« Dans le quartier des agités », Jacques Côté, Babel Noir

Présentation de l’éditeur

Juillet 1889. Paris est en pleine effervescence en cette année d’Exposition universelle. Tout droit débarqué de Montréal, le jeune médecin Georges Villeneuve se réjouit à la perspective d’assister au Congrès international de médecine mentale qui doit réunir les plus grands aliénistes du moment. Mais l’heure n’est ni aux (l’âneries le long de la Seine, ni aux longs discours protocolaires. A peine arrivé à l’asile Sainte-Anne, il est témoin de l’admission d’un homme en proie à une grave crise d’absinthisme. Dans sa poche, on trouve une natte coupée. S’agirait-il du fétichiste recherché activement par la police, celui qui s’en prend aux jeunes filles comme aux femmes de mauvaise vie ? Avant que la police ne vienne réclamer le suspect, le directeur de l’asile, l’illustre docteur Magnan, charge Villeneuve d’enquêter pour établir l’identité du patient… Un roman policier truculent, qui plonge le lecteur dans l’histoire passionnante des premiers pas de la psychiatrie moderne et de la défense des malades mentaux.

Biographie de l’auteur

Jacques Côté vit à Québec. Dans le quartier des agités (Alite, 2010, prix Arthur-Ellis 2011) est le premier volet d’une série consacrée à Georges Villeneuve, grand personnage historique oublié du Québec.
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Les larmes de la schizophrénie

Un article de La Croix sur mon intervention à la journée du Psycom.

La guérison et le rétablissement

La guérison, j’ai en rêvé. Je l’ai souhaitée, attendue, j’ai pleuré parce qu’elle ne venait pas. Je comptais mes années des maladie, une année s’ajoutant inexorablement aux autres, de plus en plus longues, le tiers de ma vie, la moitié de ma vie.

La guérison, ça ne me concerne plus. Et je vais bien mieux depuis que je ne compte plus sur elle. Je n’ai pas guéri mais je me suis rétablie. Et c’est bien plus important. Quand on a une maladie chronique, attendre une guérison improbable, ça enferme dans la maladie. On se sent nulle de ne pas y arriver, à cette fameuse guérison, ce graal inaccessible. Un psychiatre m’avait dit « vous pourrez arrêter vos médicaments quand vous arrêterez de penser à ce que vous avez vécu ». Ca paraissait si simple, à portée de mains. Et pourtant, à force de se dire qu’on ne doit pas penser à quelque chose, on ne fait que penser à cette chose. C’est la même chose pour la guérison, à force de vouloir l’atteindre à tout prix, on ne fait que penser à la maladie.

Tandis que quand on se rétablit, on reprend le pouvoir sur sa vie, on apprend à vivre avec sa maladie, ses hauts et ses bas, ses forces et ses faiblesses. On apprend à être en paix avec soi-même. A ne pas se détester parce qu’on passe une journée au lit, à ne pas voir chaque bas comme un échec inexorable, à ne pas s’en vouloir parce qu’on va mal. Et étonnamment, mais l’est-ce vraiment, c’est comme ça que la maladie devient plus discrète, quand on l’accepte.

On peut continuer sa vie, aussi. Ne plus voir les années de maladie comme une parenthèse qu’on veut à tout prix refermer. Non, ces années, aussi difficiles ont elles été, ne sont pas une parenthèse. Elle m’ont construite, elles font celle que je suis aujourd’hui.

Je n’attends plus la guérison,  je n’attends plus le jour où ma vie reprendra, simplement parce qu’elle ne s’est jamais arrêtée.

« Santé mentale et processus de rétablissement », collectif, Champs social

Présentation de l’éditeur

La bonne santé mentale ne peut être réduite à une simple éradication des troubles les plus envahissants. Le terme de  » rétablissement « , après avoir été imposé par les usagers qui s’opposaient à une certaine conception de la psychiatrie qu’ils récusaient, semble aujourd’hui pouvoir fédérer usagers et praticiens de toutes obédiences autour de projets communs portés par une volonté partagée d’enrichissement, voire de renouvellement des pratiques et des liens unissant les uns et les autres. Ce livre tente de faire le point sur ce moment particulier en donnant la parole à des usagers et à des professionnels se référant à des modèles théoriques différents. Sil pouvait contribuer à apporter sa pierre en vue de fédérer des pratiques autour de valeurs communes, il aurait atteint son but.

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Biographie de l’auteur

Arveiller Jean-Paul : Jean-Paul Arveiller est psychologue clinicien, rédacteur en chef de la revue Pratiques en santé mentale. Ancien secrétaire général de la Fédération Croix-Marine d’Aide à la santé mentale |Durand Bernard : Bernard Durand est psychiatre, ancien chef de service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent au CHI de Créteil. Il s’est particulièrement intéressé à la dimension du handicap dans les troubles psychiques et aux démarches de réhabilitation. Il est président de l’Association de santé mentale  » La Nouvelle Forge  » en Picardie qui gère à la fois des services de soins et des structures médicosociales. Président d’honneur de  » Santé Mentale France « . |Martin Brice : Brice Martin est psychiatrie, praticien hospitalier au centre référent de réhabilitation de l’hôpital du Vinatier, à Lyon

« Tortues à l’infini », John Green, Gallimard

Présentation de l’éditeur

Aza Holmes, 16 ans, a tout pour être aimée et avoir un bel avenir, mais elle a grandi avec une pathologie psychique. Qui est-elle, où est-elle, lorsque la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles s’empare d’elle ? Vous aimerez Aza, qui raconte sa propre histoire, vous aimerez sa meilleure amie Daisy la tornade, et son peut-être amoureux Davis, fils d’un milliardaire mystérieusement disparu. Un trio improbable qui va mener l’enquête, et trouver en chemin d’autres mystères et d’autres vérités…

 

Biographie de l’auteur

John Green est né en 1977 à Indianapolis, où il vit toujours.À l’âge de vingt-cinq ans il écrit son premier roman,«Qui es-tu Alaska ?», et remporte le prestigieux M. L. Printz Award du meilleur livre pour adolescents.Il crée en 2007 avec son frère Hank une chaine de vidéos en ligne «Vlogbrothers » qui est l’une des plus populaire de l’histoire du Net.En 2008 sort«La face cachée de Margo», qui a figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et obtient le prix Edgar Award du meilleur roman pour jeunes adultes.«La face cachée de Margo»a été porté à l’écran en 2015. Son cinquième roman,«Nos étoiles contraires», paraît en 2012 et devient immédiatement un best-seller international, adapté au cinéma. Le célèbre«Time magazine»sélectionne John Green dans sa liste des « personnes les plus influentes du monde».

« Schizophrénie, conscience de soi, intersubjectivité », J. Englebert, C. Valentiny, De boeck

Présentation de l’éditeur

Comment rencontrer l homme schizophrène dans sa singularité, dans la richesse et les difficultés de son expérience ? Comment partager l indicible de la rupture psychotique ? Comment dépasser les catégorisations symptomatiques réduisant, selon une perspective en troisième personne, l homme à sa maladie ?

Après une analyse approfondie du discours des patients, l ouvrage explore l hypothèse proposée par Louis Sass selon laquelle la folie pourrait dériver d une intensification plutôt que d un affaiblissement de la conscience.

Les auteurs proposent une approche contemporaine et inédite de la schizophrénie. Ils s inspirent d un outil, l échelle EASE, qui permet, selon une perspective en première personne, une exploration guidée de la (des) subjectivité(s) schizophrénique(s). L échelle pose des balises dans l investigation d expériences liées aux troubles du soi. Elle permet de percevoir différemment la maladie, de l intérieur, offrant ainsi une alternative rigoureuse aux approches a-subjectives des DSM-IV et 5. Située en amont de tout a priori théorique, la voie de la psychopathologie phénoménologique est une perspective originale, susceptible de nouer des dialogues féconds tant avec la psychanalyse qu avec les sciences cognitives.

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Biographie de l’auteur

Docteur en psychologie, Jérôme Englebert est maître de conférences et chargé de cours adjoint à l Université de Liège où il enseigne différents cours de psychopathologie, de psychologie clinique et de philosophie. Il est également Professeur invité à l Université de Lausanne et clinicien à l EDS de Paifve. Ses travaux portent sur la phénoménologie clinique et la psychopathologie.
Psychologue clinicienne, Caroline Valentiny collabore avec l Université de Liège à divers travaux de recherche sur les troubles de l expérience du soi. Elle exerce comme psychologue au sein de l Université catholique de Louvain. Ses intérêts portent sur l ancrage préréflexif et la place du corps dans le vécu psychotique. Elle effectue également des travaux de traduction dans les domaines de la santé et de la phénoménologie.

25 ans du Psycom

Pour fêter ses 25 ans, le Psycom organise une journée d’études dont le thème est « Maux croisés, parler de santé mentale sans stigmatiser. »  J’y interviendrai pour parler des préjugés sur la schizophrénie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous trouverez les détails et les modalités d’inscriptions ici.

La littérature m’a sauvée

Une idée reçue veut qu’il ne faut pas lire de livres « déprimants » quand on va mal. Un coach dans une vidéo sur la dépersonnalisation veut bien nous lire des extraits de « La Nausée » de Sartre mais surtout pas qu’on le lise nous même si on se sent dépersonnalisé. A mon travail, les gens veulent toujours offrir des livres distrayants aux gens déprimés.

Mes lectures les plus fortes, les plus vitales, les plus bouleversantes, ont été ces livres soi-disant déprimants, et souvent au moment où j’allais mal.

Parce que quand on vit quelque chose, le lire ne va pas nous enfoncer encore plus.

Parce que la littérature peut sauver.

Parce qu’elle met des mots sur un vécu parfois indicible, parce que les grands auteurs parlent pour nous qui parfois n’avons plus la possibilité de le faire.

Parce que se reconnaître dans un livre, reconnaître un vécu étranger à son entourage, est un choc salutaire.

Parce que la littérature nous relie à le communauté des humains quand on s’en sent le plus exclus.

Parce que la littérature fait battre le cœur un peu plus vite et monter les larmes aux yeux, oui, mais ce n’est pas se tirer vers le bas, c’est au contraire s’élever dans la compréhension de soi-même et des autres.

Pour tout cela, lisez tous les livres que les bien portants juges déprimants si vous le voulez.

« Ce qui n’a pas de nom », Piedad Bonnett, Métailié

Présentation de l’éditeur

Dans ce court récit, Piedad Bonnett raconte à la première personne le suicide de son fils Daniel, vingt-huit ans, qui s’est jeté du toit de son immeuble à New York. Il était schizophrène. Dans un milieu bourgeois, corseté par des conventions en tout genre, il n’est pas de bon ton de parler crûment de la mort et de la folie ; c’est pourtant ce que fait l’auteur, dans une langue sobre et sans effets de manche, avec une sincérité bouleversante. Elle raconte la stupéfaction du deuil, les formalités de la mort occidentale, mais aussi et surtout le combat inégal d’un jeune homme contre la folie qui le cerne.

Une plongée dans la douleur qui ne verse jamais dans l’apitoiement ou l’impudeur : l’écrivain n’a que les mots pour dire l’absence, pour contrer l’absence, pour continuer à vivre.
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Biographie de l’auteur

Piedad Bonnett est née à Amalfi, en Colombie. Elle enseigne la littérature à l’université des Andes, à Bogotá. Poète reconnue, elle a obtenu de nombreux prix et a été traduite dans plusieurs langues ; elle a aussi écrit plusieurs romans et pièces de théâtre.

Ce ne sont pas les psychotropes qui rétablissent

Je viens de lire un article sur le rétablissement, et un commentaire dit que c’est une idée séduisante mais que la naissance du concept du rétablissement dans les années 70 aux Etats-Unis correspond plutôt à l’avènement des psychotropes.

Alors, je n’ai rien contre les médicaments, mais ce ne sont pas eux qui rétablissent.

Dans mon cas, je considère les médicaments comme indispensables pour aller mieux, je ne crois pas que j’aurais pu m’en sortir sans. Mais le rétablissement, c’est autre chose.

Les médicaments diminuent les symptômes, voire les éliminent. Mais ils n’aident pas à reprendre le pouvoir sur sa vie, à s’assumer, à faire des choix, à être un citoyen à part entière. C’est la thérapie qui le fait, les rencontres qu’on fait, ce qu’on retire de  notre parcours.  Le rétablissement, c’est changer son propre regard sur soi-même, se croire capable de s’en sortir, et changer le regard des autres, faire qu’ils nous voient comme autre chose qu’un malade. Le rétablissement, c’est un chemin qui se fait pas après pas, pas qu’il faut de la force pour poser, pas qui nous donne de la force pour le prochain.

Se rétablir, ce n’est pas guérir. On peut être rétabli en ayant encore des symptômes.  On peut ne plus avoir de symptômes et ne pas être rétabli, ne pas savoir quoi faire de sa vie, se retrouver dans le vide après ce trop plein qu’est la maladie. Se rétablir, c’est sortir de ce vide, avancer, avoir des projets, se (re)trouver soi-même.

Aucun médicament ne donne l’envie de vivre pleinement, de se lever le matin et d’aimer la vie qu’on s’est construite. Aucun médicament ne construit notre vie à notre place.

C’est dommage qu’un médecin, car c’est un médecin qui a écrit ce commentaire,  ne fasse pas la différence entre l’avantage des médicaments et la force vitale d’une personne. C’est dangereux même car ça pousse à ne soigner qu’avec des médicaments, comme si ceux-ci était tout puissants, comme s’ils étaient suffisants.

Les médicaments m’ont aidée, mais ils ne m’ont pas rétablie. JE me suis rétablie. Avec l’aide de personnes, pas de molécules.

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