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Les schizophrènes américains entendent souvent des voix violentes. Celles qui parlent aux Indiens leur disent de faire le ménage

Repéré par Claire Levenson

De l’importance du contexte culturel dans cette maladie.

La schizophrénie touche plus de 50 millions de personnes à travers le monde, mais la façon dont la maladie s’exprime varie beaucoup selon le contexte culturel.

L’anthropologue de Stanford Tanya Luhrmann a interviewé soixante schizophrènes sur leurs hallucinations auditives aux Etats-Unis, au Ghana et en Inde. Les résultats de cette enquête ont d’être publiés dans le British Journal of Psychiatry.

Alors que la plupart des schizophrènes américains interviewés entendent des voix menaçantes et agressives qui leur ordonnent parfois de commettre des actes violents, les Indiens entendent des voix familières (souvent celles de membres de la famille) leur commandant d’accomplir des tâches ménagères. Les Ghanéens ont plutôt tendance à entendre Dieu.

Aucun Américain interviewé n’affirme que ces hallucinations auditives sont agréables: ils les considérent comme des «bombardements», comme une atteinte à leur intégrité psychique. De leur côté, les patients indiens et ghanéens décrivent leur interaction avec ses voix comme plutôt positive, sans utiliser la terminologie de la maladie mentale.

En décrivant leurs voix, les schizophrènes américains parlent de guerre, de torture et de suicide, alors que les Indiens évoquent la cuisine, le ménage et le sexe.

De nombreux schizophrènes indiens expliquent que ces voix sont espiègles, voire amusantes, comme une manifestation d’esprits magiques. Et dans une société religieuse comme le Ghana, le fait d’entendre des voix divines ne semble pas complètement anormal. 

Selon les auteurs de l’article, ces deux réactions correspondent en partie aux façons différentes d’aborder le concept d’identité en Occident par rapport à d’autres types de sociétés.

 
 
«Je pense que ces différences sont liées au fait que dans une société où nos pensées sont quelque chose de très privé et où les esprits ne parlent pas, les gens se sentent plus agresséslorsqu’ils entendent ces voix», écrivait Luhrmann en 2013.

Alors que la culture occidentale a tendance à valoriser l’indépendance et le contrôle de soi, dans d’autres cultures, les individus se considèrent comme avant tout faisant partie d’une communauté, et valorisent l’interdépendance.

«Les voix violentes et hostiles entendues par les patients dans les sociétés occidentales ne sont peut-être pas des caractéristiques inévitables de la schizophrénie», conclut Luhrmann.

Ce ne serait donc pas la maladie mentale elle-même qui crée la violence, mais la façon dont la culture américaine a façonné les symptômes de la maladie. Ce qui expliquerait peut-être pourquoi de nombreux schizophrènes américains passent à l’acte de manière violente lors de fusillades dans des écoles ou des cinémas, alors que dans d’autres pays, des maladies mentales similaires ne mènent pas à autant de violence.

Les auteurs expliquent que ces conclusions peuvent avoir des implications cliniques. D’après l’expérience des schizophrènes indiens et ghanéens, on peut déduire que tenter de faire taire les voix à tout prix –notamment en prescrivant des médicaments– n’est peut-être pas toujours le traitement idéal. Une autre approche consisterait à améliorer le rapport des schizophrènes avec leurs propres hallucinations auditives.

Dans cette veine, une équipe de professeurs de l’University College London a récemment utilisé un programme informatique afin que des patients schizophrènes puissent créer desavatars modelés d’après leurs hallucinations.

L’idée est de permettre aux patients de converser avec la «chose» qui leur parle sans cesse, comme une façon d’accepter l’existence de cette voix plutôt que de la repousser. Cette approche non médicamenteuse a donné de bons résultats sur de petits échantillons, et d’autres études sont en cours.

 http://www.slate.fr/story/90779/schizophrene

 

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Femmes et électrochocs en 2013

Ce titre fait sursauter. Des électrochocs en 2013? Des images assez sombres nous viennent en tête des années 50-60, où les électrochocs étaient pratiqués à froid et servaient bien souvent comme outil pour punir et réprimer plutôt que pour soigner. Suite à de nombreuses critiques durant les années 70 et à l’arrivée de plusieurs traitements pharmaceutiques, l’utilisation des électrochocs a diminué.

L’utilisation des électrochocs, maintenant appelée électroconvulsothérapie, ECT ou bien sismothérapie, semblent faire un retour en force dans beaucoup de pays occidentaux. Le nombre de séances d’électrochocs a doublé au Québec entre 1988 et 2003.  En 2011, plus de 6000 traitements aux électrochocs ont été administrés à un nombre indéterminé de personnes à travers la province.

Bien que maintenant, le traitement s’effectue sous anesthésie et avec un relaxant musculaire pour éviter les risques de fracture, la procédure reste la même. On fixe des électrodes unilatéralement ou bilatéralement sur la tête de la personne et on envoie un courant électrique pour provoquer une convulsion. Un traitement comprend plusieurs séances à une fréquence de 2 à 3 fois par semaine. Les études scientifiques n’arrivent toujours pas à expliquercomment le traitement produit des effets thérapeutiques.
En principe, les électrochocs sont un traitement de dernier recours spécifiquement pour les dépressions profondes et résistantes aux médicaments. Il nécessite également le consentement de la personne. En pratique, il semblerait que le traitement soit offert à des personnes ayant d’autres diagnostics tels que la schizophrénie, la maniaco-dépression, la psychose, les troubles paranoïdes, etc. De plus, les réalités vécues par les personnes peuvent venir restreindre considérablement le consentement. Effectivement, pour qu’il y ait réellement consentement, celui-ci doit être libre et éclairé.
Libre : sans promesse ni menace, de son plein gré et sans que les facultés soit altérées.
Éclairé : Où on dispose de toutes les informations nécessaires notamment sur le but du traitement, ses effets, la procédure, les risques et les traitements alternatifs.

Il n’y a pas de consensus sur l’efficacité du traitement par électrochocs. Cependant, les effets secondaires observés peuvent être importants surtout au niveau de la mémoire. Le Ministère de la santé et des Services sociaux du Québec a demandé à l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS), agence gouvernementale chargée d’évaluer les techniques et interventions et d’émettre des recommandations dans le domaine de la santé, de lui faire un rapport sur la situation de l’utilisation des électrochocs au Québec. Ce rapport a été publié en 2003. Dans son rapport l’Agence précisait que les incertitudes quant à l’efficacité et aux risques de l’ECT demeurent importantes et y formulait sept recommandations visant à encadrer cette pratique psychiatrique. Aucune n’a été mise de l’avant par le ministère depuis.

Il existe peu de statistiques sur cette pratique au Québec. Les groupes communautaires québécois ont maintes fois demandé des chiffres au ministère de la santé.  Parmi les chiffres obtenus par le comité Pare-chocs qui militent contre l’utilisation des électrochocs, on découvre entre autre que
50% des électrochocs seraient donnés à des femmes de 50 ans et plus,
41% à des personnes âgées de 65 ans et plus,
Près de 10% à des femmes de 80 ans et plus,
et 75% à des femmes.
En lien avec ces données le comité organise chaque année à Montréal un événement le jour de la fête des mères contre les électrochocs.
Un septième rassemblement pour que cesse la violence à l’égard des femmes, des mères et des grands-mères

À l’occasion de la fête des Mères, un important rassemblement aura lieu le 11 mai prochain à Montréal pour demander l’abolition des électrochocs en psychiatrie. Les deux tiers des électrochocs sont donnés à des femmes. Selon des données obtenues par le comité Pare-chocs, 50% des électrochocs seraient donnés à des femmes de 50 ans et plus et 41% à des personnes âgées de 65 ans et plus. Près de 10% seraient administrés à des femmes de 80 ans et plus.  Rappelons que selon une étude récente les électrochocs causent plus de dommage chez les femmes et les personnes âgées. Le nombre de séances d’électrochocs avait doublé au Québec entre 1988 et 2003.  Aujourd’hui, on les compte toujours par milliers.  S’il n’est pas immédiatement aboli, ce traitement doit être placé sous haute surveillance et faire l’objet d’un débat public.

Quoi : Rassemblement « Disons NON aux électrochocs ».
Quand : Le samedi 11 mai 2013 à 11h00.
Où : Montréal, Place Émilie-Gamelin (métro Berri-UQAM, sortie Sainte-Catherine).
Animation : Participation de la troupe KUMPA’NIA

Photo du rassemblement de 2012
Le comité soulève également qu’en matière d’électrochocs, il existe plus de questions que de réponses :

« Combien d’électrochocs sont réellement prescrits au Québec?
Pourquoi les deux tiers sont-ils administrés à des femmes?
Pourquoi les femmes âgées de 65 ans et plus sont-elles plus susceptibles de subir cette intervention?
Pourquoi donne-t-on des électrochocs à des personnes âgées de plus de 80 ans?
Est-ce que l’électrochoc n’est utilisé qu’en dernier recours?
Combien d’électrochocs sont donnés aux enfants?
Combien de personnes décèdent ou subissent des séquelles permanentes suite aux électrochocs?
Malgré les recommandations de votre propre ministère, pourquoi n’apportez-vous aucun encadrement à cette pratique controversée? »

Force est de constater que les électrochocs sont bel et bien un enjeu féministe. D’ailleurs, le mouvement féministe a dénoncé à de mainte reprise l’aspect sexiste et patriarcal de la psychiatrie qui tend à diagnostiquer très facilement des problèmes de santé mentale aux femmes. On oublie facilement que derrière les étiquettes qu’on colle à ces femmes, se retrouve des réalités de vie forgées par des conditions structurelles, sociales et économiques. Si les diagnostics sont politiques, probablement que les traitements également!
En plus de déconstruire nos préjugés envers les personnes avec des problèmes de santé mentale, nous devrions également leur offrir tout le soutien qu’elles méritent. Des traitements humains et des ressources suffisantes qui prennent en compte les gens dans leur globalité et les situent dans leur environnement social. Encore plus important, nous devrions garder en tête que bien souvent c’est la société patriarcale qui nuit à la santé physique, psychologique et spirituelle des femmes. Et si c’était le patriarcat qu’il faudrait plutôt électrocuter?

Pour en savoir plus :

Les électrochocs – Aide-mémoire de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ)

Le Comité Pare-chocs 

Électrochocs : un traitement toujours controversé – Reportage de la première chaîne de Radio-Canada

L’utilisation des électrochocs au Québec – Rapport de l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé

Les électrochocs, une forme de violence contre les femmes – Bonnie Burstow, Ontario Institute for Studies in Education

Shock tactics. Why so many women are still coerced into electro-convulsive therapy – The Guardian

Électrochocs – Des femmes dénoncent! p.10-12

“Why isn’t the feminist blogosphere all over this?”

Psychiatry: Oppressive, Paternalistic Social Control & Bad for You, Mmm’kay?

Psychiatrie : non aux soins sans consentement

20 Septembre 2010 Par <a title="

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Maryvonne Leray
Retraitée Education Nationale
Sainte Luce sur Loire (44980)
Inscrit(e) depuis Jul. 2010

 » href= »http://www.mediapart.fr/club/blog/maryvonne-leray »>Maryvonne Leray

La Nuit sécuritaire

Un projet de loi deréforme de la loi du 27 Juin 1990 va être débattuau Parlement à l’automne, « Projet de loi relatifaux droits et à la protection des personnes faisant l’objetde soins psychiatriques et à leurs modalités de priseen charge ».

Trois mots résumece projet qui s’inscrit dans le droit fil du discourssécuritaire du Président de la République àAntony le 2 décembre 2008.

Imposture,Illusion, et Régression.

Imposture, Car cetexte détourne, pervertit le mot « soin ». Sous leprétexte « d’améliorer l’accèsaux soins et de garantir la continuité des soins », ilmet en place une logique de contrôle et de surveillance auxantipodes d’une approche qui permette de tisser une relationthérapeutique. Il est articulé essentiellementuniquement (pas un article ne concerne les soins sans contrainte !)autour de la dangerosité.

Avec la notion desoins sans consentement, qui remplace celle d’hospitalisation,il instaure une « garde à vue psychiatrique » de72 h. qui pourra passer à 6 jours avec le délai dontdisposerait le Préfet pour rendre son avis. Avecl’instauration des soins sans consentement, il s’agitd’un saut, d’une rupture avec la conception des soinspsychiques et des libertés analogue à celle de la loide février 2008 sur la rétention de sûreté! À aucun moment, il n’est question des hospitalisationslibres ou des soins librement consentis, alors que ceux-cireprésentent 80 % des situations cliniques. Imposture enfin,car il s’appuie sur un pseudo – consensus des syndicats et desassociations professionnelles, qui pour la plupart ont dénoncécette loi comme une loi sécuritaire et non sanitaire.

Illusion, Car ellelaisse croire aux familles que cette loi « répondraenfin » à leurs inquiétudes, leurs désarrois,leurs impasses dans les situations complexes. Car elle veut fairecroire à l’opinion publique qu’avec cette loi, lerisque zéro drame sera possible ! Car elle veut faire croireque le traitement médicamenteux est le seul garant et le seulà même de soigner les maladies mentales.

Régression, Caril s’agit d’un renforcement de l’hospitalocentrisme,avec la mise en place systématique d’une hospitalisationà plein temps inaugurale pendant au minimum trois jours. Car,de ce fait, elle conduirait à la fermeture systématiquedes services d’hospitalisation. Car elle instaure desassouplissements pour les entrées et un durcissement desprocédures de sortie. Car « les soins sans consentementen ambulatoire » assortis d’une obligation àaccepter visites et consultations seraient sous – tendus parune menace de réhospitalisation par la force publique ! Car ilinstaure sans le dire un fichier psychiatrique (équivalent ducasier judiciaire) : le médecin, demandant que le patientbénéficie du droit commun, devra systématiquementrappeler tous les antécédents d’hospitalisationsous contrainte.

Le Collectif des 39appelle à un grand débat national de sociétésur l’hospitalité pour la folie, qui définisseune nouvelle politique de soins en psychiatrie :

Quelle conception dela folie ?

Quelle formation pourles professionnels ?

Quels moyens eneffectifs et quel budget pour la psychiatrie ?

Quels droits etlibertés ?

Quelles places pourles patients et les familles dans le dispositif soignant ?

http://www.mediapart.fr

«On est là pour être soigné, pas pour être puni»

Interview

Julien et Marie ont tous deux vécu l’isolement :

Le mensuel Santé mentale, qui s’adresse aux équipes soignantes en psychiatrie, a consacré un dossier «Au vécu en chambre d’isolement». Voici deux des témoignages publiés par la revue, dans son numéro 139.


Julien

«Le pire, c’est cette impression d’être enfermé. Bon, c’est sûr, il y avait des raisons pour cela…

«Dans ce service fermé, c’était très violent, et je l’étais aussi. Ça hurlait de partout, c’était dur. Il n’y avait pas de psychiatres, que des infirmiers. Je hurlais, dans un état second. Ils ont appelé des gros bras d’autres services que je ne connaissais pas, puis ils m’ont traîné dans une chambre d’isolement. Une femme m’a enlevé mon pantalon, et ça m’a humilié. Ils m’ont mis en cage, comme au chenil, avec une piqûre dans les fesses. Après, j’ai perdu la notion du temps. Il faisait très chaud, je dormais presque continuellement, je n’avais pratiquement pas de vêtements, on pouvait me voir de dehors par une petite ouverture, je me sentais comme dans un zoo. J’avais chaud, je me sentais perdu, désorienté, sans repères. Il n’y avait pas de toilettes, et j’urinais dans un tube.

«Les soignants ? Non, il y avait peu de paroles. Après, j’ai retrouvé mes esprits, j’étais moins agressif, il faut dire que ça calme ! Mais quand même il faudrait que les conditions soient plus humaines, avec un matelas convenable, des toilettes accessibles, des boissons et un évier.

«Une autre fois, j’étais dans ma chambre, cette fois-là en hospitalisation libre. Et, tout d’un coup, je me suis rendu compte que j’étais enfermé. Je dérangeais les soignants, alors ils m’avaient enfermé sans me prévenir. Et cela, ça m’a choqué plus que la chambre d’isolement.»


Marie
«J’étais en hospitalisation libre, mais enfin libre de quoi… Après deux jours en chambre d’isolement, je ne comprends pas mon mode de placement. C’était long, trop long. On m’a mise là car je m’étais alcoolisée lors d’une sortie à l’extérieur. Je n’étais pas méchante, juste un peu gaie. On m’a fait souffler dans l’alcootest. L’alerte lancée, dix personnes m’ont poursuivie. J’ai pris des coups, poussé des cris. Arrivée dans la chambre, j’ai été déshabillée. Toute nue comme un ver. Aujourd’hui, j’en fais des cauchemars encore. On est humain, il y a d’autres solutions, non ? Je me suis sentie profondément humiliée. De plus on m’a attachée, pieds et poings liés. Mise à nu devant les autres, en voilà des manières. On est ici, à l’hôpital pour être soignée, pas pour être punie.

«Après m’être un peu endormie, j’ai eu le sentiment d’avoir été abusée…

«Dans la chambre d’isolement, votre esprit, votre tête, votre conscience vous parlent. On plane parfois, et on range ses idées, ses bêtises.

«Vers la fin de mon séjour en isolement, je souffrais moins, je me raisonnais pour rester calme. Au moment de la sortie, on est venue me voir, et toujours nue on m’a présenté une grande culotte. Mettez-vous à ma place… Les autres patients m’ont dit : « Alors Marie, t’es sortie du trou ; t’es calme, ça va mieux. »

«Je suis sûre d’une chose, lorsque l’on a une grande souffrance, l’isolement ne suffit pas. L’idéal est de pouvoir parler à des équipes formées à l’écoute.

«L’isolement, cela ne guérit pas, c’est clair, et, pire, ce n’est pas thérapeutique.»

«On isole quand on ne sait pas comment s’y prendre»

Interview

Alain Mercuel . Psychiatre au centre hospitalier Sainte-Anne à Paris :

Par ERIC FAVEREAU

«La montée de l’enfermement ? Il n’y a aucune donnée, juste des hypothèses. Comment l’expliquer ? D’abord, c’est le manque de personnel qui est en cause, avec le recours à des intérimaires qui ne connaissent pas les patients. On isole plus facilement quand on ne sait pas comment s’y prendre.

«En second lieu, il y a l’afflux de patients plus difficiles. Ils sont plus lourds, ils échappent aux traitements car ils en ont pris souvent beaucoup. Et à cela s’ajoutent des toxiques, voire des drogues qu’ils ont pris de plus en plus. Il y a, également, les cas de SDF qui ont accumulé des exclusions familiales. Or bien souvent, quand il n’y a pas l’aide de la famille, la situation empire.

«Enfin, il y a ce que j’appellerai la mondialisation des psychotiques, que l’on voit dans les rues des grandes capitales. Ce sont des malades étrangers qui ont des parcours invraisemblables, terriblement douloureux, et qui arrivent perdus dans nos villes. Toutes ces nouvelles populations rendent nos pratiques de plus en plus difficiles. Et provoquent un recours plus régulier à la contention et aux chambres d’isolement.

«Pour le reste, que dire ? Isoler, cela peut permettre de passer la phase aiguë. Mais, si on justifie ces pratiques comme une technique médicale, il faut alors des indications médicales strictes. Il doit y avoir des protocoles et du personnel. La contention et l’isolement sans personnel, c’est une catastrophe. Une contention sans parole, c’est même à mon sens une faute professionnelle.»

La psychiatrie malade de son enfermement

La contention des patients, sans véritable contrôle, est devenue quasi systématique dans les hôpitaux, au grand dam des personnels.

Par ERIC FAVEREAU

Les personnels soignants de la psychiatrie n’aiment pas en parler. Comme si c’était la caricature de leur travail. Comme si revenait le fantasme du film Vol au-dessus d’un nid de coucous avec ces psychiatres qui enferment leurs malades en toute impunité. Comme si, aussi, les profanes ne pouvaient pas comprendre.

Aujourd’hui, pourtant, la situation autour des mesures d’enfermement et de contention – c’est-à-dire des patients attachés – dans les hôpitaux psychiatriques est inédite en France. Est-ce le grand retour de l’enfermement ? Depuis la Seconde Guerre mondiale, en tout cas, on n’a jamais connu cela. Les chambres d’isolement et les mesures de contention se sont multipliées. Il y a vingt ans, elles étaient rarissimes, aujourd’hui elles sont partout, dans presque tous les services de psychiatrie publique. Il n’y a aucun chiffre officiel, mais, jusqu’aux plus hautes autorités sanitaires, nul ne s’en étonne, bien au contraire. Ces dernières justifiant sans complexe cette privation de liberté, qui se fait pourtant en dehors de tout contrôle juridique sérieux.


Sécuritaire.
En décembre 2008, juste après l’assassinat d’un jeune par un malade mental échappé de l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève (Isère), Nicolas Sarkozy avait tenu un discours uniquement sécuritaire pour la prise en charge des malades mentaux. Sur le moment, personne ne s’était trop étonné d’un plan pour créer 200 chambres nouvelles d’isolement. «Pourquoi ? Ils en manquent ?» ironisait, alors, un psychiatre de Lille. «Le plus grave, ce n’est pas qu’il y a en ait, note avec bon sens le Dr Alain Mercuel, chef du service santé mentale et exclusion sociale du centre hospitalier de Sainte-Anne, à Paris, car on a besoin parfois d’isoler des patients. Mais l’impression que l’on a, c’est que chacun fait sa tambouille personnelle, au gré des difficultés de service». Sans contrôle ni évaluation, sans même respecter les règles de fonctionnement, faute de personnel.

Depuis quelque temps, Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, a pris en charge ce dossier et, avec son équipe, multiplie des visites. «Nous n’avons pas à juger la pertinence de ces mesures d’isolement, mais ce qui nous frappe à présent, c’est la variété des pratiques dans un même hôpital ou entre deux établissements. Et surtout l’absence de toute évaluation.» Il ajoute : «On a rencontré certaines formes de brèves phases d’isolement, juste quelques heures, le temps d’un répit thérapeutique nous dit-on. Cela peut se comprendre. Mais nous avons constaté des durées longues, très longues, de plusieurs semaines. Et nous avons vu aussi des isolements sans fin. Comme dans ce service de psychiatrie d’un hôpital général où un malade est enfermé dans une chambre avec un seul matelas, à moitié nu. Il est là depuis des années…»

Quand on lui demande ce qu’en disent les patients isolés, Jean-Marie Delarue note que la plupart d’entre eux se plaignent de ne voir jamais, ou si peu, leur psychiatre.


Choqués.
Aujourd’hui, à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, le collectif de la Nuit sécuritaire (www.collectifpsychiatrie.fr), qui s’était formé en riposte au discours de Nicolas Sarkozy de décembre dernier, va discuter toute la journée de cette question. Un débat que les membres du collectif jugent essentiel mais difficile car, même eux, sont gênés, certains choqués devant ces pratiques d’enfermement, d’autres moins. «On doit affronter cette question et ne pas se taire», explique le psychiatre, Hervé Bokobza, coordonnateur de ce collectif.

Michel Guyader, médecin chef de secteur dans l’Essonne, est plus virulent. Forte personnalité, il est l’un des rares psychiatres publics à se révolter ouvertement contre ces pratiques : «C’est pour moi, un déshonneur.» Mais il reconnaît aussi : «Dans mon service, il y a une chambre d’isolement, qui est trop utilisée. J’ai essayé de faire un moratoire, mais j’ai du mal.»

http://www.liberation.fr

L’oestrogène aiderait à traiter la schizophrénie

L’hormone féminine, l’oestrogène, aurait une influence positive sur la schizophrénie. Des scientifiques australiens sont arrivés à cette conclusion au terme d’une étude conduite sur 102 femmes et 52 hommes. La mise au point d’une hormonothérapie n’est cependant pas pour demain.

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L’œstrogène combat les symptômes de la schizophrénie

Environ 1% de la population mondiale souffre de schizophrénie. Les symptômes de cette maladie mentale chronique sont la confusion intellectuelle, les hallucinations et la tendance à s’isoler du monde extérieur. Le traitement repose sur des médicaments (neuroleptiques) et une psychothérapie.
Selon les scientifiques de la Monash University de Melbourne, en Australie, l’oestrogène pourrait cependant également se révéler un traitement efficace à terme. Le docteur Jayashri Kulkarni et ses collègues sont arrivés à cette conclusion en collectant les avis de patientes, qui ont suggéré que leurs symptômes étaient influencés par leur cycle hormonal.
Cette hypothèse avait déjà été formulée antérieurement après d’autres constats similaires. Ainsi les femmes développent-elles la maladie à un âge plus avancé que les hommes. Les symptômes apparaissent par ailleurs souvent juste après un accouchement ou à la ménopause, lorsque le taux d’œstrogène chute. Les symptômes s’atténuent ensuite lors des phases du cycle menstruel où le taux d’oestrogène est plus faible. Enfin, l’œstrogène a un effet sur les signaux chimiques du cerveau. Or, c’est précisément la transmission de ces signaux qui est altérée chez les schizophrènes.

L’hormonothérapie contre la schizophrénie

Les scientifiques australiens ont conduit plusieurs études sur l’effet de l’oestrogène sur la schizophrénie. Lors d’une première étude réalisée sur 102 patientes, celles-ci ont porté un patch d’œstrogène pendant quatre semaines tout en continuant leur médication. Après un certain temps, les patientes qui portaient le patch semblaient présenter beaucoup moins de symptômes.
Le docteur Kulkarni et ses collègues ont renouvelé le test sur 52 hommes, mais sur une période plus brève (deux semaines) de manière à éviter les effets féminisants de l’oestrogène, et ils sont arrivés à la même conclusion.
Des études complémentaires devront confirmer que ces premiers résultats ne sont pas le fruit du hasard. De plus, il conviendra de déterminer si le patch d’oestrogène est assez sûr et n’entraîne pas d’effets secondaires graves. En conséquence, le docteur Kulkarni souligne qu’il est trop tôt pour utiliser massivement l’œstrogène dans les traitements contre la schizophrénie. Elle n’en reste pas moins convaincue qu’un pas a été franchi dans la recherche d’un traitement efficace, tant chez l’homme que chez la femme.

19/08/2008

www.e-sante.be

Huit traitements psychiatriques à peine croyables

Maxisciences.com

C’est une réalité : personne n’est vraiment maître de son cerveau. Depuis des décennies, des spécialistes travaillent afin de comprendre et résoudre certains de ses dysfonctionnements.

Qui n’a jamais voulu avoir le contrôle absolu de son cerveau, maîtriser son esprit ou ses émotions ? Ce dossier se penche sur plusieurs « thérapies », surprenantes voire complètement folles. Le remède serait-il de soigner la folie par la folie ?

1. Thérapie par le coma

Il s’est avéré que plonger un patient dans le coma permettait, dans certains cas, de le guérir de dépendances dues à un traitement antérieur.

C’est en 1972 que cette idée a germé, après que le docteur Manfred Sakel a donné par erreur une surdose d’insuline à l’un de ses patients diabétique. La réaction a été brutale : celui-ci est tombé dans le coma. Plus tard, cette personne a déclaré n’avoir plus aucune dépendance à la morphine, utilisée dans le traitement de son diabète. L’accident l’avait ainsi guéri de sa dépendance. Le docteur Manfred Sakel s’est alors tourné vers des spécialistes qui ont réussi à traiter par cette méthode des cas de schizophrénie. Aucune explication scientifique n’a jamais validé cette méthode, finalement interdite en raison de sa dangerosité : 2% des patients ne sortaient en effet jamais du coma.

2. Thérapie par la trépanation

La trépanation consiste en une perforation de la boîte crânienne.

Exercée sur des êtres vivants ou morts, cette pratique consiste à trouer le crâne afin de guérir de diverses pathologies. Au Néolitique, de 5.000 à 2.200 ans avant J.-C., cette thérapie de l’extrême reposait a priori sur la croyance que la folie était causée par des démons présents dans le crâne. Aménager une « porte de sortie » permettait ainsi de les libérer… Cette méthode a encore cours, notamment chez certaines tribus péruviennes ou colombiennes, mais la médecine moderne la condamne et l’utilise aujourd’hui principalement pour l’ablation de tumeurs ou l’évacuation d’hématomes cérébraux.

3. Thérapie de rotation

Erasmus Darwin (le grand père du célèbre Charles du même nom, ndlr) a mis au point, en 1750 environ, une thérapie consistant à allonger le patient et à le faire tourner.

Erasmus Darwin, médecin, philosophe et scientifique, pensait avoir trouvé un moyen de soigner ses patients en les faisant tourner. Un médecin américain, Benjamin Rush, s’est servi de cette méthode en psychiatrie : il pensait qu’elle permettrait de diminuer la congestion cérébrale, et donc, de soigner certaines maladies mentales. Cette théorie était erronée, et a été laissée à l’abandon.

4. Hydrothérapie

Cette thérapie consistait, au début du XXe siècle, à guérir les patients souffrant d’un trouble psychiatrique grâce à différentes techniques faisant appel à l’eau.

On plongeait ainsi les patients hyperactifs dans l’eau, tandis que les léthargiques recevaient des jets stimulants. Cette méthode thérapeutique était censée soigner par l’eau ou prévenir la maladie. Jets d’eau, bains, douches, vapeurs et compresses étaient ainsi utilisés. Aujourd’hui encore, dans les termes ou les saunas, l’hydrothérapie aide à curer certaines maladies de peau ou états de stress. Ses bienfaits psychiatriques sont en revanche inexistants.

5. Thérapie par l’hypnose

Frédéric-Antoine Mesmer, médecin allemand exerçant à la fin des années  1700, croyait qu’une force invisible nous entourait et influait sur nos états.

Selon lui, les ruptures de la continuité de cette force entraînaient douleurs et souffrances chez les humains, et la gravité de la Lune était la cause de bien d’autres maux. Pour tenter de rétablir un bon flux sanguin chez ses patients, Mesmer utilisait des aimants. Les patients étaient satisfaits des résultats obtenus, mais la médecine le discrédita. Si sa technique n’a pas eu d’impact sur la médecine moderne, ses idées sur l’hypnose, qui en résultent, ont séduit plus d’un scientifique. Anecdote intéressante, en anglais, hypnotiser se dit « to mesmerize« .

6. Thérapie par la malaria

Au début du siècle dernier, Von Jauregg a trouvé comment guérir la syphilis : en contaminant ses patients avec la malaria.

A l’époque où l’on ne connaissait pas encore la pénicilline, soit avant 1928, les médecins avaient trouvé comment soigner la syphilis. Ils faisaient en sorte que leur patient attrape la malaria, celle-ci déclenchant ensuite une forte fièvre. En effet, une température corporelle élevée était la cure idéale contre la syphilis. Le problème est évident : malgré ses bons résultats, cette méthode comportait de nombreux risques. Son inventeur, Von Jauregg, a tout de même obtenu un prix Nobel pour cette découverte et la réussite de cette thérapie.

7. Thérapie par la phrénologie

Si l’on dit que certains ont la « bosse des maths », c’est pour faire écho à cette science méconnue et désuète.

La phrénologie consistait à tenter de décrire la personnalité et les maladies associées à un individu en observant la forme de son crâne. Cette science théorique, exposée en 1920 par le docteur allemand Franz Joseph Gall, ne pouvait toutefois que tenter un diagnostic et non pas soigner quelqu’un. En observant un patient, et les bosses situées au niveau de sa voûte crânienne, le docteur pensait pouvoir décrire sa personnalité, et la source de ses maux. Bien que dépassée, non prouvée, et même raillée scientifiquement, cette pratique a toujours quelques adeptes.

8. Thérapie par la lobotomie

C’est à Egas Moniz, un neurologue portugais, que l’on doit, en 1935, l’idée que les maladies mentales sont causées par des problèmes d’infections et de connexions des neurones présents dans le lobe frontal.

Cette partie du cerveau, située derrière le front, est constituée de substance blanche, un ensemble de fibres nerveuses. Infectés et déconnectés, les circuits neuronaux provoquent des maladies mentales telles que la schizophrénie, l’épilepsie, les migraines chroniques… Egas Moniz et d’autres médecins ont cru que l’on pouvait intervenir sur cette région du cerveau sans altérer le fonctionnement normal du patient, par le biais de la lobotomie et de la leucotomie. Ces pratiques consistent à sectionner et retirer la partie de cette substance blanche qui cause un dysfonctionnement à l’intérieur du cerveau. Moniz obtint un prix Nobel en 1949 pour ses travaux. La pratique est depuis interdite car elle n’est pas du tout sans conséquences.

http://www.maxisciences.com/cerveau/huit-traitements-psychiatriques-a-peine-croyables_art6547.html

V.S.T. n°108 « Contenir ou enfermer? », collectif, Erès

Présentation de l’éditeur

L’approche sécuritaire devient la réponse
privilégiée des décideurs politiques : enfermement en HP, chambres d’isolement,
établissements pénitentiaires pour mineurs, rétention administrative à tout
va… Pourquoi ce recul de deux siècles, ce retour à la psychiatrie d’avant
Pinel et aux colonies pénitentiaires pour mineurs ? Certes il y a, et il y aura
toujours besoin de cadres, de limites, de « non », de contenants. Mais
parlons-nous alors de la même chose ?
VST, N° 108, 4e trimestre : Contenir ou enfermer ?

19 octobre 2002

La France, le pays des droits de l’homme?  Alors qu’on traite les malades mentaux comme on ne traiterait même pas les chiens?
Mais peut-être considère-t-on que nous ne sommes pas des êtres humains dignes de ce nom, que nous n’avons pas les mêmes droits que les autres?
Et il s’arrogent le droit de décider pour nous et de nous détruire en se donnant bonne conscience, « c’est pour notre bien », « ce sont des soins ». Ils se croient omnipotents.
Je hais la psychiatrie. Il y a des gens génials qui la font, j’adore ma psy. Mais… je ne sais plus ce que je voulais dire. Ah oui, le système me fait gerber et tous ceux qui le trouvent normal aussi.
Ceux qui attaquent F. parce qu’il lutte contre la contention et l’isolement.
J’aimerais que ceux-là crèvent attachés à leur lit, en chambre d’isolement, abrutis de neuroleptiques. Ils comprendraient peut-être enfin ce qu’ils ont fait aux malades. Qu’une bonne petite schizophrénie leur tombe dessus et qu’ils soient à leur tour traités comme des débiles, comme de la merde, qu’on décide pour eux, qu’on les prenne pour des cons et ils verront.
Pourquoi un être humain peut attacher et enfermer un autre être humain? Le bourrer de médocs? Pourquoi est-ce établi que les soignants sont supérieurs à nous? Qu’ils peuvent décider pour nous?
Alors oui, on a fait des progrès. Mais comme dit F., on est en train de remettre les chaînes que Pinel a enlevées.
Alors, il y a peut-être plein de choses bien dans la psychiatrie, tant qu’elle respecte notre avis et notre consentement, mais la phrase des Bérus reste vraie pour beaucoup de choses:

Quelle pourriture la psychiatrie!!!

21 juillet 2004

Le nombre de conneries qu’on lit sur la psychiatrie, ça me met hors de moi.
Un texte très sérieux et bien documenté, apparemment écrit par un spécialiste en droit, reprend l’histoire de la lobotomie. Et en conclusion, il dit qu’actuellement la lobotomie triomphe grâce aux neuroleptiques qui la généralise sous des dehors non féroces.
N’importe quoi, vraiment! Je n’ai pas l’impression d’être lobotomisée! Je suis d’accord qu’il y a des abus, mais il ne faut pas tout mélanger.
Ce mec n’a jamais souffert psychiquement pour écrire des conneries pareilles! Sans les neuroleptiques, je passerais ma vie à être malade. Si depuis les neuroleptiques les asiles se sont vidés, les psychotiques vivent avec les autres et certains travaillent, ce n’est quand même pas un hasard.
Il y en a marre qu’on remette tout le temps notre traitement en cause parce que certains de ses effets secondaires dérangent, alors qu’on ne le fait pas avec les traitements pour les maladies somatiques. Les malades mentaux peuvent souffrir comme des chiens parce que les psychotropes font peur aux gens et qu’ils ont des préjugés réducteurs dessus!

Camisoles


Costume anti-masturbatoire

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