Posts Tagged ‘autisme’

« La différence invisible », Mademoiselle Caroline, Julie Dachez, Delcourt

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Présentation de l’éditeur

Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.
Gros coup de cœur pour ce roman graphique!
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« L’empereur, c’est moi », Hugo Horiot, L’Iconoclaste

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Ce livre est une histoire vraie. L’autoportrait d’un enfant en colère, qui mène une guerre sans merci, contre lui-même et contre les autres. Un enfant autiste Asperger.

Aujourd’hui, forage de l’autisme est passé. Le guerrier aux bras nus est devenu un adulte serein. Alors, il a décidé de replonger en enfance. Au fil des chapitres, il nous entraîne avec lui. Il a quatre ans, huit ans, douze ans. Il a peur. Il se cogne à l’absurdité de la vie comme un papillon contre une lampe.

C’est net, juste, étrange, cruel parfois. Les larmes sont étouffées et la tendresse jaillit comme l’éclair.

Un texte fascinant dans la lignée des grands récits sur l’autisme.

Le syndrome neurotypique

Un texte qui inverse les points de vue: comment les neuroatypiques voient les neurotypiques. Je n’ai pas pu identifier l’auteur du texte, mais je l’invite à se manifester s’il passe par là et veut signer son texte (ou n’a pas envie de le voir ici).

Définition
Le syndrome neurotypique est un trouble neurobiologique caractérisé par un souci de préoccupations sociales, des délires de supériorité, et l’obsession de conformité.

Symptômes
Les individus neurotypiques pensent souvent que leur expérience du monde est soit la seule ou la seule bonne. Les NTs ont du mal à être seuls. Les NTs sont souvent intolérants à l’apparence des différences mineures chez les autres. Les NTs ont du mal à communiquer directement, et beaucoup ont une incidence plus élevée de mensonges par rapport aux personnes autistes.

Causes
Le NT est censé être d’origine génétique. Les autopsies ont montré que le cerveau du neurotypique est généralement plus petit que celui d’une personne autiste et a surdéveloppé les domaines liés au comportement social.

Tendance
Malheureusement, plus de 9 625 sur 10 000 personnes pourraient être neurotypique.

Traitements
Il n’existe pas de remède connu pour le Syndrome neurotypique.

Adaptation
Dans de rares cas les NTs peuvent apprendre à compenser leur handicap et d’interagir normalement avec des personnes autistes.

Critères diagnostiques du Syndrome Neurotypique

A. Altération qualitative de la communication comme le témoigne au moins un des éléments suivants:

Retard ou Absence du langage parlé. (surcompensation par d’autres modes de communications comme le geste, la mimique ou l’interprétation)
Chez les individus maitrisant suffisament le langage: Incapacité à ne pas interpréter les conversations avec autrui de manière illogique (en cherchant continuellement des doubles sens par exemple)
Usage stéréotypé et répétitif du langage. (ex. Comment ça va ? Ça va bien)

B. Altération qualitative de l’autonomie affective, comme en témoigne au moins deux des éléments suivants:
Obsession marquée de comportements non-verbaux, vagues, indéfinissables, propres à chaque personne tels que le contact oculaire, la mimique faciale, les postures corporelles et/ou les gestes.
Incapacité à établir des relations avec les pairs possédent un autre mode de fonctionnement sans faire abstraction d’une interprétation l’amenant directement à une carence affective excessive.
Recherche extrême ou anormale de confort dans les moments de détresse. (cherche le réconfort d’une manière stéréotypée, attire l’attention lorsque peu bléssé)
Le sujet n’arrive pas à s’estimer suffisamment de manière autonome, ce qui l’amène à partager constamment ses plaisirs, ses intérêts ou ses réussites avec d’autres personnes.
Recherche constamment l’attention car incapable de rester seul.
Présence de réprocité sociale ou émotionnelle : Le sujet n’existe pas sans le regard des autres.

C. Caratère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements sociaux, des intérêts et des activités socialement acceptables, comme en témoigne au moins deux des éléments suivants :
– Préoccupation circonscrites à quelques centres d’intérêts stéréotypé et restreints permettant de sauver l’image sociale, tant dans son intensité que dans son orientation.
– Adhésion apparemment inflexible à des habitudes ou à des rituels spécifiques d’une incohérence marquée mais fonctionnels pour la norme.
– Maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs dont l’absence de cohérence avec l’émotion vécue provoquent une distorsion.
– Préoccupation persistantes pour certaines parties du corps.

D. La perturbation entraine un modelage cliniquement significatif du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

E. Il n’existe pas de retard général du langage mais la récurrence du manque de précision et de clarté de la communication est significative sur le plan clinique.

F. Au cours de l’enfance, il y a eu diminution de l’autonomie de penser et de la curiosité pour son environnement. Il y a cependant eu un apprentissage accéléré du comportement adaptatif.

« Je suis à l’Est », Josef Schovanec, Pocket

Josef Schovanec est né le 2 août 1981 en région parisienne. Ses parents d’origine tchèque ont émigré dans les années 70. Après une scolarité chaotique, il obtient un bac C à 17 ans avec la mention très bien. Diplômé de Sciences-Po Paris, il continue son parcours étudiant en s’inscrivant en Langues O où il étudie l’hébreu, le sanskrit, le persan, l’amaric, l’azéri, l’éthiopien…, ce qui complète sa maîtrise parfaite du tchécoslovaque, de l’allemand, du finlandais et de l’anglais appris au cours de sa scolarité. À 19 ans, un premier psychiatre le bourre de médicaments, il évite de peu l’internement psychiatrique et commence une psychanalyse. Diagnostiqué « autiste Asperger », il jette tous ses traitements et commence une lente remontée vers le monde des « normaux ». Aujourd’hui, il poursuit son étude des langues et donne des conférences sur l’autisme. Il occupe un poste à mi-temps d’assistant de l’adjoint au maire chargé des handicapés à la Mairie de Paris.

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Je suis en couple avec un Asperger – Témoignage

Connaissez-vous le syndrome d’Asperger ? Cette forme d’autisme, très peu connue, ne correspond pas aux clichés qu’on pourrait avoir. Voici le témoignage touchant d’une madmoiZelle dont le compagnon est Asperger !

Si je tiens à témoigner aujourd’hui c’est à cause de la « tuerie de Newtown ». Je viens de lire que le tueur serait peut-être atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme assez méconnue. Je viens raconter mon histoire car j’ai peur des réactions des médias, des amalgames faciles du type « Les Aspergers sont des personnes instables ».

« Je suis Asperger », comme un aveu gênant

Plus jeune, j’ai fait la connaissance d’un garçon un peu solitaire, drôle et surprenant, avec lequel j’étais amie et j’entretenais en parallèle une relation épistolaire. Le temps passant, nous nous sommes rapprochés jusqu’à tomber amoureux et vous vous doutez de la suite de l’histoire. Rien de notable jusqu’ici. Un peu avant qu’on ne se mette en couple, il m’a « avoué » être Asperger, chose qu’il avait toujours cachée – à ses professeurs, à ses meilleurs amis, à ses anciennes copines… Impossible de le deviner : c’est un garçon comme les autres, tout juste un peu plus original, comme beaucoup le sont.

Je me suis donc renseignée sur Wikipédia, qui m’a indiqué des « difficultés de compréhension dans les relations humaines ». Et je n’ai pas cherché plus loin. Ça n’a rien changé à notre relation (à sa plus grande joie, comme il me l’a confié plus tard) : j’acceptais difficultés et contraintes comme faisant partie de lui, tout comme moi je suis control freak, lunatique ou nulle en sciences. Quand on dit « autisme », beaucoup de gens pensent à des personnes mentalement retardées, avec des difficultés d’expression…Mais il n’existe pas d’autisme « type » : il y a autant d’autismes et de syndromes que de personnes autistes. Mon fiancé s’exprime parfaitement, argumente et écrit mieux que moi, étudie dans une prestigieuse école d’art, réussit la majorité des choses qu’il entreprend, mène une vie sociale stable, bref… il est très loin du cliché ancré dans notre société.

Être Asperger, ça change quoi ?

Comment se traduit cette différence ? Ce n’est qu’en partageant sa vie au quotidien que je l’ai remarquée. Il a des tics, comme tapoter frénétiquement des doigts sur la table, il est facilement perturbé par le changement et sujet à des angoisses (la plus importante en ce moment étant son premier repas de Noël dans ma famille). Il ressent les choses différemment, et j’insiste sur le différemment car ce n’est ni mieux, ni moins bien. Il est comme une palette de couleurs sur laquelle on verrait peu de teintes pâles, pastels, mais plutôt des couleurs vives, criardes. Notre relation a su intégrer ses particularités et je tente de lui montrer ces teintes claires qu’il connaît peu !

Lorsqu’il s’attaque à quelque chose, il doit aller jusqu’au bout, sinon il ne se sentira pas bien (il est incollable sur la physique quantique, sait comment éplucher parfaitement une clémentine et peut analyser complètement n’importe quel épisode de Sherlock). Souvent, il ne saisit par le sarcasme, ce qui peut aboutir à des situations très comiques ! Il a du mal à comprendre certaines conventions sociales, ne sait pas toujours quoi répondre à des questions banales et ne saura probablement jamais faire la causette avec les voisins dans l’ascenseur. Quand je suis avec lui et que je sens que quelque chose lui a échappé, je lui explique comment il aurait fallu réagir, pour qu’il s’en souvienne la fois suivante.

Et vivre avec un Asperger, ça change quelque chose ?

Comment je gère, de mon côté ? Pour moi l’Asperger (ou « aspie » pour les intimes) fait tout autant partie de lui que ma myopie fait partie de moi. Il est né avec, et ça a contribué à faire de lui l’homme qu’il est aujourd’hui. Je ne préfèrerais pas un garçon qualifié de « normal », car j’adore l’embêter avec ça, rire de ses maladresses, être impressionnée par ses multiples talents, le taquiner lorsqu’il ne sait pas si je suis ironique ou non. Je n’ai jamais eu l’impression d’être en couple avec un Asperger, mais simplement avec l’homme que j’aime.

Si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille le livre Ma vie d’autistepar Temple Grandin, ou de jeter un coup d’oeil à cette vidéo !

– NDLR : Bien que Dan Harmon ne l’ait jamais totalement confirmé ou infirmé, il est très probable qu’Abed, le personnage de Community illustrant l’article, soit Asperger, tout comme Sheldon dans The Big Bang Theory (là encore, sans que ce ne soit confirmé par les créateurs de la série).

 

http://www.madmoizelle.com/couple-avec-asperger-138464

« Louis, pas à pas », Gersende et Francis Perrin, Lattès

Présentation de l’éditeur

« Votre fils Louis est pris en charge parce que votre mari est une vedette. Il s’appelle Francis Perrin. Mais nous, on n’est pas connus, tout le monde s’en fout de notre gamin autiste ! »
Nous avons entendu cette phrase trop souvent. Aujourd’hui, par notre engagement, nous voulons porter la voix des parents brisés, comme nous-mêmes l’avons été. En 2004, notre vie bascule au moment où un « grand ponte » spécialisé dans l’autisme prononce cette phrase indélébile : « Faites le deuil de votre enfant ! » S’ensuit une année d’épreuves où des soi-disant professionnels arrivent à cette atterrante conclusion : « Madame, vous êtes une mauvaise mère, Monsieur, vous êtes un père trop vieux! » Ce sont eux qui nous ont fait souffrir, jamais Louis. En 2005, à l’âge de trois ans, Louis est diagnostiqué autiste sévère par des professionnels compétents qui nous font découvrir l’A.B.A. (Applied Behavior Analysis), un traitement de stimulation non médicamenteux pratiqué depuis près de cinquante ans partout dans le monde. Nous passons alors de l’avant à l’après. Louis évolue dès les premiers jours du traitement. Il communique peu à peu avec ses frères, ses sœurs, ses amis, et commence à acquérir une véritable autonomie. Ses progrès sont spectaculaires : il devient pas à pas « un enfant presque comme les autres ».

Avec courage et détermination, Gersende et Francis Perrin redonnent espoir aux parents et montrent que l’autisme n’est pas une fatalité.

 Louis pas à pas

Biographie de l’auteur

Gersende Perrin, diplômée du Conservatoire National d’Art dramatique de Paris, a sacrifié sa carrière de comédienne pour devenir maman à plein temps, s’engageant activement pour la cause des enfants autistes.

Francis Perrin, comédien, réalisateur, directeur de théâtre, est aussi écrivain, auteur notamment de Molière, chef de troupe et de Les Bouffon des rois(Plon).

 

L’horreur absolue

C’est tellement l’horreur absolue d’avoir un enfant autiste.

Hervé Bokobza

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/autisme-les-psychanalystes-vont-entrer-en-resistance_1094612.html

L’horreur absolue c’est de réaliser que les « médecins », les « soignants » supposés vous aider considèrent que votre enfant est « l’horreur absolue ».

Hilde Garde, consultante, mère de famille et citoyenne

http://www.soutenonslemur.org/2012/03/21/halte-aux-insultes-des-psychanalystes-colere-apres-les-propos-du-dr-herve-bokobza/

Certes, ces paroles sont sorties de leur contexte, mais on peut les recontextualiser comme on veut, pour moi ça reste inacceptable d’entendre des choses pareilles dans la bouche d’un psychiatre.

Moi, autiste, face à la guerre des lobbies

LE MONDE | 21.03.2012 à 14h27 • Mis à jour le 21.03.2012 à 14h39

Par Gabriel Bernot, membre de l’association Spectre autistique, troubles envahissants du développement- International (Satedi)

Je suis autiste. J’ai reçu ce diagnostic à l’âge adulte alors que nul ne s’était inquiété durant mon enfance. Toutes les personnes que je connais dans ce cas ont, comme moi, suivi des études supérieures et près de la moitié a préparé une thèse de doctorat.

Un miracle ? Non. L’autisme n’était alors pas encore administrativement une « maladie » et si nos proches constataient l’originalité de notre développement – comme la parole débutée à l’âge de 4 ans -, nous avons suivi « incognito » un cursus scolaire ordinaire. Je ne suis pas une exception : notre expérience montre qu’il est possible d’offrir le même avenir que le nôtre à la quasi-totalité des enfants autistes qui ne parlent pas. Les abondants congrès « scientifiques » sur l’autisme font peu d’écho à nos contributions, offrant plus volontiers la tribune aux tenants de théories dont nous avons démontré l’invalidité.

Depuis 2009, aucun de nous n’a été associé aux actions nationales menées au profit des autistes par des collectifs associatifs ou les pouvoirs publics – il apparaît que les responsables politiques ignoraient jusqu’à notre existence. La comparaison a certes ses limites, mais oserait-on, dans les actions menées au profit des personnes homosexuelles, exclure du débat les personnes concernées ?

Le paysage qui entoure l’autisme est composé de deux lobbies. L’un, appelons-le « pro-psychanalyse », décrit nos réussites comme la « désolation caractéristique du vécu intérieur désertique de la psychose » (Jean-François Rey, Le Monde du 23 février). Pour l’autre, dit « anti-psychanalyse », nous souffrons d’une « malformation cérébrale » dont « la preuve ne peut être contestée » (Yehezkel Ben-Ari, Nouchine Hadjikhani et Eric Lemonnier). Ces deux lobbies se rejoignent sur un point : la nécessité de nous soigner !

La Haute Autorité de santé (HAS) a publié le 8 mars un texte influencé par le lobby anti-psychanalyse, qui affirme impossible notre réussite en visant à imposer des « interventions globales précoces » aux enfants comme ceux que nous étions. En réalité, derrière une façade d’« approche éclectique et diversifiée », ces interventions consistent en un conditionnement comportemental intensif de l’enfant à mimer des compétences. Un postulat incontournable du comportementalisme est la non-pertinence des phénomènes mentaux : il refuse donc de stimuler les compétences intellectuelles de l’enfant, lui fermant la porte d’un avenir décent. Les « outils scientifiques d’évaluation » sur lesquels s’appuient ces méthodes et la HAS sont invalides.

Le lobby anti-psychanalyse a l’avantage du nombre : les parents cèdent à la fausse promesse de conformer leur enfant à leur désir de « perfection », permettant au lobby de manoeuvrer la prérogative légale des parents. L’enjeu est de poids : selon les chiffres dont je dispose, ces méthodes représentent un marché entre 15 et 42 milliards d’euros par an.

Ainsi assistons-nous aujourd’hui à un étonnant retournement apparent de situation : le précédent document de la HAS sur l’autisme, publié en 2010, était, lui, dominé par le lobby pro-psychanalyse. La HAS y ignorait déjà nos contributions. Le lobby pro-psychanalyse a l’avantage du terrain : il tient la plupart des « institutions pour autistes ». Ce lobby a écarté les parents en les culpabilisant. Ainsi il est plus confortable de justifier par des « théories » le désoeuvrement intellectuel qu’il impose aux enfants : « temps d’errance », « attente de l’émergence du désir d’apprendre de l’enfant », etc., créant précisément ce « vécu intérieur désertique ». En 2004, ces dérives avaient justifié la condamnation de la France par le Conseil de l’Europe pour « manquement au devoir d’éducation des personnes autistes ».

Si ces deux lobbies s’opposent par leurs théories, leur collusion réelle est profonde. La dialectique pro- ou anti-psychanalyse n’est pas de nature idéologique ou humaniste, mais commerciale et liée à des intérêts personnels. Permettre aux personnes autistes de s’épanouir ou à celles qui sont épanouies de s’exprimer tuerait la poule aux oeufs d’or. La HAS semble avoir préféré privilégier les intérêts des « soignants » au détriment tant de l’Etat (le coût des soins) que des patients. Elle a préféré risquer un abus de pouvoir en accaparant des compétences en matière d’éducation, qui relèvent pourtant des prérogatives du Conseil supérieur de l’éducation, pour protéger les intérêts des professionnels du soin.

Dans une démarche similaire, la HAS avait publié en 2009-2010 des travaux abordant l’éducation linguistique des enfants sourds, alors que l’enseignement de la langue des signes relève du Conseil supérieur de l’éducation. Les implants cochléaires, outre qu’ils répondent au « désir d’enfant parfait » des parents d’enfants sourds, favorisent les intérêts des chirurgiens ORL – bien représentés au Parlement. La langue des signes nuit à ces intérêts financiers même si elle facilite l’épanouissement intellectuel des enfants sourds, comme le montre la remarquable thèse de doctorat du regretté Cyril Courtin, travail lui aussi connu mais occulté par le système sanitaire : son auteur, un universitaire plus gradé que la plupart de ses interlocuteurs, était considéré comme déficient par ces médecins « experts » puisqu’il était sourd ! Ici apparaît à nouveau l’usage détourné du statut d' »expert du système de soins », favorisant les intérêts des « experts » eux-mêmes, sous couvert d’un humanisme condescendant.

Gabriel Bernot, membre de l’association Spectre autistique, troubles envahissants du développement- International (Satedi)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/21/moi-autiste-face-a-la-guerre-des-lobbies_1673333_3232.html

Autisme: « je suis de gauche et j’emmerde la psychanalyse »

Alléluia, quelqu’un a pensé à interroger un autiste!!

 

Jeudi 8 mars, la Haute autorité de santé rendra son rapport sur l’utilisation de la psychanalyse dans les cas d’autisme.

AFP/PHILIPPE HUGUEN

La Haute autorité de santé doit rendre jeudi ses recommandations dans le traitement de l’autisme. Dans la blogosphère, les défenseurs de la psychanalyse et ses détracteurs se déchaînent.

Quelle place pour la psychanalyse dans le traitement de l’autisme? La polémique fait rage sur la toile dans l’attente de la publication, jeudi 8 mars, des recommandations de bonne pratique de la Haute autorité de santé (HAS). La révélation par Libération, le 13 février, de la version non finalisée de ce document, dans laquelle cette approche était classé parmi les « interventions globales non recommandées ou non consensuelles », a en effet mis le feu aux poudres. Depuis, les prises de parole se multiplient, dans un foisonnement qui témoigne, pour le moins, d’un vrai débat.

Sur son blog, le président de l’unique association de personnes autistes (à différencier de celles qui regroupent les familles d’enfants autistes), Satedi, adresse une « lettre ouverte aux journaux français à grand tirage » intitulée: Et les patients dans tout ça? Emmanuel Dubrulle regrette que ce soit « toujours les mêmes qui parlent » et que « à une exception près [il ne s’agit pas de L’Express] aucun journal n’ait pris la peine de contacter les principaux intéressés, les patients. […] Peut-être les médias pensent-ils encore que les enfants autistes restent des enfants, qu’aucun n’arriverait à se développer suffisamment pour devenir pleinement adulte, avoir une certaine curiosité sur le monde qui l’entoure et y intervenir, ou simplement y faire entendre sa voix? » Citoyen Belge de 37 ans, Emmanuel Dubrulle vit à Bruxelles. Diagnostiqué autiste, il a suivi une scolarité chaotique dans le système éducatif belge classique avant de devenir documentaliste dans une institution européenne. Il préside l’association Satedi, créée en 2004 et localisée en France. Celle-ci compte une centaine d’adhérents et a été consultée par la HAS pour la rédaction de ses recommandations.

« Le tout ABA n’est pas une solution »

Dans sa lettre, Emmanuel Dubrulle réagit à l’article de Libération qui dénonce « l’interdiction » de la psychanalyse et, en particulier, aux propos de Bernard Golse, chef du service de pédospychiatrie à l’hôpital Necker à Paris et psychanalyste, dont il précise d’emblée qu’il le considère comme « un praticien sérieux ». « Le tout à ABA [une méthode comportementaliste] n’est pas une solution mais dans une grande gamme de problématiques, les approches comportementalistes apportent des solutions tout à fait valables, écrit-il. Mais comme toutes les approches, elles ne sont en rien universelles tant les patients dits « autistes » peuvent être différents dans leur degrés de handicap, leurs sur-handicaps, et leurs besoins ».

Et d’ajouter: « Je suis fort mécontent quand certains tenants de l’approche psychanalytique font référence à des mouvements communautaristes et anti-ABA de l’autre côté de l’Atlantique, avec comme finalité de défendre leur chapelle. Je répondrai à ces psys que la plupart des détracteurs d’ABA dans ces mouvements n’ont jamais été pris en charge par des professionnels ABA et que les critiques à l’encontre d’ABA portent le plus souvent sur sa genèse de la pratique telle qu’elle se faisait il y a un peu plus de 30 ans. Pour paraphraser Bernard Golse [« Il y a de mauvais psychanalystes, mais est-ce que parce qu’il y a quelques mauvais chirurgiens qu’il faut interdire la profession »], je dirai que des mauvais praticiens ABA, ça existe aussi ».

« Croisade », de « haine » et « dérive dramatique »

Sur le site du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, un mouvement lancé par des psychiatres pour s’opposer à la politique du gouvernement en matière de santé mentale, la mère d’un enfant autiste de 4 ans prend la parole pour dénoncer, justement, la méthode ABA. Initialement publié sur le site lacanquotidien.com, le coup de gueule de Mireille Battut s’intitule: « Plutôt coupable qu’ABA« . « J’ai choisi, en concertation avec le CMP [centre médico-psychologique] de mon secteur, d’obtenir une admission de Louis [son fils] à temps plein à l’hôpital de jour, écrit-elle. Il y suivra une scolarité adaptée, avec deux éducateurs permanents pour 8 enfants, et le soutien de toute une équipe pluridisciplinaire. Cette intégration a été précédée d’une période d’observation et d’évaluation, assez éprouvante par sa longueur, qui permet néanmoins d’espérer que le projet sera le plus ajusté possible à ses capacités d’évolution. Il paraît que si nous résistons à l’ABA, c’est que nous sommes arriérés, et dépravés par la psychanalyse. C’est vrai, chez nous, ABA ne fait que commencer de nuire. Nous sommes un nouveau marché à conquérir [pour cette méthode venue des Etats-Unis] ».

Sur Agoravox, des parents d’enfants autistes regroupés dans le collectif EgaliTED publient une tribune libre, Réponse ouverte de parents d’enfants autistes aux journalistes, philosophes et psychanalystes. Elle est adressée à une liste d’auteurs qu’Egalited juge favorables à la psychanalyse. « Ne vous est-il pourtant pas apparu que pour l’instant, le seul lobby audible dans les médias est celui de la psychanalyse et que le changement demandé [en faveur de méthodes éducatives et comportementales] est le fait de parents d’enfants autistes, tous individuellement concernés? Ce changement demandé, et actuellement cautionné par le Politique, vous fait tellement peur que vous parlez alors de « croisade », de « haine », de « dérive dramatique », « d’offensive » ou encore de « persécution ». A quand le mot « génocide »? » Un peu plus loin, le collectif ajoute: « Mais, là où la ligne rouge est bien définitivement franchie c’est dans les références à un passé peu glorieux: le « nazisme », le « stalinisme » les « dictatures ». C’est doublement choquant. Car associer un sain débat scientifique et thérapeutique au nazisme, c’est bien faire preuve du plus pur fascisme intellectuel: vouloir imposer par la force et la violence son idéologie ».

« Je suis de gauche et j’emmerde la psychanalyse »

Un post du blog Contes de la folie ordinaire, sur Mediapart, consacré à la place de la folie dans la société, défend l’approche psychanalytique, remettant en question le tout biologique. Il s’adresse « A l’autiste qui a consenti à quitter son monde et à celui qui se méfie de nous« . Et conclut: « N’est-il pas légitime encore de s’interroger si nous ne devons voir dans le silence de l’autiste uniquement le résultat d’un handicap de l’individu, ou un refuge du désir? »

Toujours sur Mediapart, Jean-Louis Racca, professeur agrégé de mathématiques dans un lycée de Grenoble, s’insurge contre les raccourcis qui voudraient que les pro-psychanalyse soient forcément de gauche et les antis, de droite. Sur son blog, il signe un billet au titre provocateur: « Je suis de gauche et j’emmerde la psychanalyse« , qui n’y va pas par quatre chemins. « On ne peut affirmer le caractère droitier des critiques de la psychanalyse que si l’on ignore les critiques de gauche », écrit-il, avant de clamer: « La psychanalyse doit cesser de prendre la gauche en otage ».

Les pétitionnaires ne sont pas en reste. Les pro-psychanalyses ont leur pétition, sur le site Lacan quotidien, avec sa  » pétition internationale pour l’abord clinique de l’autisme« . Dans le camp opposé, le Collectif des professionnels pour les bonnes Pratiques en psychiatrie appelle à signer son « Manifeste pour les bonnes pratiques dans la prise en charge de l’autisme« .

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/autisme-je-suis-de-gauche-et-j-emmerde-la-psychanalyse_1090103.html

Le petit Rayane mange sa propre chair

Le petit Rayane, 8 ans, est atteint d’une grave maladie psychiatrique mystérieuse : il enlève des petits bouts de sa propre chair et les mange.

Ses parents, qui habitent un quartier populaire à Béjaïa, souffrent de le voir dans cet état lamentable. Les médecins ont tout essayé pour rétablir cet enfant de son handicap mental, en vain. «Il a besoin d’une assistance en permanence. Il est atteint d’autisme profond et ne parle pas. Il souffre et pleure toute la journée. La nuit, il ne dort pas», raconte son père. «J’ai abandonné mon travail pour m’occuper de lui. Ma femme et moi souffrons de le voir dans cet état de détresse profonde. N’étant pas autonome, Rayane nécessite une surveillance toute la journée. Durant toutes les nuits, on se relaie pour assurer sa garde. Ma femme ne fait que pleurer», confie douloureusement son père, qui s’est rendu à notre rédaction pour nous raconter sa détresse. «Il a été ausculté par un psychiatre qui lui a prescrit des médicaments, mais cela n’a donné aucun résultat», poursuit encore son père. A l’origine, un retard psychomoteur a causé des troubles psychiques à cet enfant. «Rayane souffre d’une détérioration pathologique de ses fonctions cognitives, telles que la perception, l’attention, la mémoire et la pensée», explique un médecin psychiatre qui l’a déjà traité.

«C’est un handicap mental dû à une altération de ses fonctions psychologiques», poursuit encore ce médecin. «Je ne travaille pas, et toutes mes économies je les ai dépensées dans l’achat de médicaments. Et ce n’est que la semaine dernière que j’ai pu me faire délivrer une carte de soins gratuits au sein de la Direction de l’action sociale (DAS)», relate son père, issu d’un milieu social défavorisé.
Il est à déplorer l’inexistence, en Algérie, de structures de prise en charge médico-sociales de ce genre de déficiences mentales.
Le père de Rayane lance un appel de détresse aux pouvoirs publics, afin d’accorder une prise en charge médicale à son enfant à l’étranger, seule issue pour sauver cet enfant.

Cherif Lahdiri

http://www.elwatan.com/epoque/le-petit-rayane-mange-sa-propre-chair-27-04-2011-122245_116.php

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