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La littérature m’a sauvée

Une idée reçue veut qu’il ne faut pas lire de livres « déprimants » quand on va mal. Un coach dans une vidéo sur la dépersonnalisation veut bien nous lire des extraits de « La Nausée » de Sartre mais surtout pas qu’on le lise nous même si on se sent dépersonnalisé. A mon travail, les gens veulent toujours offrir des livres distrayants aux gens déprimés.

Mes lectures les plus fortes, les plus vitales, les plus bouleversantes, ont été ces livres soi-disant déprimants, et souvent au moment où j’allais mal.

Parce que quand on vit quelque chose, le lire ne va pas nous enfoncer encore plus.

Parce que la littérature peut sauver.

Parce qu’elle met des mots sur un vécu parfois indicible, parce que les grands auteurs parlent pour nous qui parfois n’avons plus la possibilité de le faire.

Parce que se reconnaître dans un livre, reconnaître un vécu étranger à son entourage, est un choc salutaire.

Parce que la littérature nous relie à le communauté des humains quand on s’en sent le plus exclus.

Parce que la littérature fait battre le cœur un peu plus vite et monter les larmes aux yeux, oui, mais ce n’est pas se tirer vers le bas, c’est au contraire s’élever dans la compréhension de soi-même et des autres.

Pour tout cela, lisez tous les livres que les bien portants juges déprimants si vous le voulez.

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Perception, encore

J’adore la série Perception. Je suis quasiment amoureuse de son héros, Daniel Pierce. Je rêve même de lui.

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Non, les enquêtes ne sont pas celles du siècle, et les hallucinations de Daniel sont assez spectaculaires et peu communes. Mais on s’en fout. J’adore Perception parce que, pour la première fois de ma vie, je peux totalement m’identifier à un héros de fiction. Les questionnements les plus intimes de Daniel sont aussi les miens. Par exemple, dans le dernier épisode que j’ai regardé, sa schizophrénie est révélée devant le public d’un tribunal. Daniel sait intellectuellement qu’il ne doit pas avoir honte de sa maladie, mais il est écoeuré de passer pour le « cinglé certifié » de service devant tout le monde et cela le bouleverse. Quel schizophrène n’a jamais ressenti cette ambivalence entre la fierté d’être soi et la honte d’être malade?

Je m’étonne encore que cette série existe, que mes tourments soient mis en scène, qu’un héros positif prenne des neuroleptiques, ou pas, qu’il travaille, vive et aime avec la schizophrénie, très présente dans sa vie. Cette série me bouleverse totalement, parce que je n’ai pas l’habitude de voir ça. Plus précisément, je n’ai jamais vu ça. Ma vie intérieure portée à l’écran. Et là, je me dis que c’est ça aussi qui donne un sentiment d’exclusion: être quelqu’un qui n’est jamais représenté. Ne pas y croire, pleurer d’émotion quand ça arrive. Se dire que les autres ont bien de la chance, ceux qui peuvent se reconnaître dans tous les livres, tous les films, ou presque.

Cette série, elle me dit simplement « Tu existes, les schizophrènes existent, voilà leur vie, leurs pensées, leurs difficultés et leurs joies, tout cela est digne d’intérêt ». C’est pour ça qu’elle est exceptionnelle.

Une héroïne de série bipolaire

The Black Box est la nouvelle série produite par Bryan Singer, le réalisateur de X-Men. L’héroïne est Catherine Black une célèbre neurochirurgienne qui traite les maladies psychologiques les plus rares. Mais elle cache un lourd secret, elle est bipolaire, melty.fr vous en dit plus.

Kelly Reilly

On découvre le quotidien de Catherine Black une célèbre neurochirurgienne, surnommée « La Marco Polo du cerveau ». Chaque jour, elle tente de percer les mystères du cerveau humain dans un centre spécialisé au cœur de New York, appelé « Le Cube ». Elle s’occupe de patients atteints de troubles psychologiques très rares. Mais Catherine cache un lourd secret, elle est bipolaire, seule sa psychiatre, le docteur Helen Hartramph, est au courant. C’est une femme forte, une vraie mère pour la médecin, qui va la consulter chaque fois qu’elle en ressent le besoin. Côté cœur, Catherine entretient deux relations, une avec l’un de ses collègues, le beau et séduisant chirurgien Dr. Marc Bickman. Et l’autre avec le doux et rassurant, Will, qui tient un restaurant à Brooklyn. Ces deux hommes sont le symbole de sa maladie, elle oscille perpétuellement entre la raison et la folie.

La vidéo promo de Blac
Dans la vidéo promo on découvre Catherine qui s’occupe d’un patient lourdement atteint. Il et paranoïaque et ne se laisse approcher par personne, mais la neurochirurgienne sait comment s’y prendre. Will, quant à lui, aimerait s’engager pleinement dans leur relation, elle lui avoue qu’elle est bipolaire. Lorsqu’elle arrête de prendre ses médicaments, elle devient désinhibée et n’arrive plus à se contrôler. Kelly Reilly tient le rôle principal, on l’a déjà vue au cinéma dans Sherlock ou encore Orgueil et Préjugés. The Black Box sera diffusé sur ABC dès le 24 avril prochain.

http://www.melty.fr/black-box-la-nouvelle-serie-produite-par-le-realisateur-de-x-men-a251139.html

Dr Daniel Pierce

téléchargement (3)Lui, c’est Daniel Pierce. Professeur en neurosciences et consultant pour le FBI.  Daniel a des hallucinations, il parle avec elles, il est technophobe et orthorexique, ses relations aux autres sont problématiques, il n’aime pas qu’on le touche, déteste les mondanités, a peur de la foule, il n’a aucun tact et ne sait pas mentir. Il canalise ses angoisses grâce aux mots croisés, à la musique classique et en essayant de s’en tenir à une routine dans sa vie. Il a un assistant qui lui dit ce qui est réel ou pas quand il a des doutes. Il a plus peur de l’hôpital psychiatrique que de ses délires. Il a arrêté ses neuroleptiques pour ne pas perdre sa personnalité, et parce qu’il croit chaque fois qu’il pourra s’en sortir sans médicaments.

Vous l’aurez compris, Daniel est schizophrène. Plus précisément, il souffre de schizophrénie paranoïde depuis ses 22 ans. Mais, surtout, Daniel Pierce est le personnage principal de la série Perception.

Je n’arrive toujours pas à y croire, mais cette série existe bien! Une série dont le héros est schizophrène, touchant, attachant, intelligent. La schizophrénie y est traitée de façon crédible (l’acteur a travaillé avec Elyn Sachs et ça se voit). On pleure quand Daniel souffre et s’interroge sur sa vie, ses rêves, ses limites, la façon dont la société traite les schizophrène. On rit aussi grâce à l’ironie dont il fait preuve face à sa maladie.

Je ne sais pas qui je dois remercier, qui a eu l’idée de cette série, qui sont les scénaristes, mais en tout cas je leur dis mille fois merci. C’est presqu’un miracle d’enfin voir, dans une production mainstream, un schizophrène traité autrement que comme, au choix ou tout à la fois: -un rebut de l’humanité, -un tueur sadique, -quelqu’un qui a une double personnalité, -un fou furieux.

 

M6 : PERCEPTION, LA NOUVELLE SÉRIE AMÉRICAINE QUI VA METTRE LE FEU !

M6 programme une nouvelle série américaine, Perception de Kenneth Miller et Mike Sussman qui sera diffusée jeudi 10 avril à 20h50.

Une série qui cartonne aux Etats-Unis

Ce sont quatre épisodes à la suite qui seront diffusés jeudi 10 avril à 20h50 parallèlement aux Etats-Unis, qui assure en ce moment la diffusion la saison 2. Outre-Atlantique, la série télévisée, Perception a été renouvelée pour une troisième saison grâce aux bonnes audiences qu’elle a enregistré. Le tournage a d’ailleurs commencé en février à Paris, entre la Sorbonne et Notre-Dame. 4,2 millions de téléspectateurs ont en moyenne été réunis devant les épisodes de la première saison. La série assure avec une moyenne de 3,2 millions de téléspectateurs pour la deuxième saison actuellement diffusée. M6 doit sûrement s’attendre à avoir le même résultat. Espérons que cette série ne connaisse pas un flop.

Cette série relate les aventures du Docteur Daniel Pierce (Eric McCormack) un talentueux neurobiologiste qui enseigne à l’universitémais un peu excentrique sur les bords. Il travaille également pour le FBI où il a été recruté par une ancienne de ses élèves, Kate Moretti (Rachael Leigh Cook), agent spécial au FBI, comme consultant pour aider à résoudre des cas complexes. Atteint d’une schizophrénie paranoïde qui entraîne des comportements et des discours bizarres, ses hallucinations l’aident à résoudre les enquêtes. Un casting qui réunit des acteurs déjà connus.

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Des acteurs déjà découverts dans d’autres séries

Cette série qui résulte d’un mélange entre Dr House et The Mentalist devrait fait appel a des personnes déjà connues. Vous les aurez sûrement reconnus dans la bande annonce les deux acteurs principaux de la série Eric McCormack et Rachel Leigh Cook  ont été vus dans d’autres séries. L’acteur mais aussi producteur, réalisateur et scénariste, Eric McCormack a interprété de 1998 à 2006 le célèbre rôle de l’avocat homosexuel trentenaire, Will Turman dans la série Will and Grace aux côtés de Debra Messing. Cette série qui en a fait rire plus d’un a fortement été récompensée lors de la cérémonie des prime-time Emmy award, un événement qui attribue des récompenses au meilleur de la télévision américaine. Rachael Leigh Cook quant à elle, a interprété dans la série phare des années 90, Dawson, le rôle de Devon. Elle a également eu un rôle dans Las Vegas en 2005 et Ghost Whisperer en 2008.

http://www.staragora.com/news/m6-perception-la-nouvelle-serie-americaine-qui-va-mettre-le-feu/481577

 

A voir, mais déjà deux bons points: un schizophrène qui a un rôle positif et pas d’histoires de dédoublement de la personnalité en vue. C’est assez rare pour mériter d’être signalé.

 

 

« De la maladie à la création », dirigé par Nathalie Dumet, Eres

Cet ouvrage pense, dans la continuité, les processus psychiques créateurs mobilisés dans la personnalité de l’artiste comme chez le sujet en souffrance psychique et/ou somatique. La maladie, l’expérience traumatique ne sont pas seulement des événements en soi désorganisateurs mais comportent aussi un potentiel de vie, sont sources de (re)mobilisation créative chez le sujet, quel qu’il soit, homme/femme d’exception comme individu tout-venant. L’engagement du soignant/thérapeute joue éminemment un rôle puissant dans ce processus de restauration du sujet souffrant dans son « psychosoma ».

Folie et création

La maladie mentale n’est pas restreinte à tel ou tel groupe ethnique, racial, religieux ou financier. Chacun peut en être
victime à un moment ou à un autre.
Bien que la plupart des maladies mentales aient des effets dévastateurs sur les personnes affectées, beaucoup ont découvert que ces maladies peuvent produire une extraordinaire clarté,
inspiration et créativité.
Vous trouverez ci-dessous les noms de nombreuses personnes qui ressentirent non seulement la dévastation mais aussi le potentiel de création extraordinaire ainsi que le courage de s’en servir. C’est une longue liste. Merci
de prendre le temps de la parcourir complètement.
Abraham Lincoln
Le seizième président des Etats-Unis, admiré, souffrait de dépressions cliniques sévères et incapacitantes qui parfois le conduisaient à penser au suicide.
Virginia Woolf
La romancière britannique qui a écrit le phare et Orlando a souffert des basculements d’humeur de la maladie bipolaire qui incluait des périodes fiévreuses de création littéraire et des semaines passées dans le gouffre de la dépresssion. Anthony Storr a écrit son histoire dans « la dynamique de la création »?
Lionel Aldridge
Comme défense du légendaire Green Bay Packer des années 60, il a participé à deux super Bowls. Au cours des années 70, il a souffert de schizophrénie et a vécu à la rue deux ans et demi. Avant sa mort en 1998, il a prononcé de nombreux discours inspirants au sujet
de sa lutte contre la schizophrénie paranoïde.
Eugene O’Neill
Le célèbre auteur de théatre, l’auteur du « long voyage dans la nuit » et de « Ah, contrée sauvage ! » est connu pour avoir souffert de dépression clinique.
Ludwig van Beethoven
Le compositeur brillant est connu pour avoir soufferte de la maladie bipolaire. Cela est documenté dans  » La clé du génie : maniaco-dépression et la vie créative » de D. Jablow Hershman et Julian Lieb
Gaetano Donizetti
Le célèbre chanteur d’opéra souffrait de maladie bipolaire.
Robert Schumann
Le poête inspiré de la souffrance humaine a vécu avec la maladie bipolaire, c’est l’une des personnes les plus créatives décrites dans « la dynamique de la création » de Anthony Storr.
Leo Tolstoy
L’auteur de la guerre et la paix, Tolstoy a révélé la profondeur de sa propre maladie mentale dans ses mémoires. Il souffrait de dépression clinique, hypocondrie, alcoolisme et consommation de drogues. Ses expériences sont décrites à la fois dans « la dynamique de la
création » d’Anthony Storr et dans « le monde intérieur de la maladie mentale : une suite de récits à la première personne de ce que cela était » de Bert Kaplan.
Vaslov Nijinsky
Son autobiographie, the Journal de Vaslov Nijinsky, décrit la bataille du danceur avec la schizophrénie.
John Keats
La maladie mentale célèbre du poête est décrite ainsi que celle ne nombreux autres dans « la dynamique de la création » d’Anthony Storr et dans « le cerveau brisé : la révolution biologique en psychiatrie » par Nancy Andreasen, médecin.
Tennessee Williams
L’auteur de théatre a écrit à propos de sa bataille personnelle avec la dépression clinique dans ses propres mémoires, c’est également décrit dans « L’ange de cinq heures : lettres de Tennessee Williams à Maria St Just, 1948-1982; « La gentillesse des étrangers : la vie de Tennesse Williams » de Donald Spoto; et dans « Tennessee : cri du coeur » de Dotson
Vincent Van Gogh
La maladie bipolaire dont souffrait ce célèbre peintre est décrite dans « la clé du génie : maniaco-dépression et vie créative » de D. Jablow Hershman, Julian Lieb et dans « Cher Theo », l’autobiographie de Van Gogh.
Isaac Newton
On soupçonne que le mathématicien et scientifique britannique qui formula la théorie de la gravitation souffrait de maladie bipolaire, c’est décrit dans « la dynamique de la création » d’Anthony Storr et dans « la clé du génie maniaco dépression et vie créative  » de D. Jablow
Ernest Hemingway
Les combats du romancier vainqueur du prix Pulitzer avec la dépression suicidaire est examinée dans « le vrai génie : portrait intime d’Ernest Hemingway par ceux qui le connaissaient » de Denis Brian.
Sylvia Plath
Le suicide de cette poétesse et romancière est le résultat de sa lutte de toute une vie contre la dépression clinique, c’est décrit dans « examen attentif d’Ariel : mémoires de Sylvia Path » par Nancy Hunter-Steiner.
Michelangelo
« La dynamique de la création » d’Anthony Storr parle de la maladie mentale de l’un des plus grands génies artistiques.
Winston Churchill
La citation « Aurait-il été un homme stable, il n’aurait jamais pu inspirer la nation. En 1940, alors que tout condamnait la Grande Bretagne, un chef au jugement sobre aurait très bien pu conclure que nous étions finis » a été écrite par Anthony Storr à propos de la maladie bipolaire de de Churchill dans « Le chien noir de Churchill, la souris de Kafka et autres phénomènes de l’esprit humain ».
Vivien Leigh
L’actrice britanique des années 50 et 60 star d’ « Autant en emporte le vent » et d' »un tramway nommé désir » souffrait de la maladie bipolaire, comme décrit dans « Vvian Leigh : biographie » de Ann Edwards.
Jimmy Piersall
« La vérité fait mal », écrit par le jouer de baseball des Boston Red Sox décrit en détail son expérience de la maladie bipolaire.
Patty Duke
L’actrice qui a remporté l’Academy Award a révélé sa maladie bipoliare dans son autobiographie et dans le film télé « Appelez moi Anna » et dans « une folie brillante : vivre avec la maladie bipolaire » écrite en commun avec Gloria Hochman.
Charles Dickens
La dépression clinique de l’un des plus grands auteurs de la langue anglaise et décrite dans « Clé du génie : maniaco dépression et vie créative » de D. Jablow Hershman et Julian Lieb et « Charles Dickens : sa tragédie et son triomphe » d’Edgar Johnson.
John Forbes Nash
Mathématicien, auteur de la théories des jeux appliquée à l’économie, vainqueur du prix Nobel en économie en 1994, souffrait de schizophrénie paranoïde. Il fut aussi le sujet du livre et film « Une belle âme ».
Titres en anglais des livres non traduits:
« The Dynamics of Creation » par « Anthony Storr  »
« Manic Depression and the Creative Life » par « D. Jablow Hershman » et « Julian Lieb »
Traduit par Alain
http://www.stampoutstigma.net/famous.html

Artistes, entre guillemets

Hier soir je suis allée au vernissage d’une exposition intitulée « Parcours d’artistes ». Les exposants souffrent de maladie mentale. L’ambiance est assez sympathique. Certaines oeuvres sont vraiment intéressantes, d’autres beaucoup moins. Dans la salle, il semble qu’il y ait peu d’usagers en plus des exposants. Il y a surtout des professionnels.

Je suis assez gênée par certaines oeuvres, très enfantines, dont j’ai l’impression qu’elles ne sont là que parce que leur auteur est malade, et qu’elles ne pourraient jamais se retrouver ailleurs. Mon malaise augmente quand je lis dans la brochure qui présente les différentes institutions le mot artistes entre guillemets. Je trouve ça condescendant. Et ça me donne d’autant plus l’impression qu’on est là pour se congratuler entre professionnels, montrer ce que chacun fait avec ses fous de son côté, mais qu’en aucun cas cette exposition n’est faite par ni pour les usagers, et qu’il n’y a pas de réelle considération artistique derrière. Tout cela me semble paternaliste, d’une condescendance bienveillante.

Je discute avec une organisatrice qui m’explique que même si certaines oeuvres sont moches, les gens ont eu plaisir à les créer. Je ne dis pas le contraire. Mais le plaisir de créer n’a jamais fait de quiconque un artiste et n’est un argument recevable nulle part pour se faire reconnaître. J’ai l’impression d’être dans une école primaire, où chaque enfant, doué ou non, expose un dessin, parce que le but n’est pas de montrer de l’art mais de faire voir aux parents ce que l’on fait pendant les heures de classe.  L’organistatrice m’explique aussi qu’à la base il s’agit pour les institutions d’ouvrir leurs portes, que l’expo n’existait pas au début. Voilà qui confirme ce que je pensais. Ce n’est pas un mal en soit d’ailleurs, c’est très bien que les institutions montrent ce qu’elles font en art-thérapie. Mais alors pourquoi ne pas le dire clairement? Pourquoi appeler ça « Parcours d’artistes », si c’est pour ajouter plus tard des guillemets au mot artistes? Certains exposants sont vraiment des artistes, mais pourquoi mettre sur le même pied des oeuvres beaucoup plus médiocres, et faire miroiter à leurs auteurs qu’ils seraient des artistes, capables d’exposer? Pourquoi ne pas simplement annoncer d’entrée de jeu qu’il s’agit de productions d’un atelier d’art-thérapie, où chacun expose, quel que soit son talent?

Les gens me donnent parfois l’impression de s’extasier devant un singe savant. Ce qu’on aime chez un singe savant, c’est sa capacité à imiter l’être humain. Bien sûr il ne l’égale pas, mais il essaye et en cela il nous touche et nous amuse. Un peu comme les fous qui arrivent à créer, qu’est-ce que c’est bien quand même, pour un fou! On regarde une oeuvre à laquelle on ne jetterait pas un oeil ailleurs parce que son auteur est fou, et qu’il essaye d’imiter les artistes. J’ai beau chercher, mais ce genre d’exposition, je n’en connais que dans deux cas: dans les écoles et en psychiatrie. Cela pose question tout de même.

Non, pour moi c’est une expo faite pour la gratification des professionnels, qui pour cela utilisent les productions de leurs patients. Ils nous montrent qu’ils sont à l’écoute, que les usagers peuvent s’exprimer en toute liberté. Ce soir, on oublie les chambres d’isolement et les médicaments, on oublie les réglements normatifs, on oublie que la plupart du temps on veut faire taire les usagers. C’est chouette, la psychiatrie, finalement.

Alors on pourra dire que je suis rabat-joie, de mauvaise foi, on pourrait discuter de ce qu’est l’art pendant des heures, de la perception des oeuvres, du statut d’artiste. Mon sentiment est seulement que cette exposition n’est pas une exposition où les usagers sont les acteurs principaux. Ce qui, je le répète, n’est pas mauvais en soi, mais alors pourquoi en donner l’illusion? Certes, ça fait du bien à l’ego des professionnels et des usagers exposants, mais quelle considération offre-t-on aux gens ainsi? Quelle réelle considération?

 

MaDmusée

Aujourd’hui, j’ai visité le MaDmusée. Ce musée est consacrée aux oeuvres d’artistes handicapés mentaux travaillant en atelier.  Sur place, il y a juste une petite pièce, où avait lieu une exposition d’artistes néo-zélandais. D’autres artistes sont exposés au musée du Grand Curtius à Liège.

Pas énormément d’oeuvres à voir sur place donc, mais la passion et l’enthousiasme de notre guide faisait oublier cette petite déception. Elle s’occupe aussi d’une  bibliothèque conscacrée à l’art brut et au handicap et à ce qui y touche de près ou de loin. Un endroit idéal si on veut en savoir plus sur l’art brut, outsider, en marges, contemporain, etc (les limites sont floues, et tant mieux), d’autant que des personnes sont là pour répondre à vos questions avec plaisir.

L’étage du Grand Curtius consacré à la collection du MaDmusée est plus grand et propose des oeuvres plus variées, qui ne peuvent qu’amener à se poser des questions sur l’art et le statut d’artiste.

Une visite intéressante et passionnante en tout cas!

Pour en savoir plus: http://www.madmusee.be/fr/madmusee-1.html

Stardust: bande-annonce

Pour la voir la bande-annonce de ce film dont le texte est extrait du blog, c’est ici:

http://www.reservoirfilms.com/view_video.php?viewkey=stardust_trailer

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