Témoignage

Mon témoignage dans Simonae.

La vision tronquée d’un étudiant infirmier

Bonjour à tous,

Je m’appelle Alexandre, je suis infirmier depuis 10 ans et je suis l’auteur du site Santadom. Un petit blog sur la santé. Mais ce n’est pas le sujet.

J’ai eu envie de prendre la parole sur ce site car lorsque j’étais étudiant infirmier, on a voulu me dégoûter de la pathologie mentale.

Je me souviens c’était au tout début de ma scolarité. J’avais déjà une idée toute tracée de mon évolution dans la profession infirmière. Je voulais bosser en psychiatrie.

Pourtant, de nombreuses personnes m’ont conseillé de ne pas le faire. Au départ il n’y avait pas de justifications.

Puis, par la suite, j’ai entendu des choses horribles sur cette partie de la santé et sur ceux qui y travaillent.

« Bosser en psy? Ce n’est pas un vrai métier ».

« Tu ne soignes personne dans ces services »

Et tant d’autres phrases absurdes. En gros lorsque l’on parle de maladie mentale, il ne faut pas la mettre sur le même pied d’égalité qu’une maladie physique.

Venant de la part d’infirmiers, je n’en croyais pas mes oreilles. D’ailleurs il est vrai que lors de mes stages dans des CHU ou des cliniques, lorsque j’évoquais l’endroit où je voulais travailler, on me riait au nez. A tel point que je n’osais plus l’évoquer.

A ce moment là, j’avais fait la connaissance d’une interne qui voulait devenir psychiatre. La pauvre… Elle était en cardiologie. Il n’ y a pas un seul jour ou son référent ne l’a pas taquiné avec ça. C’est fou cette sensation de supériorité que certains ont parfois non?

Pour ne rien vous cacher, lors de ma première semaine dans un service de psychiatrie, je m’en souviendrai toujours, un infirmier m’a dit :

« Fais attention à lui, il pourrait te planter un couteau dans le dos » en parlant d’un des patients.

Il a beaucoup ri, pas moi. J’avais 18 ans et du coup j’ai mal vécu mes premiers instants. Heureusement le reste de l’équipe était passionnée. J’ai pu faire des activités avec tous les patients, leur parler, les soigner… et cela m’a conforté dans mon idée.

J’ai par la suite bossé en CMP et en addictologie. J’ai adoré. Au jour d’aujourd’hui je fais complètement autre chose mais je crois que je n’aurai plus jamais l’impression d’être aussi utile qu’à cette période de ma vie.

Tout cela pour vous dire que j’ai l’impression que la maladie mentale n’est pas toujours à la place à laquelle elle devrait être. Heureusement qu’il existe des lieux comme ce blog pour pouvoir échanger de tout cela.

J’ai reçu un témoignage à la fois drôle et touchant il y a peu d’une personne hypocondriaque. Je ne sais pas si certains s’y reconnaîtront mais c’est très intéressant.

Merci d’avoir lu mon petit coup de gueule ! Je ne sais pas si vous êtes du même avis que moi alors n’hésitez pas à m’interpeller.

Alex – SantADom

« Je suis une fille de l’hiver », Laurie Halse Anderson, La belle colère

Présentation de l’éditeur

Lia et Cassie étaient amies depuis l’école. « Filles de l’hiver », elles ont grandi prisonnières de corps fragiles et concurrentes dans la course morbide à la minceur. Elles ont 18 ans maintenant, et leurs chemins se sont séparés. Malgré cela, Cassie a appelé Lia 33 fois la nuit de sa mort. Et Lia n’a jamais répondu.

Là voici seule à présent, hantée par les souvenirs, ravagée par la culpabilité et toujours obsédée par la maigreur. Commence un long monologue intérieur, poétique et fiévreux, si juste et nécessaire.

Dans son roman le plus émouvant depuis Vous parler de ça (La belle colère, 2014), Laurie Halse Anderson explore le combat d’une jeune fille, son chemin douloureux vers la guérison, et ses tentatives désespérées pour retrouver des raisons d’exister.

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Les schizophrènes, le mal, la mort

Ce soir, une requête Google menant à mon blog est « le schizophrène aime faire le mal ».

Alors, il est peut-être temps de rappeler quelques évidences. Surtout aujourd’hui où je porte le deuil de ma meilleure amie, schizophrène, morte par suicide.

La réponse est non, le schizophrène n’aime pas faire le mal.  Les gens souffrant de schizophrénie souffrent, et 10% se suicident. 10%, ça fait 60 000 personnes en France. Ces personnes, tout ces morts, et tout ceux qui survivent, ne sont pas LE schizophrène. Ils ne sont pas une maladie. Ca n’existe pas, LE schizophrène.  La schizophrénie, elle touche vos parents, vos amis, vos proches, elle nous touche. La schizophrénie, elle touche une personne sur cent. Vous croisez des schizophrènes tous les jours, sans le savoir.

Oui, de temps en temps, un schizophrène tue. Comme tout le monde, j’ai envie de dire. Je veux dire par là que comme dans toutes les catégories de gens, il y a des meurtriers, et des cons, et des gens qui aiment faire du mal. Mais, comme dans toute catégorie, il s’agit d’une minorité. Pourquoi généraliser quand il s’agit des schizophrènes? C’est vous qui nous faites du mal en faisant ça. C’est ça qui nous fait vivre dans le silence, dans l’exclusion, dans la honte.

C’est nous qui avons peur du monde. C’est nous qui souffrons, parfois à en mourir, écrasé par une maladie trop lourde et un monde trop dur. La schizophrénie, c’est nous qu’elle tue.

Car le lien entre le schizophrène et la mort, c’est d’abord et avant tout une histoire de suicide bien trop nombreux.

Pourquoi ne voyez-vous que les quelques meurtres pour oublier ces milliers de suicides? Vous risquez bien plus d’aimer un schizophrène qui se tuera que d’être tué par un schizophrène.

Ne l’oubliez pas.

 

Cécile

Tu as résisté des années.

Tu as survécu au cancer.

Tu as surmonté bien des épreuves.

Tu étais une artiste talentueuse.

Tu étais mon amie depuis dix ans.

Mais voilà, ce que le cancer n’a pas réussi à faire, la schizophrénie l’a fait. Elle t’a tuée. Tu t’es suicidée la nuit de Noël.

Je ne t’oublierai jamais, Cécile.

Je continue le combat pour toi.

Je t’aimais, je n’ai rien d’autre à dire.

Avoir peur et avancer

« Continuez à avoir peur, mais faites-le quand même. L’important, c’est l’action. Pas besoin d’attendre d’avoir confiance en vous. Lancez-vous, et la confiance suivra. »

Carrie Fischer, sur le fait de réaliser ses rêves malgré la maladie mentale.

C’est ma philosophie de vie, et jusqu’ici ça a plutôt bien fonctionné. J’ai décidé il y a longtemps de ne pas attendre d’aller bien pour faire les choses. Parce que j’allais mal tout le temps. On me conseillait de laisser tomber ce à quoi je tenais, pour me concentrer sur ma santé. Mais je ne crois pas que j’aurais retrouvé la santé mentale en me « concentrant » dessus. Je ne sais pas ce que c’est, d’ailleurs, se concentrer sur sa santé mentale. Je sais me concentrer sur ma vie, sur mes projets, me battre pour me lever le matin, me battre pour étudier et travailler, me battre pour sortir et croiser des gens, me battre même pour simplement rester en vie. Me battre contre moi et la maladie, je connais. Me concentrer sur quelque chose qui n’est plus là, non. J’ai décidé d’avancer malgré la peur, malgré l’angoisse, d’avancer un pas après l’autre et de voir où j’arriverais. Et oui, quand on se lance, quand on avance, la confiance vient parce qu’on voit qu’on arrive à faire des choses qu’on ne croyait pas pouvoir faire. Alors, petit à petit, on a moins peur de certaines choses, puis plus du tout. On peut avoir peur d’autres choses, des choses plus dures, plus grandes, et se lancer dans celles-là aussi, parce qu’on a pris confiance en soi, parce qu’on sait qu’on n’est pas mort d’avoir osé, de s’être battu, qu’on est même plus vivant qu’avant. Le combat contre la maladie m’a appris ce que je valais et m’a donné confiance en moi. Je ne dis pas que c’est facile, je ne dis pas que c’est sans chute douloureuse, mais ça en vaut la peine, d’affronter sa peur et son angoisse. Et quand on avance comme ça, cahin-caha, on finit parfois par croiser la santé sur le chemin, sans s’être concentré dessus, sans l’avoir attendue pour avancer.

La Maison des usagers

J’ai découvert un lieu hors du commun et tout nouveau: la Maison des usagers de ma ville.

C’est un endroit autogéré par des usagers, ouvert le vendredi soir et le dimanche après-midi. En arrivant, on se réunit dans la grande salle et on s’inscrit aux ateliers du jour: cuisine, quizz musical, jeux de société, méditation, mandalas, yoga du rire, marche, sortie au marché de Noël, etc. Chacun est libre de proposer quelque chose selon ses envies et ses capacités à animer un atelier. Dimanche, j’ai fait de la cuisine, aujourd’hui un quizz musical et un Trivial Pursuit. A la fin, on se réunit de nouveau pour parler des futurs ateliers et des moments qu’on vient de passer, pour ranger aussi et faire la vaisselle.

C’est un endroit pour les usagers en cours de rétablissement, où chacun amène ce qu’il est, ses capacités, ses trucs de rétablissement aussi. On est là pour s’amuser et s’entraider.

Ca fait longtemps que j’avais envie d’un endroit comme ça, ouvert le soir et le week-end, donc où je peux aller tout en travaillant. La plupart du temps, les endroits sympas ne sont ouverts que pendant mes heures de travail, à part le Pianocktail mais c’est à Bruxelles.

J’avais un peu peur de m’y rendre toute seule mais je suis heureuse d’avoir franchi le pas, car tout le monde est très sympa.

Avec un ami, on doit interviewer ceux qui le veulent et passer les enregistrements pendant l’émission de Psylence Radio de janvier (normalement, je vous tiens au courant).

 

Sur Kanye West

Vous pouvez rire parce que ça ne vous touche pas. Vous pouvez rire parce que ça vous fait peur. Vous pouvez rire parce que vous croyez que ça ne vous arrivera jamais, ni à vos proches. Vous pouvez vous moquer comme si les gens riches le méritaient bien, et puis les pauvres aussi tant qu’on y est, le fou du coin de la rue et celui qui fait la manche en parlant tout seul. Vous pouvez rire parce que ça vous rassure sur votre normalité. C’est pas vous qui avez été emmené menotté à l’HP, c’est pas vous qui avez déliré en public. C’est pas vous qui sentez le monde s’écrouler sous vos pieds. Alors, c’est drôle, parce que c’est les autres, parce que c’est Kanye West, c’est drôle parce que c’est tellement plus facile que de se dire que c’est un humain, que ça pourrait être vous. C’est tellement plus facile.

Mais moi cette histoire, elle me touche. Parce que moi aussi j’ai été folle, et mes amis. Et vos rires, ils me fendent le cœur. Je sais ce que ces rires coûtent, je sais comment ils blessent, je sais qu’ils sont une épine de plus dans une maladie déjà atroce. Vos rires, ils vous font du bien, mais ils ne sont pas inoffensifs. Ils sont tâchés de sang.

« La folle histoire des idées folles en psychiatrie », Lemoine, Cyrulnik, Odile Jacob

Présentation de l’éditeur

Contradictions, errements, lubies, impasses, sadisations : la psychiatrie, en France et dans le monde, a une histoire qui peut faire peur quand on l’examine de près, car, comme toute discipline médicale, elle a eu du mal à naître.

Au nom de quoi, par exemple, pendant la Grande Guerre, les Poilus recevaient-ils des décharges électriques pour retourner au front ? Comment les psychiatres allemands ont-ils justifié les expériences qu’ils menaient sur les fous pendant le nazisme ? Comment a-t-on pu penser un jour que la malaria pouvait guérir de la psychose ?

Entourés par une dizaine d’experts – des psychiatres principalement mais aussi un hépatologue, un ethnologue et un épistémologue –, Boris Cyrulnik et Patrick Lemoine débattent sur le passé de cette discipline qui a peiné à exister, mais surtout proposent de se concentrer sur la seule question qui vaille pour demain : quelle confiance accorder à la psychiatrie ? Quels garde-fous mettre en place ? Et que serait une société sans psychiatrie ?
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Boris Cyrulnik est neuropsychiatre et directeur d’enseignement à l’université de Toulon. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages qui ont tous été des best-sellers, parmi lesquels, tout récemment, Ivres paradis, bonheurs héroïques.

Patrick Lemoine est psychiatre, professeur associé à l’université de Pékin. Il a publié près d’une trentaine d’ouvrages, parmi lesquels Le Mystère du placebo.

Avec Philippe Brenot, Patrick Clervoy, Philippe Courtet, Saïda Douki Dedieu, Serge Erlinger, André Giordan, Jacques Hochmann, Hager Karray, Pierre Lamothe, François Lupu.

« Goupil ou face », Lou Lubie, Vraoum!

Présentation de l’éditeur

Lou est une jeune fille bien sous tout rapport. Jeune, jolie, elle conçoit des jeux vidéos, a un amoureux, des amis, une famille aimante… Bref, tout pour ne pas sombrer dans la déprime la plus noire.Sauf que voilà, de temps en temps, entre des périodes d’intense activité, sans raison, elle tombe dans le pot au noir, et un animal insatiable la dévore… un petit renard ! Soit son tempérament cyclothymique, sous la forme d’un petit renard capricieux.Car Lou est cyclothymique et, avec elle, le lecteur va découvrir le monde haut en contraste des maladies bipolaires.Hyper documenté, cartoonesque et ludique, ce roman graphique emmènera le lecteur découvrir ce qui se passe quand on a la tête envahie par ce petit renard hyperactif et boulimique, sur les traces autobiographiques de la jeune illustratrice.Dans la lignée de l’Année du crabe ou du Carnet de santé foireuse, GOUPIL OU FACE permet de découvrir une pathologie sans sombrer dans le pathos.
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