Archive for Livres théoriques et témoignages

« Soigner les fous », Michel Caire, Nouveau Monde

Présentation de l’éditeur

Le mot de « psychiatrie », la « médecine de l’âme », ne date que du début du XIXe siècle. Il recouvre toutefois un ensemble d’observations et de pratiques remontant à la plus haute Antiquité, dont Hippocrate et Gallien ont réalisé une vaste synthèse en fondant la théorie des humeurs, base d’une approche nouvelle, prescrivant aux médecins de rétablir un équilibre corrompu chez leurs malades.
Aux traitements médicaux, exercices physiques, diète, bains, purgations a longtemps été associé le recours à Dieu et à ses saints, dans le cadre de pèlerinages et de séances d’exorcisme. Et si la médecine reconnaît ensuite que la folie est curable, elle recourt à des traitements d’immersion, de secousse, d’électrisation, à des prescriptions visant à remplacer le mal par le mal, à des machines rotatoires qui, pour avoir souvent été expérimentés par les praticiens eux-mêmes, n’ont souvent rien à envier aux méthodes des périodes antérieures. À cette époque aussi, la sexualité peut constituer un dérèglement psychiatrique… comme un traitement.
Après la période des traitements de choc et de la chirurgie du cerveau, ce n’est qu’au milieu du XXe siècle qu’apparaissent les psychothérapies, les physiothérapies et les médicaments psychotropes efficaces… bien qu’ils ne soient pas tous sans dangers !
Des remèdes ancestraux les plus insolites aux médications récentes, l’auteur nous offre un panorama inédit et fascinant de la psychiatrie à travers l’Histoire.

Biographie de l’auteur

Psychiatre hospitalier à Paris et ancien président de la Société médicale des psychiatres des hôpitaux, Michel Caire est également docteur en histoire à l’Ecole pratique des hautes études.

« L’aquarium », Ségolène Bourlard, Librinova

Avec sincérité et humour, Ségolène Boulard nous offre un témoignage puissant et poignant sur l’hospitalisation en psychiatrie

Présentation de l’éditeur

« Plus j’y réfléchissais, plus j’étais convaincue que j’avais trouvé LE mot. L’aquarium. On était enfermés, dans un bocal, presque coupés du monde extérieur. Observés, épiés comme des bêtes curieuses, avec le nom de nos petites maladies sur un écriteau à côté du bocal. Nous étions un bel aquarium cela dit, parce que chaque poisson était différent, majestueux dans sa singularité. Oui. J’aimais bien cette idée d’aquarium. Thomas continuait à chercher LE mot, mais moi je l’avais trouvé. »
.

« Des lumières sur le ciel », Bénédicte Chenu, Leduc

Présentation de l’éditeur

« Le docteur s’assoit à côté de mon fils.
– Écoutez, lui dit-il, j’émets l’hypothèse que vous avez une schizophrénie.
Je suis abasourdie. Ma méconnaissance de cette pathologie n’a d’égale que l’étendue de mes préjugés. J’aimerais mieux qu’il ait un cancer ou n’importe quelle autre maladie précisément définie. Tout sauf la schizophrénie !
– Mais docteur, je rétorque, vous pouvez vous tromper !
Il encaisse mon commentaire en silence avant de chercher à rassurer mon fils :
– C’est une maladie qui se soigne. C’est une maladie dont vous pouvez guérir.
Puis il se tourne vers moi :
– Est-ce que vous connaissez le programme Profamille ? »

Dans cet ouvrage bouleversant, Bénédicte Chenu raconte le combat qu’elle mène avec son fils Charles, diagnostiqué avec une schizophrénie à l âge de 17 ans, pour qu’il puisse vivre une vie apaisée et autonome. Très engagée dans la prise en charge des schizophrénies en France, elle a fondé, avec d’autres parents, l’association PromesseS, visant à soutenir et développer le programme de psycho-éducation Profamille. Elle a également contribué au lancement du collectif Schizophrénies, premier portail Internet d’information indépendant, qui oeuvre pour un changement de regard et de politique. Parce que l’on peut vivre avec une schizophrénie, et même vivre une vie heureuse.

« Le syndrome de l’imposteur », Claire Le Men, La Découverte

Présentation de l’éditeur

Avec ce premier roman graphique inspiré de son expérience personnelle, Claire Le Men nous permet d’entrer dans un univers difficile à documenter. Elle allie humour et finesse dans ce récit initiatique traversé de réflexions sur la folie, les normes juridiques ou encore l’objectivité supposée de la médecine.Lucile Lapierre, jeune interne en médecine en proie à un sentiment maladif d’illégitimité, est affectée un peu par hasard à une unité pour malades difficiles d’un hôpital psychiatrique. Dans ce récit initiatique inspiré de son expérience personnelle, Claire Le Men dresse un portrait juste et drôle de l’institution psychiatrique et des personnages qui la peuplent. Ce faisant, elle fait voler en éclat nos présupposés sur la folie.

Un mot de l’auteur

Claire Le Men est née en 1990 à Paris. Elle suit d’abord des études de médecine et se spécialise en psychiatrie. Son internat, qu’elle commence dans une unité pour malades difficiles, lui inspire son premier roman graphique, Le Syndrome de l’imposteur. Elle se consacre désormais à la bande dessinée, entre Paris et Berlin

« Psychotique », Sylvain Dorange, Jacques Mathis, La boîte à bulles

Présentation de l’éditeur

C’est sous le crayon de Sylvain Dorange que Jacques Mathis conte sa propre histoire, celle d’un homme mégalomane coincé dans un corps étriqué en comparaison de ses idées. Son enfance, passée dans une petite bourgade lugubre de Lorraine, s’est arrêté à 14 ans, l’année où il fait sa première vraie crise. Et puis les femmes, l’adolescence, le théâtre, la littérature ont eu raison de ses doutes. Jacques Mathis nous livre avec Psychotique un témoignage touchant et sincère de son quotidien, depuis la découverte de sa pathologie en passant par ses multiples passages en hôpitaux psychiatriques, ses séances chez la psy, ses hauts et ses bas.

« Mon père alcoolique et moi », Mariko Kikuchi, Akata

Présentation de l’éditeur

Mon père alcoolique et moi, autobiographie de son autrice, est un livre terriblement d’actualité. Abordant frontalement une thématique trop souvent passée sous silence – l’alcoolisme au quotidien – ce récit porte un regard sans concession sur le monde contemporain, évoquant de nombreuses thématiques (violences faites aux femmes, pression sociale…). Une œuvre dure et réaliste qui ne laisse pas indifférent.Mariko est aujourd’hui autrice de mangas. Mais sa vie n’a pas été facile : élevée dans un foyer peu aimant, entre un père alcoolique et une mère embrigadée dans une secte, elle a dû grandir trop tôt… Découvrez dans son autobiographie comment, de la petite enfance jusqu’à sa vie d’adulte, elle a lutté quotidiennement pour trouver sa place dans ce monde.

« Vulnérables », Benoît Majerus, Anne Roekens, Presses universitaires de Namur

Présentation de l’éditeur

L’objectif de cet ouvrage sera de mettre au jour et en perspective les conditions de vie des patients pris en charge par les institutions psychiatriques belges pendant l’occupation de 1914-1918.
31w+MLLAJkL._SX314_BO1,204,203,200_

« La Folie à Paris », Benoît Majerus, Parigramme

Présentation de l’éditeur

Du Moyen Âge à nos jours, expériences et représentations de la folie à ParisQue faire des fous ? Les enfermer, les éloigner, les soigner ? Sur les bords de Seine comme ailleurs, les réponses ont varié dans l’histoire suivant la compréhension des pathologies mentales et la capacité d’y apporter des soins.

Mais Paris s’est illustré singulièrement en trois circonstances. En 1795, tout d’abord, quand l’utopie de la libération des aliénés a offert un écho aux idéaux révolutionnaires. À la fin du XIXe siècle, ensuite, alors que la psychiatrie française attirait tous les regards… y compris celui du jeune Sigmund Freud qui vint suivre les enseignements du professeur Charcot à la Salpêtrière. Et c’est dans les années 1950 que furent découverts à l’hôpital Sainte-Anne les neuroleptiques, inaugurant une  » révolution chimique  » appelée à bouleverser durablement les approches thérapeutiques.

Un mot de l’auteur

Benoît Majerus enseigne à l’université de Luxembourg. Il a notamment publié Parmi les fous, une histoire sociale de la psychiatrie au XXe siècle, aux Presses universitaires de Rennes, en 2013.

« Hello, monde cruel », Kate Bornstein, Au diable vauvert

« Si j’ai écrit ce livre, c’est pour t’aider à rester en vie. Parce qu’à mon avis, le monde a besoin de plus de gens au grand coeur, peu importe ce qu’ils sont et font. Les non-conformistes et les rebelles, les freaks, les queers, les pécheurs et les pécheresses rendent le monde meilleur. »

Kate Bornstein

« Avec toutes mes sympathies », Olivia de Lamberterie, Stock

Présentation de l’éditeur

Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux.
Moi, je ne voulais pas me taire.
Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste.
Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. »
O. L.

Biographie de l’auteur

Olivia de Lamberterie est journaliste à Elle, chroniqueuse littéraire à « Télématin » sur France 2, au « Masque et la plume » sur France Inter et correspondante pour Radio Canada.

« Previous entries