« Il était devenu quelqu’un d’autre »

C’est une phrase qu’on entend souvent dans la bouche des parents de schizophrène. A l’instant, je viens de l’entendre dans une émission grand public sur ce thème.

Mais c’est faux. On ne devient pas quelqu’un d’autre. On souffre énormément et ça change notre comportement, c’est vrai. Mais toute personne souffrante verra cette souffrance influencer son comportement. Etre de mauvaise humeur suffit à avoir un comportement jugé désagréable.

On entend aussi les parents dirent « il n’est pas celui qu’on avait imaginé ». Mais qui est l’enfant idéal, qui correspond parfaitement à ce que ses parents avaient imaginé pour lui (pour eux)? Bien sûr, dans le cas de la schizophrénie, l’écart est plus grand. D’autant plus d’ailleurs que les parents idéalisent souvent ce qu’on était avant: « il était joyeux, intelligent, avait plein d’amis, etc »

On entend aussi, et c’est sans doute le pire: « j’ai perdu mon enfant ».

Alors, encore une fois je révèle un scoop qui devrait être une évidence: nous ne sommes pas devenus quelqu’un d’autre.

J’aimerais savoir quel schizophrène a eu une enfance et une adolescence idéales, était un être joyeux, lumineux et sociable. Il y en a peut-être, mais je ne crois pas qu’ils sont très nombreux.

Nous ne sommes pas devenus quelqu’un d’autre, nous réagissons seulement à une souffrance que les gens ne comprennent pas, d’une façon qu’ils ne comprennent pas.

J’étais une petite fille réservée, timide même, qui trouvait l’enfance difficile et injuste, qui ne supportait pas d’être toujours à la merci des autres, de ne pas avoir le droit de décider pour elle-même. Je n’ai pas mieux supporté les injustices de la psychiatrie.  Je pensais que je ne savais rien faire, à huit ans j’ai découvert que je savais écrire. C’est donc par l’écriture que je me suis exprimée quand j’étais malade, quand j’étais mutique. A cinq ans, j’ai dit à ma mère que j’étais impatiente de savoir lire parce que ça voulait dire que je ne m’ennuierais plus jamais. Ce sont les livres qui m’ont maintenue en vie. Oui, même très malade, je lisais toujours. Mes études, mon travail sont liés à cette passion et c’est pour ça que j’ai eu le courage de me battre. Depuis petite, j’ai la phobie des papillons, et c’est donc cette phobie qui a nourri mes angoisses. Mes amies disaient « quand je serai mariée, quand j’aurai des enfants », moi j’ai toujours dit si, alors je n’ai pas été tellement étonnée de devenir folle et de m’éloigner de ce modèle. Je n’ai jamais aimé apprendre sans comprendre, j’ai toujours eu soif de connaissance, alors quand je suis tombée malade, j’ai lu tous les livres de psychiatrie qui me tombaient sous la main.

qui je suis_s

J’étais malade. J’étais moi. Celle que j’avais toujours été. Face à une expérience inédite, terrible, qui m’a changée mais pas perdue. Je n’étais pas devenue quelqu’un d’autre. On ne me comprenait pas parce qu’on ne comprenait pas la schizophrénie, mais mes réactions avaient toutes une explication logique pour qui voulait se donner la peine de comprendre. Je me débattais comme je pouvais face à la folie.

Ce n’est pas parce que vous ne comprenez pas ce que vit une personne qu’elle n’est plus celle que vous avez connue, qu’elle n’est plus votre enfant. C’est vous qui ne la voyez plus, qui ne l’entendez plus, qui la rejetez même. C’est cela qui l’enferme dans sa folie. On ne parle pas à un schizophrène, on ne parle pas à sa maladie. Si on veut vraiment aider quelqu’un qui souffre de schizophrénie, on parle à la personne qu’elle est, on s’appuie sur ses ressources et son humanité. On regarde la personne qu’elle a toujours été.

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22 commentaires »

  1. Sybilline Said:

    Chère Lana,

    Ton texte me touche beaucoup…et même si tu penses plutôt aux parents, je me sens un peu visée. J’ai vu quelques-uns de mes comportements dans ce que tu expliques. L’impression que l’autre devient quelqu’un d’autre. On perd pied!
    Du coup, ton texte me recadre un peu…

    Je voudrais cependant te poser quelques questions pour sortir de cette lecture un peu moins bête, comprenant mieux…

    Cette phrase a retenu mon attention: « J’étais une petite fille réservée, timide même, qui trouvait l’enfance difficile et injuste, qui ne supportait pas d’être toujours à la merci des autres, de ne pas avoir le droit de décider pour elle-même. » et celle-ci aussi: « ne me dis pas qui je suis. »

    Parfois, mon ami se met dans des colères noires ayant l’impression que je lui dis qui il est alors que je ne fais que donner mon avis. J’imagine que je ne dois pas avoir conscience de mes erreurs, mais je bute…Problème d’intelligence de cœur sûrement…Mais je veux bien essayer de progresser si j’y arrive.

    En effet, avec toute autre personne (et les gens très proches de moi), je fais la même chose et l’autre réagit bien ou s’il n’est pas d’accord, il me donne son avis et on discute.

    Du coup, je ne comprends pas ce que je fais mal avec mon ami, pourquoi il pense qu’on décide pour lui quand je ne fais que donner un avis contestable.

    Tu expliquais que très jeune, tu as eu le sentiment qu’on décidait pour toi. Penses-tu que ce soit tes parents qui aient été très autoritaires ou que c’est un sentiment qui a toujours existé?

    Et là encore, je bute…car j’ai moi-même eu un père tyrannique, qui a longtemps décidé pour moi jusqu’à ce que je me rebelle. Et pourtant, je n’ai jamais eu le sentiment qu’on décidait pour moi. J’ai pris conscience à un moment donné qu’il avait tort, qu’il était injuste, qu’il cherchait à se réaliser à travers moi et j’ai fait mon chemin, en le rejetant en partie.

    Du coup, lorsque je communique avec mon ami, j’ai le sentiment de marcher sur des œufs, toujours l’impression que tout peut exploser à chaque instant, qu’il me reprochera d’avoir décidé pour lui (ce n’est pas la phrase qu’il dit, mais c’est ce que je ressens) alors que je ne fais que discuter, qu’il peut très bien me contredire, me donner d’autres arguments. Or, souvent, il se met en colère, m’envoie des messages plein de haine et ça part…Je pense qu’avec le temps, j’arrive à moins m’énerver, mais ça ne règle pas tout. Du coup, quand il va mal, j’ai le choix entre haine ou mutisme. Or, ce n’est pas une solution. Je préférerais vraiment qu’on ait un dialogue juste, sincère, constructif. Il se replie sur lui-même. Je souffre de n’avoir pas de ses nouvelles et c’est le statu quo.

    Il lui est arrivé cependant parfois de me parler avec justesse, d’exprimer ses sentiments sans colère et c’était vraiment super! J’avais le sentiment qu’on avançait à deux, que je le comprenais mieux et qu’on s’entraidait. Je ne me sentais plus seule mais épaulée. On était en confiance. D’ailleurs, il m’a été d’un très grand soutien à un moment de ma vie où j’étais vraiment en difficulté. Peut-être parce qu’il sait ce que veut dire souffrir, il a su me soulager, me délivrer.

    Le problème, c’est que ces moments ne sont pas constants. Et que quand il va mal (pour des raisons que j’ignore puisqu’il ne m’en parle pas), j’ai l’impression que son moi est morcelé, qu’il devient quelqu’un d’autre. Même sa façon de parler n’est plus la même. Comme une perte de l’identité. Je t’avoue que de l’autre côté, ça fait drôle. On se demande soi-même si on a pas perdu la raison.

    Je crois que tu détiens une des clés du problème dans cet article, même si je ne comprends pas tout.

  2. Lana Said:

    Mes parents n’étaient pas tyranniques, mais les enfants en général sont soumis à des obligations: demander pour avoir de l’argent, aller à l’école, au centre aéré, ne pas pouvoir rester seul, etc Ils passent sans cesse de la responsabilité d’une personne à une autre.
    Je ne sais pas ce que ton ami ressent, encore une fois je ne le connais pas, je ne peux vraiment pas te répondre.

  3. Sybilline Said:

    En fait, à travers mon témoignage, je te questionnais toi. Je ne posais aucune question, c’était juste un exemple dans lequel j’exprimais mon ressenti. Je n’ai peut-être pas été très claire.

    Ce que j’aurais aimé savoir c’est pourquoi parfois on peut ressentir (alors que l’autre n’a pas forcément cette intention) le fait qu’il nous dise ce qu’on est. Je repense à l’image que tu as mise: « ne me dis pas qui je suis » qui a crée une résonance.On a le sentiment (et il se peut que je me trompe) que tu te sens jugée négativement, qu’on te dépossède de ta liberté.

    Parfois, il est très difficile de comprendre les changements de l’autre, ses variations d’humeur lorsqu’elles ne nous sont pas expliquées : je pense aux parents que tu évoques, mais aussi au conjoint ou à l’ami(e) intime.

    On a l’impression que la personnalité change, qu’on ne retrouve plus ce qu’on avait connu et c’est très déstabilisant. Je me demandais donc si tu avais essayé d’expliquer ton ressenti, de parler de toi à l’oral comme tu le fais avec justesse à l’écrit. Parfois, une bonne communication change beaucoup le regard de l’autre. Il faut probablement pour cela avoir suffisamment de recul pour expliquer ce qui se passe, ce qui est loin d’être évident.

    J’ai déjà entendu des schizophrènes dire que l’arrivée de la maladie était comme un cataclysme. C’est exactement ce que j’ai ressenti lorsque j’ai compris que mon ami allait vraiment mal, que j’ai découvert physiquement sa maladie. Un cataclysme, l’impression d’être perdue, de n’être pas armée pour combattre cela, d’être démunie. Ton blog m’a beaucoup aidée à comprendre, à être plus solide, même si je suis loin d’avoir atteint un idéal.

    La bonne communication me semble être la meilleure des solutions, car on peut partager la douleur profonde que l’on ressent. L’autre peut donc entrer dans notre univers.

  4. Sybilline Said:

    Quand on se replie sur soi, l’autre a le sentiment d’être abandonné…peut-être que les parents ont aussi cette sensation, celle d’avoir perdu leur enfant qui semble vouloir partir, ne plus leur parler, se renfermer.

    Je ne dis pas qu’ils ont raison. Simplement un petit mot gentil, dire qu’ils comptent pour nous doit changer beaucoup.

    Pour ma part, j’ai parfois du mal à me positionner: je me demande toujours si j’ennuie l’autre ou s’il a envie que je sois à ses côtés. J’imagine que les parents peuvent ressentir des choses similaires, être dans l’incertitude lorsqu’ils ne sont pas guidés.

    La solution se trouve probablement dans la communication et le fait de réactiver le lien, de dire qu’on a besoin de l’autre, car sinon, il ne sait pas quoi faire et pense -à tort ou à raison- qu’il doit laisser la personne malade tranquille, de peur de la heurter ou de se prendre une pluie de reproches.

  5. Lana Said:

    Quand tu es malade, tu ne sais plus communiquer comme avant. L’image est là pour illustrer qu’on oublie qu’une personne schizophrène est toujours elle-même, pas juste une maladie. Par exemple, beaucoup de soignants vont dire à quelqu’un qui est hospitalisé de ne pas lire, de ne pas trop réfléchir, que ça va le fatiguer. C’est peut-être vrai pour beaucoup de gens. Moi si on m’enlève mes livres je sombre. Donc non, je ne suis pas un schizophrène lambda, avec qui il aurait un protocole à appliquer, simplement parce que ça n’existe pas le schizophrène lambda. La plupart des gens ne peuvent et ne veulent pas entrer dans l’univers des schizophrènes, ce n’est pas juste une question de bien communiquer ou non. Mais s’ils veulent y arriver, ce ne sera pas à nous réduisant à notre maladie, en faisant comme si on était plus du tout celui qu’on était.

  6. Sybilline Said:

    Je pense que tu as raison de lutter contre les protocoles et le fait d’appliquer à tout le monde le même régime sans adapter au besoin de l’autre. Les soignants doivent être capables de s’adapter, c’est le propre de la gestion humaine, d’être confrontée en permanence à l’impermanence des choses et des êtres qui ne se ressemblent pas.

    Je pense que c’est important de dire ce dont on a besoin en restant ferme. J’ose espérer que cela suffise…et qu’on ne t’a pas interdit de lire.

    Je trouve que la lecture développe la créativité et nous fait accéder à un autre monde souvent riche en fonction de ce que l’on choisit. L’esprit continue à être en mouvement.

  7. Alain Said:

    Ton article, Lana, m’évoque la différence entre l’être et le comportement ou l’apparence. On (le malade) reste au fond de soi la même personne avec les mêmes sentiments profonds, les mêmes valeurs mais la personnalité qu’on présente au monde n’est plus la même, on devient renfermé, bizarre, froid, etc.

    En fait, les « autres » confondent l’apparence et le fond, ils se figurent que l’individu a cessé d’exister parce qu’il ne leur apparait plus comme avant, alors qu’en fait, au fond de lui même il est resté le même. Il a toujours les mêmes souvenirs, les mêmes aspirations, c’est la continuité de l’être, ce qui est nié quand on entend dire que ce n’est plus le même, qu’on l’a perdu.

    pas facile à exprimer…

  8. Lana Said:

    « Je pense que c’est important de dire ce dont on a besoin en restant ferme » Sybilline, on parle de l’HP, là, tu restes ferme, c’est la fin pour toi! Si tu veux t’en sortir, tu dis ce que les soignants en ont envie d’entendre, tu enrobes le tout en étant ce qu’ils veulent que tu sois (un malade) et surtout, surtout tu n’es pas ferme si tu veux sauver ta peau.

    Alain, oui, c’est tout à fait ce que je voulais dire. Oui, les autres ne voient que l’apparence, un malade, et donc les parents disent avoir perdu leur enfant, et certains soignants oublient qu’ils ont devant eux une personne à part entière et la réduisent à ses troubles.

  9. Sybilline Said:

    C’est intéressant vos témoignages, car je me sens un peu à côté sur ce point ne l’ayant pas vécu.

    Ce que je peux simplement dire, c’est que je comprends ce que veulent dire les parents lorsqu’ils pensent avoir perdu leur enfant. Heureusement, c’est faux, c’est ce que vous confirmez!

    D’un regard extérieur, je parle uniquement dans la perception que j’ai de mon ami, je ne l’ai jamais ressenti avec Alain ou Lana, on a le sentiment d’être perdu alors on pense qu’on a perdu l’autre, sans compter que parce que l’autre ne sait pas toujours où il en est, il nous induit en erreur et nous fait croire des choses qui l’éloignent de son être et qui nous éloignent de lui…

    Je crois que cette perception dépasse vraiment les apparences. Il ne faut pas croire que de l’autre côté de la barrière on ne souffre pas, puisqu’on aime et je parle au sens général: les parents aussi aime leur enfant (pas tous, vous me direz!), quand on a un lien amoureux, c’est pareil.

    Que faire quand l’autre nous dit « laisse-moi tranquille »? On le laisse tranquille pour ne pas l’énerver. Et quand il nous fait comprendre par son attitude ou par des mots qu’on le gêne, on s’éloigne forcément. On a donc le sentiment de l’avoir perdu, car il nous rejette et ne nous parle pas. On ne va pas le coller s’il ne veut pas de nous.

    ça, ce n’est pas une apparence, c’est une réalité! L’expression « je l’ai perdu » renvoie à la perte du lien affectif. On a beau essayé de revenir, tenté de différentes façons de faire au mieux, ça ne marche pas toujours.

    Par contre, ce serait intéressant que vous nous disiez quel comportement il faut adopter dans ce cas, lorsque l’autre est dans un sentiment de rejet. J’avoue ne pas trop savoir. Il se peut qu’on agisse mal et le seul moyen de rectifier le tir, c’est la communication juste et vraie.

    Je pense que dans le cas de l’HP, c’est différent, puisque les soignants n’ont pas a priori de lien affectif avec le malade, même si dans l’idéal, ils devraient être chaleureux et humains. J’ai l’impression que tout le monde est logé à la même enseigne et cela est plutôt répréhensible. On ne distingue pas les individus, on les traite en masse si bien qu’ils sont déshumanisés.

    Je comprends très bien Lana que la lecture soit salvatrice pour toi. Elle ressemble, je trouve, à une forme de méditation. Quand elle est bonne, elle nous relie au meilleur de nous-même et nous oxygène l’esprit.

  10. Sybilline Said:

    J’ai le sentiment qu’à l’HP leur préoccupation première, c’est que personne ne meurt. Ils ne veulent être responsables d’aucune mort si bien qu’il y a énormément d’interdits et que cela devient invivable. Personne n’en sort indemne et je dirai, même pire, certains à l’idée de devoir y retourner se suicident.
    Il y a vraiment un problème. C’est dommage que les soignants ne prennent pas la parole sur ce blog pour donner leur avis…J’imagine que ça ne doit pas être toujours facile pour eux, mais le système me semble mal pensé, car il est proche, par certains aspects, des régimes totalitaires. Et les soignants font ce qu’on leur demande de faire, même si c’est mal.

  11. Sybilline Said:

    Chère Lana,

    A bien y réfléchir (après un peu de temps passé), je trouve que tu communiques avec justesse et c’est pour cette raison (entre autre) que ton blog libère en partie de l’angoisse de la maladie. Tu réponds donc souvent à ce que j’attends, à ce qui fait du bien. La communication juste permet de sortir de l’enfermement de la maladie, de cette forteresse dans laquelle elle emprisonne l’être.

    C’est probablement aussi pour cette raison que je n’ai jamais ressenti chez toi l’impression d’un mot éclaté. Tu as toujours dit de façon touchante et juste, en lien avec ton être.

    Je pense cependant que tous ceux qui souffrent de schizophrénie n’ont pas forcément atteint ce stade, même si tu ouvres la voie à mon sens.

    Ce que je peux dire en tout cas, en évoquant un témoignage personnel, c’est que lorsque mon ami communique avec moi avec justesse, je me sens vraiment en lien avec son être et j’oublie totalement la présence de la maladie. Je suis même certaine qu’elle n’est plus là, qu’elle est chassée. Elle revient au galop faire écran et nous « perdre » lorsque ce lien entre l’être et la parole est brisé. Le moi se morcelle, je ne le reconnais plus. Il me semble alors être l’ombre de lui-même et ce qu’il dit sonne faux.

    Garde en tout cas ce lien avec ta petite voix intérieure, car elle est précieuse. Cette facilité que tu as à t’exprimer de façon concise est claire est également une grande richesse avec ton courage qui te donne de la force.

  12. Sybilline Said:

    Concernant ta phobie du symbole du papillon, je pense qu’il y a quelque chose à creuser.

    Je me souviens avoir lu une citation d’un grand réalisateur, il me semble que c’est Kechiche -mais je n’en suis pas certaine- qui disait qu’il aimait travailler sur l’adolescence, car elle était le passage de la chrysalide en papillon. J’avais adoré cette citation, car j’aime énormément l’adolescence, -passage transitoire qui m’a sauvé psychologiquement- ,que je travaille en permanence avec des adolescents et que pour rien au monde je ne voudrais changer de public.

    La schizophrénie se déclare souvent à la fin de l’adolescence au moment du passage à l’âge adulte, comme si cette transformation ne parvenait pas à se faire, comme si la chrysalide n’arrivait pas à se muer en papillon. On connait aussi le refuge dans les drogues pour tenter de diminuer l’angoisse du changement et probablement de tout ce qu’il y a derrière: les névroses familiales, la construction de soi assez chaotique…J’avais commencé un très bon livre sur le sujet, écrit par un psychiatre éclairé: « Le cannabis: un écran de fumée dans la famille. »

    Pour en revenir au papillon, j’ai trouvé un site très intéressant sur l’interprétation des rêves et voici ce qu’il dit du papillon (qui est un symbole psychique très fort et positif):

    http://tristan.moir.free.fr/dicoreve/symboleshtml/interpretation-des-reves-dictionnaire.php?lettre=P%&commentaire=Papillon#numsymbole11

    C’était juste une parenthèse au cas où cela t’intéresserait.

    Très bon dimanche à toi, à vous.

  13. Lana Said:

    Désolée de ne pas lire ton passage sur les papillons, je ne préfère pas étant donné que j’en ai la phobie. Mais je sais d’où ça vient, d’une BD d’horreur que j’ai lue quand j’étais petite. Quant à ma façon de communiquer, on ne peut pas comparer l’écrit et l’oral et surtout ça fait longtemps que je ne suis plus malade.

  14. Sybilline Said:

    Est-ce que tu sais ce qui t’a permis de guérir?

    J’ai lu le dernier texte que tu as publié, je l’ai trouvé émouvant.

    Bonne soirée.

  15. Lana Said:

    Ce sont les médicaments et la psychothérapie qui m’ont permis de guérir, et le fait que j’ai évité le plus possible les traitements lourds et la psychiatrie hospitalière.

  16. Sybilline Said:

    Tu as su t’écouter. C’est un beau parcours en tout cas!

  17. Sybilline Said:

    Et pour prolonger notre discussion, Lana, Alain vient de publier un article hier soir sur la mise en place d’une ferme thérapeutique aux Etats-Unis dans l’Ohio:

    http://folieetespoir.over-blog.com/

    C’est vraiment autre chose que la psychiatrie hospitalière et les violences qu’elle engendre. C’est ainsi qu’il faudrait penser les choses, mais je ne sais si cela peut se faire à grande échelle! En tout cas, rêver au meilleur pour soi et les autres permet parfois de le réaliser, c’est cela la vraie vie, celle qui mérite d’être vécue.

  18. Lana Said:

    J’ai lu l’article, c’est très intéressant pour les gens qui aiment la vie à la ferme.

  19. Sybilline Said:

    Que pourrait-on imaginer pour les citadins? Je pense que le contact avec la nature est bon pour tout le monde…Mais il est vrai que je prêche aussi pour ma paroisse, car je ne pourrai me passer de son contact, aimant pourtant lire et écrire.
    Le retour aux sources est probablement bénéfique. On a perdu ce lien dans le monde moderne: l’observation des saisons qui passent, de la patience qu’il faut pour faire pousser une fleur ou pour s’occuper d’un animal. L’acceptation des ces règles de vie peut être un bien. Plus l’agression de la ville et de ses pollutions sonores et olfactives.

  20. Alain Said:

    On vit aujourd’hui pour la plupart en ville et on est habitué aux bénéfices comme aux méfaits.

    Je pense que le retour à une vie simple et proche de la nature nous renvoie à nos origines. Après tout, les hommes vivaient avant dans des villages (je parle d’une époque lointaine) et on est peut être programmé pour cela.

    J’ai toujours pensé que les villes sont des constructions artificielles qui contrarient la nature humaine. Bien sûr, je ne prétend pas détenir la vérité, les avis sont les bienvenus.

    (Il faut dire que je suis né à la campagne, ceci explique peut être cela)

  21. Kaya Said:

    Juste quelques phrases pour laisser parler le mépris le mépris d une soi disant famille soi disant existence un père frappant sa femme un enfant se jetta sur sa mère pour la protéger et ce male ou ce mal jetant l enfants inconscient dans le début des abysses de ces premiers parole il n était qu enfants et toute ces années où il avait oublié au plus profond de lui même un divorce et non fatale j était si proche de ma mère que je la suivi et non cette horreur que beaucoup plus tard avec mon âme d enfants il acheta marié également à un monstre qui chaque soir venais dans ma chambre et me frappé ou M humilié avec des mots telle ta mère n est qu une pute ou mes résultats à l école était mauvais et me frappe à chaque fois je me souviens de cette fois dans une salle de bain ou cette femme voulu pour moi me noyé l impression d enfants car elle me M étais sou l eau de la baignoire et me laisse pas remonter et je me debate mais elle était excessivement maniaque et sa la mise encore plus en colère quand mon père se fâché contre ce qui est arrivé une fois elle dormais dans ma chambre et j aller donc dormir avec mon père car j avait huit ans et j avait vraiment peur d elle et je me souviens le matin joué avec le voisin et aussi que je n avait plus le droit d avoir de contact avec ma vraie mère alors elle M écrivais à l école et heureusement la maîtresse me donner les lettre que je cachais sous mon matelas précieusement mais elle avait dormi dans ma chambre et le matin jouant avec ce voisins elle sorti me chercher me tirant par les cheveux me faisant traversé toute la maison en jurant M insultent et arriver dans dans la chambre pris les lettre et M emmena à nouveau dans la cuisine et brulla les lettre qui M était cher pour moi fut un déclic toute ces choses à 8 ans je fugue et reparti chez ma mère mais ici aussi sa ne ce passé pas très bien j avait fait un sac dans le bois pour le feu à côté de la maison que personne ne savais l existence même si c était mieux je ne faisais plus tapé mais les mot de cette mère que pour moi enfants j idéalisé me dire que je n était plus son fils que je n était rien à fini de M achevé et je commence déjà à entendre des voix que pour moi je nommerai des gens car il avait une réelle personnalité mais je réussis à avoir mon bep et cap alla jusqu’au bac et malgré tout ma vie cette vie pour moi est entre un monde réel et un autre j entends et voix des choses j’ai fait des bouffer délirant énorme ou soi disant ma conscience de la maladie et la réalité son pour moi une existence d une autre forme de vie ma vie et une damnation et un roman tragique je suis allé dans une secte religieuse plus tard qui a été démantelé je fais des monté astral et entend une langue étrangère et pour moi ancienne que je ne connais pas et comprend pas je M accroche au réalisme et j essaye de M en sortir car comme chacun j’ai un besoin de réussir ma vie mais qui pour l instant n est que échec mise à part mon bout de femme que j aime passionnément alors au gens qui lise ce bout d histoire pour moi juste une forme de gouttes dans l océan afin de faire comme une sorte de purification qui ne servira à pas grand chose et à tout ceux qui on la même maladie je compatis et soyez sérieux dans vos traitement essayer de vous accroché dans une passion ou à l amour si vous le pouvez personnellement j’ai deux chien et mon amour pour eux son comme un anti depresseur et il me donne beaucoup ainsi que ma femme qui est compréhensible bien que trop taire ataire mais chacun sa façon de surmonter les choses je souhaite juste du positif et ce monde est vraiment très beau mais dure car l espèces humaines et comme un cancer pour cette planète alors je M evapore en silence et vous souhaite de la force dans vos âme et laisse rentrer la lumière

  22. Lana Said:

    Merci pour ce témoignage.


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