Quelque part

Un jour alors que j’attendais dans le couloir d’un pavillon hospitalier, j’ai entendu une réunion de transmission.

En voici le récit.

Une infirmière imite les voix des patients chiants. C’est vraiment très réussi. Les autres participants ont l’air d’apprécier en tout cas.  

Se répéter en boucle que ce n’est qu’une interprétation personnelle, des rires défensifs, un quart d’heure de défoulement, de simples bruits de couloir.

Les grosses voix de la réunion parlent uniquement de transgressions et de dates d’injections. Et s’esclaffent.

Echange de sourires gênés avec mes voisins de salle d’attente.

« Non ?!…. Injection il y a 2 jours…dans 3 jours…il crachait par terre… »

Je décide que je ne peux pas entendre les autres voix depuis le couloir, mais qu’il y a forcément d’autres prises de parole.

Discographie Lorie. Positive attitude. Moi j’préfère rester toute seule.

Mais quand même…

Une voix joyeuse annonce que : « ça y est on a décidé une mesure (d’isolement ?) pour X ». Ça semble être une bonne nouvelle. Elle répète « on » et « équipe » plusieurs fois.

Lire des magazines.

La boute en train de la réunion imite une patiente qui lui a dit qu’elle était« incompétente ». Ses collègues ne relèvent pas. Elle reprend sa propre voix et répète qu’elle a été traitée d’incompétente.  A nouveau, bref silence. La réunion se poursuit.

Le couloir, ça veut dire que j’attends de l’aide.

Et la salle de réunion ?

Virginie

3 commentaires »

  1. Hlhl Said:

    Ah j’en ai déjà entendu de belles, une qui me semblait limite dangereuse pour un patient même … je n’ose les mettre ici, trop peur que les infirmiers en question se reconnaissent. Mais ce mépris des patients psy (par une partie des infirmiers du moins) … J’oscille entre déception (oui, je croyais en la psychiatrie), colère et peine.

  2. cannelle Said:

    personne ne parle de ce qui se passe dans sa structure, c’est la loi du silence

  3. Hlhl Said:

    Oui … très peu osent parler de ce qu’ils ont constaté, même si ce sont clairement des fautes.
    Je n’oserai pas, trop peur d’être accusée de propos diffamants. Et qui donnera du crédit à quelqu’un qui a été internée en psychiatrie ? C’est tellement facile de dire que notre état de santé mentale ne nous permettait pas d’évaluer la situation, et nous faisait fabuler …
    Allez, j’arrête d’enfoncer des portes ouvertes, même si ça fait du bien.


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