C’est comme ça, maintenant ma vie c’est avec mes médocs, et tant mieux, sinon ce serait bien davantage avec ma schizophrénie.

Témoignage d’un psychiatre: « Parler d’antidépresseurs n’a plus de sens »

Lassé des raccourcis souvent dangereux et stigmatisant relayés par les médias au sujet des « antidépresseurs » et des maladies psychologiques, William Pitchot, professeur de psychiatrie à l’ULG et psychiatre clinicien au CHU de Liège, nous a écrit pour recadrer un peu les choses.

Le Belge est un gros consommateur de médicaments. Une étude de la mutualité chrétienne publiée ce vendredi indique que celui-ci en a consommé plus de 8 milliards l’année dernière. Parmi ceux-ci, on retrouve régulièrement l’une ou l’autre pilule classée sous le nom « antidépresseurs ». Pourtant, très souvent, celles-ci ne sont pas prescrites dans le cadre d’une « dépression ». Elles n’en sont pour autant pas moins nécessaires.

Un nom mal choisi qui stigmatise les patient et freine les soins

Parfois, les patients hésitent à prendre un traitement fait d’antidépresseur. Ils hésitent aussi à l’évoquer avec leurs proches. Pour beaucoup, prendre des antidépresseurs serait faire aveu de faiblesse. Il n’en est rien. « Antidépresseur est aujourd’hui un terme qui n’a plus de sens parce qu’ils ne sont pas utilisés uniquement dans la dépression. Les antidépresseurs sont une classe pharmacologique particulière », nous explique William Pitchot,  professeur de psychiatrie à l’ULG et psychiatre clinicien au CHU de Liège. « Ce ne sont pas des neuroleptiques, des antipsychotiques ou des calmants. Leurs indications sont nombreuses comme la dépression mais aussi les troubles anxieux (phobie sociale, trouble panique, anxiété généralisée, TOC, …), la douleur chronique et l’insomnie« , continue-t-il.

Des raccourcis souvent dangereux dans la presse

Le professeur Pitchot regrette que, trop souvent, des raccourcis dangereux soient relayés par la presse. Pour lui, les médias participent ainsi, sans le vouloir, « à cultiver le sens péjoratif des mots ‘antidépresseur’ et ‘dépression’ ». L’information, au sens général,  donnée par la presse à ce sujet poserait problème par rapport à celle donnée en consultation. « L’interprétation que l’on peut faire du nombre d’antidépresseurs prescrits en Belgique est forcément complexe. Ces médications sauvent la vie de nombreuses personnes dans le monde », argumente-t-il.

Des conséquences parfois dramatiques

L’information diffusée n’est pourtant pas sans conséquences. Pour illustrer son propos, le professeur Pitchot nous rapporte les répercussions d’une annonce faite aux USA : « Il y a 3 à 4 ans, une alerte été émise par les autorités américaines sur le risque de suicide associé à l’utilisation des antidépresseurs chez les adolescents. La conséquence a été une réduction spectaculaire du nombre d’antidépresseurs prescrits chez les adolescents et parallèlement une augmentation tout aussi spectaculaire du nombre de suicides. »

Il nous précise encore que prescrire des médicaments n’est pas le but premier recherché par un psychiatre. Son rôle premier est d’amener un patient vers un mieux-être, en évitant la médication quand cela est possible.

http://www.rtl.be/info/vous/temoignage/795237/temoignage-d-un-psychiatre-parler-d-antidepresseurs-n-a-plus-de-sens-/

Licence pour des médicaments contre la schizophrénie

Voici une avancée potentiellement
considérable pour les malades : la start-up BioLineRx, Ltd, à Jérusalem, qui
développe un médicament contre la schizophrénie reposant sur des découvertes
dirigées par une équipe de TAU (Université de Tel Aviv), a signé un contrat de
365 millions de dollars de licence avec Cypress Bioscience. Ce nouveau
médicament améliore les actuels car il bloque les effets secondaires de ces
derniers.

Les scientifiques travaillant à TAU sur ce médicament sont le
professeur Avi Weizman, chef de Felsenstein Medical Research Center, le Dr Ada
Rephaeli et le Dr Irit Gil-Ad du Centre et le professeur Abraham Nudelman de
l’Universite de Bar-Ilan. Il y a une génération, la schizophrénie était traitée
avec des médicaments anti-psychotiques qui induisent des maladies graves telles
que la maladie de Parkinson et des effets secondaires, notamment des
tremblements, une rigidité et une expression figée du visage. Les médicaments de
deuxième génération sont d’une grande amélioration par rapport à leurs
prédécesseurs en ce sens qu’ils réduisent de tels symptômes.

La nouvelle
approche des scientifiques se concentre sur l’exploitation des propriétés
bénéfiques du GABA, un produit chimique présent naturellement dans le cerveau
qui régule l’activité neuronale et évite la sur-excitabilité. Weizman et ses
collègues ont trouvé une façon d’administrer du GABA en lui permettant de
traverser en toute sécurité la barrière hémato-encéphalique en le reliant à la
perphénazine – un médicament efficace anti-psychotique qui a été utilisé en
clinique pendant des décennies. « La nouvelle « super-molécule » que nous avons
conçue semble être un traitement très efficace, il ne produit pas les symptômes
de Parkinson ou d’effets secondaires métaboliques », explique Weizman.

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/66589.htm

« Des paradis plein la tête », Edouard Zarifian, Odile Jacob

Quatrième de couverture
« Écoute-moi, toi mon semblable, mon frère. Tu as peur parce que tu te crois faible, parce que tu penses que l’avenir est sans issue et la vie sans espoir. Pourtant, tu as d’authentiques paradis dans la tête. Ce ne sont pas des paradis chimiques, c’est toi, toi tout entier, dans ta singularité d’homme, avec les forces qui t’habitent et que tu as oubliées peut-être.» E. Z.

« Le professeur Zarifian ouvre les yeux de millions d’insomniaques et d’anxieux : les médicaments psychotropes, non dénués de risques, doivent être réservés à des troubles bien précis. Pour soigner nos états d’âme, il existe d’autres solutions… » Elle.

L’auteur vu par l’éditeur
Professeur de psychiatrie et de psychologie médicale à l’université de Caen, Édouard Zarifian est notamment l’auteur de grands succès comme Les Jardiniers de la folie et La Force de guérir.

« Du bon usage des psychotropes », Alain Gérard, Albin Michel

Présentation de l’éditeur

Les Français sont les premiers
consommateurs mondiaux de psychotropes. Peut-on se soigner sans se droguer ?
Alain Gérard, psychiatre, ancien chef de service adjoint des hôpitaux
psychiatriques, expert auprès de l’Agence française de sécurité sanitaire des
produits de santé, répond en s’insurgeant contre les vérités toutes faites. La
parole ou la pilule, pourquoi choisir ? Dans la pratique, les deux approches
s’entremêlent sans cesse. Pourquoi se priver de prescrire un médicament qui
apaise d’abord un patient que l’on va engager dans une psychothérapie au long
cours ?
Notre société considère avec suspicion, et culpabilise même parfois,
ceux qui, pour soulager leurs troubles psychiques, ont recours aux
psychotropes… Certains praticiens eux-mêmes déconseillent ou interdisent un
tel traitement à leurs patients en analyse ou en psychothérapie. À travers une
série de cas (une femme souffrant d’anxiété généralisée, un patient
maniaco-dépressif un enfant hyperactif, une
phobique sociale, un adolescent
en crise…), le Dr Alain Gérard montre la complexité de la relation
thérapeutique qui se tisse chez le psychiatre et l’importance du temps consacré
à l’écoute. Et il
plaide pour un usage raisonnable et raisonné des
psychotropes sur la base d’une information rigoureuse des patients et d’une
formation approfondie des médecins.
Du bon usage des psychotropes : Le médecin, le patient et les médicaments

« Hémorragie dans l’oeil du cyclone mental », George Chesbro, Rivages

Présentation de l’éditeur

En rentrant chez lui, le Dr Robert
Frederickson, plus connu sous le nom de Mongo le Magnifique, nain acrobate,
ancienne vedette de cirque devenue détective, trouve sur le pas de sa porte une
vieille connaissance : Mama Spit, une femme d’un certain âge, atteinte de
troubles mentaux, qui vit dans la rue. Mais, surprise : Mama Spit a retrouvé
toute sa lucidité et a décidé de reprendre la peau de Margaret Dutton, la femme
qu’elle était jadis. Faut-il pour autant crier au miracle ?
Si aujourd’hui
Mama Spit ne vit plus dans ses délires, c’est grâce à un médicament que lui a
donné un jeune homme, avant d’être assassiné. Il venait de s’échapper d’un
établissement psychiatrique, en compagnie d’une douzaine d’autres patients, qui
tous avaient consommé la même drogue. Mongo décide de mener l’enquête, et
découvre qu’un mystérieux groupe lié à la CIA et soutenu par un laboratoire
pharmaceutique suisse, se livre à des expériences illégales sur des
schizophrènes. Les anciens patients, en fuite, sont ainsi poursuivis par deux
tueurs à gages, chargés de les faire taire. Mais cette drogue provoque un état
de manque qui devient très vite mortel. Mongo va devoir mettre les bouchées
doubles pour empêcher ces deux tueurs d’accomplir leur sinistre mission, tout en
jouant les dealers afin de fournir les malades.
Gare au dédoublement de
personnalité.
Hémorragie dans l'oeil du cyclone

Non aux essais contre placebo

Schizophrénie : non aux essais contre placebo !
Dans une maladie grave telle que la schizophrénie, pour laquelle il existe des médicaments efficaces, conduire des essais contre placebo n’est pas acceptable éthiquement.
La palipéridone (Invega°), principal métabolite actif et pur avatar commercial de la rispéridone, un neuroleptique parmi d’autres, est autorisée sur le marché européen pour les malades souffrant de schizophrénie. Au vu d’une évaluation à base de comparaisons versus placebo ! Pas de comparaison aux médicaments de référence, pas même à la rispéridone (Risperdal°). On sait pourtant depuis plus de 50 ans que les neuroleptiques peuvent apaiser ces malades.

Les agences gouvernementales acquiescent. Elles obéissent à une réglementation négligeant la recherche de progrès. La firme se contente du minimum requis, pour accéder au plus vite au marché rémunérateur, sans surprise.

Surtout, des médecins ont délibérément enrôlé des malades en souffrance aiguë dans des essais versus placebo en toute connaissance de cause : uniquement pour satisfaire à ces essais, une partie des malades qu’ils prenaient en charge devaient être privés du meilleur traitement. Sans espoir que ces essais apportent de connaissances utiles pour mieux soulager les malades schizophrènes.

Dans le cas de l’étoricoxib aussi (Arcoxia°), des patients ont été privés du meilleur traitement, uniquement pour satisfaire à des essais dénués de chance sérieuse de montrer un progrès notable.

Esprit mercantile ? Peut-être. Anesthésie des consciences ? Certainement. Si des soignants en sont au point de se dispenser de soulager sans délai une souffrance telle que la schizophrénie, et de tremper dans de telles expérimentations, il y a urgence.

Urgence à mobiliser les agences de régulation sur leur mission de santé publique au-delà du minimum réglementaire. Et surtout urgence absolue à réaffirmer la mission des soignants auprès des malades. En refusant le placebo quand il y a mieux ; aussi bien qu’en refusant la médicamentation marchande de l’existence, qui conduit, entre autres, à cette « recherche » à moindres frais pour les firmes.

©La revue Prescrire 1er septembre 2007
Rev Prescrire 2007 ; 27 (287) : 677-682.

Nouveau médicament

SCHIZOPHRÉNIE : Un nouveau médicament de Roche contre les symptômes négatifs de la maladie

Phase II

Roche présente, au 6 décembre, les résultats positifs à 8 semaines, de RG1678, son inhibiteur expérimental de la recapture de la glycine (GRI), premier d’une nouvelle classe thérapeutique pour le traitement de la schizophrénie. C’est le premier traitement à « s’attaquer » aux symptômes négatifs de la schizophrénie, c’est-à-dire à la perte de motivation et d’intérêt dans les activités sociales des personnes atteintes par la maladie.

Cette étude de phase II de RG16781 montre une réduction cliniquement significative des symptômes négatifs de la schizophrénie, accompagnée de changements bénéfiques dans le comportement personnel et social des patients personnelle et sociale. L’étude a mesuré ces améliorations chez des patients avec symptômes négatifs prédominants de schizophrénie ayant reçu le « RG1678 » en combinaison avec les antipsychotiques de deuxième génération.

Symptômes « positifs », symptômes « négatifs » : La schizophrénie touche environ 24 millions de personnes dans le monde et est généralement diagnostiquée chez de jeunes adultes âgés de 15 à 35 ans. Ces personnes vivant avec la schizophrénie souffrent fréquemment d’une perte de motivation et d’intérêt dans les activités sociales, deviennent socialement isolés et ont du mal à éprouver du plaisir dans la vie quotidienne. Ce sont les symptômes dits « négatifs » de la maladie. Les traitements actuels de la schizophrénie portent principalement sur les symptômes « positifs » de la maladie, qui comprennent les hallucinations et les délires, laissant souvent les patients souffrir des symptômes négatifs de la maladie.

« Ce nouveau médicament pourrait être le premier traitement à traiter les symptômes négatifs associés à la schizophrénie, ce qui pourrait permettre aux patients de mener à bien les tâches quotidiennes de la vie», explique le Dr. Hal Barron, Directeur du développement mondial et Chief Medical Officer de Roche. « Le but ultime dans le traitement de patients souffrant de schizophrénie est les ramener le plus près possible d’une vie normale. Les discussions avec les autorités sanitaires ont eu lieu et un programme de phase III est en cours pour confirmer l’efficacité du RG1678. « 

Cet essai multicentrique de phase II, randomisé, en double-aveugle, à groupes parallèles a inclus 323 patients présentant des symptômes négatifs prédominants de la schizophrénie. Les patients ont été traités pendant 8 semaines avec 3 posologies de RG1678 (10mg, 30mg et 60mg) puis suivis durant 4 semaines. Les résultats confirment une amélioration statistiquement significative des symptômes négatifs chez les patients prenant 10 mg et 30 mg de RG1678 par rapport aux patients sous placebo. En revanche, la dose de 60 mg n’a pas montré d’amélioration statistiquement significative.Le RG1678, inhibiteur expérimental de la recapture de la glycine (GRI) normalise la neurotransmission en augmentant les niveaux synaptiques de la glycine, ciblant ainsi une voie importante dans le traitement des troubles psychiatriques.

En normalisant la neurotransmission dans le cerveau, RG1678 d’action pourrait avoir des applications thérapeutiques utiles dans d’autres troubles psychiatriques que la schizophrénie

http://www.santelog.com

Lien entre les antidépresseurs et le diabète de type 2

Le Dr Lauren Brown, chercheur à l’école publique de l’université de l’Alberta a analysé les données provenant des bases de données de santé du Saskatchewan. Lors de ses analyses elle a trouvé que 30 % des personnes ayant des antécédents de dépression avaient un risque accru de diabète de type 2.

Le Dr Brown a ensuite étudié l’histoire médicale de 2.400 personnes qui ont été diagnostiquées dépressives et qui ont été traitées par des antidépresseurs pour déterminer s’il existe une corrélation claire entre cette maladie et le diabète de type 2.

Ces personnes ont été divisées en quatre catégories : celles qui ont été traitées par des médicaments plus anciens, celles utilisant des traitements plus récents, celles utilisant une combinaison des deux types de médicaments et les personnes qui sont passées d’un type de médication à l’autre.

Les analyses ont montré que le risque de diabète a presque doublé chez les patients qui ont utilisé les deux types de thérapies en même temps, les antidépresseurs tricycliques (TCA) et des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. Selon l’auteur les personnes ont habituellement reçu plusieurs médicaments si elles ont une dépression sévère ou si elles ont eu un problème pour trouver la bonne thérapeutique.

Les résultats ainsi que les résultats d’études antérieures montrent une augmentation du risque de diabète de type 2 chez les personnes atteintes de dépression. Selon l’auteur il faudrait mettre l’accent sur la nécessité d’organiser régulièrement le dépistage du diabète de type 2 chez les personnes atteintes de dépression, en particulier celles qui prennent plus d’un antidépresseur. Elle encourage également les organisations de diabétiques et de personnes dépressives à éduquer leurs membres à propos de cette probabilité.

http://www.medicms.be

21 janvier 1999

Les tremblements m’ont repris.
J’ai vu une psy. Elle veut que je prenne des anxiolytiques. Je me méfie des médicaments. Je le ferai peut-être si ça ne va vraiment pas.
Ca va mieux depuis que je suis en Espagne.

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